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dimanche 9 août 2020
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Migration : Le juteux et immonde business des passeurs

Tirant parti de la pandémie du coronavirus qui relègue à un plan subalterne la question migratoire dans la hiérarchie des priorités des gouvernements méditerranéens, les tenants du business de la migration clandestine reprennent du poil de la bête avec une logistique de plus en plus sophistiquée et un éventail de « prestations et services » plus alléchants.

Organisés en filières, ils se mutualisent dans des clusters où font bon ménage les passeurs du pays d’origine et ceux de la destination d’accueil, comme en témoigne le procès où sont jugés actuellement en Sicile huit personnes, des deux nationalités, italienne et tunisienne, pour trafic d’immigrants illégaux en provenance d’Afrique du Nord. Le procès a lieu alors que l’Italie est confrontée à une augmentation du nombre d’immigrants d’Afrique du Nord qui tentent de traverser la Méditerranée suite à l’arrivée de températures plus clémentes.

Selon les procureurs de Trapani, sur la côte ouest de la Sicile, les immigrants illégaux ont été contraints de payer entre 1 500 (1 600) et 4 000 euros pour le voyage. Les huit suspects ont été inculpés à la suite de l’enquête « Sea Ghost » menée par la police financière dans la ville de Marsala, en Sicile occidentale, en juillet dernier. Les accusés auraient des liens criminels avec l’immigration illégale, le trafic d’êtres humains et la contrebande de cigarettes, précise Arab News, dans un narratif des tenants et aboutissants de l’affaire.

Entente criminelle tuniso-sicilienne

Les accusés sont deux sexagénaires, dont l’un serait à la tête d’une organisation criminelle, et l’autre est un entrepreneur en construction, et un troisième, 47 ans, représentant légal d’une coopérative agricole. Tous trois sont originaires de Marsala, qui se trouve à 30 km de Mazara del Vallo, un port de pêche qui accueille un grand nombre d’immigrants nord-africains. Ils ont quatre complices tunisiens, tous trentenaires, dont un est jugé par contumace.

Lors de la première audience, l’avocat de la défense a demandé au tribunal d’annuler une ordonnance   pour un « jugement immédiat » rendu par un juge d’instruction de Palerme. Il a soutenu qu’il n’y avait pas de preuves claires pour justifier la procédure spéciale, qui ne comprend pas d’audience préliminaire. La cour devrait se prononcer sur la question le 15 juin. Les enquêteurs ont déclaré que les défendeurs auraient qualifié de « bestiaux » les migrants transportés d’Afrique du Nord en Sicile.

Les trafiquants d’êtres humains utilisaient de puissants bateaux à moteur et des canots pneumatiques qui transportaient jusqu’à 12 personnes et 300 kg de cigarettes par traversée. Les migrants étaient souvent menacés avec des armes à feu et des couteaux, ont-ils déclaré.

Les enquêteurs pensent que l’un des principaux accusés était responsable des finances, de l’achat et de l’entretien des bateaux à moteur. Après l’arrivée des immigrants illégaux en Sicile, un de ses complices se charge de la préparation   de faux contrats de travail pour leur permettre d’obtenir ou de renouveler des permis de séjour. Les accusés tunisiens ont recherché des migrants potentiels en Tunisie et en Algérie, selon les enquêteurs.

Indifférence complice maltaise

Alors que l’Italie s’efforce de faire face à une nouvelle vague d’arrivées de migrants dans un contexte de crise de coronavirus, une enquête publiée par un journal italien, Avvenire, a accusé les forces armées maltaises d’avoir détourné un bateau transportant des migrants sous la menace des armes après leur avoir donné du carburant et les coordonnées GPS pour atteindre la Sicile.

Selon le journal, des images fournies par une ONG montrent un navire des forces armées maltaises refusant de secourir un canot transportant 101 demandeurs d’asile dans les eaux territoriales maltaises, leur fournissant au contraire du matériel pour poursuivre leur voyage vers l’Italie.

De nombreux migrants ont sauté à l’eau pour tenter d’atteindre le bateau, pensant à tort qu’ils étaient secourus.  Le journal a cité une personne disant que les Maltais avaient refusé de les emmener à Malte car « tout le monde était malade à cause du coronavirus ».

« Ils nous ont donné des gilets de sauvetage rouges, un nouveau moteur et du carburant, et nous ont dit qu’ils nous montreraient la route vers l’Italie. Puis ils ont pointé des armes sur nous et nous ont dit : ‘Nous vous donnons 30 minutes' », a déclaré l’émigré. Les migrants ont finalement réussi à atteindre Pozzallo, en Sicile, le 12 avril.

Les images de l’incident, initialement envoyées à Alarm Phone, un service d’assistance téléphonique pour les migrants, devraient déclencher une brouille entre l’Italie et Malte.
Début avril, les deux pays ont déclaré leurs ports « peu sûrs » en raison de la pandémie et ont fermé leurs frontières aux débarquements de migrants. En conséquence, les bateaux transportant des demandeurs d’asile ont été laissés à la dérive dans les zones européennes de recherche et de sauvetage. Un nombre inconnu de personnes sont mortes en mer de déshydratation ou de noyade.

Lorsque le canot surchargé transportant 101 migrants a atteint Pozzallo, on a été surpris qu’un si petit bateau avec autant de personnes à bord puisse faire le voyage de 500 km depuis la Libye.

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