Législatives : Comment Ennahdha a réussi sa « remontada » de dernière...

Législatives : Comment Ennahdha a réussi sa « remontada » de dernière minute ?

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C’est demain mercredi que seront proclamés officiellement les résultats définitifs des élections présidentielles du 6 octobre dont les candidats du mouvement Ennahdha sont donnés vainqueurs à la première place par les sondages de sorties des urnes, suivis par ceux du parti Qalb Tounès.

Un scrutin serré, comme en conviennent unanimement les observateurs locaux et étrangers, et va se traduire par un parlement très fragmenté, aucun parti ou liste ne recueillant plus de 20 % des voix. Le Washington Post, sans doute intrigué par la « remontada » d’Ennahdha, s’est posé la question de savoir comment le parti islamiste a réussi à remonter la pente en dernière minute et ravir le haut de panier au parti de Nabil Karoui.

Tout en faisant remarquer que le mouvement Ennahdha a engrangé environ cinq points de pourcentage de plus que son candidat Abdelfattah Mourou aux élections présidentielles il y a trois semaines, le Washington Post (WP), dans une analyse signé par le chercheur de Brooking Institution Sharan Grewal met en avant deux facteurs pour expliquer La hausse rapide et soudaine de la part de vote d’Ennahdha, à savoir le soutien d’un candidat indépendant et une réévaluation de la campagne.

Il rappelle qu’au cours des deux dernières semaines, le parti a tenté de faire appel aux partisans de Kais Saied, le vainqueur du premier tour des élections présidentielles. Saied, professeur de droit constitutionnel, n’a pas de parti politique et n’a appuyé aucun parti ni aucune liste. Ennahdha a non seulement soutenu Saied pour les élections du second tour, mais a également essayé de convaincre les électeurs de Saied qu’Ennahda était leur meilleur espoir de former un gouvernement favorable à une présidence Saied, explique le WP.

Après la décevante troisième place de Mourou aux élections présidentielles, le mouvement Ennahdha s’est lancé dans une réévaluation de sa stratégie de campagne. Pour la campagne électorale des Législatives, il a remis au goût du jour ses fondamentaux : la religion et la révolution. Le chef d’Ennahda, Rached Ghannouchi, lui-même candidat pour la première fois, a proposé qu’une taxe religieuse, la zakat, soit prélevée par l’Etat pour aider à réduire la pauvreté, ce qui a incité une éminente féministe à rappeler que la Tunisie est un Etat civil et non religieux.

Le cri de ralliement de Habib Ellouze

Pendant ce temps, le fougueux agitateur d’Ennahdha, Habib Ellouze, qui avait été mis à l’écart depuis cinq ans, est sorti du bois pour plaider que la “volonté divine exige de voter pour Ennahdha”, un cri de ralliement que l’on trouve qu’il pourrait être particulièrement efficace, note le Washington Post, qui rappelle que les dirigeants d’Ennahda ont souligné à plusieurs reprises qu’ils allaient défendre la révolution et lutter contre la corruption, malgré leur soutien antérieur à la loi sur la réconciliation. Après six années de compromis sur ces questions, le parti islamiste a réintroduit la religion et la révolution dans sa rhétorique de campagne, avec un succès apparent.

Et le WP d’esquisser la perspective postélectorale d’Ennahdha en soutenant qu’ « il ne pourra certainement pas former un gouvernement sans le parti de Nabil Karoui lui, surtout après que plusieurs petits partis ont déjà refusé de s’allier au parti islamiste. Cependant, durant la campagne, Ennahdha et Qalb Tounes ont exclu de former une coalition l’un avec l’autre, et les deux ont continué à le faire après les élections.

Le Parlement est-il trop fragmenté pour gouverner ?

Même si Ennahda et Qalb Tounes arrivent à faire cause commune, ils auront besoin de l’appui des petits partis pour s’assurer la majorité. Toutefois, quatre partis ont déjà exclu une alliance avec l’un ou l’autre, fait remarquer le WP. Il s‘agit de la Coalition Dignité, une nouvelle alliance de partis socialement conservateurs et prorévolutionnaires qui s’est déclarée disposée à s’allier à Ennahdha, mais pas à Qalb Tounes, du Parti Destourien Libre , un parti anti-arabe nostalgique d’un Etat fort, qui a annoncé qu’il ne s’allierait pas à Ennahdha, du Courant démocratique progressiste et prorévolutionnaire et du Mouvement populaire panarabe de gauche qui ont tous deux déclaré qu’ils se joindraient à l’opposition.

Si ces partis ne sont pas disposés à s’unir, il y a une réelle possibilité qu’Ennahdha ne soit pas en mesure de former un gouvernement, ce qui pourrait provoquer de nouvelles élections l’année prochaine. Une possibilité d’éviter un tel scénario a été proposée par le Courant démocratique : un gouvernement de salut national composé de personnalités indépendantes. Le dirigeant d’Ennahdha, Mohamed Ben Salem a fait remarquer que, bien qu’ils préfèrent qu’Ennahdh a assume le poste de chef du gouvernement, ils doivent trouver une personnalité capable de réunir les 109 voix requises.

1 COMMENTAIRE

  1. Comment Ennahdha a gagné les législatives réponse par l’achat des consciences des tunisiens en distribuant de l’argent sans vergongne à toute personne sui vote pour elle, tant qu’Ennahdha existe , il n’y aura jamais la paix ni progrès en Tunisie

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