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Le mal originel

Il y a quelques jours, le parti islamiste tunisien Ennahdha célébrait son 40ème anniversaire. Du MTI (mouvement de la tendance islamique) à Ennahdha, ce parti filiale de la confrérie des « Frères musulmans » dans différents pays classée organisation terroriste, avait marqué le paysage politique tunisien.

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–        40 ans d’opposition violente et d’empêcheur de tourner en rond

D’abord dans la clandestinité à la fin du règne de Bourguiba, avec plus d’un procès et des peines de prison, avant que Ben Ali (qui avait d’ailleurs failli être tué par un missile « Stinger » par la branche armée du MTI) ne sauve lui-même la tête du leader de ce parti Rached Ghannouchi, et ne le fasse fuir par voiture officielle en Algérie. Ensuite, par les attentats en 1987 de Sousse et Monastir, puis de Soliman dont les acteurs ont été relaxés par ladite révolution, et dont on retrouvera presque tous les éléments dans les attentats terroristes qui avaient secoué la Tunisie de l’après 2011.

Rentrés de leur exil dans des pays européens comme l’Angleterre et la France, les dirigeants du MTI qui avaient fait leur mue en Ennahdha, prirent le pouvoir via l’ANC et une Constitution minée de toutes parts. Connu pour être l’un des  auteurs de l’attentat de Sousse en 1987, le Nahdhaoui Hammadi Jbali est alors nommé chef du gouvernement le 24 décembre 2011, par une Troïka acquise aux convictions d’Ennahdha et conduite par Moncef Marzouki. Le 13 mars 2013, il est remplacé par le tout aussi Nahdhaoui Ali Larayedh. Deux mandats, marqués par deux meurtres politiques et différents attentats, à Sousse et Bardo notamment, et d’incessantes tentatives de changer le mode sociétal de la Tunisie pour essayer de l’islamiser, heureusement vaines.

Quatre années d’un règne direct d’Ennahdha où l’économie fut mise à sac par les milliards distribués en compensation des années de « lutte » contre Ben Ali, l’Etat démuni de toute autorité, les institutions minées par les centaines de placement d’éléments d’Ennahdha.

Suivront quatre autres années de pouvoir indirect par le consensus mis en place sous Béji Caïed Essebssi, avec un fait majeur resté inconnu, celui du blanchiment des B3 (Casier judiciaire) de tous les membres d’Ennahdha, en 2016, par décision de justice.

–        Ennahdha devient la « Nakba » de la transition politique en Tunisie

Ayant perdu l’Exécutif, par la défaite de tous ses candidats aux Présidentielles de 2019, Ennahdha a pris le pouvoir législatif et le met entre les mains de son gourou Rached Ghannouchi. Aidée par une Constitution alambiquée, ouvertes à toutes les interprétations de part et d’autre, Ennahdha pris ainsi en otage les deux têtes de l’Exécutif. Ennahdha finit par phagocyter tous les pouvoirs en place.

Force est de constater ainsi que la période de 2011 à 2021 est une décennie où la présence d’Ennahdha a toujours été au cœur de tous les conflits, politiciens et politique. Au cœur aussi de toutes les défaites économiques et des conflits sociaux, et qui a focalisé autour d’elle toutes les contestations, jusqu’à devenir le mal originel de la Tunisie de l’après Ben Ali.

Et on en comprendrait presque tous ceux qui lieraient le départ d’Ennahdha au rétablissement, politique, social et économique, de la Tunisie. Le mouvement est actuellement la cause, directe et indirecte, de la crise, constitutionnelle et institutionnelle en Tunisie. Le chef de l’Etat s’oppose au chef du gouvernement à cause d’Ennahdha et de son président. L’objet même de l’opposition du parti d’Abir Moussi qui fait le trublion à l’ARP, est Ennahdha. La guerre froide entre les deux têtes de l’Exécutif a pour objet, déclaré mais jamais dit de manière directe par Kais Saïed, Ennahdha. Il a été maintes fois conseillé au chef du gouvernement de prendre ses distances vis-à-vis de l’objet de tous les problèmes. Il ne semble pas vouloir entendre raison. Force est pourtant de constater que son départ poserait plus de problèmes, notamment économiques, qu’il n’en résoudrait.

Force est encore plus de constater  que pour Ennahdha et toutes ses têtes d’affiche, c’est « Game Over ». Ce n’est pas que vous n’êtes rien. C’est plutôt que vous ne valez rien, et que vous êtes révélés être de parfaits losers  politiques !

3 Commentaires

  1. Présentation intéressante bien que incomplète, le Président KS doit se rappeler de tous les crimes manipulés par Ennahdha depuis 2011, les attentats, le vol de l’argent du peuple, la haine des islamistes et l’organisation de El Khalifa, il est le garant de la protection des tunisiens, Sauvez votre pays monsieur le Président des ces criminels, coute ça que ça coute. Le temps est précieux, agissez vite pour que ça ne soit pas trop tard.

  2. Les attentats de Sousse (juin 2015) et du Bardo (mars 2015) ont eu lieu sous la présidence d’Essebsi et avec Habib Essid comme chef du gouvernement… Inutile d’user de mauvaise foi.

  3. c’est un article intéressant qui ne parle pas des assassinats politiques et des attentats terroristes de 2015 contre des lieux touristiques et qui visent des innocents étrangers qui sont venus passer leurs vacances dans notre pays et participer au developpement touristique mais l’article ne propose pas des solutions à la crise actuelle la plus grave de son histoire .

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