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La Tunisie et la Suisse ont signé, mardi 18 juillet 2017 au siège de l’Agence Nationale pour la Maitrise de l’Energie (ANME), une convention portant sur le lancement du projet d’Appui au plan national de transition énergétique des communes tunisiennes, d’un montant total de plus de 11,3 Millions de Dinars (MD).
Le projet qui sera réalisé sur trois ans sera financé par un don suisse à hauteur 9 MD et par une allocation du gouvernement tunisien de 2,3 MD.
Selon la ministre de l’Energie, des Mines et des Energies renouvelables, Héla Cheikhrouhou, ce projet permettra de financer des audits énergétiques dans les 350 communes tunisiennes et soutiendra certains de leurs projets d’investissement dans le domaine de la maitrise de l’énergie.

L’objectif assigné à ce projet figure en tête de liste des priorités de la Tunisie, a indiqué la ministre rappelant que la stratégie énergétique adoptée, en novembre 2016, par le gouvernement tunisien vise la réduction de 30% de la consommation de l’électricité à l’horizon 2030.
L’audit qui sera réalisé dans le cadre de ce projet, poursuit encore Cheikhrouhou, permettra par la suite la formulation de recommandations concernant les investissements qui seront réalisés, les énergies alternatives qui seront développées, la modernisation des installations et l’utilisation de matériel non énergivore.
Le projet vise l’introduction d’une version adaptée de l’approche ” European Energy Award ” (EEA), un label qui encourage les communes à développer une politique énergétique intégrée. Ce label a été mis en place dans plus de 400 communes suisses ainsi qu’en France, en Allemagne, en Roumanie, au Maroc et au Chili.

A noter que le projet d’Appui au plan national de transition énergétique des communes en Tunisie vient en appui à la mise en œuvre du programme national Alliance des Communes pour la Transition Energétique (ACTE).
Ce programme vise le renforcement de la capacité des communes à améliorer leurs niveaux de transition énergétique à travers la maitrise de l’énergie et le recours aux énergies renouvelables.
Concrètement, il s’agit de renforcer la capacité des collectivités à analyser, planifier, mettre en œuvre et assurer le suivi de leurs stratégies énergétiques locales.
Le programme fait appel aux multiples rôles des communes pour la maitrise de l’énergie dans l’ensemble des secteurs qui relèvent directement ou indirectement de la compétence communale.
Il s’agit de la planification urbaine et le permis de construire, la mobilité et les systèmes de transport, l’infrastructure et les équipements communaux, la diversification énergétique et la dépollution, l’organisation interne, le suivi monitoring, la coopération et la communication.

Parmi les résultats attendus : le renforcement de la disposition des communes à mettre en place une planification énergétique durable, intégrée et établie de façon participative. Il s’agit en outre de renforcer leur engagement à partager leurs expériences et leurs approches.
Cette convention a été signée par l’ambassadrice de Suisse en Tunisie Rita Adam et le Directeur Général de l’Agence Nationale pour la Maitrise de l’Energie (ANME) Hamdi Harrouch, en présence de la ministre de l’Energie, des Mines et des Energies renouvelables.

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Il n’y a pas que les pays sous-développés ou en voie de développement auxquels le Fonds monétaire international (FMI) fait la leçon, il y a les plus costauds aussi, tels que la France, 5ème puissance économique mondiale. Le FMI vient de se rappeler au bon souvenir de cette dernière en évoquant une “opportunité exceptionnelle” pour entamer les réformes que le pays diffère depuis des décennies, notamment pour rogner un taux de chômage élevé et corriger la faible compétitivité extérieure, indiquent les conclusions de la revue annuelle de l’économie française publiée le lundi 17 juillet 2017.

Pour le FMI, “le solide mandat politique (dont disposent Emmanuel Macron et son gouvernement) et l’amélioration de la conjoncture économique (le taux de croissance devrait pouvoir se hisser à 1,5% cette année et accélérer l’an prochain) offrent une opportunité exceptionnelle pour engager un tel paquet de réformes courageuses et complètes.” Le FMI, pas avare du tout en conseils, suggère au nouvel exécutif français de tailler sérieusement les dépenses publiques, “dès le début” et “de mettre en œuvre de profondes réformes de dépenses à tous les niveaux des administrations publiques“, y compris les collectivités locales, avertit le FMI.

L’institution suggère également de baisser le nombre des fonctionnaires ou d’effectuer des transferts sociaux mieux calibrés, surtout en matière d’aide au logement. Elle est d’avis également que la réforme des retraites programmée “devrait comporter des mesures d’incitation pour retarder le départ à la retraite“.

Mais le fonds a également délivré des brevets de satisfecit pour les intentions affichées. Il se réjouit par exemple du plan de réforme “vaste et ambitieuse“du marché du travail théorisé par le président Emmanuel Macron, qui veut introduire plus de souplesse dans les entreprises – notamment en matière d’embauche et licenciement -, il est aussi prévu de réviser complètement l’assurance-chômage et de consolider les dispositifs d’apprentissage et de formation professionnelle.

Les propositions de Macron en matière de fiscalité du capital et du travail (réduction de charges et d’impôt sur les sociétés, réforme de l’impôt sur la fortune, nouvelle fiscalité des revenus du capital) sont également du goût du FMI, qui pensent qu’elles “devraient stimuler l’investissement et la croissance de l’emploi.

Par contre pour le montant de la transformation du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en réduction de charges, une facture de 20 milliards d’euros que le gouvernement promet d’achever en 2019, le FMI pense qu’il “pourrait être allégé en étalant la réduction des charges sur deux ans.

Enfin l’institution de Bretton Woods dit ceci dans son rapport : “Pour produire le maximum d’effets, ces réformes devraient inclure des mesures visant à réduire le biais en faveur de la dette, à éliminer les exonérations inefficaces, à corriger les désincitations qui freinent la croissance des entreprises et à rationaliser la fiscalité de l’épargne de long terme“.

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Le chef du gouvernement Youssef Chahed, actuellement à Washington, dans le cadre d’une visite officielle, a insisté, selon une déclaration rapportée par Mosaïque Fm, sur la nécessité de soutenir l’économie tunisienne et ce en facilitant la présence des investisseurs Américains en Tunisie.

Dans un autre contexte, Youssef Chahed a déclaré que la Tunisie pourra bénéficier de la hausse du rythme de l’échange commercial et économique avec les États-Unis.

Le chef du gouvernement a en outre annoncé qu’il est probable qu’un accord de libre-échange entre les deux pays soit mis en place, permettant de renforcer les liens commerciaux et d’ouvrir de nouveaux horizons aux exportateurs tunisiens dans tous les secteurs.

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Lui, c’est le ministre conseiller du chef du gouvernement tunisien chargé des réformes majeures et la personne chargée du dossier des négociations avec le FMI. La politique économie et financière de la Tunisie étant désormais liée à ce prêt de 2,8 Milliards USD d’assistance du FMI par le biais du MEDC (Mécanisme élargi de crédit), c’est désormais par lui que vient l’argent, mais aussi les douloureuses décisions qui accompagnent ce prêt, tout prêteur étant en droit de s’assurer que le débiteur  soit en situation de rembourser son crédit.

Pour Africanmanager, Taoufik Rajhi parle de ce qui reste à faire, pour que la Tunisie n’ait plus de problème pour le reste des tranches du crédit, chacune liée à une Revue trimestrielle et la prochaine est pour octobre 2017. Le Ministre conseiller évoque ainsi les recrutements qui n’auront pas lieu en 2018, les salaires qui n’augmenteront que raisonnablement, les prix du carburant qui augmenteront immanquablement, les relations GUN-UGTT qui devront changer, le trou financier de la CNRPS qui devra être comblé et toutes les douloureuses réformes qui doivent être faites en 2018 et même avant. Ça promet pour 2018. Interview :

        –           Qu’est-ce qui a été fait avec le FMI, ce qui reste à faire et sous quelles conditions ?

Ce qui a été fait, c’était de débloquer deux types de processus. D’abord celui des réformes et surtout la réalisation des critères des repères structurels qui étaient au nombre de 17 et qui avaient pris un retard compréhensible.

Entre décembre 2016 et avril 2017, un important travail, salué par le conseil d’administration du FMI, a été fait pour accélérer le rythme de réalisation des repères structurels. Cela a été possible par le changement de méthode de travail au sein du gouvernement et la mise en place d’un comité ad hoc chargé du monitoring  des matrices des réformes des bailleurs de fonds. Mais aussi par la mobilisation de l’Administration. Les réformes n’ont pas été toutes complétement accomplies, mais on a pu démontrer que le gouvernement a finalisé la majorité des repères qui sont de son ressort et qu’il a demandé l’accélération des lois dont la finalisation est de celui  de l’ARP. C’est cette volonté qui a été saluée par le CA du FMI. Trois lois, par exemple, sont encore et toujours à l’ARP dont l’une, celle de la loi organique du budget, depuis 2015, mais aussi celle de la haute instance de lutte contre la corruption et celle sur l’intérêt excessif. Au ministère des Affaires sociales, le repère de l’identifiant unique social, pièce maîtresse du  ciblage des compensations, traîne depuis 2013.

  • Du travail a été fait sur la solidité financière, mais cela n’a concerné que le secteur public !

Nous avons par ailleurs fait un énorme travail sur le repère du climat des affaires (code des investissements, concurrence et partenariat public-privé) et leurs 12 décrets publiés. Un progrès énorme aussi concernant le repère de la stabilité financière, avec la finalisation des plans d’affaires (business plan) et des contrats de performance des trois grandes banques publiques, un travail inédit qui trace la performance et la stratégie des banques jusqu’à 2020. Côté supervision bancaire, la BCT a réalisé l’inspection sur site de 5 banques privées et il ne lui en reste que 2, qui seront finalisées d’ici septembre prochain, pour s’assurer de la stabilité du système bancaire, et le résultat a été positif. Elle a mis en place un guide de supervision basé sur le risque,  une première en Tunisie.

On a aussi engagé la revue fonctionnelle de 5 grands ministères (finances, éducation, équipement, agriculture et santé), un travail de grande envergure au vu de la stratégie de redéploiement des fonctionnaires qui sera faite par décret et qui est en voie de finalisation. Ce redéploiement sera vertical, horizontal, interministériel et régional et sera basé sur des mécanismes d’incitation.

  • Un des repères, dans la mise en place des réformes et qui a été cité dans le communiqué du FMI sanctionnant la dernière revue et annonçant le déblocage de la 1ère tranche de la dette, c’est cette direction des grandes entreprises. C’est quoi au juste et quel est son impact en matière de réformes ?

Cette direction existe au Lac et dépend du ministère des Finances et plus spécifiquement en matière de collecte de l’impôt des grandes entreprises. Depuis 2013, elle devait cependant s’occuper non seulement de la collecte, mais aussi du suivi, de la vérification et devenir l’adresse unique pour les grandes entreprises, en matière d’impôt. Cela ne se fait toujours pas, à cause des réticences internes, à cause notamment de l’éparpillement des activités entre départements et la difficulté à les fédérer au sein d’une seule et unique DG. C’est désormais chose faite. Le décret créant cette DG a été signé fin avril dernier.

  • Quels sont les repères dont la réalisation accuse toujours un retard ?

Le retard concerne donc les 3 lois qui sont encore dans les tiroirs de l’ARP et qui doivent être adoptées et publiées au JORT avant le 18 octobre, date de la prochaine revue du FMI. On devrait aussi, à la même date, terminer la revue fonctionnelle et l’inspection des banques.

D’autres repères ont été par ailleurs introduits, comme celui de la finalisation de la composition de la haute instance de lutte contre la corruption et l’introduction de son budget dans la prochaine loi de finance 2018. Cela est un objectif pour octobre prochain. On devra aussi, dans la circulaire du budget 2018, décliner clairement une politique restrictive de gestion de la masse salariale et d’abandon de la politique de recrutement populiste des années 2011-2016. Cela a été fait, nous avons mentionné la poursuite du gel des recrutements, à part les écoles de formation, et cela conformément aux conclusions du Dialogue national sur l’emploi de 2016 et dans la poursuite des choix de la loi de finances 2017.

  • Dans son dernier communiqué de clôture de la 1ère revue, le FMI donnait la nette impression de connaitre le contenu de la prochaine loi de finances, pour ne pas dire qu’il en a dicté presque le contenu !

Lorsqu’on établit un programme d’action avec le FMI, on est obligé de faire un cadrage macroéconomique 2016-2020, dire ce qu’on projette comme dépense, en salaires, en investissements, transferts sociaux, remboursement de la dette et en face, les recettes. On a fait cette simulation avec le FMI.

  • Sur quoi vous êtes-vous en effet engagés avec le FMI ?

Le problème était de déterminer comment boucler 2018, tout en restant sur une trajectoire de réduction des déficits budgétaires d’une manière graduelle et d’une année à l’autre. Pour 2018, nous nous sommes engagés à réduire le déficit de 6% en 2017 à 5.4% en 2018. C’est la seule façon de réduire l’endettement car la source principale de l’accumulation des dettes est le déficit budgétaire.

  • Comment arriver à réduire les déficits si les dépenses sont incompressibles ?

On a eu trois difficultés. La 1ère est de remplacer les revenus issus de la contribution conjoncturelle de 7,5 %, qui ne sera pas reconduite en 2018. Il nous faut donc remplacer les 900 MDT qui étaient programmés à ce titre en 2017. La seconde contrainte, ce sont les augmentations salariales de 2018 qui se feront en deux temps. La deuxième partie de 2017, reportée au premier trimestre 2018, qui sera aux alentours de 250 MDT et la dernière tranche de l’augmentation spécifique d’avril 2018, qui coûtera au minimum 300 MDT. La 3ème est le déficit structurel des caisses sociales et en particulier la CNRPS, laquelle a un déficit structurel de plus de 600 MDT qu’il faudrait combler. On avait déjà programmé l’injection de 500 MDT en 2017 et le même montant en 2018 pour éviter le crash de la CNRPS.

Les difficultés qu’on a trouvées avec le FMI, c’est justement de travailler sur ce dossier de réduction des déficits par la maîtrise des dépenses puisque les recettes sont en baisse à cause de la faiblesse de la croissance. Il y avait des propositions sérieuses en 2017 de report de l’augmentation salariale en 2019 en échange d’une baisse d’impôt par le barème, ce qui aurait pu desserrer la contrainte mais cela n’a pas marché; non seulement il y a eu augmentation des salaires inférieurs à 1800 dinars net par le biais du barème mais il y a eu aussi l’augmentation salariale étalée sur 15 mois au lieu de 12. En réalité, nous n’avons fait que reporter l’ajustement qu’on devait faire en 2017 à 2018 et par conséquent les problèmes de 2017 demeurent et on les a renvoyés à 2018.

                   –      Quelles sont les solutions ?

On s’est rendu compte qu’il nous manque 2 milliards DT pour faire l’équilibre en 2018. La solution est d’orienter l’effort du gouvernement vers 3 directions.

D’abord, plus de recouvrement. On avait déjà prévu 300 MDT en recouvrement des arriérés de dettes fiscales, estimées à 7 milliards DT dont 50 % resteront irrécupérables et dont 1 milliard DT chez les entreprises confisquées. Uniquement 30 % sont récupérables, c’est-à-dire 2,6 milliards DT chez 86 mille contribuables et qui sont en rééchelonnement programmé. C’est là qu’on ira puiser les 300 MDT supplémentaire de 2018, car on ne pourra pas recouvrer les 2,6 milliards DT en une seule année.

L’autre direction sera la maîtrise des dépenses. On a ainsi stabilisé les dépenses des Biens et Services au même niveau que celui de 2017. On a aussi regardé du côté des transferts aux entreprises ou pour les comptes spéciaux. Tout cela devrait permettre une économie de 300 MDT du côté des dépenses de l’Etat.

Il restera alors à trouver un peu plus que 1,3 milliard DT. A ce titre, il y a deux lignes rouges. On ne peut plus toucher le barème de l’impôt qu’on venait juste de revisiter et l’alléger. Hors de question aussi de toucher l’impôt sur l’investissement puisque la contribution conjoncturelle était juste pour 2017. En plus, il faudrait trouver des revenus permanents et d’une manière qui répartit le coût d’une manière juste entre les ménages, les entreprises, les professions libérales, les consommateurs. Cela pourrait se faire à travers l’impôt, direct et indirect et les taxes forfaitaires.  Les idées proposées tournent autour de la TVA avec un point ou deux de plus dont peut-être un point pour diversifier les sources de financement des caisses sociales. Une harmonisation des taux pour n’en avoir désormais que 2 taux de TVA, 12 et 18 % au lieu des 3 actuels, sortir quelques produits du tableau A qui exempte de la TVA. Cela, sans oublier l’augmentation des droits de consommation sur un ensemble de produits. L’idée, à l’étude, est aussi de faire passer l’impôt sur le dividende de 5 à 10 %, comme indiqué dans la stratégie fiscale. Parmi les autres idées, il y a le fait de revoir la liste des entreprises exonérées d’impôts. L’idée derrière tout cela, ce sont des solutions justes et permanentes et pour s’assurer que le déficit budgétaire de 2018 soit à un niveau de 5,4 % et inférieur à celui de 2017. Tout cela a été proposé mais devrait faire l’objet des discussions lors de la loi de finances 2018. Rien n’est définitif mais le principe demeure celui de rechercher des ressources qui manquent aujourd’hui faute de croissance et de reprise de l’investissement d’une manière importante et durable.

  • Et dans tout cela, comment va évoluer la masse salariale qui est l’une des conditions de l’assistance financière du FMI à l’économie tunisienne ?

On a en effet un engagement de maîtrise de cette masse. Cela repose sur 4 éléments. Le 1er est d’arrêter la politique populiste de recrutement. Fini les 20.000 emplois par an dans la fonction publique, mais uniquement un taux de remplacement de 25 % des départs à la retraite. Le second est un programme de départ volontaire à la retraite, le 3ème est un programme de départ négocié sur lequel on est déjà en train de travailler. Le 4ème est de rationaliser les négociations salariales, pour ne plus jamais refaire ce qui s’est passé en 2015 : vendre la peau de l’ours avant de l’attraper. Donner des augmentations salariales sans création de richesses. Il faut désormais que les augmentations soient liées à la productivité, l’inflation et autres. Nous croyons aussi que s’il n’y a pas de croissance supplémentaire, il ne faut pas qu’on fasse des politiques salariales qui nuisent à la trajectoire d’ajustement de la masse salariale à 12,5 % en 2010. C’est tout cela qui va être négocié avec l’UGTT et déjà présenté aux signataires de l’accord de Carthage.

  • Excusez-nous de le rappeler, mais les départs à la retraite anticipée ont un coût. Qui va le payer ?

Ce sera fait par les économies de salaires et les caisses ne devraient ainsi pas être affectées. Il y aura même un petit gain budgétaire. Pour les départs négociés, on est en train d’étudier la possibilité de faire financer cela par des bailleurs de fonds, des dons ou des BTA (Bons de trésor assimilables). Selon nos calculs, si on fait sortir 10.000 personnes avec deux ans de salaire, cela nous coûtera autour de 300 MDT. Vingt mille personnes, cela nous coûterait dans les 600 MDT. Une partie des coûts pourrait se faire financer par les économies de salaire du budget de l’année en cours mais le reste devrait être recherché ailleurs. Tout cela est faisable, si on reste sur des indemnités de 2 ans. Plus l’indemnité de départ est élevée plus cela deviendra trop lourd pour le financement.

  • Est-ce que vous avez pris des engagements d’augmentation de prix et lesquels ?

En réalité, la question ne se pose pas en termes d’augmentation des prix. D’ailleurs, on n’a jamais discuté de la question des subventions des produits de base mais la question des hydrocarbures s’est posée en termes de crédibilité des réformes.  On avait fait, en 2016, une réforme à ce sujet et mis en place une règle d’ajustement automatique à mettre à jour tous les trois mois. On l’avait appliquée en juillet 2016 et on avait abouti à une baisse des prix. Trois mois plus tard, en octobre 2016, il devait y avoir une hausse de 10 millimes pour l’essence et zéro pour le gasoil, on a préféré ne rien toucher.  En janvier 2017, le prix du baril a augmenté et le dinar s’est déprécié. On a fait tourner le modèle et il a donné une augmentation entre 50 et 80 millimes selon les types de carburants. Et de nouveau, cela n’est pas appliqué pour des raisons liées à la  situation sociale. Bis repetita en avril 2017 et cela donne encore une augmentation, encore sous l’effet de l’augmentation du baril et la dépréciation du dinar. Au FMI, on nous dit que nous ne sommes pas crédibles sur les réformes car on ne les applique pas. Le Maroc avait adopté ce type de règle en 2012 lorsque le prix du baril était à 110 $. Aujourd’hui, ils font un ajustement tous les quinze jours et le budget ne supporte plus de subvention des hydrocarbures. Les règles sont faites pour être appliquées et pour dépolitiser la question de la tarification des hydrocarbures, en attendant la mise en place d’un système de ciblage des subventions. C’est pour cela qu’il est nécessaire d’appliquer la réforme et par conséquent ajuster le prix du carburant à la hausse comme à la baisse en fonction de la formule.

Autrement, aucune autre augmentation de prix pour 2018 et les produits de base ne seront pas touchés, à défaut d’avoir un ciblage des subventions par le biais de l’identifiant social unique et le FMI est furieux que cette réforme n’ait pas encore abouti depuis 2012. Il est pourtant financé à hauteur de 4,5 MUSD par la Banque Mondiale. Tout a été fait, formation et achat de matériel pour les enquêteurs sociaux et la collecte des informations nécessaires à la fabrication de cet identifiant. Seuls 25 % des travaux ont été réalisés. Ce projet piétine mais il me semble qu’il manque de leadership politique et devrait être placé sous le haut patronage du Chef du Gouvernement pour le finaliser. C’est un projet de grande envergure qui devrait changer la politique de subvention en Tunisie et résoudre le problème d’inclusion et d’exclusion, qui est un défaut majeur du système de subvention universel.

  • Une dernière question. Vous n’avez pas l’impression d’être un libéral en défendant ce type de programme ?

Loin de là, je ne suis ni libéral ni néolibéral mais je suis rigoureux comme tout économiste qui se respecte. Je suis même très re-distributif et je crois profondément à l’Etat-providence. Beaucoup de gens confondent libéralisme et rigueur.  Mon premier principe est que les ressources sont rares et l’art de la politique économique est justement l’allocation optimale des ressources rares et non le gaspillage.

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La Banque Mondiale (BM) a abaissé dimanche ses prévisions de croissance pour l’Algérie en 2017 et en 2018 du fait de la baisse des cours de pétrole en tablant sur des estimations légèrement inférieures à celles de janvier dernier, rapporte Radio Algérie.

Dans son rapport semestriel sur les perspectives économiques mondiales, publié dimanche à Washington, la BM a ramené ses projections de croissance pour l’Algérie en 2017 à 1,8% contre 2,9% projeté dans son rapport de janvier dernier, soit une baisse de -1,1 point.

Pour 2018, la croissance du PIB réel de l’Algérie devrait s’établir à 1% en baisse de -1,6 point comparé au 2,6%, anticipé en janvier.

Selon les pronostics ajustés de la BM, la croissance de l’économie algérienne devrait légèrement s’améliorer en 2019 à 1,5% mais restera en baisse de -1,3 point par rapport à la prévision de janvier.

Cependant, les nouvelles prévisions de la BM pour l’Algérie sont légèrement en hausse comparées à celle anticipées dans son rapport d’avril sur le suivi de la situation de la région Mena. La BM avait, alors, tablé sur un taux de croissance de 1,5% en 2017 et 0,6% en 2018.

A l’instar des autres pays pétroliers de la région du Moyen-Orient et Afrique du Nord, l’Algérie a pâti de la baisse des cours de pétrole qui l’ont incité à opérer un ajustement budgétaire pour faire face au choc pétrolier.

La croissance des pays exportateurs de pétrole de la région devrait s’établir à 1,8% en 2017 et celle des pays du Conseil de coopération du Golfe à 1,3%. En Arabie Saoudite, plus grande économie de la région, le taux de croissance devrait descendre à 0,6 % sous l’effet de la diminution de la production pétrolière, détaille la même source.

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A la fin du mois d’avril 2017, la masse monétaire (M3) s’est accrue de 7,6% en glissement annuel (g.a), contre 5,6%, en mars 2017 et 5,8% une année auparavant, selon le rapport de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) sur les évolutions monétaires et conjoncturelles publié au cours du mois de mai 2017.
Cette amélioration reflète principalement l’accélération des concours à l’économie (+9,8% en avril 2017, contre +7,4% il y a un an) et la reprise des créances nettes sur l’extérieur (+547 MD contre -4.085 MD, au cours de la même période de 2016). Cependant, les créances nettes sur l’Etat se sont légèrement ralenties (+19,5% en g.a contre +20%).
Quant aux ressources monétaires, elles se sont inscrites en hausse, en mars et avril 2017, et ce, après la baisse enregistrée, durant les deux premiers mois de l’année en cours.
Cette évolution porte la marque d’une importante hausse des dépôts à vue chez les banques et d’une reprise, en avril, des certificats de dépôts et des billets et monnaie en circulation.
L’épargne des ménages a connu un ralentissement après la nette reprise observée tout au long de l’année 2016.
Pour ce qui est des crédits à l’économie, ils ont progressé de 788 MD, en avril 2017, après une progression importante de 1,241 MD enregistrée, au mois précédent. En glissement annuel, ils ont évolué au rythme de +9,7%, contre +7,2%, une année auparavant.
L’examen de la situation de la liquidité bancaire fait apparaître une accentuation du besoin de liquidité, en avril 2017.
Cette évolution est due à l’effet restrictif provenant, principalement, de l’encaissement de recettes fiscales relatives, au mois de mars, dont notamment, la première tranche de la contribution exceptionnelle au profit du budget de l’Etat prévue dans la Loi de Finances 2017, ainsi que le recours accru des banques à l’achat de devises, auprès de la BCT pour financer les importations des agents économiques.

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Selon un rapport co-publié par la Banque africaine de développement et l’OCDE, l’Afrique enregistre cette année une hausse de son taux de croissance après une période tumultueuse, rapporte Africanews.

Cette reprise de la croissance est favorisée par le rebond des prix de certaines matières premières.

L‘économie africaine connaitra une augmentation à 3, 4% en 2017. Pour 2018, les spécialistes tablent sur 4,3 %.

En 2016, la croissance à l‘échelle du continent était de 2,2 % contre 3,4 % l’année précédente.

En avril déjà, la banque mondiale avait prévu une augmentation du taux de croissance en Afrique. Plusieurs pays africains ont souffert de la baisse des prix des matières, détaille la même source.

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Une opération blanche de destruction de plusieurs produits contrefaits a été réalisée, mardi 23 mai 2017, à l’avenue Habib Bourguiba, à Tunis, dans l’objectif de sensibiliser les consommateurs aux dégâts causés par ces produits sur la santé et l’économie du pays.
L’opération de destruction, à laquelle ont participé des agents de la police municipale et des services de contrôle sanitaire, a été réalisée à l’issue de la 3ème rencontre de lutte contre la contrefaçon organisée par l’association tunisienne d’orientation du consommateur et de rationalisation de la consommation.
Dans une déclaration à la TAP, Lotfi Riahi, président de cette association, a souligné que l’objectif assigné à cette rencontre est de mieux faire connaître les dangers économiques et sanitaires de ce phénomène mondial.
L’association est en train de réaliser un sondage qui permettra de connaitre les avis des Tunisiens concernant ce phénomène, a indiqué le responsable. Et de rappeler qu’une plateforme interactive, ” Riclami “, a été lancée cette année. Près de 5 mille consommateurs ont adhéré à cette plate-forme qui met l’accent sur les dangers de la contrefaçon sur la santé de l’Homme. L’association a, en outre, lancé un centre d’appel (81104444) qui accueille chaque jour 200 appels, dont 30% concernent les dangers de la contrefaçon sur la santé.
Pour sa part, le DG de l’Agence nationale du contrôle sanitaire et environnemental (ANCSEP), Chiheb Ben Rayana, a affirmé que le travail doit être axé sur le côté sensibilisation quant aux dangers de ce phénomène, notamment au niveau sanitaire. Il a, dans ce cadre, rappelé que les produits contrefaits les plus prisés sont les fournitures scolaires, les produits cosmétiques et les jouets pour enfants.

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Le ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale, Fadhel Abdelkefi a défendu, mardi 9 mai 2017, devant les députés de l’ARP, les choix du gouvernement, soulignant que ceux-ci sont, souvent, tributaires des moyens de l’Etat.
Il a rappelé, lors d’une plénière consacrée à la discussion du rapport de la Commission de développement régional sur les régions du Centre-ouest (rapport qui fait suite à des visites effectuées dans les régions du Centre-ouest), que le développement régional continue d’être une priorité dans le cadre du plan quinquennal et que le gouvernement œuvre à accélérer et à faciliter la réalisation des projets dans les régions du Centre-ouest de la Tunisie, dont 70% sont des projets d’infrastructure. Il a rappelé, dans ce contexte qu’une enveloppe estimée à 3,2 milliards de dinars a été allouée à des projets publics dans les régions du Centre-ouest et que 40% de ces projets ont été réalisés, d’autres sont en cours et 2% n’ont pas encore démarré.
“Si nous avons échoué, nous allons nous rattraper”, a déclaré Abdelkefi, relevant que le gouvernement se déploie pour “sauver l’économie tunisienne dans le cadre d’une approche participative” et qu’il y’a des lieurs d’espoir concernant les indicateurs liés à l’économie.
“Il faut des sacrifices, de la patience, du travail assidu et aussi de la confiance en soi et dans le rôle des entreprises et de leurs dirigeants”, a-t-il dit, évoquant l’existence de 52 projets de développement intégré dans le Centre ouest pour un investissement de l’ordre de 146 MD, qualifiant “d’emplois précaires” les emplois de chantiers, dont 42% se trouvent dans les 3 gouvernorats du Centre-ouest. D’après le ministre, le gouvernement œuvre pour que les ouvriers des chantiers bénéficient d’une couverture sociale.

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L’Union Générale Tunisienne du travail (UGTT) appelle, dans un communiqué publié au terme de la réunion de sa commission administrative nationale tenue jeudi à Hammamet, à lancer une initiative nationale pour sauver le pays et surmonter les difficultés dans différents secteurs.
L’organisation syndicale met en garde, à cette occasion, contre les tensions sur la scène politique qui contribuent, selon le communiqué, à la détérioration de la situation économique et l’augmentation des tensions sociales, notamment avec un accroissement des mouvements de protestation dans plusieurs régions en l’absence de solutions permettant d’absorber la colère des protestataires.
L’UGTT souligne, à ce propos, son appui aux revendications légitimes des citoyens et des jeunes dans les régions marginalisées qui appellent au droit au développement et à l’emploi.
La centrale syndicale insiste, en outre, sur l’impératif de lutter contre la corruption pour protéger la société et ses structures et édifier un Etat de droit.
Le gouvernement est appelé à respecter les accords conclus, rappelle l’UGTT, tout en demandant l’accélération des procédures pour mettre fin à la question des emplois précaires et vulnérables.
Evoquant la détérioration du pouvoir d’achat, l’UGTT affirme l’importance de préserver la valeur du dinar tunisien et lutter contre la prolifération des réseaux de contrebande et des circuits de commerce parallèle en adoptant en urgence des mesures draconiennes.
L’UGTT réitère, dans ce même ordre d’idées, son soutien aux Palestiniens incarcérés dans les prisons israéliennes et qui observent une grève de la faim depuis plus de 17 jours. La centrale syndicale affirme, par la même occasion, l’impératif de rétablir les relations entre la Tunisie et la Syrie, selon le communiqué.

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L’infatigable – c’est tout en son honneur! – ministre du Développement, de l’Investissement, de la Coopération internationale et désormais des Finances, par intérim, Fadhel Abdelkefi, a repris son bâton de pèlerin pour aller prêcher les vertus des réformes engagées, son optimisme quant à la reprise économique, histoire de donner des raisons d’y croire. Il était il y a quelques jours du côté de la Chambre tuniso-française de commerce et d’industrie (Ctfci). Cette fois il est allé se frotter aux experts comptables. Et le moins qu’on puisse dire est que le débat a été vif, animé, mais au final, comme ce fut le cas avec les entrepreneurs, le scepticisme des experts comptables l’a emporté. Abdelkefi et les siens devront convaincre, par des résultats tangibles…

La situation économique est très difficile et tous les indicateurs sont alarmants même avec les réformes engagées, dont celles sur l’investissement et le nouveau partenariat public privé (PPP) ainsi que les nouveaux avantages fiscaux octroyés aux investisseurs, a déclaré le président du Conseil National de l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie (OECT), Raouf Ghorbel.
Toutefois, la Tunisie est capable de surmonter ces difficultés grâce à davantage de volonté, d’enthousiasme et de travail, a-t-il ajouté, dans une déclaration à l’agence TAP, en marge d’un colloque sur le thème “Réforme du cadre législatif de l’investissement en Tunisie”, tenu jeudi, à Tunis.
Ghorbal a souligné que la nouvelle loi sur l’investissement entrée en vigueur, le 1er avril, a accordé maints avantages et plusieurs mesures ont été adoptées afin de booster les investissements et d’améliorer le climat des affaires, dont la suppression de l’agrément pour certaines activités et la fixation des délais de réponse de l’administration.
Le cadre juridique est incitatif et peut toujours être amélioré mais les textes législatifs actuels ne permettent pas le redémarrage du rythme des investissements, a-t-il avancé.
Au sujet des entreprises publiques, Ghorbel a mis l’accent sur la nécessité de prendre des mesures courageuses, les problèmes des dites sociétés étant liés à la gouvernance, la transparence et la corruption.

Pour sa part, le ministre du Développement, de l’Investissement, de la Coopération internationale et des Finances par intérim, Fadhel Abdelkefi, a fait savoir que les entreprises publiques ont fait face à plusieurs problèmes durant six ans, dont le recrutement massif, l’arrêt de la production, la non motivation des agents, etc., soulignant l’importance de la volonté et du courage politiques, vu que le coût de l’indécision est plus élevé que celui de la prise d’une mauvaise décision.
Il a rappelé que la plupart des sociétés tunisiennes sont des PME, TPE, des entreprises familiales et des entreprises endettées, mais elles ont réussi, ajoutant que la pérennité de l’entreprise passe principalement par le développement des fonds propres, une meilleure gouvernance et la transparence.
Evoquant la situation macro économique, le responsable a précisé qu’elle est caractérisée par des politiques budgétaires expansionnistes, l’arrêt des principaux moteurs de l’économie et un déficit abyssal. Abdelkéfi a, toutefois, relevé des prémisses de reprise, citant celle de la production du phosphate mais néanmoins la baisse de son exportation, vu l’absence de la Tunisie, durant six ans, du marché international.
Il a fait savoir, par ailleurs, que plusieurs problèmes relatifs aux caisses sociales, aux entreprises nationales, aux comptes en devises et au système bancaire persistent et seront discutés, aujourd’hui, avec les partis politiques, rappelant que la feuille de route concernant ces sujets sera prête au mois de juin.
“Je ne crois pas au consensus dans les dossiers économiques et je considère que le politicien doit assumer ses responsabilités, mais on essaye d’élargir l’accord sur les grandes orientations économiques du pays “, a-t-il indiqué.

Abdelkefi a mis l’accent sur trois priorités de son département, à savoir le maintien des grands équilibres globaux macro-économiques, la préservation du niveau des relations de confiance avec le Fonds Monétaire International (FMI) et le démarrage des réformes annoncées par le chef du gouvernement, le 14 janvier 2017.
Le ministre a fait remarquer que le gouvernement œuvrera auprès de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) pour faire avancer l’examen de la loi d’urgence économique, afin d’accélérer la réalisation des projets publics et même privés.
Revenant sur la conférence internationale de l’investissement Tunisie 2020, il a rappelé que les engagements d’investissements ont atteint 34 Milliards de dinars, dont 15 Milliards de dinars ont été signés, ajoutant que la plupart des projets présentés ont été retenus pour le financement mais la longueur des procédures administratives freine leur démarrage.

Pour sa part, le conseiller auprès du Chef du Gouvernement, Fayçal Derbel, a rappelé que la loi sur l’investissement et ses textes d’application favoriseront la reprise des investissements locaux et étrangers dans le pays.
Cette loi, a-t-il ajouté, fera notamment le bonheur du secteur agricole, vu que plusieurs avantages ont été adoptés au profit de ce dernier.
Ce texte favorise également le développement et l’attrait des investissements dans les régions de l’intérieur, plusieurs investisseurs ayant déjà exprimé leur volonté d’y investir, vu l’importance des engagements financiers et fiscaux du gouvernement, selon ses dires.

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La grande priorité, aujourd’hui, pour la Tunisie est d’assurer la relance rapide des investissements, et ce, en débloquant les grands projets déjà existants et dont les financements ont été mobilisés auparavant“, a réitéré l’ancien ministre des Finances Hakim Ben Hammouda, soulignant que ces projets doivent faire l’objet d’un intérêt particulier du chef du gouvernement.
Il “doit chapeauter et suivre, lui-même, le processus de réalisation de ces projets, lesquels, une fois mis en œuvre, permettront de booster la croissance et de créer de l’emploi“, a-t-il estimé, lors d’une rencontre organisée, vendredi, par le Centre des jeunes dirigeants d’entreprise (CJD), sur le thème “Relance économique : entre mesures d’urgence et réformes structurelles”.
Ben Hammouda a déclaré que le pays souffre essentiellement, “d’un déficit d’actions” et de l’absence d’une vision claire sur le long terme pour la Tunisie de demain. D’après lui, il ne suffit pas de concevoir les réformes, mais il faut mobiliser tous les moyens pour les finaliser et favoriser un climat adéquat pour la relance économique.

De son côté, le conseiller auprès du ministre du Développement, de l’investissement et de la coopération internationale, Eymen Raies, a pointé du doigt la lenteur des procédures administratives en Tunisie, faisant savoir qu’un projet public nécessite, en moyenne, une période de 2 ans à partir de la date d’octroi de financement, pour son lancement. Lorsqu’il s’agit d’un projet privé, a-t-il ajouté, il faut, en moyenne, 18 mois, rien que pour l’obtention des autorisations administratives auprès d’au moins 5 ministères.
A cet égard, l’adoption de la loi sur l’urgence économique permettra d’accélérer les procédures de la mise en oeuvre de nouveaux projets et de favoriser la relance des investissements, a-t-il dit.

Le membre de la commission des Finances à l’ARP (Nida Tounes) Fadhel Ben Omrane a estimé quant à lui qu’en attendant l’adoption de la loi sur l’urgence économique, les investisseurs peuvent s’en sortir en s’appuyant sur les nouvelles dispositions de la loi sur l’investissement.
Il a, toutefois, critiqué ” l’excès ” et le ” dérapage ” du syndicalisme, qui s’est transformé, à son tour, en un obstacle bloquant la relance économique en Tunisie.

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La Banque Centrale de Tunisie (BCT) a procédé à une augmentation du taux d’intérêt directeur, a annoncé mardi soir le gouverneur de la BCT, Chedli Ayari.
“Le conseil d’administration de la Banque Centrale s’est réuni mardi et a pris un train de mesures visant à consolider le dinar tunisien qui a connu un glissement aigu depuis une semaine”, a déclaré le gouverneur de la BCT à la télévision nationale.
Chedli Ayari a estimé que “la révision à la hausse du taux d’intérêt est susceptible de renforcer le dinar et améliorer le taux de change vis à vis des devises étrangères et rendre la devise nationale plus attractive au niveau de l’investissement et de l’épargne “.
“La BCT a pris d’autres mesures dont une plus grande intervention sur le marché de change pour renflouer le dinar avec l’injection pour la seule journée de mardi de 100 millions de dollars (bien dollars)”, a-t-il souligné.
Il a annoncé d’autre part que la BCT a convenu avec les banques tunisiennes de la simplification de la vente et de l’achat des devises “autant que possible”.
“L’économie tunisienne fait face à un déficit grandissant du budget d’une part et un déficit de la balance commerciale d’autre part et le gouvernement est soucieux de prendre les mesures susceptibles de rationaliser les importations, cause essentielle du déficit commercial”, a-t-il ajouté.
Le gouverneur de la BCT a imputé le glissement du dinar aux déclarations de la ministre des finances “qui ont été interprétées comme une intention du gouvernement de vouloir déprécier la valeur du dinar, ce qui n’est pas vrai”.
“L’information, mal interprétée, a entraîné une réaction du marché de change et une dépréciation du dinar”, a-t-il expliqué.

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Le recours de plus en plus important au marché obligataire afin de se refinancer a rendu la mission des agences inévitable. La note émise par les agences est fondamentale pour fixer le taux d’intérêt sur le marché des obligations souveraines, pour attirer les investisseurs étrangers et donner la confiance aux bailleurs de fonds. “La notation des agences doit être analysée, anticipée et confrontée par les ministères,  la BCT et les analystes universitaires afin d’éviter de nouvelles dégradations et surtout améliorer notre position. En effet, six ans après la révolution, notre pays a relativement réussi la transition vers la démocratie et les libertés d’expression, mais n’a pas pu sortir de la crise économique. Ce piège pourra mettre en péril tous les acquis politiques et sociaux“. C’est ce qu’a indiqué Ghazi Boulila, universitaire et administrateur à la STB, dans un billet économique publié par l’intermédiaire en bourse, Macsa.

L’agence Fitch et la FMI ont bien montré, selon ses déclarations, que la hausse de la  masse salariale des fonctionnaires en pourcentage du PIB et la détérioration de la qualité des services publics ont compromis la viabilité des finances publiques et de la dette à moyen et long termes en générant des déficits structurels alarmants et démesurés et en évinçant l’investissement public et privé.

Et de préciser dans le même cadre que les résultats de l’enquête compétitivité de l’année 2014 de l’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Études Quantitatives (ITCEQ,) réalisée auprès de 1200 entreprises privées, confirment que les chefs d’entreprises trouvent que les services de l’administration publique pénalisent leurs activités et réduisent leur compétitivité. Parmi les facteurs cités, on trouve le cadre macroéconomique et réglementaire, le financement bancaire, la fiscalité et les charges sociales, l’insécurité, les ressources humaines, les procédures administratives et le système judiciaire, la corruption et l’instabilité  politique. Ils insistent sur le fait que les procédures administratives se compliquent davantage dans la mesure où pour accélérer un service, il faudrait recourir à des malversations et des pots-de-vin. L’exemple le plus cité touche le service portuaire et surtout le délai moyen long de 2 semaines environ entre le moment où les produits arrivent au point d’entrée du territoire et le moment où les procédures douanières sont effectuées. Les hommes d’affaires évoquent aussi que le système fiscal est considéré comme une contrainte majeure à l’investissement. Une réforme de la fonction publique devra revoir en premier lieu l’amélioration des services fournis et l’absence de lien entre rémunération et performance,  l’avancement automatique du personnel, les grèves fréquentes, le recrutement par le mérite, la mobilité de la main d’œuvre et comment attirer les talents et les compétences en second lieu.

Ghazi Boulila a évoqué plusieurs autres facteurs derrière l’échec économique du pays. “On a pris beaucoup de temps pour discuter des questions juridiques et on a négligé les questions économiques. En conséquence, la situation économique des régions s’est dégradée, le chômage a augmenté, le bien être de la population a chuté etc. Plus on laisse le temps passer sans agir, moins les politiques économiques seront efficaces“, a-t-il expliqué.

En outre, il a assuré que le terrorisme a pollué la révolution et on n’a pas pris les bonnes décisions à temps. L’image de la Tunisie s’est dégradée, ce qui n’aide pas à attirer l’IDE et les touristes. La géopolitique de la région est à notre défaveur. “Le jeu égoïste des partis politiques n’a pas favorisé un comportement coopératif pour sortir de ce piège. Le pays est dans une dynamique qui favorise le comportement de recherche de rente et le système politique mis en place ne permet pas la stabilité politique et la constitution des partis forts capables de gouverner“, a-t-il dit.

Selon ses déclarations, l’instabilité politique et les grèves illégales ont également augmenté l’incertitude et ont agi négativement sur le comportement de l’épargne et de l’investissement. Cette situation difficile a, selon lui, entraîné un déséquilibre de plus en plus important des finances extérieures et publiques et une augmentation rapide et dangereuse  de la dette publique. En dépit de ces problèmes, les Tunisiens sont condamnés à s’unir autour d’un projet national en se mettant au travail pour redémarrer la croissance économique en panne, sortir de la crise et éviter la banqueroute.

Macsa

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Les initiatives visant à stimuler l’expansion de la Bourse des valeurs mobilières de Tunis (BMVT) et à encourager de nouvelles introductions commencent à porter leurs fruits. Fin 2016, la capitalisation boursière s’élevait à 19,3 milliards de dinars tunisiens (7,9 milliards d’euros), soit une hausse de 8,2 % en glissement annuel. C’est ce que rapporte OBG (Oxford Business Group) dans son édition en date du 21 avril 2017.
En dépit de cette progression, la place boursière tunisienne continue d’être à la traîne derrière ses pairs. Elle ne participe au PIB du pays qu’à hauteur de 25 %, bien en deçà des 55 % affichés par la Bourse de Casablanca. Sa contribution à l’économie demeure également modeste à 9 %, contre une moyenne de 40 % pour les Bourses européennes.

  • Une année atone qui se confirme en 2017

Le marché boursier tunisien devra résolument gagner en dynamisme s’il souhaite atteindre les objectifs fixés par sa direction en mars. Lors de l’annonce, Bilel Sahnoun ambitionne de tripler sa contribution à l’économie et de doubler le nombre de cotations en passant de 79 sociétés à la fin de l’année dernière à 200 d’ici à 2020. 2017 s’annoncerait ainsi sous de meilleurs auspices avec 7 nouvelles sociétés qui devraient la cote.
Selon Walid Saibi, directeur général de Tunisie Valeurs, une telle évolution stimulerait la croissance de la place boursière et le volume de liquidités, ce qui permettrait donc d’attirer plus d’investisseurs étrangers. «Le gouvernement pourrait capter plus d’investissements économiques durables en introduisant en Bourse des entreprises publiques, avait-il déclaré à OBG l’année dernière. Attirés par une offre et une demande fortes, les gestionnaires de fonds frontaliers commenceront à investir en Tunisie».

La BVMT cible également les petites et moyennes entreprises par l’entremise d’Investia PME, programme visant à encourager les introductions en Bourse des PME en leur apportant notamment un appui tout au long du processus. Une autre campagne cible, quant à elle, les entreprises familiales qui, selon B. Sahnoun, ignorent souvent les avantages d’une introduction en Bourse. Tel qu’il l’a déclaré à OBG, «le gouvernement devrait également offrir aux sociétés concernées davantage d’allègements fiscaux pendant les cinq premières années suivant une entrée en Bourse».
Les actions menées par la BVMT font suite à une année particulièrement atone. Les valeurs échangées ont chuté à 2,8 milliards de dinars tunisiens (1,1 milliard d’euros), soit – 31 % en un an ; une tendance baissière qui s’est confirmée début 2017.
L’érosion actuelle des échanges est vue par les petits investisseurs avec circonspection, ces derniers représentant environ 40 % des investisseurs selon l’Association pour la défense des actionnaires minoritaires. À cela vient s’ajouter un climat des affaires morose.

  • Miser sur l’éducation et la législation

La BVMT a également lancé un jeu de simulation boursière virtuel appelé MyInvestia ainsi que l’Investia Academy, une plateforme d’apprentissage en ligne sur les places boursières et les échanges, l’objectif étant ici d’élargir le bassin d’acteurs sur le marché.
Les réformes techniques dont la mise en œuvre est prévue cette année devraient également aller dans ce sens. Actuellement examinées par le Conseil du Marché Financier (CMF), elles permettront de développer l’écart entre cours acheteur et cours vendeur, et de rallonger les horaires d’ouverture de la place.
De plus, la BVMT espère bénéficier d’une nouvelle loi sur les investissements qui devrait entrer en vigueur au deuxième trimestre. Associée à d’autres réformes, cette législation éliminera les obstacles qui auparavant ont empêché les investisseurs étrangers de se positionner sur des marchés clés. B. Sahnoun estime que la part de la capitalisation boursière détenue par les investisseurs étrangers, aujourd’hui de 24,45 %, devrait ainsi doubler.
Mourad Ben Chaabane, PDG de MAC, s’est également félicité de cette réforme législative. «Cette nouvelle loi sur les investissements devrait attirer de nouveaux investisseurs et davantage de financements en provenance de l’étranger, en améliorant le climat des affaires et en créant les conditions d’une nouvelle dynamique économique qui se répercutera inévitablement sur l’ensemble de l’économie, et par extension sur la Bourse», avait-il indiqué à OBG l’année dernière.

Source : OBG

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Les Journées de la Tunisie à Grenoble (Culture, Économie, Tourisme) sont devenues l’évènement incontournable en France pour consolider le partenariat Franco-tunisien et promouvoir l’image de la Tunisie à l’étranger. Culture, économie et tourisme sont les principaux thèmes autour desquels s’articule cet évènement majeur connu et reconnu par tous. En mai 2017 ce sera la troisième édition, elle aura lieu à la place Victor Hugo, avec l’installation d’un Cooking Show, une exposition de produits du terroir tunisien, une exposition photos et d’autres animations. Vous avez rendez-vous aussi le 13 mai 2017 à partir de 17h à l’hôtel Europole de Grenoble avec un forum économique intitulé ‘’L’attractivité et les défis du nouveau climat des affaires en Tunisie‘’. Ce Forum sera animé par la journaliste Insaf Yahiéoui, avec la participation de Salma Elloumi, ministre du Tourisme, Helmi Tlili, PDG de l’OTE, Taoufik Baccar, ex-gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Chawki Tabib, président de l’instance nationale de lutte contre la corruption, Mourad Fradi, ex-commissaire du forum économique “Tunisia 2020” , Belgacem Sabri, ex-secrétaire d’État, Mohamed Gafsi, élu métropolitain et municipal, avec un invité d’honneur, Raja Farhat, écrivain, acteur et réalisateur. Des élus et des intervenants de la région grenobloise seront au rendez-vous.

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Jamais déclaration de ministre n’aura eu un effet aussi direct, instantané et néfaste sur l’économie et les finances de la Tunisie que celle de la ministre des Finances concernant le comportement de la devise tunisienne, sa dépréciation ou sa dévaluation.

Le premier effet direct de l’accélération de la décente aux enfers du Dinar tunisien sera visible sur le stock de la dette qui augmentera et risquerait même de devenir intenable. «Une grande partie de la détérioration du ratio du taux d’endettement est due au gonflement automatique du stock de la dette, ce qui compliquerait davantage le redressement de dette », a indiqué le ministre conseiller Taoufik Rajhi à Africanmanager. Mais pas que cela. «Le glissement du dinar est néfaste aussi pour le budget en ce qui concerne la facture énergétique surtout en l’absence de l’application de la règle d’ajustement automatique», précisait encore le ministre conseiller. Et d’une manière générale, l’impact sur le budget sera visible, surtout dans la prochaine loi de finances complémentaire qui deviendra nécessaire. «Cela se traduirait par un gonflement du montant emprunté en dinar, ce qui réduirait marginalement l’usage du montant emprunté ou le besoin réel en dinar puisque le budget a été cadré avec l’hypothèse d’un taux de change de 2.25 contre le dollar», expliquait encore Rajhi.

  • Le coût de 10 mots

On pourra dire que cette dépréciation (A fin mars le euro était à 2,53 dinars. Samedi dernier, il montait à 2,69833 dinars et à 2,69860 le dimanche), due plus à une anticipation des opérateurs qu’à un nouvel évènement économique qui en aurait accéléré la détérioration, mais les effets seront plus ostensibles à l’intérieur qu’à l’extérieur. La Tunisie ayant une industrie de transformation, les coûts de production vont augmenter et les prix de vente en local aussi. Certains industriels ont déjà leurs calculettes en main et font les comptes da «la douloureuse» qu’ils vont devoir payer pour leurs commandes à terme. D’autres, comme les hôteliers liés par des contrats d’allotement, voient déjà fondre leurs recettes comme neige au soleil de la prochaine saison touristique qui s’annonçait pourtant sous de bons auspices. Même le marché parallèle qu’adorent les Tunisiens, où tout est importé, devrait voir ses prix augmenter. C’est ce qu’on appelle l’inflation importée. Des sociétés, comme la CPG (Phosphate de Gafsa) et un grand nombre de groupes privés, vendront peut-être plus, mais toujours moins cher. Résultat des courses, ceux qui ont soumissionné à des marchés risquent de devoir retirer leurs offres, et ceux qui ont reçu leurs bons de commande ou signé des contrats risquent d’y laisser des plumes. En définitive, c’est la phrase de ministre (Le Dinar va glisser petit à petit vers 3 dinars l’euro) qui coûtera le plus cher dans l’histoire de la Tunisie !

Tirant les conclusions de cette bourde médiatique tuante de sa ministre qui aura coûté pour le moment une hausse de 4 points de la dette du pays selon les spécialistes, le chef du gouvernement tunisien a déjà annoncé, depuis Sfax où il était en visite, de prochaines restrictions au niveau des importations. Toute tentative de la BCT (Banque Centrale de Tunisie) de soutenir le Dinar pour en faire remonter les cours par des opérations de rachat, étant plus coûteuse que rentable, le GUN (Gouvernement d’Union Nationale) semble ainsi s’orienter vers une nouvelle politique de restrictions économiques. Un choix douloureux, mais certainement plus charitable pour l’économie du pays. La seule thérapie possible devra être de choc.

  • Les biens de consommation en point de mire

La demande de rationalisation des importations n’est pas nouvelle en Tunisie. Il y a au moins 3 ans que la BCT en parle, même si ce n’est pas de manière directe. Au terme des 3 premiers mois 2017, les importations tunisiennes ou de produits de consommation ont totalisé 1640,9 MDT. Une année auparavant, ce n’était que 1469,2 MDT. Des chiffres et une évolution qui inquiètent. Mais il y a plus intriguant. L’exemple des importations de produits énergétiques (1423,1 MDT en 3 mois 2017 sans compter la contrebande), en hausse de presque 60 %, sans que cela se traduise en hausse de production.

C’est en tout cas cette ligne des produits de consommation que les experts (les véritables), conseillent de rationaliser et même carrément de suspendre, au moins jusqu’à la fin de l’année.

D’autres économistes vont plus loin et proposent de limiter les importations à 5 catégories de marchandises. Il s’agit des matières premières pour l’industrie, les biens d’équipement, les pièces de rechange, les médicaments et les céréales.

Tout cela nécessitera d’en informer officiellement l’OMC qui ne saurait refuser ce à quoi a droit chacun de ses membres. Il s’agira aussi de mettre en veilleuse les conventions de libre-échange comme avec celle conclue avec la Turquie en attendant de la revoir. Et enfin de discuter avec les principaux partenaires commerciaux comme la France ou l’Allemagne et l’Italie qui comprendront certainement l’urgence de la situation. Il s’agira en même temps surtout, de n’autoriser le financement que pour l’importation des matières premières et semi-produits, les biens d’équipement et pour la maintenance. En effet, l’importation des produits d’équipement et produits intermédiaires notamment, ne doivent pas être touchés car en lien direct avec la production et l’exportation.

Mais le ministère du Commerce et les services de la Douane devront surtout serrer les mailles du filet à l’entrée des frontières, terrestres, maritimes et aériennes. Mais aussi passer au crible les conteneurs et les valises des voyageurs venant de Chine, de Turquie et d’autres destinations connues pour le commerce de valises, faire fonctionner les scanners à conteneurs en gardant un œil sur certains douaniers. Il faudra encore que les Gouverneurs s’activent pour nettoyer les rues des villes du commerce «parallèle au parallèle déjà installé dans certains Souks. Tout cela, le temps d’un semestre. Ce n’est pas trop pour sauver toute une économie.

  • Vous voulez des solutions ? En voilà une esquisse

Reste à savoir jusqu’où ira Youssef Chahed dans cette nouvelle politique de restriction des importations qu’il a annoncée à Sfax. Reste aussi, pour que tous ceux qu’il va priver aient confiance en lui, qu’il commence à réduire le train de vie son administration, en frais divers (Déplacements, véhicules, bons d’essence, titres de voyage etc..). Il faudrait peut-être aussi, qu’il aille voir le Mufti et se fasse aider par Ennahdha pour annoncer une année sans pèlerinage. Qu’il décide également de ne pas importer des moutons pour l’Aïd. Qu’il discute avec les agences de voyage pour diminuer les voyages organisés à l’étranger le temps d’un semestre, qu’il accélère le lancement de l’emprunt en devises auprès des TRE (Tunisiens résidant à l’étranger) proposée par la BAT (Banque d’Affaires de Tunisie). Il faudra aussi et surtout qu’il parle à la population de tout cela, non pas à travers les médias, mais directement, sur les places publiques et dans les quartiers, de Sfax, de Tunis et d’ailleurs qui lui ont dernièrement témoigné une sympathie qu’il devrait mettre maintenant à profit. C’est à ces seules conditions que ceux qu’il va priver de leur confort quotidien et de leurs gains, adopteront les mesures douloureuses qu’il pourrait annoncer !

 

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Le dinar tunisien a atteint, depuis la deuxième semaine du mois d’avril 2017, son plus bas niveau enregistré depuis des années. Une dépréciation qui ne peut pas être expliquée par le seul fait que l’argent est injecté dans une économie ou un système à faible productivité, citant le cas de la masse salariale dans la fonction publique qui absorbe chaque année des dizaines de milliards. L’accentuation du déficit de la balance commerciale suite à la baisse de l’exportation au détriment de l’importation explique aussi et en grande partie cette dévaluation. Une des raisons qui ont poussé le chef du gouvernement, Youssef Chahed, à intervenir en urgence et annoncer comme première mesure draconienne la réduction des importations anarchiques. Pendant ce temps sur la place financière de Tunis, le dinar tunisien continue de plonger face aux principales devises, l’euro passe à 2.5800 dt et atteint un nouveau record à 2.600 dt ; le dollar américain s’échange à 2.4150 dt contre 2.4100 dt le mercredi 19 avril 2017. Sur le marché de change international, l’euro remonte face au dollar dans un marché prudent avant l’élection présidentielle française ; la devise européenne valait 1,0750 dollar, après avoir atteint vers 08H45 GMT son plus haut niveau en trois semaines à 1,0776 dollar, contre 1,0708 dollar mercredi.

C’est ainsi que l’UTICA a exprimé sa profonde préoccupation suite à la chute de la valeur du dinar ces deux derniers jours. L’organisation a considéré la dévaluation du dinar comme un danger réel qui menace l’économie tunisienne et qui aura des conséquences négatives sur l’investissement, la compétitivité des entreprises et aggravera le déficit et le volume de la dette.
Dans un communiqué rendu public jeudi 20 avril 2017, l’UTICA a appelé le gouvernement et la Banque Centrale à fournir une explication rapide à la situation actuelle et à dévoiler la stratégie qui sera adoptée pour stopper l’hémorragie de la baisse de la valeur du dinar, qui risque d’affecter la continuité de l’entreprise, sa compétitivité et sa capacité d’investissement pour soutenir la création d’emplois.

L’expert en économie Mourad Hattab a déclaré, à l’agence TAP, que la situation du dinar tunisien face aux devises de référence sur le marché du change est devenue catastrophique. Il a rappelé que l’Euro s’est échangé ce mercredi à 2.55 dinars. Et que cette tendance à la baisse n’est pas près de se stabiliser. Il a annoncé que dans quelques semaines, il est quasiment certain que l’euro vaudra trois dinars, et même plus. La chute du dinar est essentiellement causée par le surendettement du pays qui devient tributaire des nations donatrices et de la conjoncture internationale. Il a ajouté que cette chute va s’accentuer car les instances financières internationales (FMI, BM) trouvent que la valeur du dinar est surestimée, et elles exigent une dévalorisation de près de 10% de sa valeur actuelle.

Quant à lui, le député Mongi Rahoui (Front populaire) a mis en garde contre le danger de la dépréciation du dinar, considérant que ses répercussions seront catastrophiques sur l’économie et le citoyen tunisien, notamment les personnes à faible revenu.

Selon ses déclarations, la dépréciation du cours du dinar engendrera une hausse de la valeur des crédits contractés par la Tunisie ainsi qu’une augmentation du taux de l’endettement.

De son côté, la ministre des Finances, Lamia Zribi, a promis de réduire progressivement la marge d’intervention de la Banque centrale de Tunisie (BCT) sur le marché de change et déprécier de manière progressive le dinar, soulignant que sa valeur réelle par rapport l’euro est estimée à 3.

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Le Produit intérieur brut (PIB) de l’Algérie a connu une croissance de 4% au quatrième trimestre 2016 contre une croissance de 4,8% durant le même trimestre de 2015, a appris mercredi l`APS auprès de l`Office national des statistiques (ONS).

Cette croissance, qui reste “appréciable”, a été essentiellement tirée par le secteur des hydrocarbures qui a connu une performance soutenue de 13,3%au 4ème trimestre 2016 contre 5,3% au 4ème trimestre 2015, précise la même source.

Cependant, le secteur de l’agriculture a enregistré un fléchissement de son activité de l’ordre de 4,1% par rapport au même trimestre 2015.

Ces évolutions couplées aux performances des autres secteurs d’activité conduisent à une croissance modérée du PIB hors hydrocarbures de 1,7% au 4ème trimestre 2016 contre 4,5% durant la même période de 2015, indique l’ONS.

En valeurs courantes, le PIB du dernier trimestre 2016 a connu une croissance “importante” de 7,1% contre une baisse de 1% pour la même période de l’année 2015.

Le déflateur du PIB au 4ème trimestre 2016 a connu une variation positive de 3,1% contre une baisse de 5,5% au 4ème trimestre 2015, note l’ONS.

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L’interview groupée du chef du gouvernement, Youssef Chahed, de presqu’une heure, dimanche soir dans un décor austère qui rappelle une autre période, n’a finalement pas eu l’effet escompté. Il n’y a pour s’en convaincre qu’à feuilleter les différentes réactions sur les réseaux sociaux. Une sortie médiatique où le format de 3 médias concurrents et aux lignes éditoriales différentes n’a pas permis un rendu compréhensible par la grande masse de la population à laquelle elle était destinée. A la fin, c’est une interview déstructurée et qui partait à tous les moments en vrille, dans tous les sens, avec des questions et des interpellations, en milieu de réponse de Youssef Chahed, qui ne permettaient même pas au chef du gouvernement de développer ses idées, ses messages de bout en bout, ou de terminer une réponse à la question d’un des journalistes.

C’est enfin, de l’avis de la grande majorité des observateurs, une sortie qui n’a rien apporté ou presque et qui ne changera rien dans la perception de son action par «Monsieur-tout-le-monde». Une sortie qui a surtout pêché par défaut d’un style de communication, plus direct et qui prenne le peuple à témoin, plus convaincant et qui contribuerait à restaurer la confiance entre dirigeant et dirigés. Il en a les aptitudes, mais Chahed refuse toujours de changer de mode de communication et cela ne le sert pas et dessert tout un peuple qui lui a pourtant, plusieurs fois, donné des signes de sympathie qui ne trompent pas (Exemple de ses immersions dans le quotidien de certaines populations dans plus d’un quartier).

⦁ Deux Niet, 2 annonces et des vœux pieux !

Sur le fond, il y avait d’abord ces quelques annonces, dont les deux seules qui retiendront l’attention. Le Niet aux syndicats qui demandent la tête de son ministre de l’éducation, notamment lorsqu’il dit «c’est moi qui l’ai nommé, c’est moi qui le renverrai, dans un jour, dans un mois ou dans une année». Le Niet aussi à ceux qui espéraient sa démission, en affirmant «je suis venu par l’accord de Carthage et je ne reculerai pas».
Mais aussi ces deux véritables annonces passées inaperçues d’une prochaine amnistie de change qui fera prochainement l’objet d’un projet de loi. Et enfin, cette date butoir du 15 juin pour l’arrivée de la proposition gouvernementale de la réforme des caisses sociales devant l’ARP.

On retiendra aussi ces deux grands messages répétés par un chef de gouvernement à qui on n’avait pas donné le temps de développer ses propos. D’abord, un appel à positiver et à l’optimisme. Il serait, croyons-nous savoir, motivé par les premiers signes des discussions avec la délégation du FMI et le Draft des conclusions qui devrait, parait-il, permettre de débloquer la 2ème tranche de crédit.
Dans le même sens que l’optimisme, Chahed a aussi appelé à la cessation de l’autoflagellation, en mettant en exergue des premiers signes d’une reprise économique. Il a, par deux fois, essayé de développer la question du «Contrat de la dignité», conçu comme une digne alternative à une recherche désespérée d’un boulot à la fonction publique, et fut par deux fois interrompu.
Enfin, ce leitmotiv que personne n’a voulu entendre et n’a demandé à développer, malgré son importance capitale, qu’il n’y a «pas d’emploi sans le retour à la croissance et que cette dernière ne reviendra que par le travail et le labeur».

⦁ Un match nul de kick-boxing

C’est ensuite presqu’une heure de débat, contradictoire et haché, car tourné vers le factuel de court terme et non vers le stratégique qui pourrait lui donner le temps de développer sa vision, où on ne retient que ce refus répété de Youssef Chahed à «mettre les points sur les i» concernant sa solitude politique et son lâchage par ses propres partenaires au GUN (Gouvernement d’Union Nationale). Visiblement, les trois journalistes avaient besoin de faire le buzz et Chahed le sentait et tentait, par sa fuite répétée devant la même question qui le harcelait, de ne pas jeter plus d’huile sur le feu de son exil politique, face à Nidaa et Ennahdha qui légitimaient des revendications qu’ils savaient difficilement réalisables sans croissance immédiate.

Plusieurs fois, le chef du gouvernement tunisien a mis le doigt sur le véritable mal qui ronge le travail de son gouvernement. La confiance dont il appelait le retour de ses vœux les plus chers. Ce qui devait être un débat pour entamer ce retour à la veille de son déplacement dans plusieurs régions s’était transformé en un match de kick-boxing dont il s’est certes tiré avec le moins de blessures possible, mais pas vainqueur, même aux points.
En Football, c’était au final un match où celui qui a bien joué n’a pas gagné. Youssef Chahed était attendu sur le plan politicien, pour crever tous les abcès dont souffraient ses efforts pour remettre le pays sur la bonne voie et mettre chacun devant ses responsabilités historiques. Lui, il voulait jouer sur la question économique et ses effets sociaux pour reconstruire la confiance qui lui permettrait de continuer sereinement son travail à la tête du GUN.

INTERVIEW

«La politique africaine ne peut se développer uniquement avec les visites, sporadiques et de courte durée ou seulement à travers le seul ministre des...

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