AccueilLa UNELe tunnel sans fin de l’emprunt intérieur !

Le tunnel sans fin de l’emprunt intérieur !

Les biais que la Tunisie se retrouve à sonder pour sortir de l’asphyxiante ornière financière qui est actuellement la sienne sont extrêmement limités. L’avis des experts est unanime à cet égard. Le diagnostic que pose  l’ancien ministre des Finances, Houcine Dimassi, n’y déroge nullement, notant que la situation des finances publiques est difficile, ce qui a empêché le paiement à temps des salaires de certains secteurs de la fonction publique.

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Dans une interview à Africanmanager ar, il est même allé plus loin en  soulignant  que « les finances publiques se trouvent dans une impasse et dans une position intenable … et  nul ne  sait comment on va pouvoir collecter les ressources financières nécessaires pour terminer l’année à la lumière de l’escalade croissante et des dépenses qui se chevauchent ». Le  budget de l’État pour l’année 2021 était basé sur de mauvaises hypothèses qui ont conduit à de mauvais résultats, a-t-il dit.

L’ex-ministre estime que le budget initial a été échafaudé sur des prévisions erronées, non pas par ignorance, mais  délibérément, dans le dessein  de faire passer le projet de loi  de finance et obtenir son approbation  lors de son examen par  l’Assemblée des représentants du peuple.

De surcroît, il a vivement critiqué le  retard mis dans l’élaboration du projet de loi de finance rectificative pour l’année en cours, soulignant qu’il n’est pas raisonnable de prolonger les travaux de sa préparation jusqu’au troisième trimestre 2021 sans pouvoir en achever l’essentiel   ni les principales dispositions.

Il faut noter que le projet de loi de finance rectificative comporte  un certain nombre d’amendements aux hypothèses, dépenses et revenus avec l’intégration de tous les accords financiers qui ont été conclus entre la Tunisie et un certain nombre de bailleurs de fonds internationaux.

Accélérer la formation du gouvernement

Dimassi  a fait savoir que la dégradation de la situation financière nécessite l’accélération de la  formation d’un nouveau gouvernement, en même temps que l’urgence de mettre  fin à la situation d’incertitude politique, suite aux décisions exceptionnelles annoncées par le président de la République le 25 juillet dernier, à savoir la  destitution du ci-devant chef du gouvernement Hichem Mechichi, le gel des travaux du Parlement pour une période de 30 jours ( reconductible)  et la levée de l’immunité parlementaire pour tous les députés.

Des déclarations diplomatiques pour panser les blessures

Toutes les déclarations des responsables des institutions financières internationales qui parlent de leur engagement à continuer de soutenir la Tunisie sont des « déclarations diplomatiques pour panser les blessures », selon l’ex ministre des Finances, qui ne s’en laisse pas conter sur ce registre.  Ces institutions exigent,  en tout premier lieu, l’existence d’une assise  politique stable avant d’entamer la moindre  négociation avec les pays qui postulent à leurs concours financiers, ajoute-t-il.

La trappe de l’emprunt intérieur

Le recours du gouvernement tunisien au mécanisme d’emprunt intérieur, contracté auprès des particuliers et des établissements bancaires et autres  pour répondre à une partie des besoins de financement du budget de l’Etat revient à « s’engager dans un tunnel sans fin », a affirmé Houcine Dimassi.

D’autant que la Tunisie  a enregistré une croissance négative de l’ordre de 3% au premier trimestre 2021et que la tendance à la contraction  économique enregistrée de 8,8% en 2020, s’est poursuivie.

S’y ajoute  l’énorme déficit budgétaire  estimé à 7,3% du PIB, dans le budget de l’Etat pour l’année 2021, qui nécessite la mobilisation d’emprunts d’une valeur de 19,5 milliards de dinars pour l’ensemble de l’année, dont 2.900 sont des emprunts internes et le reste sont externes.

Il est prévu que le volume total de la dette publique du pays en 2021 atteindra environ 11,2 milliards de dinars, ce qui représente 92,7% du PIB.

Pour ce qui est du service de la dette publique, il s’élèvera, selon les estimations,  à 15,7 milliards de dinars, soit un taux pouvant aller jusqu’à 33,4% par rapport à l’année 2020.

Surtout,  la Banque mondiale a abaissé ses estimations de la croissance de l’économie tunisienne durant  l’année en cours de 1,8 pour cent par rapport aux estimations précédentes, qui étaient de l’ordre de 5,8 pour cent, a conclu l’ex ministre des Finances.

1 COMMENTAIRE

  1. Monsieur le Président Kaïs SAIED , vous ne pouvez pas prétendre vouloir améliorer le quotidien des Tunisiens , notamment en luttant contre la corruption ,ce qui est bien mais prendra du temps à donner des résultats tangibles et par ailleurs aléatoires , et dans le même temps prendre une décision aussi NEFASTE que le maintien de la fermeture de notre frontière avec la Libye , ce qui a des conséquences CERTAINES , immédiates et catastrophiques pour notre économie , notamment dans les régions du Sud , où des milliers de familles se retrouvent dans la précarité et privées de ressources.
    Comme je l’ai dit dans un précédent commentaire les échanges entre les 2 pays sont intenses , comme les liaisons aériennes , peu de pays frontaliers en Afrique sont reliés par des liaisons aussi nombreuses , il est irresponsable de les stopper net jusqu’à nouvel ordre
    Pendant que vous tergiversez , la Turquie et l’Egypte , avec qui les frontières sont ouvertes
    , désormais les 2 seuls pas reliés à la Libye par les airs , quoique moins intensément que la Tunisie , en temps normal , placent leurs pions et multiplient les accords de coopération.
    Ensuite , nous sommes entrés en basse-saison , avec la fin des congés estivaux , d’où une chute déjà perceptible du trafic aérien , qui pourrait être en grande partie compensée par la reprise des vols vers la Libye , dont la suspension pénalise lourdement Tunisair , qui espérait en tirer 25% de ses revenus.
    Enfin si risque terroriste il y a , ce n’est pas la fermeture des frontières qui l’éliminera , d’autant que cette frontière est très protégée et étroitement surveillée par des dispositifs notamment électroniques.
    AVANT DE FAIRE DES PROMESSES MONSIEUR LE PRESIDENT , EFFORCEZ VOUS AU MOINS DE MAINTENIR CE QUI EXISTE ET PERMET A UN GRAND NOMBRE DE FAMILLES DE SURVIVRE , OU MIEUX , DE VIVRE .

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