Au cours de la période récente, les marchés de divers gouvernorats de la République ont enregistré une hausse significative des prix des légumes et des céréales, en particulier les légumes d’été, à l’instar du piment.
En effet, le prix de ce dernier, grand favori des Tunisiens durant la période estivale, connaît depuis quelques jours une montée en flèche atteignant les 7 dinars, tandis que celui des tomates a dépassé les 2 dinars… provoquant la grogne de nombreux citoyens sur la tendance à la hausse et soudaine des prix des légumes.
Le président du Syndicat National des agriculteurs de Tunisie (Synagri), Midani Dhaoui, a attribué cette flambée à moult facteurs, notamment la fameuse pénurie de ressources en eau, de même que les températures record qu’a connues le pays depuis le mois de juin, et qui ont endommagé une proportion importante des zones cultivées.
Dhaoui a indiqué, dans une déclaration à « African Manager », que la pénurie des produits sur les marchés est également due au coût élevé de production.
Il a, d’autre part, souligné que ces différentes accumulations ont provoqué une hausse record des prix, atteignant des niveaux tels que les familles tunisiennes sont incapables d’acheter ces victuailles au regard de la baisse du pouvoir d’achat.
Destruction d’une partie des récoltes de poivrons, tomates et cucurbitacées
A ce sujet, le responsable de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche de Kairouan, Mouldi Romdhani, a révélé dans une précédente déclaration à la Tap, que la récente canicule et les vents de sirocco ont endommagé environ 90% de la superficie maraîchère du gouvernorat de Kairouan.
Il a expliqué que les températures qui ont dépassé les 50 degrés dans la région ont été à l’origine de la destruction d’une partie des récoltes de poivrons, tomates et cucurbitacées, ce qui a affecté le modèle d’approvisionnement de ces produits saisonniers, et a entraîné une augmentation de leurs prix ces derniers jours sur les marchés pour osciller entre 4 et 5 dinars pour les poivrons, 7 dinars pour le piment, et 3 dinars pour les tomates de saison.
Par ailleurs, le responsable a ajouté que cette vague de chaleur avait eu un impact significatif sur les arbres fruitiers, en particulier les pluviaux, avait entraîné la destruction d’un certain nombre d’amandiers, d’abricotiers, de pommes et de raisins, et affecté dans une moindre mesure les oliviers, malgré les opérations d’irrigation et de refroidissement.
Romdhani a prédit qu’un certain nombre de produits agricoles allaient diminuer au cours de la période à venir, et ce, en raison de l’exposition des légumes et des plantations aux dommages de ce qu’il a décrit comme « une pandémie naturelle » et l’impact des températures sur la ville.
Il est à rappeler que l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche a prédit à plusieurs reprises que de nombreux produits agricoles, notamment légumes seraient en quantité insuffisante, tels que les tomates de saison, les poivrons, et les pastèques, en raison de la réduction des surfaces cultivées et de la rareté des ressources en eau.
Il a également évoqué une forte contraction des zones de production, en particulier des légumes, appelant à la nécessité de trouver des solutions alternatives, de mettre à jour la carte agricole et de s’orienter vers des cultures de base au lieu de cultures plus gourmandes en eau destinées à l’exportation.








