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L’homme de la dernière chance

Khaled Chelly sera finalement le 8ème PDG d’une Tunisair à la dérive depuis plus de 10 ans, et on l’attendrait dans les jours qui suivront son retour de Montréal au Canada. Il ferait, peut-être, ses cinq prières quotidiennes, mais il n‘a aucun lien avec Ennahdha, comme en l’en accuse déjà sur les réseaux sociaux. Il entretiendrait aussi de bonnes relations avec le syndicat du transport depuis qu’il était PDG de l’OACA, membre du conseil d’administration de Tunisair et même son DG, mais il n’est pas « le chouchou » de Noureddine Tabboubi, comme on l’en accuse déjà aussi. Il ne serait pas du goût de ceux qui candidatent, dans l’ombre de certains politiciens, pour le même poste, ça c’est sûr. 

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Plus tangible, vérifié et vérifiable, il est issu de la prestigieuse IHEC de Tunis, a toujours baigné dans le transport aérien, et connaît bien le secteur et la boîte.  De 2009 à 2012, il était directeur pour l’Afrique de l’IATA. En 2012, il  a été nommé directeur général adjoint de Tunisair. Après deux ans à ce poste, Chelly est nommé directeur général à Tunisair Express, poste qu’il a occupé jusqu’à sa nomination à la tête de l’OACA où il dirigeait tous les aéroports de Tunisie, le 3 septembre 2015. Retour ensuite à Tunisair chez la direction centrale financière de la compagnie  avant de devenir son  représentant à Montréal.

Ce qui est tout autant sûr, comme le disait dernièrement le ministre Moez Chakchouk devant la commission de lutte contre la corruption de l’ARP, c’est que « le dossier de Tunisair est l’un des plus difficiles pour le ministère du Transport », à commencer par ses pertes qui devraient atteindre, selon le ministre, 1,8 Milliard DT.

Plus sûr encore, peu de gens, même parmi ses cadres, ne voudraient pas des mesures qui pourraient être prises pour la sauver. Et cela explique l’accusation à laquelle Moez Chakchouk se retrouve toujours à rappeler que « il n’est pas question de la privatiser, ni totalement, ni en partie ». Tunisair, c’est un grand nombre de cotisants de l’UGTT. Tunisair, telle qu’elle est désormais, c’est une masse salariale énorme pour ses besoins, des salaires parfois disproportionnés par rapport à l’activité de ces salariés, dont nombre ont accédé à ce niveau de salaire par la simple dé-filialisation des entreprises qui font désormais le groupe Tunisair. Et c’est d’ailleurs là que réside , selon nous, l’une des raisons qui feront toujours que le plan social reste improbable malgré sa budgétisation partielle par plus d’un gouvernement depuis 2012.

  • Les bonnes idées d’un ancien ministre, pour Tunisair

Ancien ministre du Tourisme, et au passage ancien ministre du Tourisme un temps par intérim, René Trabelsi disait chez « Al Hiwar TV » début mars, que « Tunisair est l’unique compagnie au monde qui n’a pris aucune mesure de dégraissage et d’assainissement social alors que ses avions ne volaient plus, alors que d’autres divisaient les salaires par deux, et d’autres ont fait faillite ».

Et d’estimer que « Tunisair nécessite un travail en profondeur (…). Il n’y a pas beaucoup de solutions. Il faut une injection d’argent frais, pour au moins réparer et faire la maintenance de son parc avions ». L’ancien ministre a aussi évoqué, à l’occasion, la multiplicité des représentations de la compagnie à l’étranger. « Le nombre de représentants de Tunisair à l’étranger n’est pas normal, alors l’assistance pourrait se faire via la sous-traitance et qu’un chef d’escale qui travaillerait à partir de son bureau suffirait. De grandes compagnies étrangères se sont débarrassés de ce genre de dépenses », a-t-il dit en véritable avisé.

Autre proposition faite par l’ancien ministre, et qui pourrait certainement alléger le poids des charges de Tunisair, celle concernant le patrimoine immobilier de la compagnie à l’étranger qui vaut très cher. « Je sais que je ne vais pas me faire beaucoup d’amis ce soir, mais je dis que la compagnie est propriétaire d’agences, parfois dans les beaux quartiers, et cela vaut beaucoup d’argent comme celui de Paris et qui pourrait payer la remise en état de plus d’un avion de Tunisair. D’autres compagnies travaillent en France et n’y ont aucune représentation ».

Rappelons pour ceux qui médiraient de cet ancien ministre qui avait fait les beaux jours du tourisme tunisien, que René Trabelsi avait déjà dit non à un poste de PDG de Tunisair. L’homme d’affaires se remet péniblement du Coronavirus qui l’avait planqué plusieurs mois, entubé au lit !

  • De quoi parle Moez Chakchouk ?

Aujourd’hui devant l’ARP, le ministre Chakchouk qui n’a manifestement pas écouté les conseils d’un prédécesseur et qui n’attend même pas l’arrivée du nouveau PDG de Tunisair, évoque un nouveau « plan de sauvetage pour Tunisair qui serait mis en place au cours du dernier trimestre 2021 ». Deux questions à ce propos. D’abord, pourquoi un nouveau plan de sauvetage, alors qu’au moins deux autres avaient été présentés ? Une simple mise à jour n’aurait pas été suffisante ? Ensuite, la situation d’une entreprise, endettée à 1,8 Milliard DT et qui avait déjà subi une 1ère tentative de saisie conservatoire, pourrait-elle supporter un délai aussi long juste pour monter un plan de sauvetage ? Il est un fait que la dette deviendra plus lourde, et que d‘ici là, il faudra du cash à l’entreprise pour résister.

C’est, en quelque sorte, le gros défi qui attendra le nouveau PDG de Tunisair, s’il payait avant l’argent de l’UGTT, et si ceux qui voudraient sa place à tout prix, y compris la tête de toute Tunisair, le laissaient travailler. Indépendamment de sa personne, Khaled Chelly sera la dernière chance de Tunisair !

On notera, tout de même et à la fin, cette bonne idée de Moez Chakchouk qui parlait de la compagnie devant les députés, celle de désengager Tunisair, on dira de la politique de l’Etat, et lui permettre le choix de ses destinations, ne choisir que les rentables, comme les africaines, et de ne plus servir d’autres destinations, nettement moins rentables, comme certaines du Moyen-Orient ou de l’Europ de l’Est.   

3 Commentaires

  1. Tout ce que le ministre des transports est capable de faire , c’est d’énumérer les dégâts . et de constater que seuls 4 avions seront opérationnels d’ici cet été.

    Je lui rappelle tout de même que la valeur des 25 appareils immobilisés est largement supérieure au coût de leur réparation , il s’agit donc d’un immense gâchis qui consiste à jeter par les fenêtres , et même à la poubelle , l’argent des contribuables tunisiens.

    Mais de cela nous sommes habitués avec Tunisair depuis des années , la pandémie n’a fait qu’accélerer le phénomène.

    IL NE S’AGIT NI PLUS NI MOINS QUE D’UNE ENTREPRISE
    DE-LI-BE-REE
    DE DESTRUCTION A PETIT FEU DE NOTRE FLEURON TUNISAIR entamée depuis plusieurs années déjà.

    Tunisair perd de l’argent parce qu’elle est freinée dans son développement , pas de fret , pas de longs-courriers , ou si peu, pratiquement pas de nouvelles lignes depuis plusieurs années , même sur le moyen-courrier , sans compter les lignes existantes souvent sous-desservies
    et qui n’ont pas été renforcées depuis longtemps.., mise à la retraite d’avions en parfait état et remplacés par des avions , moins nombreux , achetés neufs au prix fort , marché libyen toujours pas réactivé…

    Quand on roule avec le frein à main , on ne peut pas avancer.

    Mais qu’attend l’ETAT pour débloquer les sommes nécessaires , relativement modestes , pour résoudre ce problème et faire en sorte que Tunisair soit prête à redécoller , et à gagner de l’argent , avec un réseau renforcé , lorsque la pandémie sera jugulée ?
    et ainsi éviter des pertes bien plus colossales en cas de faillite , pour TUNISAIR elle-même mais aussi pour l’économie du pays ?

  2. Un joli cadeau « empoisonné  » !!!
    Un PDG même avec les meilleures qualités du monde , la meilleure volonté qu’il pourrait apporter ne pourra rien faire !!!!!!!!! Un PDG sans pouvoir réel , tout se décide chez le ministre de tutelle POURQUOI NOMMER UN PDG QUI N’AURA AUCUN POUVOIR ?? Et un syndicat qui commande ??

    Actuellement (peut être pour cet été ) 4 avions en état de voler pour 7000 salariés ??
    Même dans les meilleures conditions ou 10 avions sur 29 pourraient voler 7000 salariés
    C’EST 700 salariés pour 1 avions ( si 10 pouvaient voler )

    C’est bien triste de constater toutes ces erreurs ( volontaires)

  3. la compagnie Tunis AIR ne sera sauvé par un homme de pogne et compétent qui doit faire les réformes nécessaires pour son redressement et dégager le personnel en trop embauché par les islamistes et de supprimer la corruption et la mauvaise gestion pour que la compagnie soit redressé et revient à sa position avant la révolution

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