AccueilLa UNEMéchichi fera-t-il les frais d'un rapprochement entre Ennahdha et Saied?

Méchichi fera-t-il les frais d’un rapprochement entre Ennahdha et Saied?

Le  communiqué de la dernière session du conseil de la  Choura  est bardée des meilleures dispositions du mouvement Ennahdha à l’égard du président de la République, Kais Saied, notamment l’appel à « un gouvernement politique fort qui soit  capable de faire face aux problèmes actuels et d’assumer ses responsabilités devant le peuple. » Une préconisation qui ne le dispute en rien à celles plaidées en boucle  par le chef de l’Etat devant une pléiade d’interlocuteurs triés sur le volet, visiblement approbateurs et acquiesçants, mais elle a la singularité de semer le doute sur le sort du chef du gouvernement, Hichem Méchichi.

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C’est que ce communiqué, qui appelle à un « gouvernement politique fort », ne mentionne nulle part le chef du gouvernement en place  comme candidat potentiel pressenti pour succéder à lui-même , bien que les dirigeants islamistes- peut-être pour faire bonne mesure- aient auparavant promis de ne pas le lâcher.

Dans des déclarations à The Arab Weekly, certains analystes locaux ont indiqué que le communiqué  d’Ennahdha visait à désamorcer  les tensions avec le président Kais Saied et éventuellement à conclure un accord avec lui.

Selon des sources politiques bien informées relayées par le même site, un débat houleux a eu lieu au sein du Conseil de la Choura pendant plus de deux jours. Il  s’est terminé, selon les mêmes sources, par la victoire du camp qui voulait écarter Mechichi, ouvrant la voie à la formation d’un gouvernement consensuel comme celui qui l’avait précédé, dirigé par Elyes Fakhfakh.

Les sources, qui se sont exprimées sous couvert d’anonymat, ont déclaré que la majorité du Conseil de la Choura poussait à un consensus avec Saied.  Et à  cette fin, les islamistes sont prêts à offrir le maximum de concessions possibles afin de dissiper les soupçons du président. Parmi ces concessions, il y aura le départ de Mechichi pour répondre à une condition posée par Saied pour ouvrir le dialogue avec ses rivaux politiques.

Peu après la publication du communiqué du Conseil de la Choura, des sources ont révélé qu’une rencontre pourrait avoir lieu cette semaine entre Saied et Rached Ghannouchi, président du Parlement et le chef du mouvement. Ghannouchi, selon les mêmes sources, pourrait s’être engagé à se passer des services de  Mechichi lors de sa dernière rencontre avec Saied il y a une semaine.

La déclaration du Conseil de la Choura comprenait une série de points visant à montrer de la bonne volonté envers le président de la République et appelle à une discussion des « questions conflictuelles, loin des tensions et dans le respect des symboles nationaux et des institutions de l’État », dans un message très probablement adressé aux partisans du mouvement Ennahdha.

Ennahdha court deux lièvres à la fois !

Selon les observateurs, le parti islamiste souhaite que ses partisans mettent fin à leurs campagnes de dénigrement contre le président et respectent son statut de symbole de l’État.. Saied avait auparavant dénoncé les campagnes menées sur les réseaux sociaux contre sa personne et les institutions de l’État, en particulier la présidence.

Bien que certains soutiennent que la dernière déclaration du Conseil de la Choura peut marquer  un changement de position d’Ennahdha vis-à-vis du chef du gouvernement, d’autres affirment que le parti islamiste a d’autres intentions. La déclaration, selon certains analystes politiques, montre qu’Ennahdha veut  courir deux lièvres à la fois : désamorcer  les tensions avec le président et augmenter la pression sur Mechichi pour étendre son influence au sein du gouvernement actuel. Cette décision intervient après que  Mechichi a choisi la plupart de ses ministres et collaborateurs au sein de l’administration tunisienne, ce qui a isolé les islamistes et raboté leur emprise sur le pouvoir exécutif.

Les dirigeants d’Ennahdha, dont le président du Conseil de la Choura, Abdelkarim Harouni, avaient auparavant déclaré que le mouvement islamiste n’accepterait plus d’être absent de la composition du gouvernement. Selon les observateurs, cela indique un changement dans la stratégie d’Ennahdha, le mouvement islamiste espérant un pouvoir public direct, des années après avoir contrôlé l’État dans les coulisses.

Une « manœuvre pour gouverner sans gouverner » !

« Il n’y a aucun sens à former un gouvernement politique sans dialogue national », a déclaré Ahmed Najib Chebbi, chef du bureau politique du parti Amal et figure bien connue de l’opposition avant 2011. Dans une déclaration à The Arab Weekly, Chebbi a ajouté : « En dehors du dialogue national, chaque appel à un gouvernement politique n’est rien d’autre qu’un appel à un autre système de quotas partisans, dans lequel la part du lion ira clairement au mouvement Ennahdha. » Chebbi a également averti que cette manœuvre entraînerait « une escalade des tensions entre le mouvement Ennahda, le président et ses alliés, de manière à « approfondir davantage la crise politique. »

Mohsen Marzouk, leader du parti politique Machrouu Tounes, a décrit l’idée d’un gouvernement politique comme « une autre manœuvre pour essayer de gouverner sans gouverner », c’est-à-dire de gouverner dans les coulisses.

Dans une déclaration à The Arab Weekly,  il  a affirmé que « le mouvement Ennahdha a un plan stratégique pour rester au pouvoir sans assumer la responsabilité de la gouvernance. » Les islamistes « ne profitent pas seulement de la faiblesse de Mechichi, mais ils sont aussi responsables de son affaiblissement, après l’avoir impliqué dans une lutte avec le président. »

« Le maintien d’Ennahdha au pouvoir, de manière directe ou indirecte, est l’une des principales raisons de la poursuite de la crise et de son renouvellement », a ajouté Marzouk, notant que les systèmes politique et électoral sont au cœur du problème et doivent être revus.

1 COMMENTAIRE

  1. Ces criminels ont gouverné le pays depuis plus de 10 ans, résultats : destruction de l’Etat et de l’économie nationale, vol et corruption, assassinat et mensonge, terrorisme et islamisation du peuple et des jeunes. Ces criminels ne comptent pas lâcher le pouvoir de peur de les poursuivre en justice.

    Tout le monde est complice y compris Béji KE qui a passé un contrat avec ces islamistes en leur faveur. On a crié plusieurs fois de dissoudre l »assemblée et organiser des élections anticipées pour se débarrasser de cette secte mais KS n’avait pas le courage de le faire et maintenant il va subir ce que la secte va lui imposer et imposer à la Tunisie. Cette race ne comprend qu’avec la force et c’est la raison pour laquelle Ississi est passé directement à l’acte, l’Egypte connaitra de jours meilleurs.

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