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vendredi 26 février 2021
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Migration-Tunisie-Italie : Un marché de dupes !

Discrètement ébruité, l’arrangement que viennent de sceller les ministres italiens des Affaires étrangères et de l’Intérieur avec le président de la République tunisienne et le futur chef du gouvernement au sujet des migrants irréguliers tunisiens  est toujours passé sous silence du côté du palais de Carthage. Il n’a été question que de la séance de travail où il aurait été négocié, et ce à travers un communiqué mettant très en relief  l’insistance du chef de l’Etat Kais Saied sur l’importance d’établir « une plus grande coopération pour faire face aux causes profondes de la migration ».

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Sous l’œil des deux témoins qu’étaient la commissaire européenne aux affaires intérieures Ylva Johansson et le commissaire européen à l’élargissement et à la politique de voisinage Oliver Varhelji, les plénipotentiaires italiens ont promis à la Tunisie environ 11 millions d’euros pour réduire les flux de migrants ralliant les côtes de la Péninsule, principalement  l’île de Lampedusa qui  ont considérablement augmenté ces derniers mois. Récemment, plus de 700 personnes ont débarqué sur l’île.

La majorité est constituée de jeunes, qui quittent leur pays à la recherche d’une vie meilleure. La Tunisie connaît des difficultés économiques, offrant peu d’opportunités aux jeunes, et le coronavirus a encore aggravé la situation, frappant son important secteur touristique.

Un partenariat, quel partenariat ?

Le ministre italien des affaires étrangères, Luigi Di Maio a déclaré qu’il voulait « renforcer le partenariat [entre l’Italie et la Tunisie] pour un développement partagé ». Il a également assuré  que Rome forme le projet  de « proposer un grand pacte pour la jeunesse tunisienne, un plan intégré avec un accent particulier sur les jeunes ». Cependant, a-t-il dit, le partenariat « doit être porté par les deux parties », ajoutant que Rome attend « une collaboration totale et des résultats rapides sur le plan de lutte contre l’immigration ».

Abondant dans ce sens, sa collègue de l’Intérieur, Luciana Lamorgese, tout en soulignant que  « la Tunisie n’est pas seule », a fait savoir que « nous sommes prêts à prendre toutes les initiatives nécessaires pour la soutenir en termes d’aide et d’outils afin de contrôler l’immigration clandestine ». Mais, ajoute-t-elle,  il faut faire un effort supplémentaire, car la pression sur notre pays, en particulier sur Lampedusa et la Sicile, crée une situation extrêmement sérieuse,  aggravée par l’urgence sanitaire COVID-19″.

Avant que le plan prévu de 11 millions d’euros puisse entrer en vigueur, la Tunisie doit former un nouveau gouvernement, ce qui devrait avoir lieu dans les prochains jours. L’Italie souhaite que la Tunisie œuvre  avec un système informatisé qui alerterait la police tunisienne lorsque des bateaux de migrants sont en mer, afin qu’elle puisse les arrêter dans les eaux tunisiennes. L’argent est également destiné à financer l’entretien des patrouilleurs, la formation des forces de sécurité locales et l’installation de nouveaux systèmes de radar. L’Italie s’attendrait également à une augmentation du nombre hebdomadaire de personnes expulsées vers l’Italie, qui s’élève actuellement à 80.

Tout ça pour ça !

N’a-t-on pas trop demandé à la Tunisie  pour des clous ? En somme, un marché de dupes bourré de clauses léonines. D’autres avaient exigé mille fois cette somme pour faire le vigile et empêcher des migrants, qui ne sont pas d’ailleurs leurs  nationaux, de gagner les frontières et les côtes européennes. Il est entendu par ces autres-là le colonel Mouamar Kadhafi et le président turc Erdogan, dont les exigences ont été satisfaites dare-dare et rubis sur l’ongle. Et les Européens n’en avaient pas eu pour leur argent, l’exécution des marchés ayant été entachée de maintes volte-face.

On comprendrait d’autant moins l’offre italienne à la Tunisie qu’elle  avait été précédée de vives pressions et même de menaces, telles que celle agitée par le chef de la diplomatie italienne de ne pas débourser une enveloppe de quelque 5 millions d’euros, outre les déclarations de presse sur le même ton  comminatoire. La Tunisie, représentée par deux premiers responsables de l’Etat, a-t-elle   capitulé face à ces intimidations pour se contenter d’un si misérable pécule, assorti, il est vrai, de promesses dont nul ne sait si elles vont être tenues ?  Comme, par exemple, le financement par l’Union Européenne d’un «  grand plan pour la jeunesse tunisienne », avec en plus  l’engagement que  l’UE « fera de son mieux pour soutenir l’économie tunisienne ».

Concluons tout de même sur cette  envolée si bien sentie du ministre italien des Affaires étrangères : « La Tunisie est considérée comme un endroit sûr. Il n’y a pas de gens qui fuient la guerre là-bas. Donc, si les Tunisiens essaient d’atteindre l’Italie illégalement, ils ne pourront que se faire rapatrier ». Les Tunisiens apprécieront !

1 COMMENTAIRE

  1. Donc l’idée de votre article très partial, c’est « donnez nous davantage d’argent sinon on vous envoie davantage de nos enfants désespérés… » ?

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