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Le nouvel ordre économique tunisien!

Après une première sortie particulièrement virulente, au mois de septembre dernier, contre l’instrumentalisation du régime des cahiers des charges en Tunisie, à laquelle African Manager a consacré un article, le 20 septembre 2023, un nouvel assaut présidentiel plus doctrinal a été lancé, ces derniers jours, contre l’ordre économique établi « biaisé par une administration infiltrée, au service de lobbies ».

D’aucuns y ont vu l’esquisse d’un programme économique censé remplacer le modèle économique en vigueur.

Le président de la République a appelé, vendredi  9 février, le chef du gouvernement «  à assainir l’administration et à imposer le respect de la loi à tous, notant « qu’une guerre de libération sera menée pour nettoyer le pays de tous ceux qui ont tenté de le détruire et de le rendre dépendant de l’étranger ».

La première tâche dans cette voie passe par « la révision des règlements et conditions encadrant l’activité économique, qui sont adaptés aux besoins de lobbies de manière à perpétuer le monopole qu’ils exercent sur un bon nombre de secteurs économiques afin que nul autre ne puisse les concurrencer ».

Le président de la République a estimé que « les cahiers des charges régissant certaines activités économiques, et censés encourager la liberté d’entreprise en remplaçant les autorisations administratives, constituaient, en réalité, des monopoles déguisés, étant assortis de conditions que seuls les groupes d’intérêts ciblés pouvaient remplir ».
Selon lui, « l’administration est infiltrée par ces lobbies qu’elle sert ainsi sous le couvert de ces textes de lois taillés sur mesure ».

Depuis le 19ème siècle déjà, les marxistes avaient soutenu des thèses similaires concernant l’économie capitaliste libérale et le droit bourgeois en général, taillés, selon eux, sur mesure pour servir les intérêts exclusifs de la classe bourgeoise.
D’ailleurs, certains ont vu dans la défense du rôle social de l’Etat, des entreprises publiques et l’idée des sociétés communautaires, une teinte socialisante de ce  programme présidentiel.

C’est davantage un nouvel ordre économique qu’un programme ponctuel!
Acteur juridique

Au cours d’une rencontre, le même jour, vendredi 9 février, avec la ministre de l’Economie et du plan, le président de la République a affirmé, en substance, que « ceux qui parlent depuis des années d’un nouveau modèle de développement n’ont pu apporter aucune réponse,  n’ayant pas pris la peine d’examiner les raisons qui ont conduit à la détérioration des conditions économiques et sociales du pays », ajoutant que « le peuple a déterminé ce qui est décrit comme modèle, et il suffit de lui fournir les outils juridiques lui permettant de formuler ses revendications légitimes ».

Il a plaidé pour l’indépendance de décision nationale en matière de planification des projets de développement en se basant exclusivement sur le choix du peuple, loin des diktats extérieurs.
« Les citoyens qui ont été marginalisés durant des décennies pourront désormais, à l’avenir, grâce aux Conseils régionaux, participer à l’élaboration d’une législation qui les fera sortir du cercle des marginalisés vers celui de l’acteur juridique et de l’acteur économique.
Dans ce contexte, le président de la République a souligné l’importance des sociétés communautaires, disant que « des milliers de Tunisiens sont motivés pour créer ce type d’entreprises, de sorte que les institutions bancaires, en général, et la Banque Tunisienne de Solidarité, en particulier, doivent faciliter le financement de ces entreprises, afin qu’elles profitent à l’ensemble du pays».

Dans l’optique du chef de l’Etat, ce nouvel ordre économique est propre à réhabiliter la liberté d’entreprise et non pas à l’assiéger, car, le régime des cahiers des charges a été faussé par l’instrumentalisation des textes qui le réglementent.
Au mois de septembre dernier, il avait notamment dit, en recevant les ministres en charge de l’économie et des finances : «Vous voulez la liberté, laissez tout le monde travailler de façon égalitaire. Vous voulez une économie libre ? Ok, mais respectez les règles ».
Evoquant, alors, la question de l’investissement en Tunisie et les moyens de le booster, il avait déclaré :

« Cet investissement qu’on n’arrête pas d’encourager et qui ne veut l’être. Ce n’est pas par manque d’incitation, mais parce que c’est basé sur la corruption. On n’a pas besoin de code d’investissement. Il suffit juste d’éradiquer la corruption. Car à chaque pas, il faut casquer, du fait que ceux qui ont un pouvoir en font une marchandise (à vendre). Qui oserait  investir dans ce cas ?

S.B.H

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1 COMMENTAIRE

  1. Malheureusement c’est une amère vérité.
    En effet un nombre d’individus, à tous les niveaux, se cachent derrière l’imposante masse de la lourde administration publique.
    Rien n’est caché et les plaies de la société sont à l’air libre sans traitement efficace, ni à court ni à moyen terme. Le cancer social ronge petit à petit la société Tunisienne.
    Il nous faut de bons, efficaces, intelligents et honnêtes chirurgiens dans toutes les administrations et à tous les niveaux pour nous débarrasser sans dangers des cellules malades et incurables. .
    Un proverbe tunisien dit: اضرب القطوسة تتربا العروسة.
    Entre temps, notre jeunesse et tous les investissements placés en elle sont entrain d’être volés par des pays plus attractifs par leurs claires stratégies et par leur apparente stabilité. Nous allons continuer à pleurer le départ de nos chers enfants à qui nous avons placé nos espoirs et sur qui nous avons compté adoucir nos derniers jours à la surface de la terre. A l’enfer, et toutes les malédictions à ceux qui en sont la cause.

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