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Les hôteliers entre l’attente de décisions politiques et l’attente d’un miracle de la divine Providence

Les attentats à Tunis et à Sousse ont fait fuir les touristes et plombé un secteur qui représente 7,4% du PIB national, déstabilisant ainsi l’ensemble de l’économie tunisienne qui a d’ailleurs contraint le gouvernement à revoir à la baisse de 0,5 point sa prévision de croissance pour l’année 2015, alors estimée à 3% avant les attentats.

Les entrées de touristes en provenance des pays d’Europe ont chuté de 83% en juillet et août derniers, le pays s’enlise dans des chicanes continuelles, les enseignes hôtelières débarquent au grand désarroi des enfilades d’hôtels sur le front des mers. « Il n’y a presque plus d’espoir pour que le tourisme reprenne cette saison estivale 2016 et peut-être pour longtemps », redoutent les hôteliers.

Même désarroi exprimé par le directeur d’opérations auprès d’un grand TO en Tunisie, Mohamed Snane, lors d’une émission économique à la radio RTCI, qui a déclaré tacitement l’état d’urgence face à un « danger imminent » : Un séisme pour l’industrie touristique tunisienne.

Selon M. Snane qui est en contact quasi permanent avec des clients et certains tours opérateurs, le mois de janvier c’est la basse saison et pendant laquelle l’on prépare la haute saison touristique, « si haute saison il y aura en Tunisie en 2015 », dit-il avec beaucoup d’appréhension.

Déplorant la « mollesse » du ministère des Affaires étrangère, Mohamed Snane a fait remarquer que la décision ne revient qu’aux autorités pour que la Tunisie redevienne une destination prisée.

« À présent la décision ne dépend plus de nous. Elle dépend principalement des décisions du ministère des Affaires étrangères. Comme tout le monde le sait, la Tunisie a perdu les marchés avec les anglais, les belges, les hollandais pour cet été 2016. Donc on restera avec peu de clients français et allemands. Les chiffres sont presque chaotiques allemands à tel point qu’on peut avouer qu’il n’y aura pas de saison cette estivale année. On aura une saison estivale morte. On ne peut pas s’attendre à un miracle.

Les TO continuent d’afficher, sur leurs sites, l’interdiction de voyage vers la Tunisie et au ministère des Affaires étrangères de développer une stratégie pour reconquérir les marchés locaux, européens et internationaux.

« Il faut que nos responsables bougent, qu’ils fassent une opération de communication et rentrent en contact avec les autorités britanniques et autres », a-t-il préconisé.

Il est vraiment grand temps pour nos politiques de bouger, nous sommes déjà en retard qu’ils doivent rattraper, car le mois de décembre est crucial pour les réservations. Et je peux vous confirmer que déjà plusieurs clients qui ont attendu jusqu’au mois de décembre pour réserver sur la Tunisie et puisque notre pays ne s’affiche pas sur les sites des TO, ont changé d’avis pour d’autres destinations, soit vers l’Espagne, la Grèce qui, malheureusement grâce à la nonchalance de nos responsables, affichent aujourd’hui le plein.

À la question de savoir quelles réformes pour rétablir la confiance ?

« Il y a une certification pour le moment qui doit être effectuée pour toutes les unités hôtelières qui demande un investissement supplémentaire par les hôteliers d’environ 300 Mille Dinars par unité hôtelière. Cette certification donnera un message fort aux clients et au monde que la Tunisie est bien capable d’assurer sa sécurité et la sécurité dans ses hôtels. Mais je pense que dans la situation économique actuelle les hôteliers n’ont pas les moyens pour assurer cet investissement », a répondu Mohamed Snane.

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