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RDC : Kabila part mais sa mainmise sur l'économie reste

L’élection présidentielle de décembre en République démocratique du Congo devrait apporter de nouveaux espoirs, après que l’autocrate Joseph Kabila ait finalement accepté de se retirer en août. Mais avec les principaux candidats de l’opposition prescrits et un fidèle de Kabila sur la même ligne et destiné à lui succéder, l’histoire ne risque-t-elle pas de se répéter ? Un nouveau rapport du consultant A2 Global Risk (A2GlobalRisk.com) en matière de risques politiques et de sécurité, donne des conseils aux entreprises sur les risques auxquels elles sont susceptibles d’être confrontées après le retrait de Kabila.

Télécharger le rapport : http://bit.ly/2R2kqs7

Bien que la République démocratique du Congo (RDC) soit riche en ressources naturelles, notamment en or, en cuivre et en cobalt, une faible partie de cette richesse revient à ses citoyens ordinaires ; 63 % de la population survit avec moins de 1,9 dollar par jour. Par ailleurs de récentes enquêtes ont plutôt laissé entendre que d’énormes sommes d’argent auraient pu finir dans les coffres du président Joseph Kabila, de sa famille et de ses amis.

L’analyse des dossiers publics laisse entendre que des fonds publics se sont retrouvés dans un réseau d’entités complexe, contrôlé par Kabila, sa famille et ses alliés. Une évaluation des intérêts détenus par le cercle de Kabila dans des pays tels que la Namibie l’indique également.

Une élection présidentielle devrait permettre un nouveau départ après 17 ans de présidence de Kabila. Cependant, Olivier Milland, analyste principal chez A2 Global Risk et analyste de l’Afrique subsaharienne, auteur du rapport Risques commerciaux et République démocratique du Congo : que se passera-t-il lorsque Kabila se retirera ?, est moins optimiste.

« Les signaux montrent qu’il n’y aura guère de changement réel. C’est l’homme de paille qui va changer, mais les affaires vont probablement continuer comme avant ».

Les indicateurs laissent à penser que le risque d’investissement restera élevé au lendemain des élections, estime A2 Global. On peut citer par exemple :

  • Il est peu probable que les élections de décembre soient libres et équitables, ce qui accroît le potentiel de troubles civils et de violence
  • Kabila a tout fait en sorte pour qu’un fidèle partisan lui succède, réduisant ainsi le risque de poursuites éventuelles après son retrait
  • En attendant, le cercle immédiat de parents et d’amis de Kabila domine une communauté d’affaires opaque, susceptible de garder la main mise sur une grande partie des richesses de la RDC à moyen terme.

« Compte tenu des intérêts particuliers de tous ceux qui ont l’intention de maintenir le statu quo, cela place les entreprises étrangères dans une position difficile pour pouvoir pénétrer sur le marché ».

« D’une part, elles pourraient faire face à une concurrence déloyale venant des sociétés ayant des liens avec Kabila et, d’autre part, elles doivent veiller à ce que les transactions ne violent pas la multitude des réglementations nationales et extraterritoriales en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux. »

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Rafik Halouani, coordinateur général du réseau «Mourakiboun», a qualifié de “fou” celui qui croit en la démocratie en Tunisie, soulignant que le citoyen a fortement désiré la démocratie mais en réalité rien n’a été réalisé, selon ses dires.

Présent lors d’une rencontre qui se tient actuellement à Tunis sur les résultats de l’Afrobaromètre sur la Démocratie en Tunisie élaboré par l’institut “One to One”, il a étayé ses propos par l’absence de développement et de progrès dans le pays. “Pas de progrès en Tunisie (…) la situation est catastrophique à tous les niveaux (…)“, a-t-il asséné.

Il a en outre indiqué que les Tunisiens ne font pas confiance aux élections parce qu’ils les considéraient comme un moyen de changer le cours des choses, alors qu’à l’arrivée rien n’a bougé pour eux. Il a rappelé le taux de participation trais faible aux élections législatives. “Cela témoigne de l’échec de l’ISIE et du pays en général à convaincre les gens pour participer aux élections (…) ils ont réussi à écarter les citoyens de l’affaire publique où point que le Tunisien se fout même de la personne qui va gouverner le pays“, a-t-il dit.

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En laissant de côté toutes les considérations géopolitiques et géostratégiques, en oubliant les luttes intestinales au coeur du pouvoir, appuyons-nous sur des réalités socio-anthropologiques, facteurs, bien plus profonds, et sources significatives d’un changement qui pointe son bout de nez.

1. Du nomadisme au modernisme : principe du déracinement mental

Que l’on soit arrivé à la ville récemment ou de longue date, à quelques très rares exceptions près, les Djiboutiens sont, à quelque degré que ce soit, les fruits de parcours migratoires. Historiquement, la culture locale, long fleuve jamais tranquille, est le nomadisme. Nos grands-parents ou arrières grands-parents ont été pour la plupart des nomades de ces régions désertiques de la corne d’Afrique. Citadins que nous sommes devenus depuis, influencés très intimement par cette identité culturelle, l’esprit nomade reste cependant très ancré dans notre quotidien et nous nous sommes partiellement adaptés aux codes et modes opératoires de la ville. L’on se trouve, donc, actuellement en période de transition, à mi chemin entre le nomade et le citadin : l’on est plus concrètement nomade mais pas encore totalement moderne.

Or, tout basculement d’une société, particulièrement le passage du nomadisme au modernisme, entraîne ce qu’on appelle, en sociologie anthropologique, le principe du déracinement mental, porteur, en réaction, d’une violence de transition par le brusque changement dans lequel s’effectue ce transfert. Les exemples sont légion et s’imposent à qui veut étayer cette hypothèse par l’histoire riche en enseignement. Le printemps arabe, cas d’école des articulations et des ressorts de la dynamique sociale, illustre parfaitement ce transfert d’une société paysanne vers une société moderne.

Que l’on veuille ou pas, il s’agit là, pour la société Djiboutienne, d’un processus préalable et obligatoire, avant que ne coagule dans ses veines l’esprit d’un véritable étatisme.

2. Société alphabétisée : politisation de masse

La société Djiboutienne est de plus en plus alphabétisée. Cette accélération de l’alphabétisation de la société et la dynamique qu’elle révèle ne peut être comprise indépendamment de la démographie galopante que connaît le pays. De cette alphabétisation de masse naît une société culturellement homogène et avec elle l’émergence d’un nouveau phénomène de taille : la politisation de masse qui est l’une des rétroactions la plus négative pour toute dictature.

Cette politisation de masse conduit la société à vouloir participer davantage à la vie politique du pays, et à n’en pas douter, tendanciellement vers une demande et une poussée à plus de justice et d’équité et donc, par ricochet, à plus de démocratie.

Ce qui explique, en grande partie, les plus de 3 000 dossiers déposés auprès du parti-état, le RPP, lors des dernières élections législatives de 2018 et la ruée vers l’opposition de pacotille à qui l’on a réservée 7 postes de députés. Ce qui explique, encore, que les discussions et débats des Djiboutiens sur Facebook ou dans les Mabraz ne portent que sur l’actualité politique.

3. Disparition de la classe moyenne : apparatchik contre peuple

L’examen de la structure des couches sociales à Djibouti montre la disparition de plus en plus fréquente de la classe moyenne spoliée par le système, lui-même. Cette strate manquante dans la société, jouant essentiellement, le rôle naturel de régulateur central, fragilise l’équilibre des blocs qui s’en trouve modifié et menace considérablement la cohésion sociale des Djiboutiens en clivant la société en deux : les apparatchiks et le peuple. Dans un pays comme le nôtre où les dirigeants politiques s’évertuent à bâtir des villas à leurs enfants, il n’est pas rare de rencontrer de jeunes diplômés précarisés trimant pour joindre les deux bouts et n’échappant pas à des situations de misères chroniques avec un fort sentiment d’exclusion économique.

Ainsi, l’époque met aux prises deux types de groupes sociaux : celui qui veut « en découdre » et celui qui veut « coudre ». Autrement, le peuple, dans sa grande majorité pauvre, contre les apparatchiks, sauvagement fortunés. Pour le premier, le maître mot est « changement », parce qu’il joue tout naturellement son rôle de vicariant afin de conquérir de nouveaux droits ou de reconquérir ce qu’il a perdu. Le second groupe, dans son rôle de prévaricateur, le maître mot est « statu quo » pour conserver, dans un réflexe de survie, tous les privilèges, qu’il tient pour quasi insacrifiables, obtenus au moyen d’une prévarication prédatrice.

Dès lors, s’installe entre ces deux groupes une conflictualité refusant toute conciliation et surtout sans médiation puisque les institutions étatiques ne visent plus à rétablir quelque justice que ce soit mais sont assujettis à la plèbe qui vit au-dessus des lois et dans l’impunité totale. Finalement, l’insolence de la plèbe est à la mesure du refoulement de la rancœur en gestation des plus démunis. C’est pourquoi toute réelle conciliation ne devient donc possible qu’à la seule condition qu’il y ait un changement. L’arrivée du Docteur Abiy Ahmed à la tête de l’Éthiopie en est la parfaite illustration.

4. Délitement institutionnel généralisé : tribalisation de la société

L’examen général sur l’administration et d’ailleurs sur toute institution publique montre que la République se trouve dans une position de « Failed State » – en français d’État défaillant ou encore d’État en échec -, indicateur contenant 12 variables, développé par le think tank américain FUND FOR PEACE. Ce délitement métastasé s’accélère à un rythme effroyable et est alimenté particulièrement par la prolifération de l’affairisme et du clientélisme nichée au cœur même du pouvoir.

D’ailleurs que peut faire la Cour des Comptes face à l’atmosphère d’opacité qui règne au plus haut sommet de l’État ? Que peut combattre la commission anti-corruption lorsque l’agencement des intérêts s’imbrique et s’entremêle au plus haut sommet de l’État ? Quelle indépendance dont peut jouir un juge lorsque la justice est en mode de clochardisation au plus haut sommet de l’État ? Quel crédit donner à l’autorité gouvernementale lorsque celle-ci brade les passeports et les papiers à coup de milliers de dollars ? Quel journaliste de la Nation peut tranquillement effectuer et produire un papier, aussi critique soit-il, fruit de son investigation ?

C’est pourquoi, les Djiboutiens, ne voyant plus le reflet des arcanes de l’État ou en terme sociologique « la conception représentationnelle » de l’État – théorie chère à M. Foucault -, accordent, dans un premier temps, peu de considérations aux institutions publiques, puis la notion d’État se déstructure dans leur conscience même pour finalement s’éclipser insensiblement de leur mentalité. C’est malheureusement tout le contraire de l’infra-idéologie des mentalités vis-à-vis de l’État développé par le philosophe Pierre Marcherey. Ainsi, le citoyen ne trouvant plus protection auprès de l’État trempe son pain par atavisme dans la tribu. La tribalisation érigeant, quant à elle, la division de la société en classes avec ses multiples effets pervers.

En conclusion, le peuple n’est pas sûr de sortir gagnant de ce changement désormais inévitable mais la plèbe est presque assurée de perdre parce qu’elle ne représente que le passé et non le futur. « La survie est désormais liée à une renaissance, le progrès à un dépassement, le développement à une métamorphose » écrivait Edgar Morin. Il est dorénavant nécessaire que les Djiboutiens arrivent à concilier dans un mouvement unidirectionnel ces trois perceptions du changement.

*Kadar Abdi Ibrahim est Chargé de la communication de la coalition d’opposition Djiboutienne USN (Union pour le Salut National) et membre du Comité Exécutif du MOuvement pour le DEveloppement et la Liberté (MoDeL).

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C’est une nouvelle secousse dont le Tchad se serait bien passé. Alors que le premier gouvernement de la 4ème République prônée par le chef de l’Etat, Idriss Déby Itno, était censé calmer la grogne de l’opposition de plus en plus irritée par la longévité de l’homme fort du pays (au pouvoir depuis décembre 1990), il n’aura tenu qu’une quarantaine de petits jours.
Le ministre d’Etat, ministre des Infrastructures, Jean Bernard Padaré, fait partie des débarqués, remplacé par Abdramane Mouctar Mahamat, d’après BBC Afrique. Le département descend d’un cran au passage et devient le ministère des infrastructures des Transports et du Désenclavement.

Exit également le ministre de l’Enseignement supérieur, Zakaria Fadoul Kitir, Déby a désigné à sa place David Houdeingar Ngarimaden.
Madame Ndolenodji Alixe Naimbaye est désormais à la tête de la Communication et en même temps porte-parole du gouvernement. A noter qu’elle était secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères. Madame Madeleine Alingué, qui était à la Communication, rejoint le ministère du Tourisme et du Développement artistique.
Par contre rien n’a bougé dans les départements les plus sensibles : la Défense, la Sécurité publique, les Affaires étrangères et les Finances…

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Le mouvement Ennahdha, et ce n’est pas nouveau, fait du double langage sur le dossier du départ du chef du gouvernement, qui obsède le directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caïd Essebsi (rappelons que ce dernier n’est toujours pas élu par un Congrès en bonne et due forme et qu’il fuit ce rendez-vous comme la peste, malgré ses promesses). Noureddine Arbaoui, la voix d’Ennahdha au sein de la commission des experts en charge du Document de Carthage, a déclaré ce mercredi 23 mai 2018, sur Express FM, que son mouvement vote pour le maintien de l’équipe gouvernementale. Entendez par là que les islamistes sont contre l’éviction de Youssef Chahed. Sauf que Arbaoui en a rajouté à la confusion ambiante en déclarant dans la foulée qu’il fallait prendre en compte les doléances de Nidaa Tounes – il aurait dû dire Hafedh Caïd Essebsi – et de l’UGTT, qui tiennent à écarter le chef du gouvernement…

«Nous devons trouver un consensus pour préserver la stabilité du pays», a indiqué l’émissaire d’Ennahdha.
Il a tenté de minorer les divergences autour du changement du chef du gouvernement : «nous sommes parvenus à un accord sur 63 points, il n’en reste qu’un, qui devrait être réglé lors de la réunion de la commission des présidents».

Expresso

Suivez Expresso en direct Noureddine Arbaoui

Publiée par Express FM sur mardi 22 mai 2018

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Photo : Reuters

Le chef du parti Nahdha a déclaré lors d’un entretien avec Reuters dans son bureau, les yeux bouffis et un petit ventre qui ressort, qu’il «souhaitait un remaniement ministériel partiel pour injecter du sang neuf dans le gouvernement, mais qu’il ne fallait pas changer de gouvernement”, rapporte l’agence Euronews. Et alors que le sort du reste de l’appui financier des bailleurs de fond reste suspendu au programme des réformes structurelles dont certaines sont déjà entrées en exécution, le chef du parti Islamiste tunisien estime que «c’est l’heure de la décision dans les grandes réformes nécessaires à l’économie, qui ne peuvent être atteintes que par consensus», avant d’ajouter, en prélude à d’autres mois d’attente de ces réformes, que «les experts s’assoient et se mettent d’accord sur les détails des réformes. Tous les problèmes ont une solution».

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Le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, a encore sorti une autre perle dans cet exercice qu’il maitrise comme personne : Le double langage, ménager la chèvre et le chou, manger à tous les râteliers… Sans doute pour faire plaisir à l’UGTT et préparer l’opinion publique à ce que les islamistes ne manqueront pas d’exiger en cas de percée aux municipales, Ghannouchi a affirmé qu’exiger un changement de gouvernement n’était pas un “crime“. Alors qu’il disait il y a peu qu’il n’était pas question d’évoquer cette question avant les municipales !
«A l’ère de la démocratie, ce n’est pas un crime de changer le gouvernement“, a-t-il déclaré sur Mosaïque Fm dimanche 22 avril 2018. La veille, lors d’un déplacement à Kasserine, il avait dit que l’UGTT a le droit de protester. Deux cadeaux offerts à la centrale syndicale en 24 heures, ça fait beaucoup !

Mais le plus étrange, ce sont les arguments qu’il avance pour vendre le caractère sain du changement. “Depuis le déclenchement de la Révolution, 7 gouvernements se sont succédé à la tête du pays, ce qui est un point positif et signifie que la Tunisie est en phase de transition. Nous sommes, en fait, le seul et unique pays arabe qui change son gouvernement en agitant la main (l’alternance démocratique) et non pas en pointant des armes», a affirmé Ghannouchi. Ainsi il est l’un des rares, voire le seul, à défendre l’idée selon laquelle ces changements intempestifs de l’exécutif sont un signe de bonne santé démocratique. Qu’il aille convaincre les agences de notation qui justement ont fait de l’instabilité politique une des tares de la Tunisie et un des motifs de la dégradation de sa note souveraine…

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La Tunisie a célébré, en petite pompe, ce mardi 20 mars 2018, le 62ème anniversaire de son indépendance. Au palais de Carthage, ministres, députés, anciens chefs de gouvernement (pas tous), notables de tous les domaines et la presse étaient assis dans une salle dont la voute dorée commençait à donner des signes de fatigue. Quelques versets de Coran, l’hymne national et tout le monde s’assied pour écouter le discours d’une heure de temps du chef de l’Etat.

Un discours en grande partie ronronnant, comme si tout allait bien chez Mme La Marquise, et aux relents d’une histoire dont peu se souviendraient des détails et des personnages, alors que Béji Caïed Essebssi se fait un plaisir de la raconter.

Un discours, surtout, dont l’intelligentsia du pays attendait beaucoup, au vu des débats qui traversent la sphère politique tunisienne, en ces temps de crise, politique, économique et financière et dont on attendait une annonce qui contribuerait à secouer la torpeur politique et à redonner espoir aux 79,9 % des Tunisiens qui sont gagnés par la frustration comme il le dira lui-même.

  • Les anecdotes d’un discours du genre «Circulez, il n’y a rien à voir» !

Mais commençons par ces quelques anecdotes, qui ont ponctué ce discours et qui ont fait rire, certainement jaune. En premier lieu, car indicative de l’état dans lequel se débat la première révolution du monde arabe, c’est l’histoire d’un chef d’Etat occidental, l’américain Donald Trump, qui lui a envoyé le message suivant : «J’ai deux choses à vous dire. Une bonne et une moins bonne. La bonne, c’est que vous êtes une démocratie. La moins bonne, c’est que vous êtes une démocratie. Comprenez bien le sujet. Chacun composera la musique qu’il veut», disait le message. Il est vrai que la démocratie est d’abord une culture et BCE dira dans son discours du 20 mars 2018 que «il faut avouer que nous n’avons pas cette culture». Il aurait été plus avisé de rappeler que le poète Charles Baudelaire disait que «le noir est l’uniforme de la démocratie». On y sera peut-être le 6 mai prochain.

La seconde anecdote, c’est lorsque BCE se met à lire à ses invités à Carthage les vœux que lui ont envoyés par quelques chefs d’Etat occidentaux, à l’occasion de la célébration de la fête de l’indépendance, et qui lui fait tirer la conclusion que «nous avons une bonne image chez les grands de ce monde» et de s’étonner que cette image ne soit pas bonne à l’intérieur, en se demandant, avec une mimique d’incompréhension, «pourquoi, qu’est-ce qui s’est passé ? Nous avons pourtant fait des élections, nous avons un président et une Assemblée élus et un chef de gouvernement nommé et c’est ça la voie démocratique». BCE devrait alors donner ces messages au ministre des Finances et au Gouverneur de la BCT, pour qu’ils puissent en faire bon usage lorsqu’ils iront faire le roadshow sur les places financières étrangères pour récolter les emprunts nécessaires au fonctionnement, pour ne pas dire à la survie, de l’Etat.

On finira par cette 3ème anecdote, toujours racontée par le chef de l’Etat tunisien à Carthage, en ce 62ème anniversaire de l’indépendance de la Tunisie, d’autant qu’elle a trait à la situation du Dinar tunisien. «J’ai tenu une réunion avec lui et cette réunion avec vous, Monsieur le Gouverneur, m’a fatigué», racontait-il en faisant référence à sa rencontre, le 16 mars 2018, avec le gouverneur de la BCT venu lui remettre son rapport. Que diront alors les Tunisiens ? BCE pourrait, peut-être, «écouter le Facebook», comme il le disait en prolongeant le «ou» dans le rire général, pour le connaitre. Il consacrera ensuite quelques minutes de son discours pour égrener les mauvaises performances économiques et qui expliqueraient certainement mieux le haut taux de frustration chez les jeunes.

  • Je ne prendrai aucune initiative

Sinon, le discours de BCE n’a rien apporté en nouvelles annonces, à l’exception peut-être de clles d’un projet de loi sur la cour constitutionnelle et d’une réflexion sur l’amendement de la loi électorale. Un discours qui a aussi démenti tous ceux qui attendaient une annonce sur l’amendement de la Constitution et même plus. A ce sujet, le chef de l’Etat tunisien sera catégorique. «Je ne prendrai aucune initiative pour changer la Constitution, car c’est elle qui m’a fait élire et elle doit être respectée», a-t-il ainsi dit. Il coupe ainsi court à toutes les rumeurs qui lui prêtaient l’envie de traiter de ce sujet dans son discours qu’il tenait 20 mois (comme il en a fait lui-même le compte) avant la fin de son mandat.

Auparavant et dans une légère digression sur les travaux de la commission des partizs signataires de l’Accord de Carthage et le sort de Youssef Chahed qu’il ne nommera pas tout au long de son discours, il dira que «quelle que soit la personne qui devra rester ou partir, il faudra qu’on en [Ndlr : La réunion des signataires] sorte avec le consensus», confirmant ainsi le choix d’une gouvernance collégiale et par consensus.

On aurait pu attendre, s’il voulait vraiment changer une Constitution qui constitue désormais un élément de blocage, notamment pour l’action gouvernementale, qu’il annonce un référendum qui jetterait la base d’une quelconque révision et préparerait le terrain, en 2019, qui est l’année d’extinction de l’interdiction de sa révision pendant cinq ans. On aurait pu aussi attendre que BCE fasse usage de l’article 80 de cette Constitution qu’il refuse de retoucher, pour annoncer l’état de péril, économique et financier, et donne au chef du gouvernement, l’actuel ou le prochain, les moyens de sa politique. Désormais c’est sûr, BCE ne fera rien à ce sujet, ni maintenant, ni pendant les 20 mois qui lui restent à la tête de l’Etat.

Entre une ARP qui fait ce qu’elle veut et quand elle le veut bien, un Exécutif dont les deux composantes s’annulent, l’un par le peu de ses prérogative et l’autre par une politique de consensus qui empêche tout gouvernement de gouverner, sans oublier une Centrale syndicale qui empêche de tourner en rond et devient un Etat dans l’Etat, la transition politique et le rebond économique de la Tunisie trainent en longueur. On n’est pas sorti de l’auberge. Il suffit au chef de l’Etat sa fierté face aux «grands de ce monde» qu’il reçoit, une fois par an, en messages… Fecebooook peut-être !

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On aura beau détester et résister à l’idée de se retrouver de nouveau, après sept gouvernements divers et variés, obligés de tout refaire en matière de gouvernance du pays. Force est désormais de se rendre presqu’à l’évidence que le second gouvernement de la deuxième République n’a pas su faire ce qui lui avait été demandé, à savoir sauver le pays. Peut-être aussi n’aurait-il pu le faire ou même ne lui aurait-on pas donné toute latitude pour le faire. Toujours est-il que le pays navigue à vue depuis août 2016, se débattant dans les crises (enseignement secondaire et universitaire, santé, pétrole, phosphate…, jusqu’ici) et crisettes, en génération spontanée ou en petits plats froids mijotés sur feu doux, et auxquels le chef du gouvernement répondait, soit par des promesses qu’il ne savait comment tenir, soit par des mesurettes qui n’épanchaient la soif de personne. Mal entouré, mal conseillé, il commet des bourdes, tant politiques qu’économiques, engageant des guerres qu’il ne termine pas et livrant des batailles dont il ne contrôle parfois ni les tenants, ni les aboutissants et ne fait rien pour éviter les fissures de son gouvernement.

–        Remaniement, lame de fond dans le gouvernement ou simple congédiement ?

L’homme s’est certes démené comme un beau diable, sans pour autant arriver à tout mettre sur la table, ni à faire table rase de tout ce qui empêchait son action de porter ses fruits. Tout le monde s’accorde à dire, sans pour autant le dire publiquement, que le problème ne tient pas à la personne qui gouverne mais au système politique qui ne laisse personne gouverner. Samedi dernier, devant ses ouailles de la Fédération de l’agroalimentaire, du tourisme et de l’artisanat, Noureddine Taboubi faisait remarquer, en souriant, que «on ne sait plus qui gouverne en Tunisie. On ne sait plus qui  dirige. Lorsqu’il y a plusieurs capitaines, le bateau coule». Or, il est un des multiples timoniers qui empêchent celui qui a été choisi par l’ARP de gouverner. Tout comme cette dernière le fait toujours, la centrale syndicale devient un véritable acteur politique avec des exigences dans le choix des hommes et des politiques mises en œuvre. Changer de chef de gouvernement deviendrait ainsi une décision ridicule, presqu’une hérésie, tant que ne changera pas le système politique et, disons-le clairement, la Constitution qui a installé un tel système bâtard !

On ignore quelle mesure se préparerait, pour demain mardi, dans la réunion des signataires de l’Accord de Carthage que tous les observateurs attendent comme on attendrait le Messie. Dans les coulisses, on prête au chef de l’Etat, Béji Caïed Essebssi (BCE), l’intention de sévir contre le GUN (Gouvernement d’Union Nationale) et son chef. Cela pourrait signifier que BCE cède aux sirènes de l’UGTT. Mais cela pourrait aussi dire que Taboubi serait au parfum. C’est en effet un secret de polichinelle que de dire que les relations Chahed-BCE ne sont pas au beau fixe malgré les amabilités et le politiquement correct qui ont toujours caractérisé les audiences du chef de l’Etat avec le chef du gouvernement.

Taboubi avait commencé par demander un simple remaniement ministériel et il avait été rabroué par le chef du gouvernement. Il demande désormais un nouveau chef de gouvernement. Il y a quelques jours devant ses autres ouailles de l’UR de l’UGTT de Tunis, il démontait le bilan de Youssef Chahed. «Vous avez des droits, mais aussi des devoirs, qui sont de veiller sur le pays dont vous assurez le pouvoir exécutif. Le bon politicien est redevable de bons chiffres et lorsque nous regardons les vôtres, on se rend compte qu’ils sont mauvais». On croit ainsi savoir que l’UGTT irait mardi à la réunion des signataires de l’accord de Carthage, précisément avec cette demande ou au moins quelques têtes à lui donner en offrande.

Et si les signataires de l’accord de Carthage décidaient mardi de changer de gouvernement, il nous semble bon de nous demander ce que pourrait faire un nouveau gouvernement, s’il est laissé dans la même position d’incapacité à gouverner ? Tiraillé entre les signataires eux-mêmes, dont l’UGTT, les partis de l’opposition et l’ARP qui est et sera le véritable frein à l’action de n’importe lequel des gouvernements qui ne ferait pas ce que voudraient ses députés, et ils sont tellement opposés les uns aux autres qu’ils ne s’entendront jamais, le prochain chef de gouvernement tombera dans le même travers et dans le même piège !

–        Pourquoi pas un recours au 80 ?

Bien avant Taboubi, lorsqu’il se demandait qui gouverne en Tunisie, Iyadh Ben Achour, ancien président de l’ancienne Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique, avait un jour, mais de manière plus directe, appelé à réviser la Constitution de 2014. L’idée a par la suite été reprise, au détour d’une déclaration de BCE, mais cela demandera certainement du temps. En attendant, certains constitutionnalistes évoquent une autre possibilité constitutionnelle qui pourrait redonner, même pour un temps, la possibilité au gouvernement de gouverner par ordonnances. Il semblerait même, selon des sources généralement bien informées, que le chef de l’Etat tunisien penserait y avoir recours. Cette possibilité est en effet donnée à travers l’article 80 de l’actuelle Constitution.

Le chef de l’Etat pourrait ainsi annoncer «l’état d’exception» et prendrait les mesures qui pourraient permettre à tout chef de gouvernement, quel qu’il soit, de mettre à exécution, dans les plus brefs délais, les priorités de l’Accord de Carthage.

Il est vrai qu’il y a, depuis quelques semaines, péril imminent menaçant la stabilité du pays et entravant le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et de ses institutions, politiques et économiques. Tous les équilibres et les fondamentaux financiers de l’Etat sont menacés par les grèves, les sit-in et les arrêts de travail. La dette a atteint des plafonds inédits et bouffe plus de 70 % du PIB et la conjoncture locale rend plus difficile, très difficile, le recours à d’autres crédits, qui plus est, ne serviraient que des salaires toujours plus importants et les devises ne représentent qu’un peu plus de 2 mois d’importations en produits essentiels. Créanciers et bailleurs de fonds demandent des réformes que l’ARP bloque ou ralentit. La classe politique ne s’entend sur rien et sur personne pour diriger un pays devenu ingouvernable et s’enlise chaque année davantage dans le bourbier d’un consensus qui ne laisse rien se faire et s’habitue depuis 2011 à changer tous les 18 mois de gouvernement. Des gouvernements qui ne peuvent rien tenir de leurs promesses, mettant en danger tout un peuple par l’instabilité politique récurrente. Y a-t-il plus grand péril que cela, Monsieur le chef de l’Etat ?

Khaled Boumiza

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Mongi Rahoui, député du Front Populaire, a déclaré, sur Mosaïque FM ce mercredi 20 septembre, que le bilan du président de la République est mauvais. “Les citoyens des régions de l’intérieur n’ont ni Béji Caïed Essebsi ni qui que ce soit, leur lot est le chômage, l’absence de projets de développement et dans l’éducation“, a asséné Rahoui. Il a ajouté qu’il n’est pas question pour lui de voter BCE au scrutin de 2019. Mais là où il a le plus surpris, c’est quand il dit qu’il ne votera pas non plus le porte-drapeau du FP, Hamma Hammami, sans aller plus loin sur les dessous de cette affaire…

Au sujet de la proposition de changer de régime politique, jetée sur la place publique par le chef de l’Etat, Rahoui l’a qualifiée d’écran de fumée dans ce sens que ce système est assis sur le Parlement, le gouvernement et la présidence de la République et que contrairement aux allégations de Essebsi, c’est lui qui a la main sur ce régime, par le biais de la majorité parlementaire, d’après le député…

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La joute électorale de 2019 a déjà commencé. On y est depuis le 06 septembre 2017, avec la publication de l’interview accordée à La Presse et Assahafa par le président de la République, Béji Caïd Essebsi. Ce dernier avait déversé sa bile sur le régime qui préside actuellement aux destinées de la Tunisie : Le régime dit parlementaire, avec les nombreux ratés et dérives qu’on lui connait sous le ciel tunisien. Le 11 septembre 2017, un peu avant le rendez-vous du vote de confiance à l’ARP, c’est Abdessatar Messaoudi qui s’y colle pour dégommer le même régime. Hier mercredi, le chargé des affaires politiques de Nidaa Tounes, Borhen Bsaïes, est monté au front, pour la même entreprise de démolition, en règle, avec une nouveauté en plus, et pas des moindres : Un référendum pour défaire ce que la Troïka, très péniblement, a fait (il a fallu tout de même près de 3 ans pour tricoter cette “merveille”, d’octobre 2011 à janvier 2014!). Le costume présidentiel a été taillé par Ennahdha, à sa mesure, il l’a ensuite offert à Moncef Marzouki. Ce dernier s’est plutôt accommodé de son statut de chef d’Etat d’apparat, qui se contente d’Inaugurer les chrysanthèmes et de régir, très vaguement, l’armée et la politique étrangère. Bon, de temps en temps il vociférait, comme quand on lui a fait le coup du renvoi de Baghdadi Mahmoudi en Libye, dans son dos. Mais voilà, dans l’ensemble il est resté dans le périmètre qu’on lui a tracé. Mais pas Essebsi. L’oeil rivé sur le costume de Habib Bourguiba, qui régentait tout, ou presque, BCE n’a jamais été très à l’aise dans ses habits de président, très étriqués. Il en est sorti très régulièrement, a fait des incursions sur des terrains qui ne sont pas les siens, constitutionnellement parlant. Alors il a décidé, tout bonnement, de changer le costard. Et il va manifestement y mettre les moyens !

La politique c’est aussi une histoire de coups… politiques. La Troïka, mais surtout Ennahdha, en a fait un très gros après les élections de 2011. La majorité confortable que les islamistes avaient eue, en l’absence de toute autre force politique digne de ce nom, leur avait offert un boulevard pour confectionner un système politique qui leur sied. N’ayant pas de présidentiable à l’époque – ils n’en ont toujours pas d’ailleurs malgré les acrobaties de leur chef de file Rached Ghannouchi -, ils avaient embarqué la Tunisie vers un régime parlementaire dans lequel ils pouvaient mieux se défendre avec leur implantation dans les localités. Depuis de l’eau a coulé sous les ponts. Nidaa Tounes s’est imposé comme une alternative aux islamistes, avec certes les errements, couacs et tragédies que l’on sait, mais le fait est que eux au moins ont des présidentiables. Si on est certain que BCE ne rempilera pas en 2019, d’autres pourraient très bien faire l’affaire. A commencer par l’actuel chef du gouvernement, Youssef Chahed, à qui d’ailleurs Ghannouchi, effrayé par le potentiel du bonhomme, a tenté de barrer la route. Bon, il faudra entre temps que Chahed remporte la bataille économique, et c’est pas gagné ! A part lui il y a le fringuant ex-ministre de l’Education, Néji Jalloul, actuel patron de l’ITES. Nidaa Tounes pourrait également recycler et “labelliser” un des anciens collaborateurs de Ben Ali, cooptés dans le gouvernement “Chahed 2”. Et vu le plébiscite qu’ils ont eu lors du vote de confiance, l’affaite passera comme une lettre à la poste auprès de l’opinion publique. BCE a bien envie d’offrir de la stabilité politique à la Tunisie, de se l’offrir à lui, pour la postérité, pour les livres d’histoire, avant de tirer sa révérence. A presque 91 ans et à deux ans du prochain scrutin, ça urge…

Le tapis avant la mosquée

La Tunisie, incontestablement, s’est offert un système politique dont elle n’a pas les moyens. Si elle était la seule en Afrique et au Moyen Orient – mises à part les particularités d’Israël et du Liban – à avoir le niveau de citoyenneté et de maturité politique pour se doter d’un régime parlementaire ça se saurait. Dans nos contrées c’est le régime présidentiel qui a cours, ou à tout le moins un régime mixte, avec des hommes ou femmes forts pour indiquer la voie. C’est enfoncer une porte ouverte que de le dire, mais nous y allons quand même : La Tunisie a beau être le berceau du “printemps arabe”, elle n’est pas pour autant la Suisse, l’Allemagne, l’Angleterre, etc., en termes de démocratisation des esprits, entendons-nous bien. Et même dans une démocratie éprouvée comme la France, il arrive que le président ou le Premier ministre passe en force, par ordonnance ou décret, sur la base du fameux article 49-3 de la Constitution, si ses projets de loi risquent d’être pris en otage par les députés, avec d’interminables débats et amendements, juste pour amuser la galerie parfois. On aurait pu s’accommoder des sempiternels facéties et shows de Samia Abbou et Ammar Amroussia à chaque fois qu’ils ont un ministre sous la main, on aurait pu passer l’éponger sur l’indolence et l’insouciance des députés, lesquelles pourtant bloquent des projets clés pour le pays, on aurait même pu pardonner aux élus leurs absences massives si la situation du pays n’était pas aussi catastrophique, politiquement et économiquement.

Les Tunisiens tiennent au fond à leur démocratie naissante. Bon, il leur arrive parfois, quand les temps sont durs et que les horizons paraissent bouchés, de regarder dans le rétroviseur et d’avoir des pointes de nostalgie pour la main de fer du dictateur, mais personne n’a réellement envie de retourner sous la chape de plomb. Cependant il y a un os : Tous ces changements de gouvernement en si peu de temps, personne n’a l’outrecuidance de les présenter comme un signe de bonne santé démocratique. BCE a bien envie de laisser autre chose au pays. Et si le vieux briscard peut au passage faire payer à son allié de circonstance, Ennahdha, quelques trahisons, comme ce fut le cas avec la loi sur la réconciliation nationale, il ne bouderait pas son plaisir. Pour rappel, les islamistes s’étaient engagés à la voter les yeux fermés, pour se raviser ensuite en exigeant des amendements, sentant le vent de l’opinion publique tourner. Ce qui au final a réduit la loi comme une peau de chagrin, excluant les hommes d’affaires de ce projet cher à Essebsi. Il ne leur a certainement pas pardonné cet affront…

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Les intentions du président de la République, Béji Caïd Essebsi, sur le système politique en Tunisie – régime parlementaire – se dessinent un plus nettement. Après son tacle appuyé contre ce système, accusé de tous les maux du pays et après la sortie de l’avocat Abdessatar Messaoudi, dans les mêmes termes, le chargé des affaires politiques de Nidaa Tounes, Borhen Bsaïes, a levé un coin du voile sur le bouleversement que cuisine le palais de Carthage.

Bsaïes a déclaré, sur Nessma Tv, ce mercredi 13 septembre 2017, que son parti songe le plus sérieusement du monde à inviter les citoyens, à travers un référendum, à se prononcer sur le changement du système politique du pays. C’est dit !

L’argumentaire est exactement le même que celui du chef de l’Etat et Me Messaoudi : Le système actuel a atteint ses limites et est incapable de mener la Tunisie vers d’autres rivages plus cléments…

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Quelques jours après l’attaque du président de la République, Béji Caid Essebsi, contre le régime politique actuel – régime parlementaire -, Abdessatar Messaoudi, membre de Nidaa Tounes et avocat, s’engouffre dans la brèche. De là à penser qu’il a été mandaté par BCE, il n’y a qu’un pas…

L’avocat a déclaré ce lundi 11 septembre 2017 sur Cap FM qu’il est urgent de changer de régime politique. Il n’est pas allé jusqu’à plaider ouvertement pour un régime présidentiel ou un régime mixte, mais il est permis de penser que c’est ce qu’il sous-entend.

Il a indiqué que le chef de l’Etat avait projeté d’intégrer ce sujet dans son discours du 13 août 2017, mais s’est finalement ravisé. «Béji Caïd Essebsi ne l’a pas annoncé durant son discours du 13 août sur l’égalité successorale mais la priorité politique actuelle est de modifier le régime parlementaire qui mène à la ruine du pays», a indiqué Me Messaoudi.

A propos du vote de confiance de ce lundi à l’ARP, il a dit ceci : «Après le cirque à l’ARP aujourd’hui, vous allez voir que d’ici une semaine à 10 jours des polémiques vont émerger pour exiger la démission de ces nouveaux ministres. La guerre politique est une guerre permanente! ».

 Enfin s’agissant des difficultés économiques, il a déclaré : «Les gens ne veulent pas travailler, ils ont une position d’assistés vis-à-vis d’un Etat-providence. Ils sont constamment en train de tendre la main tout en bloquant les routes et les usines. C’est l’anarchie!».

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Nejib Mrad

Le président Directeur Général du Centre National Pédagogique, Belgacem Lassouad, a indiqué jeudi que les publications éducatives élaborées par le centre dans le cadre des préparatifs pour la rentrée scolaire 2017/2018, n’ont enregistré aucun changement aussi bien sur le plan du contenu des manuels scolaires que sur le plan du prix qui reste sans changement depuis 2008 malgré l’amélioration de la qualité et la hausse du coût.
Lassouad a précisé dans une déclaration à la TAP que le CNP a préparé, à l’occasion de cette rentrée scolaire, 340 livres scolaires pour les élèves du primaire, collège et secondaire ainsi que des documents pédagogiques destinés aux enseignants avec un tirage de 14 millions copies dont 229 titres pour les élèves en 13millions 621 mille exemplaires et 84 titres de documents pédagogiques pour les enseignants en 182 mille exemplaires.
Le centre a entamé depuis mai dernier la distribution, des manuels scolaires atteignant jusqu’à maintenant 50pc, auprès des librairies dans les différentes régions du pays à travers les 24 représentations du CNP, a ajouté Lassouad. Quelque 225 titres sont actuellement disponibles avec 4 titres pour les élèves de 3ème et 4ème années secondaires sont en cours d’impression et seront disponibles à partir de la semaine prochaine, a-t-il ajouté.
S’agissant du cahier subventionné, Lassouad a indiqué que les besoins sont estimés à 20 millions cahiers pour cette année soit une moyenne de 10 cahiers par élève, a encore précisé Lassouad. 15 millions cahiers sont disponibles sur le marché, selon la même source.
Le rôle du centre est axé sur le contrôle de la qualité du cahier et le ministère du Commerce prend en charge le contrôle des circuits de distribution, a encore rappelé Lassouad.
Le CNP veille à distribuer des livres scolaires d’une valeur de plus de 300 mille dinars au profit des élèves issus de familles démunies, a affirmé Lassouad.
Les différents livres scolaires et documents pédagogiques sont téléchargeables gratuitement sur le réseau internet en plus du site internet www.ecole.edunet.tn qui comporte certains documents numériques interactifs destinés aux élèves et aux enseignants.

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Dans un communiqué, la Banque Centrale de Tunisie porte à la connaissance du public que, conformément au décret n°2011-4248 du 24 novembre 2011, les billets de banque de cinquante dinars (type 2008), de trente dinars (type 1997) et de vingt dinars (type 1992) ont cessé d’avoir cours légal et perdu tout pouvoir libératoire à partir du 1er janvier 2013.

Toutefois, ils seront échangés aux guichets de la Banque Centrale de Tunisie jusqu’au 31 décembre 2017 inclus. A l’expiration de ce délai, les billets de banque dont les types sont indiqués ci-dessus et qui n’auront pas été présentés à la Banque Centrale de Tunisie ne seront plus acceptés à l’échange et leur contre valeur sera versée au Trésor.

Les principales caractéristiques de ces billets sont les suivantes :

I) Billets de 50 dinars type 2008

Couleurs dominantes : Vert, violet et bleu

Dessins : – recto : Portrait d’Ibn Rachik, « la cité de la culture »

– verso : aéroport d’enfidha, pont de Rades

II) Billets de 30 dinars type 1997

Couleurs dominantes : Jaune et marron

Dessins : – recto : Portrait d’Abou El Kacem Chebbi

– verso : Thèmes agricole et industriel

III) Billets de 20 dinars type 1992

Couleurs dominantes : Mauve et rouge

Dessins : – recto : Portrait de Kheireddine Ettounsi, coupoles de la mosquée de Sidi Mehrez

– verso : Thèmes agricole et industriel

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La situation économique de la Tunisie est plus délicate que jamais, avec un niveau de vie et des indicateurs sociaux en forte détérioration, une évolution de la pauvreté et du chômage.

Encouragés par ce constat, nos décideurs ont conclu que le moment est venu de changer la donne. A cette fin, l’ensemble des acteurs intervenants vient d’établir un plan d’action à long terme axé principalement sur le transfert technologique.

« L’impulsion de la croissance économique et la promotion de l’investissement demeure l’une des priorités essentielles du gouvernement d’Union Nationale qui travaille actuellement sur l’élaboration d’un nouveau plan de développement à forte valeur ajoutée », a assuré aujourd’hui le ministre de l’Industrie et du Commerce, Zied Laadhari.

« Il s’agit d’un choix stratégique pour ce gouvernement désirant augmenter les parts des exportations industrielles à contenu technologique de 15 à 20% à l’horizon 2020», a encore précisé le ministre lors de son discours d’intervention à l’occasion du démarrage des journées nationales de transfert de la technologie, qui se déroulent les 9 et 10 novembre 2016.

Un choix qui détermine aussi, selon ses dires, la ferme volonté d’instaurer une économie du savoir tirée par l’innovation, la technologie et la recherche scientifique de manière à faire face au nombre important de défis rencontrés dont notamment le chômage, considéré comme un phénomène préoccupant, avec un nombre de chômeurs en constante progression d’une année à l’autre, particulièrement dans les régions intérieures.

Cet avis est partagé par le directeur général de l’APII, Samir Behouel, qui a tenu à préciser que le transfert de technologie reste un moyen pour les pays en retard d’accélérer leur développement par l’acquisition de savoirs, d’expériences et d’équipements qui ont fait leurs preuves dans des pays plus développés, tout en améliorant la croissance économique et la qualité de vie de la population dans des pays en développement.

La Tunisie veut tirer profit de l’expérience sud-coréenne

Cet objectif est certainement réalisable, surtout que la Tunisie veut tirer profit de plusieurs expériences étrangères dont notamment celle de la Corée du Sud en se focalisant sur les moyens de développer la coopération entre les pays, notamment en matière de formation, d’échange d’expertises et de consécration de la bonne gouvernance dans la fonction publique, indique un communiqué du ministère.

C’est important dans la mesure où dans ce nouveau millénaire basé sur la société du savoir, la valeur marchande croissante des actifs de la propriété industrielle ainsi que le dynamisme économique qu’ils peuvent générer ouvrent aux communautés des possibilités nouvelles et élargies permettant la création de richesse aussi bien pour les auteurs que pour la société, a estimé Nebil Ben Bchir, directeur général de l’INNORPI.

Selon lui, le système de brevets occupe dans ce sens un rang de priorité dans les stratégies de développement basées sur la stimulation de projets innovants et le transfert de technologies.

Pour plusieurs participants à ces journées nationales du transfert technologique, l’orientation vers une économie du savoir est importante, voire cruciale, à condition d’élaborer une stratégie bien précise pour le transfert technologique dans le secteur industriel.

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Ce qu’on retient de la réunion des partis de l’opposition hier vendredi 10 juin dans la soirée, pour plancher sur l’initiative du chef de l’Etat, c’est qu’ils tiennent toujours à être les têtes qui dépassent dans l’optique de peser dans les négociations autour du gouvernement d’union nationale. De bonne guerre, politiquement, entendons-nous bien. Quant à savoir si c’est dans l’intérêt du pays, ça c’est une autre question…

En tout cas hier, les partis de l’opposition – le Front populaire, Al Joumhouri, Mouvement du peuple, Al Massar… – ont mis en relief la nécessité d’élaborer un nouveau programme économique et social, qui se démarque nettement des plans du gouvernement actuel, accusé d’être à la solde de parties étrangères.

Par ailleurs l’opposition y est allée de son initiative en annonçant la formation d’un groupe d’experts pour travailler sur de nouvelles pistes qui seront soumises au prochain gouvernement.

Il va y avoir du sport… et une vraie cacophonie qui, de toute évidence, ne fait pas les affaires du pays.

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Le dirigeant à Nidaa Tounes

Pour Lazhar Akremi, dirigeant et membre constitutif de Nidaa Tounes, les jours de Habib Essid à la tête du gouvernement sont comptés. Il a déclaré sur Mosaïque Fm ce lundi 06 juin : « Le gouvernement actuel ne fait que passer ces derniers jours en attendant que la nouvelle équipe soit prête à prendre les rênes. A vrai dire, les chiffres ne sont pas bons, il fallait un changement. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’initiative du président”.

Akremi en a profité pour faire le lien avec sa démission, qui avait surpris à l’époque. “Je pensais depuis le départ qu’il fallait un gouvernement politiquement plus fort. Je ne dis pas que le gouvernement Essid a échoué pour autant mais il n’a pas avancé”, a-t-il affirmé.

Il est d’avis que Essid a été adoubé par Nidaa Tounes et qu’il revient au parti d’évaluer son rendement et de le démettre de ses fonctions si le travail est jugé insuffisant. Selon lui il ne s’agit pas de complot contre l’actuel chef du gouvernement, ni de drame, cela se produit si les objectifs fixés ne sont pas atteints.

Toutefois il a ajouté que c’est Nidaa Tounes qui est sorti vainqueur des élections et qu’il est le seul, au regard de la Constitution, à avoir le droit de choisir un Premier ministre, même si dans les faits il n’est plus le parti majoritaire dans le paysage politique. Mais d’après lui, l’essentiel est ailleurs et son parti ne va pas procéder de la sorte. C’est le dialogue avec les autres formations qui déterminera l’issue de cette affaire.

Quant à savoir si le choix d’un nouveau chef du gouvernement est arrêté, Akremi a déclaré qu’il n’en est rien pour le moment, mais qu’il s’agira certainement d’une personnalité politique de premier plan. Son nom devra mettre d’accord les différentes sensibilités, du moins le plus grand nombre. Ce sera, selon lui, quelqu’un de fort, apte à trancher et à gouverner

Enfin il a confié : “Un gouvernement d’unité nationale c’est bien plus qu’une équipe et des ministères. Il est temps de travailler sur un programme. Moi je pensais dès le départ qu’il fallait un gouvernement politique, plus fort et plus rassurant. Il faut une équipe qui soit plus proche des gens et qui soit plus présente sur le terrain.
Quant à la formation, je ne pourrai rien dire avant qu’on en discute tous ensemble. Mais je sais qu’il est prématuré de proposer des ministères, on va se pencher sur les solutions et les plans de travail”.

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