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Lotfi Mhissen, l’homme des grands projets pour l’OACA, extension très rentable de Tunis-Carthage

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Le nouveau DG de l’OACA (Office de l’aviation civile et des aéroports) termine à peine son premier exercice. Le bilan analytique de l’exercice 2018 avait dégagé un résultat d’exploitation, hors dotation et reprise de provisions, de 250,8 MDT en résultat, contre 179,6 MDT pour l’exercice 2017, soit une hausse de 39,2 % représentant 71,2 MDT. Une hausse, due à l’augmentation de 101,7 MDT en produits d’exploitation, balancée par une hausse des charges d’exploitation, hors dotation aux provisions, de 30,5 MDT. 2019 s’annonce meilleure.

A fin octobre 2019, l’activité commerciale dans les aéroports relevant de l’OACA augmentait de 4,9 %, à 747.699 vols aller-retour, dont une hausse d’activité de 6,8 % sur le seul aéroport de Tunis-Carthage. Une activité sur ses 7 aéroports, à l’évolution certes moins importante que la hausse de 5,9 % dans les seuls 2 aéroports relevant de la TAV, mais qui devrait être à la hauteur de la saison touristique qui a été l’une des meilleures cette année. (Voir statistiques complètes à fin mai 2019).

–        Une station photovoltaïque, qui couvrira les besoins de tous les aéroports en électricité

Pour l’instant, Lotfi Mhissen tient d’abord à mettre en exergue  l’équipe qu’il a trouvée à l’OACE et qui est «hautement compétente et solidaire et qui travaille sur la base d’une stratégie mise en place de manière participative». Une équipe dynamique, déjà arrivée à un taux de réalisation de 60 % des objectifs et engagements du budget 2019.

Cette équipe de l’OACA que conduit l’ingénieur et connaisseur du secteur du transport Lotfi Mhissen, a déjà engagé les travaux de rénovation de la piste de Djerba et de Tozeur, l’extension du parking avions de Sfax. Mais aussi et surtout, la station photovoltaïque de Tozeur, d’une capacité de 5 MGW, qui va permettre d’alimenter tous les aéroports tunisiens en électricité et de faire économiser 20 % de consommation à l’OACA. D’ici 2026, à la fin de la 3ème phase de ce projet pilote, toute la consommation en électricité de tous les aéroports tunisiens sera couverte en production propre de l’office qui pourra même revendre l’excédent de production à la Steg.

A la fin du projet, financé sur ses propres fonds, l’OACA disposera d’une station photovoltaïque d’une capacité de 25 MGW. L’appel d’offres pour cette station ne saurait tarder, affirme Mhissen à Africanmanager. Toujours dans la rubrique des projets, la rénovation de tous les radars de navigation aérienne, sans oublier une action de lifting de l’aéroport de TC (Tunis-Carthage), pour plus de fluidité des passagers et des bagages.

–        Tunis-Carthage : Pour le moment, ça sera uniquement l’extension

En attendant, le PDG de l’office planche sur l’épineuse question de l’extension de l’aéroport de Tunis- Carthage. Un sujet brûlant, au vu des idées qui jaillissent, depuis 2011, un peu partout en Tunisie comme pour le cas du port en eau profonde d’Enfidha, où presque chaque grande ville voudrait son aéroport. La dernière en date, depuis que d’anciens ministres du Transport avaient évoqué la possible construction d’un nouvel aéroport hors de la capitale, est celle d’un aéroport à Bizerte. Notons, de notre part, que cette course à un nouvel aéroport est, quelque part, poussée par des appétits immobiliers, aussi bien à Tunis que dans la région proposée par une ONG locale. Des appétits qui poussent déjà à des transactions dans un objectif purement spéculatif. C’est dire les enjeux d’un tel projet. Des enjeux nationaux et personnels aussi pour les promoteurs et les propriétaires terriens. Mais aussi, un gros enjeu financier pour l’OACA, qui voudrait financer elle-même son projet et ne pas refaire l’expérience d’Enfidha.

Pour Le PDG de l’OACA, les choses sont claires. C’est, d’abord, une décision prise par un CMR dédié. C’est ensuite le ministère du Transport, et par financement de la BAD, qui avait déjà confié à deux bureaux d’études internationaux (IDEA et EGIS International) et sous financement international, une étude pour la mise au point d’un plan directeur du transport et l’évolution du trafic aérien jusqu’à 2040. Cette étude a pu dégager deux propositions fortes. D’abord et surtout, l’extension de TC, pour augmenter sa capacité de 5 à 8 millions de passagers dans une première phase d’ici 2021, et à 10 et 12 millions de passagers dans une seconde phase. L’actuel aéroport de Tunis devra ainsi continuer à être exploité jusqu’à atteindre la capacité de 14 millions.

«On termine actuellement le dossier de l’appel d’offres international de l’extension. On termine aussi la construction, sur ordinateur et en 3D, de cette extension. L’AO sera lancé d’ici mars 2020, pour un projet clé en mains, pour un coût de 300 MDT en financement mixte». Cette extension, affirme le PDG de l’OACA sur la base d’une estimation interne, «devrait générer une capacité supplémentaire pour TC, de 3 millions de passagers, qui pourraient générer des rentrées financières supplémentaires de 40 millions € par an, ce qui nous permettrait de rentabiliser cette extension en moins de 3 ans». Mieux, la plus grande partie de cet investissement de 300 MDT se fera en équipements. Lesquels équipements peuvent être transférés dans d’autres aéroports, souligne encore Lotfi Mhissen.

L’étude d’IDEA et d’EGIS évoque aussi la construction, mais dans 10 années au moins, d’un nouvel aéroport, après avoir terminé toutes les procédures d’expropriation, dans le prochain emplacement qui, précise Mhissen, n’a pas été encore déterminé. Le nouvel aéroport devra coûter à l’OACA, entre 3,4 et 6 milliards DT. Une autre étude devra être lancée, pour déterminer le meilleur emplacement de ce prochain gros chantier de l’OACA. Les spéculateurs fonciers devront donc attendre un peu !

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