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Le secteur privé encore alléchant pour une majorité des jeunes Tunisiens

Environ 57% des jeunes Tunisiens acceptent de travailler au sein d’une entreprise tunisienne privée, c’est ce qui ressort d’un sondage sur le thème « les jeunes et l’entreprise », dont les résultats ont été présentés, samedi, lors de la clôture la 35ème édition des Journées de l’Entreprise, et ce, en présence du ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, Nasreddine Nsibi.

Les jeunes interviewés estiment qu’il est difficile de trouver un emploi dans la fonction publique et que les entreprises privées offrent des salaires plus élevés et une meilleure expérience professionnelle.

En revanche, 42% des jeunes disent préférer ne pas être embauchés par une société tunisienne privée, soulignant que ces dernières exploitent les jeunes sans garantir leurs droits matériels et moraux.

Le sondage, réalisé par l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE), a révélé, aussi, que 79% des jeunes interviewés souhaitaient émigrer, contre 20% qui ne veulent pas quitter la Tunisie. De même, 70% des jeunes préfèrent consommer un produit étranger, contre 29% qui choisissent de consommer un produit tunisien.

Parmi les attentes exprimées par les personnes interrogées figurent également l’amélioration de l’infrastructure de l’éducation, l’interdiction des cours particuliers et la révision du système éducatif.

S’agissant du secteur de la santé, les personnes sondées ont  exprimé l’espoir de voir se concrétiser une réforme du système sanitaire à travers la numérisation des services sanitaires et l’incitation du personnels, médical et paramédical à travailler dans les régions intérieures.

Quelles incitations publiques ?

Les jeunes participants au sondage ont également appelé le gouvernement à encourager le travail à distance, à faciliter l’octroi de financement en réduisant les taux d’intérêt, à renforcer la formation et à numériser les procédures de création d’entreprises.

Ils ont aussi appelé le gouvernement à encourager l’investissement et à prévoir des incitations spécifiques à l’investissement agricole notamment, dans les secteurs de l’huile d’olive, du lait et des agrumes.

En ce qui concerne le développement régional, les jeunes interrogés ont souligné la responsabilité du gouvernement en matière d’encouragement de l’investissement agricole et l’investissement dans les énergies alternatives, la valorisation des ressources et du potentiel de chaque région.

Pour ce qui du transport, les principales revendications exprimées s’articulent autour de la réforme de l’infrastructure des transports, le renouvellement du parc et la résolution du problème de surcharge dans les moyens de transport en commun.

Le ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi a, à ce titre,  fait savoir que son département a entamé, en collaboration avec le ministère des Technologies de la communication, l’élaboration d’un programme de réhabilitation des jeunes dans certains métiers, affirmant que la stratégie du ministère sera axée, durant la prochaine période, sur le renforcement du système de formation professionnelle afin d’en faire une voie vers la réussite.

Le secteur public, une offre cadenassée !

 Il est vrai que le secteur public est, en termes d’emploi, un horizon de plus en plus verrouillé pour les jeunes Tunisiens. Il n’en fournit que   pour  6,8% dans les zones rurales et 12,4% travaillent en milieu urbain. La plupart des jeunes Tunisiens travaillent dans le secteur des services, notamment le tourisme, qui fournit également la plupart des emplois dans le secteur informel.

Pourtant, selon la Banque mondiale, La Tunisie est bien placée pour devenir un champion régional en matière d’innovation et d’entrepreneuriat si elle reconnaît le potentiel des jeunes femmes et hommes aspirant à devenir entrepreneurs. Le travail indépendant est relativement courant chez les jeunes Tunisiens : un jeune Tunisien sur dix est micro-entrepreneur indépendant. En revanche, l’auto-emploi chez les jeunes femmes est pratiquement inexistant : seulement 2,2% des jeunes femmes dans les zones rurales et 1,5% dans les zones urbaines. Toutefois, les technologies modernes devraient faciliter et encourager les jeunes femmes à se lancer en affaires et de générer des revenus. L’auto-emploi pourrait également aider à surmonter les disparités régionales. Actuellement, le travail indépendant est plus répandu dans la région côtière (12,1%) et dans le sud (12,1%), contre seulement 8,1% dans la région intérieure.

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