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Le triangle crucial

Déjà en soi éligible à des convulsions inédites, le défi de l’eau s’annonce, jumelé à l’énergie et à l’alimentation,  comme le triangle qui cristallisera les plus virulentes belligérances qui bouleverseront les relations entre Etat   autant que les approches qui cadencent à ce jour l’ordre mondial

Cruciale, la question l’est à moult titres.  En Tunisie, elle s’exprime à travers un triangle crucial , le pays étant  situé dans la région aride et semi-aride de l’Afrique du Nord, confronté, plus est,  à des défis importants pour assurer la gestion durable de ses ressources en eau, en énergie et en nourriture. Ces défis sont encore exacerbés par les impacts du changement climatique, de la croissance démographique et de l’urbanisation rapide, qui exercent une pression croissante sur les ressources limitées du pays.

L’un des aspects clés du lien eau-énergie-alimentation en Tunisie est l’interdépendance de ces ressources, estime EnergyPortal.eu. L’eau est essentielle à la production agricole, qui représente environ 80 % de la consommation totale d’eau du pays. À son tour, l’agriculture est une source majeure de moyens de subsistance pour une proportion importante de la population et joue un rôle crucial pour assurer la sécurité alimentaire. L’énergie est également nécessaire pour l’extraction, le traitement et la distribution de l’eau, ainsi que pour la production, la transformation et le transport des aliments. En tant que telle, la gestion de ces ressources est intrinsèquement liée, et toute perturbation ou déséquilibre dans un secteur peut avoir des implications importantes pour les autres.

Ces dernières années, la Tunisie a connu une baisse de ses ressources en eau renouvelables, principalement en raison de la diminution des précipitations et de l’augmentation des taux d’évaporation en raison du changement climatique. Cela a conduit à une dépendance croissante vis-à-vis des ressources en eaux souterraines non renouvelables, qui s’épuisent à un rythme alarmant. L’extraction excessive des eaux souterraines a également entraîné la dégradation de la qualité de l’eau, avec des niveaux élevés de salinité et de pollution posant des risques importants pour la santé humaine et l’environnement.

Une capacité institutionnelle limitée

En réponse à ces défis, le gouvernement tunisien a mis en place une série de mesures visant à améliorer la gestion durable de ses ressources en eau. Celles-ci comprennent la construction de barrages et de réservoirs pour stocker et réguler l’approvisionnement en eau, le développement de systèmes de traitement et de réutilisation des eaux usées et la promotion de technologies et de pratiques d’économie d’eau dans l’agriculture. Cependant, ces efforts ont été entravés par un manque de ressources financières, une infrastructure inadéquate et une capacité institutionnelle limitée.

La sécurité énergétique est un autre problème crucial en Tunisie, le pays étant fortement tributaire des combustibles fossiles importés pour répondre à ses besoins énergétiques. Cette dépendance vis-à-vis des sources extérieures expose le pays aux fluctuations des prix mondiaux de l’énergie et fait peser des risques importants sur sa stabilité économique. Dans un effort pour diversifier son mix énergétique et réduire sa dépendance aux importations, le gouvernement tunisien a encouragé le développement des sources d’énergie renouvelables, telles que l’énergie solaire et éolienne. Cependant, les progrès dans ce domaine ont été lents, les énergies renouvelables ne représentant qu’une faible proportion de la consommation totale d’énergie du pays.

Des projets en PPP

Pays à vocation agricole depuis la nuit des temps, la Tunisie a toujours dépendu de la pluviométrie où le  secteur agricole contribue, actuellement,  à hauteur de 10,2% du PIB, 12% des exportations totales et offre 14% de l’ensemble des emplois au sein du pays.

 La superficie réservée aux grandes cultures, au cours de la saison 2024, est estimée à 1,5 million d’hectares, et environ 700 mille quintaux de semences contrôlées seront disponibles.

Le gouvernement œuvre à élargir la base de financement bancaire destinée aux agriculteurs, ainsi que la couverture d’assurance pour inclure la sécheresse et les répercussions des changements climatiques,, alors que les petits agriculteurs n’ont bénéficié que de 1% de financement bancaire durant l’année 2021.

Il n’en demeure pas moins que les autorités ont a alloué une enveloppe de 1 320 millions de dinars pour renforcer les nappes phréatiques, à même d’atteindre un taux de remplissage de 95% en 2025, contre 92% en 2020.

Sur un autre registre,  la priorité est accordée  au partenariat public- privé pour la réalisation du plus grand nombre possible de ces projets et intensifier la réutilisation des eaux traitées, le recours à ces eaux ne dépassant pas les 8%, actuellement, contre 78% en Jordanie.

En outre, le gouvernement fera face à l’épuisement des ressources en eau, et l’activité de forage des puits sera organisée au mieux.

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