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Le ministre des Finances, Mohamed Ridha Chalghoum, a déclaré, mercredi, que “l’endettement n’est pas un choix mais le résultat de politiques cumulées qui ne peuvent pas être résolues, d’un coup, à travers une décision politique ou administrative“.
Et de poursuivre, en réaction aux questions des députés posées lors d’une séance plénière consacrée à l’adoption d’une loi portant approbation de la rétrocession à l’Etat de l’emprunt obligataire émis, le 17 février 2017, par la Banque centrale de Tunisie (BCT), sur le marché financier international pour la mobilisation d’une enveloppe de 850 millions d’euros ( près de 2060 millions de dinars), que “la résolution de la problématique de l’endettement, doit se faire dans le cadre d’un processus de consensus national” faisant remarquer que “le recours du pays à l’endettement vise essentiellement à financer le budget de l’Etat et à soutenir l’économie nationale“.

Le ministre a, par ailleurs, souligné la nécessité de réviser la masse salariale qu’il a qualifiée de lourde, évoquant l’initiative législative relative à l’incitation au départ volontaire des fonctionnaires de l’Etat afin d’alléger le poids de la masse salariale durant les années à venir.
Il a également estimé nécessaire de maitriser l’intervention de l’Etat dans le cadre du système de compensation, en orientant les subventions vers ceux qui en ont besoin.
Il a, en outre, considéré que la compensation des hydrocarbures constitue un autre fardeau pour l’Etat, rappelant qu’une enveloppe de 1500 millions de dinars lui a été consacrée en 2018 pour résoudre cette problématique et se mettre d’accord sur le choix de l’endettement additionnel pour couvrir l’écart de la hausse des prix des hydrocarbures ou partager l’augmentation du coût avec le consommateur.

Chalghoum a encore indiqué qu’une grande partie des dépenses de l’Etat est destinée au remboursement des dettes, estimées pour 2018 à environ 7972 millions de dinars.
Il a relevé l’effort déployé par le gouvernement pour réduire l’endettement à travers la loi des finances pour l’exercice 2018 et l’adoption d’une vision future à même d’être appliquée pour abaisser le déficit du budget à 4,9% contre 6,1% en 2017, ce dernier ne devant pas dépasser 3% à l’horizon de 2020.
Le ministre a mis l’accent sur la nécessité d’attirer les investissements étrangers, d’augmenter les exportations et de promouvoir le produit touristique afin de réduire l’endettement extérieur et par conséquent se doter des ressources nécessaires en devises, compte tenu de la baisse des réserves du pays à 84 jours d’importations, une période qui pourrait régresser à 79 jours au cours de la prochaine période, ce qui nécessiterait le recours à des emprunts additionnels.

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Il est connu que les derniers soubresauts des mécontents de la révolution de 2011 avaient pris l’augmentation des prix comme alibi. Il se trouve d’abord que ce soulèvement, s’il est vrai qu’il soit spontané, est bâti sur des anticipations d’augmentations de prix sur la base des mesures prises dans la loi de finances 2018. Le ministre chargé des réformes majeurs, Taoufik Rajhi, démontrera d’ailleurs par le chiffre le peu d’impact de ces mesures sur le pouvoir d’achat du citoyen tunisien. Il se trouve ensuite, pour 2018 et depuis belle lurette, que l’Administration et le gouvernement en général ont très peu de marge, soit pour augmenter soit pour baisser les prix, la très grande partie des produits de consommation étant des produits libres.

Les prix des produits alimentaires de base en Tunisie sont soit homologués et fixés par les pouvoirs publics, soit sont libres. De manière générale, selon un tableau qui a été fourni par l’INS (Institut national de la statistique) à Africanmanager, l’indice des prix à la consommation pour les produits de base et qui font objet de compensation par le budget de l’Etat n’ont pratiquement pas augmenté en depuis 2016, à l’exception de la semoule de blé (+2,3 % en 2017) et des cafés en poudre qui figurent bizarrement sur la liste des produits de base et compensés, (+2,5 % en 2017). Idem pour le thé, un produit importé par l’Office du commerce et qui est aussi homologué par l’Etat, mais dont l’indice des prix n’a pas bougé d’un iota depuis 2016.

Le contrôle de l’Etat sur les prix ne concerne pas que les produits alimentaires de base. Une autre liste comporte des produits de plusieurs secteurs, comme les carburants, la santé, le transport ou l’éducation.

Sur les 14 produits qui forment cette liste des produits non-alimentaires et homologués par l’Etat qui en fixe les prix, quatre seulement ont augmenté. Il s’agit des médicaments, des carburants (essence, gasoil, normal et 50, et carburants pour motocycles). Des hausses, surtout pour les carburants, qui se font sur la base de l’augmentation du cours international. Des prix qui peuvent augmenter comme baisser, comme en juillet 2016. Pour le reste des produits, tel que le GPL, pourtant fortement utilisé par le petit commerce notamment de restauration, l’indice des prix n’a pas bougé depuis 2016. Idem pour le pétrole dit lampant, utilisé pour le chauffage domestique (mais pas que !) et considéré comme un produit de première nécessité.

Peu de choses ont donc augmenté, dans la liste des produits homologués où il reste en général du pouvoir de l’Etat, même de ne pas impacter la hausse des prix des carburants sur les produits homologués. Le reste, ce sont des produits aux prix libres et c’est là qu’on retrouvera l’impact aussi bien de la dépréciation de la monnaie locale par rapport aux principales devises d’importation, ainsi que l’impact des prix internationaux des carburants.

Etant une économie libre, comme voudrait le changer des partis politiques tunisiens comme le Front Populaire, la manifestation contre l’Etat se révèle pour le moins inefficace et pour le plus relevant du domaine de la manipulation et d’autres forces et lobbies, comme l’ont constaté des observateurs étrangers.

Là, ce sont plutôt des armes, plus efficaces certainement et qui ont déjà fait leurs preuves, comme le boycott qu’il faudrait utiliser pour contraindre les nouveaux circuits de distribution, comme les super et les hyper-surfaces, à baisser leurs marges et à modérer leurs prix. Et c’est là qu’il devient évident que l’alibi des hausses des prix n’a rien à voir avec les «raisins de la colère» de ceux qui se cachent derrière le «#fechtestanaw».

Il faudrait aussi que le Tunisien change son ancien mode de vie, dans une toute ancienne conjoncture politique et sociale où l’autorité de l’Etat était la plus forte, de vouloir consommer des produits hors-saison avec les mêmes prix des produits de saison. Mais ça, c’est toute une autre histoire !

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Bien que l’information ait été officiellement démentie dans un communiqué publié, mercredi 3 janvier 2018, par le ministère du Commerce, les augmentations au niveau des prix telles qu’elles ont été constatées depuis quelques semaines, non seulement dans les grandes surfaces mais aussi les petits commerces, ont de nouveau fait jaillir la grogne populaire. Des statuts appelant à la dissolution du parti Nidaa Tounes et à la chute du régime qu’il pilote, au gel de la loi de finances 2018 et au retour de Ben Ali ont été abondamment partagés sur les réseaux sociaux. Le pire est que ces augmentations ont été déguisées. Cette hausse a été observée depuis la fin de l’année 2017 mais personne n’en parlait. Par exemple, certaines grandes surfaces ne proposent que le sucre en paquet – où est passé le sucre en poudre en vrac ?! -, et il est à 1500 le Kilo. Parallèlement, les petits commerces sont en train de liquider les stocks qu’ils ont déjà. Une fois écoulé, c’est le sucre en paquet qui sera commercialisé. Idem pour l’huile végétale qui se vend actuellement sur le marché à 1100 Millimes le litre. Un tarif qui devrait aussi augmenter une fois, comme déjà annoncé par le ministère du Commerce, le produit mis dans des bouteilles en plastique. Ces augmentations des prix du sucre et de l’huile végétale ne sont que des exemples parmi plusieurs autres, comme celles observées dans les hydrocarbures, le gaz, le café, le thé… Et la liste est encore très longue. D’ailleurs c’est ce qui a poussé la commission des Finances de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) à inviter les deux ministres concernés par la question, à savoir ceux des Finances et du Commerce, pour les interroger sur ces dernières augmentations.

Des augmentations qui ne pourraient que déstabiliser un peu plus la Tunisie, devant la cherté de la vie et la détérioration du pouvoir d’achat de la classe moyenne en général. Le citoyen tunisien vit aujourd’hui dans une vraie crise au point qu’il ne sait plus où donner de la tête! Il n’arrive plus à remplir son couffin du quotidien et acheter les produits de première nécessité. Imaginez alors sa situation avec les nouvelles augmentations qui n’ont épargné aucun secteur et qui pourraient être encore plus importantes que celles prévues à cause de plusieurs facteurs principalement liés à la dépréciation du dinar et l’évolution des cours pétroliers à l’échelle internationale. Plusieurs experts en la matière ont déjà mis en garde contre une catastrophe sociale suite à la hausse des prix et la dégradation de la situation financière du Tunisien. Le président de la commission des finances à l’ARP, Mongi Rahoui, a déjà averti  sur la gravité de la situation, soulignant, dans une interview accordée récemment à Africanmanager, que la loi de finances 2018 sera celle de l’explosion sociale : “Avec cette loi, l’année 2018 sera celle d’une catastrophe au vrai sens du terme et le gouvernement ne pourra que distribuer de la pauvreté. Ce projet de loi ne pourrait pas passer sous sa forme actuelle”, avait-il affirmé. Les amendements qui ont été apportés n’ont manifestement pas suffi à atténuer les coups portés au porte-monnaie…

De son côté, le bureau exécutif de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) a estimé, dans un communiqué publié le 03 janvier 2018, que les mesures prises par le gouvernement ont entraîné une forte hausse des prix de plusieurs produits de consommation quotidienne et prédit comme corollaire une hausse du taux d’inflation, une détérioration du pouvoir d’achat des Tunisiens et une amplification des disparités sociales.
Le bureau exécutif a fustigé ces hausses, affirmant qu’elles sont “l’aboutissement inéluctable des réserves formulées par l’UGTT sur l’augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée dans le budget de 2018 en tant que solution de facilité choisie par le gouvernement pour combler le déficit budgétaire aux dépens des consommateurs et essentiellement des salariés”.
Le centrale syndicale a qualifié l’augmentation des prix avant la révision du système de compensation de facteur aggravant “l’injustice sociale et de frein à la consommation en tant, un des principaux moteurs de relance de la croissance en Tunisie à la lumière du ralentissement des investissements”.
Elle a estimé d’autre part que la hausse des prix de nombreux produits est “artificielle et frauduleuses”, telle la hausse du prix du sucre, appelant le gouvernement à honorer ses engagements et à s’abstenir de relever les prix des produits de première nécessité conformément à l’accord avec l’UGTT.

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Le projet de la loi de Finances 2018 a été adopté hier dimanche 26 novembre 2017 par l’Assemblée populaire nationale, à une large majorité. Premier constat : Contre toute logique, le gouvernement a décidé d’être plus cigale que fourmi, avec des dépenses sociales (subvention des produits de base, des logements, éducation et soins gratuits) qui vont monter de 7,9% en 2018, rapporte TSA. Alors que les caisses publiques sont exsangues et que le budget 2018 présente un énorme trou que le gouvernement ne sait toujours pas comment combler, du fait de la fonte des cours du brut, de loin la plus grosse source de recettes et du fait qu’il refuse de s’endetter à l’extérieur…

Dans le détail, les dépenses sociales vont atteindre quelque 12,8 milliards d’euros, soit 8,4% du PIB et à peu près 20% du total des dépenses de l’État, évaluées à 62,8 milliards d’euros pour 2018. Ce n’est pas absolument pas le virage qu’avait prévu l’ex-Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, qui n’aura tenu que trois petits mois à son poste !

Par contre le budget 2018 est étalonné sur un baril à 50 dollars, étant donné que la Banque mondiale a prédit sa hausse en 2018, jusqu’à 56 dollars le baril, l’Algérie pourrait avoir de très bonnes surprises l’an prochain. C’est peut-être une des raisons pour lesquelles la Loi de finances table sur une progression de 9,8% des recettes fiscales, pour un paquet global de 47,3 milliards d’euros, ce qui ferait un déficit budgétaire d’environ 15,5 milliards d’euros.

Il est dit également que la Taxe sur les produits pétroliers (TPP) va exploser, de plus de 17% pour l’essence et d’environ 11,5% pour le mazout. Au menu aussi une nouvelle taxe sur le tabac, à ajouter à la hausse de 10% d’une taxe déjà appliquée. Par ailleurs toutes les importations seront taxées, à hauteur de 1%. Un peu court peut-être pour freiner les importations qui font de sacrés dégâts sur la balance commerciale.

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Le porte-parole du parti Afek Tounes

Hammouda Louzir, membre du Bureau exécutif du parti Afek Tounès s’est félicité de certains indicateurs positifs laissant apparaître des horizons prometteurs pour l’économie tunisienne, faisant savoir, lors de son passage, ce lundi, sur Express Fm, que des doutes persistent chez les experts quant à la capacité de cette Loi de finances de tenir toutes ses promesses pour la simple raison que le gouvernement n’a pas respecté les engagements programmés.

Cet état de fait a entraîné un climat de manque, voire absence de confiance de la part des citoyens vis-à-vis des gouvernants, a précisé encore Louzir.

Et d’ajouter que son parti a fait de nombreuses propositions pour contribuer à sortir de l’impasse et fournir des recettes supplémentaires au budget de l’Etat. C’est dans ce cadre que le parti a proposé de supprimer le régime forfaitaire en matière fiscale et de réduire les tractations monétaires tout en changeant les billets de banque sans oublier la révision des principes de la compensation qui doit bénéficier à ceux qui en ont vraiment besoin et la révision des procédures du système fiscal.

Hammouda Louzir a mis l’accent sur l’impératif de mettre en place une stratégie claire et efficace pour soutenir les entreprises tunisiennes afin de leur conférer davantage d’efficacité.

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