AccueilLa UNEL'hydrogène vert, de moins en moins  une option pour la Tunisie

L’hydrogène vert, de moins en moins  une option pour la Tunisie

La production de l’hydrogène vert est un vrai enjeu pour la Tunisie, dont la transition énergétique peine encore à se traduire dans les faits. Cet enjeu n’est pas, en effet, sans risques, sur les plans social et  écologique et ces risques devraient être bien étudiés avant de s’engager sur cette voie, ont laissé entendre les intervenants à une rencontre tenue  à Tunis autour de la thématique : »Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène vert en Tunisie, à qui les bénéfices? ».

Y ont été  présentées les conclusions d’un  rapport  éponyme  qui estime que « la production de l’hydrogène vert en Tunisie impliquerait la construction de mégaprojets d’énergies renouvelables à la fois solaires et éoliennes. Ces projets ne sont pas sans risques environnementaux, sociaux et économiques sur les populations qui les accueilleront.

Les intérêts financiers et économiques risquent de cacher les répercussions de ces projets sur la qualité des sols et les ressources en eau. En effet, pour produire un kilo d’hydrogène vert, il faut entre 18 et 24 litres d’eau pure. Cette eau va être issue du dessalement avec les impacts que cela pourrait avoir sur la biodiversité marine et la concurrence que cela impliquerait avec des besoins plus importants tels que l’irrigation ».

Impact des mégaprojets sur les populations

Cette rencontre est tenue par la fondation Heinrich-Böll-Stiftung en collaboration avec le think tank « Initiative de réforme arabe »  (Arab Reform Initiative-ARI), dans le cadre de l’exposition intitulée « Energy in transition-Powering Tomorrow », organisée par l’ambassade d’Allemagne à Tunis. 

« Des études menées par de chercheurs du Golfe évoquent par ailleurs la possibilité que les rejets des saumures contribueraient au réchauffement des eaux de la Méditerranée. S’ajoute à cela les conséquences très néfastes que pourraient avoir les mégaprojets sur les populations locales (accaparement des terres, nuisances sur la qualité des sols, nuisances sur la santé, incidences sur les ressources en eau..) et les injustices sociales qu’ils pourraient aggraver ».

Le rapport, cité par TAP,  ajoute :r « il est très probable, même presque sûr, qu’une très grande partie de l’hydrogène produit sera voué à l’exportation. Cette question de l’exportation n’est pas sans soulever des questions en relation notamment avec la perpétuation de certains modèles extractivistes ».

Cependant,  des zones d’ombre persistent sur ce que la Tunisie veut faire avec l’hydrogène vert et encore sur le mémorandum d’entente signé entre la Tunisie et l’Allemagne et qui n’a pas été rendu public. Un mémorandum d’entente portant sur la mise en place d’une alliance tuniso-allemande de l’hydrogène vert (Power-to-X) a été signé en décembre 2020 entre la Tunisie et l’Allemagne, en vertu duquel un don allemand de 30 millions d’euros sera accordé à la Tunisie pour favoriser l’émergence d’une industrie tunisienne de l’hydrogène vert.

Les deux échecs de la Tunisie

De son côté, le  coordinateur de programme (HBS Tunis), a évoqué l’engouement mondial pour l’hydrogène vert, souvent présenté comme un vecteur qui peut permettre d’accélérer la décarbonisation de certains secteurs comme l’industriel, ou ceux de production chimique et des transports lourds.

« La Tunisie a jusque-là échoué à traduire sur le terrain ses stratégies en matière de transition énergétique et de développement durable. Il y a des enseignements à tirer de ces deux échecs, qui coûtent énormément sur le plan économique mais aussi en termes de qualité de vie ».

Il estime  que le premier risque serait de ne pas s’intéresser aux risques. « Jusque-là les débats sur l’hydrogène vert se focalisent sur l’éloge de cette technologie sans traiter les risques qui y sont liés ».

Pour lui « il serait important dans le cadre d’une Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène vert en Tunisie de bien étudier les risques environnementaux, sociaux et économiques, de prioriser la production pour les besoins nationaux et de permettre aux populations locales de prospérer ».

« La question n’est pas d’être pour ou contre la production de l’hydrogène vert, mais de bien étudier les risques et les opportunités que cela implique », a-t-il souligné.

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