AccueilLa UNELe vent a-t-il commencé à tourner en faveur des énergies renouvelables?

Le vent a-t-il commencé à tourner en faveur des énergies renouvelables?

La Tunisie a mis beaucoup de temps pour passer à l’utilisation des énergies renouvelables, dépassée en cela par de nombreux pays, à l’instar du Maroc qui dispose aujourd’hui de la plus grande station d’énergie solaire dans le monde, alors  que la contribution des énergies alternatives dans la production de l’électricité en Tunisie peine à franchir la barre des 3 pour cent.

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D’aucuns affirment que l’objectif de porter la part des énergies renouvelables à 30% à l’horizon 2030 sera difficile à atteindre.

Davantage une nécessité qu’un choix !

Toutefois, le directeur général de l’électricité et des énergies renouvelables au ministère de l’Energie, Belhassen Chiboub, affirme le contraire et estime que la Tunisie est à même de réaliser l’objectif fixé eu égard à la stratégie arrêtée à cette fin. Dans une déclaration à Africanmanager ar,  en marge d’un séminaire tuniso-allemand sur la transition énergétique, il a souligné que les énergies renouvelables ne sont plus un choix mais une nécessité d’autant que la Tunisie importe 60% de ses besoins en énergie.

Il va falloir éponger le déficit énergétique, renforcer la sécurité  énergétique  et contribuer à la relance économique au cours des années à venir, a-t-il précisé, ajoutant que le ministère de l’Industrie, dans le cadre des autorisations spéciales aux petits projets, a donné son accord de principe pour 43 projets dont 4 ont été, déjà, réalisés en même que se poursuivent les efforts pour aplanir les difficultés sur lesquelles buttent les autres projets restants.

Parallèlement, la Tunisie s’efforce de réduire ses importations de gaz servant à la production de l’électricité de 6%, soit en valeur 160 millions de dinars supportés par le budget de l’Etat.

Les campagnes de sensibilisation, d’abord !

De son côté, la représentante du ministère allemand de l’Economie et de l’énergie, Ellen von Zitzewwitz, a estimé que la Tunisien est capable de réussir dans la réalisation de la transition énergétique , rappelant que son pays s’est lancé dans cette expérience alors que la part des énergies renouvelables dans la production de l’électricité ne représentait que 6%, pour grimper et dépasser les 50% au jour d’aujourd’hui.

Elle a, dans cet ordre d’idées, mis l’accent sur la priorité qu’il faut accorder aux campagnes de sensibilisation pour pouvoir arriver à 30% d’énergies renouvelables au cours de la prochaines décennie.

En Tunisie, la fourniture d’énergie est un système peu économique qui, de plus, maîtrise mal les émissions nuisibles au climat, selon une étude allemande relayée par l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ). La politique de subventions menée actuellement va à l’encontre des dispositifs incitant à une utilisation efficace et économe de l’énergie. Les investissements nécessaires à l’amélioration de la structure de distribution sont reportés ou prennent la forme de solutions temporaires à la pertinence économique discutable.

La Tunisie dépend pour 60 % des importations énergétiques, et ce chiffre est orienté à la hausse. Une amélioration de l’efficacité énergétique pourrait entraîner une baisse de la demande en énergie et donc alléger la dépendance énergétique du pays vis-à-vis des importations tout en réduisant les émissions nuisibles au climat. La transition énergétique proclamée en 2014 vise une réduction de 34 % des besoins en énergie à l’horizon 2030, la baisse des subventions et la mise en place de mécanismes incitatifs favorisant les investissements rentables et respectueux du climat.

Les acteurs « pertinents » peu ou pas impliqués !

Les prix de l’électricité et des carburants ont augmenté à plusieurs reprises entre 2014 et 2019, sensibilisant davantage les responsables politiques et les usagers à la nécessité d’investir pour améliorer l’efficacité énergétique. Alors que les orientations et investissements importants décidés stimulent le développement des énergies renouvelables, les objectifs d’efficacité énergétique sont pour leur part loin d’être atteints. Or, pour réussir sa transition énergétique et réaliser ses contributions déterminées au niveau national (CDN) aux objectifs de réduction des émissions adoptés en 2015, la Tunisie se doit d’augmenter la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique et d’investir dans des mesures d’efficacité énergétique. Ces dernières doivent contribuer à hauteur de deux tiers à la réalisation des CDN.

La Tunisie pâtit de l’absence de mécanismes institutionnels et d’une trop faible implication des acteurs pertinents, ce qui freine la mise en œuvre des plans et stratégies nationaux d’augmentation de l’efficacité énergétique. Par ailleurs, le marché tunisien des services est encore trop peu développé et la transmission des connaissances trop réduite, surtout en dehors des grands centres urbains. En avril 2018, la conférence nationale sur l’accélération des programmes d’efficacité énergétique a marqué un nouveau départ, mais les priorités d’action n’ont pas encore été publiées.

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