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Les tarifs de recharge des véhicules électriques libres outre des incitations à l’investissement

Fethi Hanchi, directeur général de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), a annoncé que les tarifs de recharge des véhicules électriques seront libres, ce qui signifie qu’ils ne seront pas soumis à la tarification directe du gouvernement.

Dans une interview accordée à Africanmanager, Il a précisé que le coût d’installation d’une borne varie en fonction de la capacité et du type de courant électrique. Par exemple, une borne de recharge de 100 kilowatts coûte 400 000 dinars, tandis qu’une borne de 22 kilowatts ne coûtera pas plus de 20 000 dinars.

Et d’assurer que l’Etat a, également, pris des mesures pour promouvoir les véhicules électriques et assurer la transition technologique et énergétique. Interview :

Ces dernières années, le secteur des véhicules électriques a bénéficié d’une série de mesures incitatives. En quoi consistent ces mesures ?

Les avantages fiscaux instaurés en 2022 et 2024 se sont traduits par le développement du marché.

La réduction des taxes sur les voitures électriques et celle de la TVA en 2024 ont contribué à réduire le coût des véhicules et de l’offre, stimulant ainsi la croissance du parc automobile.

D’ailleurs, un organe a été créé au sein de l’ANME pour assurer le suivi des  avantages fiscaux et évaluer la valeur ajoutée générée sur le marché, ainsi que pour surveiller les prix de vente de ce type de véhicules.

Quelles sont les dernières statistiques officielles concernant le nombre de voitures électriques et hybrides en Tunisie ?

En octobre 2024, la Tunisie disposait  de 300 véhicules électriques et 800 véhicules hybrides rechargeables, en plus des 8 000 véhicules hybrides conventionnels…Ces chiffres reflètent un dynamisme important du marché.

Notre objectif est d’atteindre 50 000 véhicules électriques d’ici 2030 et 5 000 bornes de recharge.

Le taux de la couverture bornes de recharge est-il suffisant sur le marché tunisien ?

Oui, nous avons collaboré avec les municipalités, les principales zones commerciales et les hôtels pour installer plus de 60 bornes de recharge. Le nombre total a atteint 180. L’objectif est d’atteindre 5 000 bornes d’ici 2030.

Dans ce contexte, je tiens à souligner qu’au moins une borne de recharge a été installée dans chaque gouvernorat, ce qui rassure les utilisateurs de véhicules électriques et apaise les inquiétudes concernant le manque de bornes de recharge.

Il convient également de noter que les infrastructures sont actuellement prêtes à accompagner la transition vers la mobilité électrique.

Y-a-il de nouvelles mesures réglementaires qui ont été prises pour encadrer ce secteur ?

Oui, un nouveau cahier des charges est en phase d’élaboration finale. Élaboré en collaboration avec tous les acteurs du secteur, il permettra aux jeunes entrepreneurs et aux entreprises de lancer des projets de bornes de recharge moyennant des frais. Ce cahier des charges sera publié prochainement et constitue une étape importante pour la réglementation de la profession et la promotion de l’investissement.

Des travaux sont également en cours pour modifier le cahier des charges des bornes de recharge essence afin de leur permettre d’y installer des points de recharge.

Par ailleurs, en concertation entre le ministère du Commerce et du Développement des exportations et le ministère de l’Industrie et de l’Énergie, les voitures électriques ont été exemptées du système de quotas d’importation, un quota distinct étant alloué à cette catégorie.

Cela vise à permettre aux concessionnaires d’évaluer plus précisément le marché et de répondre à la demande de voitures électriques.

Comment les tarifs de recharge seront-ils déterminés ?

Les tarifs seront libres et non spécifiés, ce qui signifie qu’ils ne seront pas soumis à la tarification directe du gouvernement.

Le coût d’installation d’une borne varie en fonction de la capacité et du type de courant électrique.

Par exemple, une borne de recharge de 100 kilowatts coûte 400 000 dinars, tandis qu’une borne de 22 kilowatts ne peut pas coûter plus de 20 000 dinars.

Les temps de recharge varient en fonction de la capacité approuvée.

.Le processus d’intégration des voitures électriques au parc automobile des établissements publics a-t-il réellement commencé et quel est son coût estimé ?

Oui, l’ANME a été chargée d’acheter des voitures électriques pour 70 établissements publics.

Le financement proviendra des budgets de ces établissements, avec une contribution du Fonds de transition énergétique, pour un coût supplémentaire estimé à 700 000 dinars.

Également, le prix de chaque voiture devrait avoisiner les 75 000 dinars, et nous lancerons un appel d’offres dans les prochains jours.

Les voitures électriques, sont-elles désormais accessibles aux citoyens ?

Les mesures et les avantages fiscaux ont largement contribué à limiter la hausse des prix à l’importation des voitures.

Quelles sont les sources d’importation de véhicules électriques en Tunisie ?

Plus de 75 % des véhicules électriques sont importés des pays de l’Union européenne, suivis de la Corée, de la Chine et des États-Unis.

Existe-t-il une préparation en matière de formation et de maintenance ?

Les concessionnaires automobiles sont tenus de fournir des spécialistes en maintenance de véhicules électriques, et l’agence travaille afin d’intégrer des formations dans ce domaine dans les centres de formation professionnelle.

Quel rôle joue l’industrie locale dans ce nouveau système ?

La Tunisie compte des entreprises industrielles de renommée mondiale dans le secteur des composants automobiles.

Nous disposons actuellement d’usines produisant des câbles pour véhicules électriques et nous cherchons à attirer des investisseurs pour produire localement des générateurs de charge, d’autant plus que des mesures encourageant la fabrication locale ont été mises en place depuis 2021.

Nous sommes capables de nous positionner industriellement dans le secteur des véhicules électriques, et la plupart des entreprises industrielles tunisiennes se préparent à mettre en place de nouvelles chaînes de production de véhicules électriques.

Comment voyez-vous l’avenir de la mobilité électrique en Tunisie ?

La mobilité électrique en Tunisie devrait connaître une accélération, avec une période de transformation rapide du marché, en phase avec l’évolution rapide du secteur à l’échelle mondiale. Les trois prochaines années seront probablement déterminantes pour l’avenir de ce secteur.

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