AccueilLa UNELe Dinar, stable mais sous stress

Le Dinar, stable mais sous stress

Peuple de commerçants,  « la position extérieure de la Tunisie est dans un état désastreux et les décideurs politiques disposent de peu de munitions pour défendre le dinar. Nous pensons que la devise se dépréciera de plus de 10 % par rapport à l’euro d’ici la fin de l’année prochaine, et les risques sont fortement orientés à la baisse ». C’est en tout cas ce que prévoit le site économique « Capital Economics », dans un papier fait sur la base d’une modélisation macroéconomique. Un cadrage macroéconomique statique, presque robotique.

- Publicité-

–          Ce que Capital Economics croit sera

Cette modélisation, figée dans le temps et qui se projette peu sur les développements possibles de la situation économique et financière de la Tunisie, dont le site en question ne tient par ailleurs pas compte du fait que « le déficit du compte courant s’est réduit de 11,5% du PIB à la mi-2019 à 6,4% à la fin de l’année dernière, et s’est, depuis, creusé à nouveau et s’établit à plus de 8 % du PIB au deuxième trimestre, que les importations ont augmenté à un rythme beaucoup plus rapide que les exportations, que les flux nets d’investissements directs étrangers sont faibles, à seulement 1,6 % du PIB au cours des quatre trimestres jusqu’au deuxième trimestre 2021 ». S’y ajoute le fait que « la dette extérieure totale s’élevait à 97 % du PIB au deuxième trimestre et environ un quart de cette dette devrait arriver à échéance dans les douze prochains mois, que le besoin brut de financement extérieur (BRFX) c’est-à-dire la somme du déficit du compte courant et de la dette extérieure à court terme (en d’autres termes, les entrées de capitaux nécessaires au cours de l’année suivante) est égal à 165% des réserves de change de la banque centrale, et que les rendements des obligations souveraines en dollars s’élèvent à plus de 13 %, bien au-dessus du seuil de 8 à 9 % généralement associé à une réticence des pays émergents à emprunter sur les marchés de capitaux internationaux, pour conclure que le dinar vulnérable à de fortes baisses ».

Et la même source d’anticiper en précisant que « nous prévoyons actuellement une dépréciation de la devise de 12 % face à l’euro, à 3,70/€, d’ici la fin de l’année prochaine. Le cas échéant, les risques encourus sont fortement orientés à la baisse, en particulier si la situation politique se détériore davantage. Une baisse du dinar augmenterait le coût pour le gouvernement du service de ses importantes dettes extérieures et conforterait notre opinion selon laquelle une restructuration de la dette sera nécessaire ».

–          Ce qui, réellement, est et sera

 Cette analyse ne semble cependant pas non plus  tenir compte de l’impact du change Dollar/Euro sur le Dinar tunisien. Il est pourtant vérifié que chaque fois que les cotations Dollar-Euro changent, le Dinar se déprécie face à l’un et s’apprécie face à l’autre, dans un effet balançoire connu chez les cambistes. Interrogée par Africanmanager, une source autorisée de la BCT (Banque Centrale de Tunisie), fait remarquer que « c’est là un scénario tendanciel sans réformes. La simple analyse statique semble lui donner raison. Mais, s’il croit que nous allons rester dans ce cas les bras croisés, sans initier les actions de stabilisations nécessaires …».

Notre source autorisée à la BCT prévoit de « terminer l’année 2021 avec des réserves en devises aux alentours de 120 jours d’importation, en dépit de toutes les difficultés, et  que tout cela, dans une conjoncture où la Tunisie a très peu mobilisé de l’extérieur, et que la diversité de l’économie tunisienne a donné cette résilience ». Elle a mis en exergue la très importante contribution des TRE (Tunisiens résidant à l’étranger) et l’amélioration de l’exportation par le tissu industriel local. Et ce sont tous ces facteurs qui ont stabilisé la situation du Dinar. « Sa situation est stable, certes à court terme. A moyen terme, elle nécessite des ajustements structurels pour renforcer la compétitivité de l’économie et relancer les moteurs de la croissance », estime notre source.

Et notre source de rassurer ensuite, que « tous les départements de l’Etat sont actuellement mobilisés, pour donner au pays un programme qui mettra au point des actions économiques stabilisatrices qui feront entrer la situation de l’économie dans le domaine de la stabilité, sans pour autant la brusquer, en attendant les réformes structurelles fondamentales dans le cadre d’un plan de développement qui créera la rupture nécessaire, et booster et revigorer les moteurs de la croissance ».

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

108,654FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
4,847SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -

Derniers Articles