AccueilLa UNELe FMI a-t-il sifflé la fin de la récréation en Tunisie ?

Le FMI a-t-il sifflé la fin de la récréation en Tunisie ?

Après une éclipse de plus de trois mois, le Fonds monétaire international fait ces jours une réapparition quelque peu controversée en Tunisie. Sans doute est-ce dû à l’épisode électoral qui occupe actuellement les Tunisiens et qui relègue aux second plan d’autres dossiers, pourtant, de la toute première importance comme ceux des réformes dont la mise en œuvre bat de l’aile ou des déficits, budgétaire et commercial, ou encore de l’endettement.

On se perdrait en conjectures sur la nature à attribuer à la présente visite la mission du FMI. Est-elle de routine comme se plaît à l’appeler le porte-parole du l’institution de Bretton Woods, Gerry Rice, ou , au contraire, elle entre dans le cadre de la sixième revue de l’accord conclu entre la Tunisie et cette institution financière internationale pour un programme de prêts d’environ 2,8 milliards de dollars en faveur de la Tunisie, dont 5 tranches ont été déboursées à ce jour, pour un montant global de 1,8 milliard dollars.

Le fait est que cette mission intervient à un moment où la scène politique en Tunisie est en ébullition à quelques jours du second tour de l’élection présidentielle très disputé mettant face à face deux outsiders politiques, alors qu’à peu près au même moment, le Parlement s’apprête à lancer ses discussions sur le projet de budget de l’Etat pour 2020.

Une question clé

Ce document constituera probablement une question clé pour le FMI avant qu’il n’approuve le prochain versement d’un prêt de 2,9 milliards de dollars consenti à la Tunisie en 2016, estime le site de référence en matière économique et financière Bloomberg. Le gouvernement s’attelle avec toute l’énergie possible à comprimer ses dépenses et à maîtriser son déficit budgétaire pour le ramener à 3% en 2020 tout en s’employant à désamorcer le mécontentement suscité par des questions comme le chômage élevé chez les jeunes.

La croissance économique s’est ralentie pour s’établir à 1,1 % au premier semestre de 2019, soit moins de la moitié du rythme d’expansion enregistré à la même période l’année précédente, alors que, politiquement, les échecs successifs de neuf gouvernements consécutifs ont ouvert la voie à la débandade de politiciens chevronnés lors de l’élection présidentielle de septembre.

Des financements extérieurs de 8,8 milliards DT

Selon le projet de budget, le pays aura besoin de 8,8 milliards de dinars (3,1 milliards de dollars) de financement extérieur et de 3 milliards de dinars supplémentaires de financement intérieur, selon un fonctionnaire familier des plans du gouvernement. Les chiffres exacts n’ont pas encore été rendus publics, mais on rappelle que les besoins de financement extérieur étaient de 8 milliards de dinars en 2019.

Le prochain examen pourrait contenir des  » engagements  » du gouvernement  » sur les choix et les réformes à entreprendre « , a déclaré Taoufik Rajhi, ministre des Grandes Réformes qui estime que « la sixième revue est nécessaire pour assurer le financement du budget 2020. » Rajhi a souligné, dans une déclaration à Bloomberg qu’aucune décision n’avait été prise sur les méthodes, la taille ou le calendrier du financement externe potentiel. La Tunisie a acquis 700 millions d’euros (766 millions de dollars) d’obligations internationales en juillet.

Mais il est essentiel de noter que les relations entre le gouvernement tunisien et le FMI n’ont pas été toujours au beau fixe, et ceci a eu pour effet de sursoir au moins à un versement sur le prêt, ce qui a encore resserré les finances du pays et l’a laissé pour un certain temps avec des réserves pour couvrir moins de trois mois d’importations.

Depuis juillet dernier, le FMI n’a pas jugé utile ni commode de se prononcer sur l’évolution de l’ordonnance économique et financière de la Tunisie. Il estimait alors que « l’appréciation récente du dinar, la hausse des cours du pétrole, et une croissance en ralentissement chez les principaux partenaires économiques de la Tunisie sont à même d’affecter les paiements courants, et en dépit de la saison touristique plus favorable que prévu ». Et insiste sur la poursuite, avec détermination, de la mise en œuvre des politiques macro-économiques déjà engagées.

Synthèse et traduction LM

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