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dimanche 17 janvier 2021
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Le dialogue national, encore une idée rebattue !

La présente situation sociale, à certains égards explosive, a secoué les apathies mais suscité des vocations, celles où sont appelées à la rescousse des idées rebattues à satiété  que l’on sort  chaque fois que les tensions s’approchent de leur apogée. C’est la tarte à la crème du « dialogue national » que le mouvement Ennahdha vient d’exhumer comme une parade contre «  la vague de protestations sociales qui secoue plusieurs régions et touche plusieurs secteurs…coïncidant avec une crise économique et financière que la pandémie du coronavirus est venue aggraver ».

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On ne sait pas si, ce faisant, le parti islamiste veut reprendre la main et revendiquer la paternité d’une initiative dont l’auteur initial serait déjà le président de la République Kais Saied qui l’a évoquée, d’ailleurs,  lors d’un entretien téléphonique avec le président du parlement et également chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi. C’est ce qu’avancent différentes sources politiques citées par « The Arab Weekly », en révélant qu’il s’était agi d’essayer  d’obtenir des garanties suffisantes de la part des principaux partis politiques du pays avant d’appeler à un dialogue national fondateur d’un gouvernement d’union nationale ».

Ces mêmes sources n’ont pas exclu la possibilité que l’appel de Saied vise à sonder la position d’Ennahdha sur la proposition d’un gouvernement d’unité nationale, qui figurerait parmi les résultats du dialogue national, « une idée à laquelle Ennahdha semble ouvert compte tenu de l’échec du gouvernement de l’actuel locataire de la Kasbah Hichem Mechichi à relever les défis actuels, ce qui pourrait inciter le mouvement à s’en débarrasser de lui ».

Les analystes pensent qu’Ennahdha, qui était au départ enthousiaste à l’égard du gouvernement de Mechichi, a commencé à changer d’avis au milieu de la controverse croissante le concernant,  du bilan de  son gouvernement et de l’emprise de certains partis sur ses décisions, en particulier Qalb Tounes, que beaucoup dans le pays accusent de corruption. Face à cette situation, Ennahdha a annoncé son soutien à un gouvernement d’union nationale, que beaucoup considèrent comme un prélude au  renversement de Mechichi et de son équipe.

Lundi soir, Ghannouchi a laissé entendre que son parti ne s’oppose pas à la formation d’un gouvernement d’union nationale, prenant le contrepied d’une position antérieure exposée par certains dirigeants de son parti. « Le pays a besoin d’un dialogue national sur les grands axes économiques, d’autant plus que cette économie doit être réformée par le dialogue et non par la force », a déclaré  Ghannouchi sur le plateau de la  télévision publique. « En ce qui concerne la crise politique, le dialogue entre les différentes parties est nécessaire », a-t-il ajouté.

Ces derniers jours, de nombreux partis ont multiplié les appels à mettre en place d’urgence une initiative de dialogue national pour sauver la Tunisie de ses crises sociales, économiques et politiques qui sapent sa stabilité, alors que les mouvements de protestation continuent de perturber la production dans plusieurs gouvernorats du pays.

Cependant, ces appels se heurtent à de nombreux obstacles, dont le plus important est la nécessité d’obtenir des garanties de la part de certains partis politiques qui font eux-mêmes partie de la crise politique, comme Ennahdha et le Parti Destourien Libre (PDL), qui refuse toujours de « s’asseoir à la table du dialogue avec ceux qui ont amené la Tunisie à sa crise actuelle ». A ce stade très précoce de la préparation d’un dialogue national, il semble que le PDL, dirigé par Abir Moussi, un farouche opposant à Ennahda, se désintéresse de plus en plus du dialogue, note  le site.

L’UGTT en lice aussi

Il est prévu que l’influent syndicat, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT),  dévoilera bientôt une initiative connexe qui comprend un appel à un dialogue national. Son initiative sera à son tour reprise par la présidence de la République et suivie d’une invitation officielle de Saied pour un dialogue national.

Des sources ont indiqué à The Arab Weekly qu’une équipe d’experts au sein de l’UGTT est sur le point de finaliser une initiative qui sera remise à Saied dans les prochains jours. Les sources, qui se sont exprimées sous le couvert de l’anonymat, n’ont pas exclu que l’invitation puisse être lancée en décembre étant donné la  symbolique du mois pour les Tunisiens, puisqu’il coïncide avec le dixième anniversaire du déclenchement du soulèvement du 14 janvier qui a renversé l’ex président Zine El Abidine Ben Ali.

Les observateurs estiment que la bénédiction d’Ennahdha pour ce dialogue national est principalement due aux tentatives de ses dirigeants de se rétablir de sa crise interne et de l’exporter sur la scène publique, alors que le parti connaît des tensions et des dissensions sans précédent sur la question controversée de la prolongation du mandat de Ghannouchi à la tête du mouvement.

Ils ont ajouté que le dialogue pourrait être un moyen important pour tous les partis tunisiens d’exprimer leurs frustrations. En plus de sa crise interne, Ennahdha a fait l’objet de critiques constantes sur ses positions et ses politiques, tandis que les deux chefs de l’autorité exécutive – le président de la république et le président du gouvernement – sont confrontés à la pression populaire en raison du manque d’initiatives de développement et de l’augmentation du chômage, en plus des répercussions de la pandémie de coronavirus sur une économie nationale déjà épuisée.

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