AccueilLa UNELe ridicule managérial ne tue plus chez le «super» ministre!

Le ridicule managérial ne tue plus chez le «super» ministre!

Du jamais vu, mais le ridicule ne tue plus chez le ministre des Finances. C’est en effet une première de tous les temps que le ministère tunisien des Finances publie un communiqué officiel, demandant aux assujettis à l’impôt d’envoyer leurs déclarations, avec tous les documents nécessaires, par ailleurs, documents personnels et confidentiels, sous enveloppe par la Poste. Et pour ceux qui ne pourraient pas le faire par transfert d’argent via la Poste, d’envoyer leurs déclarations accompagnées  du chèque du montant demandé ! Une demande inouïe, celle de prendre le risque d’envoyer un chèque, certifié, car les recettes n’acceptent pas les non certifiés, dans une simple enveloppe de la poste.

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Ce traitement, jamais vu de toute l’histoire des finances en Tunisie, faisait suite à la grève des recettes des finances, sur fond de contestation du montant de la prime de recouvrement. Une contestation, elle-même sur fond d’inégalités des montants servis, entre employés et cadres du ministère qui auraient reçu, non les 85 % décidés par le ministère à cause de la baisse des ressources propres, mais même 120 % de la prime de 2020 (Une année pourtant fortement impactée par le Covid-19 et les confinements qui ont immobilisé tous les fonctionnaires, mais pas leurs salaires). Ainsi, tout en jugeant cette grève illégale, le ministère lui trouve un autre alibi dont il essaie de tirer profit pour son image, et lui trouve une alternative des plus incongrues en matière de paiement d’impôts !

–        Des employés de finances qui s’entêtent, et le ministère qui essaie de faire bonne figure

Le 4 mai, le MF mettait en ligne un communiqué explicatif, où il indiquait que « la prime de contrôle et de recouvrement, est une subvention annuelle dont bénéficient les agents et cadres du ministère en charge des finances conformément à un arrêté gouvernemental (…). Compte tenu de la crise sanitaire qui a directement affecté négativement les indicateurs liés à l’évolution des recettes fiscales, dont le taux de réalisation n’a pas dépassé 85 % au cours de l’année 2020 par rapport aux estimations de la loi de finances originale pour l’année 2020. Et dans un effort pour maintenir un climat social sain et motiver tous les employés, le ministère a proposé de fixer 85% comme montant minimum du montant (…). Au cours de la séance de négociation avec les membres de la Fédération des finances, la méthode de calcul a été rejetée par eux, exigeant le même montant qui a été décaissé pour l’année 2020, indépendamment de la baisse des revenus et du rapport coût-efficacité de la surveillance et du recouvrement au cours de l’année 2020 que le ministère considérait comme une demande illégale et subjective ».

Déni de grève, plutôt déni d’incapacité à gérer cette contestation, le communiqué du ministère des Finances a préféré dire que ces nouvelles mesures ont été prises, de son propre gré, dans le cadre du « respect du confinement et de son souci de la santé du citoyen ».

Une grève, que même la réquisition n’avait pas pu briser, la fermeture des recettes de finances se poursuivant à ce jour, induisant  une menace de désobéissance fiscale de la part des personnes, morales, soumises à l’impôt et incapables de s’en acquitter . Dans un récent communiqué, la Compagnie des Comptables de Tunisie mettait en exergue « l’impossibilité, pour les entreprises et les professionnels de la comptabilité » de s’astreindre aux mesures préconisées par le MF, auquel ils proposent de renvoyer au mois prochain les déclarations, mensuelle annuelle, d’impôts. Une demande qui signifiera une baisse de ressources de l’Etat, qui pourrait ne pas rester en capacité d’honorer ses engagements en salaires, retraites et autres.

–        Un comportement qui met en doute un large plan des réformes promises au FMI

Sans revenir sur l’origine de la crise, ni même sur le caractère, légal ou illégal, de cette prime de contrôle et de recouvrement, parfois pour des personnes complètement étrangères à cette fonction, il faut rappeler une chose, et lancer un warning.

En effet, cette grève et cette gestion calamiteuse de ce mouvement social par le « super » ministre, interviennent au moment où ce dernier  présentait aux bailleurs de fonds le projet de création d’une agence de recouvrement, « indépendante » nous dit-on. Un projet à double objectif. D’abord celui de baisser la masse salariale de 2 % au moins, et ensuite de relocaliser un très grand nombre de fonctionnaires du ministère vers l’agence et d’en tirer une baisse du nombre des fonctionnaires de l’Etat. Une telle gestion, d’un simple mouvement social, ne dit rien qui vaille pour le futur d’une agence qui devrait en quelque sorte monopoliser tout le travail de recouvrement de l’impôt !

« Au lieu d’essayer de trouver une solution, le gouvernement laisse tomber son droit d’encaisser les impôts, alors qu’il présentait à ses bailleurs de fonds la mise en place des prémices d’un programme de création d’une agence pour le recouvrement des dettes fiscales, pour n’en recouvrer que 5,600 milliards (sur un total de 12,600 milliards!) … et sur 7 ans, rien que ça !!! alors qu’il est capable d’ouvrir ses recettes des finances pour pérenniser les revenus de l’Etat !!! », commentait à juste titre l’expert Walid Ben Salah sur sa page des réseaux sociaux.

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