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Le Covid-19 met à nu les défaillances de l’État et les dessous des problèmes sociaux

Depuis plus d’un mois, la Tunisie vit dans la paralysie quasi totale en raison de la crise du Coronavirus.
Pour endiguer la propgagtion de la pandémie, l’Etat a décrété un rigoureux arsenal de mesures de prévention.
Confinement total, couvre-feu, liberté de circulation limitée… Tout est à l’arrêt…et l’économie est asphyxiée.
Malgré toutes ces mesures annoncées sur plusieurs étapes par le gouvernement, il y avait de la marge pour les infractions.
C’est ce qu’affirme le dernier rapport sur les mouvements sociaux réalisé par l’Observatoire social tunisien relevant du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), qui a révélé que 254 protestations collectives et 30 cas et tentatives de suicide ont eu lieu pendant le mois d’avril, en plein couvre-feu et confinement total.
En effet, des mouvements de protestation collectifs ont eu lieu dans les rues et les sièges sociaux des institutions aux niveaux local et régional outre le réseau social Facebook.
La plupart des demandes des manifestants concernaient le droit à l’eau et à la nourriture en particulier dans les zones rurales ,où des denrées alimentaires essentielles telles que la semoule, la farine et l’huile subventionnée ont été totalement absentes.
Le Coronavirus a affecté les activités commerciales et industrielles suite au confinement total aussi bien que les personnes démunies et marginalisées, artisans et travailleurs. Cela a provoqué des tensions sociales dans certaines régions de la Tunisie pour revendiquer l’accélération de l’octroi de l’assistance sociale approuvée par le gouvernement.

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Les mouvements de protestation en hausse

Selon le rapport de la FTDES, la cartographie de protestation a changé pour la première fois puisque le gouvernorat de Sidi Bouzid est le gouvernorat qui a le plus protestét au cours du mois d’avril, totalisant 75 mouvements de protestation, surpassant ainsi le gouvernorat de Kairouan, qui a été pendant des mois et des années classé premier au niveau de ce genre de contestation.
Le gouvernorat de Kairouan est donc arrivé en deuxième position avec 41 actions de protestation, suivi de Sousse (24 mouvements de protestation) puis de Médenine (20 mouvements de protestation), de Kasserine (17 mouvements de protestation), de Tataouine (14 mouvements de protestation) et de Gafsa (13 mouvements de protestation) , tandis que le nombre de manifestations sociales dans le reste des gouvernorats a été inférieur à 10 mouvements de protestation tout au long de ce mois d’Avril.
La région Centre-ouest a représenté un foyer de protestation avec 133 mouvements de protestation, suivie par les régions de l’Est (Centre, Sud et Nord) avec 90 mouvements de protestation, la région du Sud-ouest avec 20 mouvements de protestation et le Nord-ouest avec 11 mouvements de protestation.
Malgré le confinement et l’état de fermeture presque totale dans le pays, les formes de protestation les plus importantes observées au cours du mois d’avril ont été les rassemblements protestataires avec 29,1% du total des moyens de protestation observés, suivis des sit-in (18,1%), des appels de détresse (12,6%), des appels à travers les médias (7,5%) sans oublier les grèves et autres.
Les manifestations dans le secteur sanitaire ont été les plus importantes outre des contestations pour des raisons de sécurité, la détérioration du niveau de vie, la situation économique et sociale et la baisse des services dans diverses régions.

Désespoir … suicide et tentatives de suicide

Les mois de mars et avril ont été difficiles pour certaines catégories sociales qui se sont retrouvées seuls face à un monstre invisible. Vivant dans la précarité, le chômage et le désespoir, certains ont choisi de mettre fin à leur vie.
30 actes de suicide et de tentatives de suicide ont été enregistrés au mois d’avril, dont 87 % chez les hommes. Les groupes d’âge de 26-35 ans et 36-45 ans ont été les plus enclins au suicide et tentatives de suicide avec un pourcentage d’environ 66%.
Le suicide et la tentative par automutilation en se coupant les veines ont représenté la forme la plus courante à laquelle les victimes ont eu recours (9 cas) avec 30% du total des formes de suicide observées, suivies du suicide par immolation de 27%, du suicide par pendaison de 23% et le saut et la précipitation à hauteur de 10%.
Le gouvernorat de Kairouan ne monopolise plus la première place puisque c’est celui de Siliana qui le détrône avec 6 suicides et tentatives de suicide suivis par les gouvernorats de Mahdia, Sfax et Tunis.

Le coronavirus… pandémie dangereuse et terrain favorable pour la violence

La violence dans l’espace domestique a été le terrain le plus important des cas de violence, avec environ 29% des incidents de violence enregistrés en avril, suivi par la voie publique pour plus de 20% et les espaces de travail qui ont été témoins d’environ 18 % des actes violents.
Les autres cas de violence ont été répartis entre les espaces commerciaux (4%) et les espaces de santé, notamment les hôpitaux (environ 2,5%), les transports en commun et l’espace virtuel (1,2%).

Atteinte aux droits de l’Homme

La crise du Corona a, également, mis à nu les atteintes aux droits de l’Homme et particulièrement, les migrants résidents en Tunisie dans des abris tels que le centre d’accueil d’El Ouardia.
Ces crises structurelles favoriseront le déclenchement d’autres mouvements de protestation et de tremblements sociaux dans les prochains mois, au cas le gouvernement ne réagirait pas, à travers la mise en place d’un plan de sauvetage de tous les secteurs impactés par le Coronavirus.

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