AccueilLa UNEMeloni met les bouchées doubles pour être dans les temps et en...

Meloni met les bouchées doubles pour être dans les temps et en accord avec les engagements pris !

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, donne peut-être l’impression d’aller vite en besogne, mais elle le fait sans faux-pas, et en respectant même l’agenda fixé, malgré les accès d’opposition que lui vaut l’initiative dont elle a pris la tête, surtout en Italie. Le Parti démocrate italien s’est prononcé contre l’accord sur les migrations signé à Tunis cette semaine, le qualifiant de « tentative d’externalisation des frontières ».  « L’accord entre l’UE et la Tunisie est une tentative d’externalisation des frontières sans tenir compte du respect de la démocratie et des droits de l’homme », a déclaré, en effet,  Elly Schlein, secrétaire du PD.

Mais cela ne semble pas rejaillir sur le zèle que met Meloni pour faire aboutir son projet, alors  qu’elle s’apprête à tenir la conférence au sommet sur l’immigration le 23 juillet à Rome, proposée par le président de la République, Kais Saied .

Le gouvernement italien pourra compter sur la présence de plusieurs chefs d’État et de gouvernement de la région méditerranéenne, tant du côté européen que du côté nord-africain.  Meloni a également invité les chefs des institutions européennes, et le président du Conseil européen, Charles Michel, aurait officieusement déclaré qu’il serait présent.Reste à savoir si le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi y participera. Le Caire, dans le cadre de la stratégie de l’UE et de l’Italie, pourrait être le deuxième destinataire d’un accord de partenariat similaire à l’accord tunisien.

Meloni s’est également entretenue avec le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg,  quelques jours seulement avant son voyage prévu à Washington DC le 27 juillet, avec lequel elle a fait  le point  sur le front sud de l’OTAN, qui est resté dans l’ombre après le début de la guerre en Ukraine et qui demeure néanmoins délicat en raison de l’instabilité endémique dans certaines parties de l’Afrique du Nord et du Sahel.  L’Italie a déjà assuré qu’elle serait prête à agir, car elle considère la sécurité des zones méditerranéennes et sahariennes comme l’un des meilleurs antidotes à la migration irrégulière.

Des migrants qui déchantent

Sur place, les Africains de Tunisie qui tentent de gagner l’Europe par des voies de migration irrégulière ne sont pas impressionnés par le nouvel « accord stratégique » sur les migrations – pour autant qu’ils en aient entendu parler. Un migrant du Nigeria, qui se trouve en Tunisie depuis plus de six mois, cité par Deutsh Welle, s’est rendu à l’évidence que le mieux serait de rentrer dans son pays. Ila indiqué qu’il a renoncé à essayer de se rendre en Europe. Mais cela n’a rien à voir avec le nouveau « partenariat stratégique » que l’Union européenne a conclu avec le gouvernement tunisien ce mois-ci. En fait, il affirme qu’il n’en a même pas entendu parler.

Pour l’instant, l’accord UE-Tunisie n’est qu’un protocole d’accord, c’est-à-dire qu’il ne s’agit encore que d’une déclaration d’intentions politiques. Les différents projets qu’il contient, qui portent sur des questions telles que la stabilité économique en Tunisie, le changement climatique et les migrations, seront finalement mis en œuvre après avoir été approuvés par les différents États membres de l’UE.

Les défenseurs des droits de l’homme des deux côtés de la Méditerranée ont déjà émis des critiques, se plaignant de la direction prise par l’UE. Ils estiment qu’il ne fera que restreindre davantage les voies d’immigration et les possibilités offertes aux demandeurs d’asile en quête d’un refuge.

« De la poudre aux yeux » !

Le mémorandum est unilatéral et favorise l’UE, déclare le porte-parole du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, Romdhane Ben Amor. Il estime que  l’accord ne concerne en réalité que l’Europe qui tente de prévenir l’immigration irrégulière. Le fait que l’accord comprenne un soutien à l’économie tunisienne n’est que de la poudre aux yeux, selon lui. L’accord transforme essentiellement la Tunisie en un détachement des gardes-frontières européens, suggère-t-il, ajoutant que davantage d’expulsions seraient facilitées si des « camps d’accueil » pour les demandeurs d’asile étaient établis sur le sol tunisien.

Le chef de la division Europe de Pro Asyl, défenseur des droits des réfugiés, voit les choses presque de la même manière. L’explication de l’UE selon laquelle elle fait tout cela pour agir plus efficacement contre les passeurs n’est pas vraiment crédible, s’est-il plaint.

« Si vous voulez combattre les passeurs, vous devez en fait offrir des voies légales [à l’immigration] », a-t-il déclaré à DW. « Mais si vous vous contentez de vous barricader, vous risquez davantage d’encourager la demande pour le secteur des passeurs. La lutte contre le trafic de migrants devient en fait une lutte contre ceux qui cherchent une protection. C’est un moyen de s’assurer qu’ils n’arrivent jamais en Europe ».

Le nouvel accord est également « un affront aux valeurs européennes professées », a déclaré cette semaine Tarek Megerisi, chargé de mission pour le programme Afrique du Nord et Moyen-Orient du Conseil européen des relations étrangères, dans un communiqué. « Il ne fera pas grand-chose pour arrêter la migration, mais facilitera le retour des Tunisiens qui ont survécu au voyage.

- Publicité-

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

108,654FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
5,135SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -