L’Afrique progresse dans ses politiques d’ouverture sur les visas, ce qui est de bon augure pour les voyages transfrontaliers, la facilité de circulation et le commerce en 2024 et au-delà. L’Indice d’ouverture sur les visas en Afrique 2023, publié mardi par l’Union africaine et la Banque africaine de développement, révèle de nombreux progrès depuis la publication de la septième édition du rapport en décembre 2022.
En 2023, les données du rapport montrent que 50 pays ont amélioré ou maintenu leur score de 2022, seuls quatre pays ont obtenu un score inférieur. Depuis la publication du premier rapport en 2016, 36 pays ont amélioré leur score dans l’indice. 42 pays africains accordent l’entrée sans visa aux citoyens d’au moins cinq autres pays africains, tandis que 33 pays le font pour les citoyens d’au moins dix pays. Quatre pays – contre trois l’année dernière – ont supprimé toute exigence de visa pour les voyageurs africains. Il s’agit du Rwanda, du Bénin, de la Gambie et des Seychelles.
Toutes les matrices globales clés ont montré des améliorations en 2023. Dans 28 % de tous les scénarios de voyage intra-africain, les citoyens africains n’ont pas besoin de visa (une amélioration par rapport aux 27 % de 2022 et aux 20 % de 2016). Un visa est toujours nécessaire dans 46 % des scénarios de voyage sur le continent – en baisse par rapport aux 47 % de 2022 et aux 55 % de 2016.
Faits saillants de l’Indice d’ouverture sur les visas en Afrique 2023 :
- L’Indice d’ouverture sur les visas a atteint son niveau le plus élevé en 2023, dépassant légèrement le précédent pic de 2020.
- L’Afrique compte désormais quatre champions (Rwanda, Bénin, Gambie et Seychelles) : des pays qui ont supprimé les visas pour les citoyens de tous les pays africains.
- 24 pays proposent désormais un visa électronique, soit près de trois fois plus qu’en 2016.
- 15 pays ont amélioré leur score en 2023, 35 ont maintenu leur score, et seuls quatre ont obtenu un score inférieur.
- Les pays d’Afrique de l’Ouest restent en tête du classement : sept des dix pays les plus performants du continent sont situés en Afrique de l’Ouest.
Le Rwanda et les organisations régionales ouvrent la voie
Le Rwanda s’impose comme un nouveau champion en 2023, après avoir progressivement libéralisé son régime de visas au cours des huit dernières années. En 2016, ce pays enclavé permettait aux citoyens de près de 90 % des pays africains d’obtenir un visa à l’arrivée ; les citoyens des autres pays pouvant entrer dans le pays sans visa. Il a ensuite supprimé les frais de visa pour les citoyens africains et, en 2023, le Rwanda a supprimé toute obligation de visa pour les citoyens de l’ensemble du continent. « Cela a allégé le fardeau du voyage pour les citoyens de 35 pays africains qui avaient jusqu’à récemment encore besoin d’un visa », note le rapport. Autre évolution positive, selon certaines informations, le Kenya prévoirait de supprimer l’obligation de visa pour les voyageurs africains d’ici à la fin 2023.
À cet égard, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) obtient le meilleur score régional. C’est là que les citoyens africains jouissent des niveaux les plus élevés de liberté de circulation transfrontalière. La CEDEAO a adopté une position progressiste en matière d’ouverture sur les visas depuis des décennies, qu’elle a formalisée en 1979 par un protocole sur la libre circulation des personnes, le droit de résidence et d’établissement.
En plus d’afficher le score régional de l’Indice d’ouverture sur les visas le plus élevé du continent, la CEDEAO enregistre également le taux de réciprocité le plus élevé en matière d’exemption de visa : cela correspond au taux auquel les politiques d’exemption de visa de chaque pays au sein de la CER font l’objet d’une réciprocité de la part de ses États membres. Dans 97 % des scénarios de voyage, les citoyens peuvent entrer dans un autre pays de la même CER sans avoir besoin d’un visa.
La Zone de libre-échange continentale africaine est un domaine clé pour lequel il est essentiel de progresser en matière d’ouverture sur les visas. « La libre circulation des personnes entre les frontières de l’Afrique n’est pas seulement un objectif important en soi, elle est aussi essentielle à l’intégration continentale », souligne le rapport. Avec trois nouveaux États membres de l’Union africaine qui ratifieront la ZLECAf en 2023, portant le total à 47 ratifications, l’impact durable des négociations, de la ratification et de l’exécution de la ZLECAf dépend dans une large mesure de la capacité des personnes à franchir les frontières africaines, sans être entravées par des barrières administratives excessives.








