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Les promesses du gaz de schiste, 650 milliards de m3... mais il y a un gros hic

Le gouvernement tunisien envisage, dans le cadre de la diversification des sources d’énergie, d’explorer les hydrocarbures non conventionnels, en particulier le gaz de schiste, en dépit de l’opposition de l’opinion publique et des organisations de la société civile.

Les autorités ont déjà donné le feu vert, en 2015, à l’élaboration d’une étude “d’évaluation environnementale et stratégique pour l’exploitation et l’extraction d’hydrocarbures en Tunisie à partir des réservoirs non conventionnels“, moyennant un investissement de l’ordre de 2 millions 75 mille dinars.
C’est la preuve que les gouvernements successifs de l’après-révolution (2011) n’ont pas tranché la question de l’extraction et ne se sont pas déclarés, clairement, pour ou contre l’exploration du gaz de schiste en Tunisie, alors que d’autres pays, dont la France, ont banni par la loi les forages de schiste.
Le ministère de l’Environnement, qui chapeaute cette étude, menée par le bureau d’études tunisien “SCET- Tunisie” et le canadien WSP, estime qu’elle va “aider à la prise de décision” et convaincre l’opinion publique défavorable au recours à cet hydrocarbure non conventionnel, qu’est le gaz de schiste.

Selon plusieurs études, l’Etat tunisien aurait permis à quelques entreprises étrangères d’exercer des fracturations hydrauliques pour l’extraction d’hydrocarbures conventionnels et non conventionnels.
Depuis octobre 2012, des ONG se sont mobilisées et ont organisé un sit-in devant l’ANC (Assemblée nationale constituante), pour dénoncer les intentions d’exploration du gaz de schiste. Ils ont fait part aux députés de leur opposition à la fracturation hydraulique, espérant la constitutionnalisation du droit des générations futures aux richesses naturelles de leur pays. Une attente d’ailleurs satisfaite, puisque la nouvelle Constitution tunisienne a stipulé clairement la garantie de ce droit, dans l’article 13 et 129.
En mai 2015, un “forum méditerranéen contre la fracturation hydraulique et le gaz de schiste”, a vu le jour après les actes de violence et les protestations dans la délégation d’El Faouar à Kébili (sud de la Tunisie), après l’annonce de l’exploitation de nouveaux permis pétroliers dans la région.
Le forum avait appuyé les protestations sociales contre les pratiques de certaines sociétés étrangères actives dans le domaine de l’extraction gazière et pétrolière dans le sud du pays.
L’étude précitée prévoit d’établir des contacts avec les populations dans les régions concernées par l’exploration du gaz de schiste.

Une affaire qui pèse lourd

Les ressources en gaz de schiste ont été évaluées en Tunisie à 114 000 milliards de pieds cubiques et celles techniquement récupérables sont évaluées, en 2011, à 18 000 milliards de pieds cubes (soit environ 510 milliards de m3).
– 23 000 milliards de pieds cubes, soit environ 650 milliards de m3, de réserves de gaz de schiste revues à la hausse par l’Administration américaine de l’Information sur l’énergie de (EIA).
– Comparé à d’autres pays, ce potentiel reste modeste mais demeure néanmoins dix fois supérieur à celui des réserves prouvées de gaz dit “conventionnel”, selon la même source.
– Les réserves techniquement exploitables en huiles ou pétrole de schiste sont estimées à 1,5 milliards de barils.
– Les ressources en hydrocarbures non conventionnels sont regroupées dans le bassin de Ghadamès, que la Tunisie partage avec l’Algérie et la Lybie, et dans le bassin pélagien qui borde la côte Est du pays. Les formations schisteuses sont le Silurien Tannezuft et le Dévonien Frasnien, pour le bassin de Ghadamès, et le Jurassic Nara, le Crétacé Fahdane, le Crétacé Bahloul et l’Eocène Boudabous, pour le bassin pélagien.

Dans un entretien accordé à l’agence TAP, le directeur de l’environnement industriel au ministère de l’Environnement, Youssef Zidi, a précisé qu'”un comité spécial va assurer l’évaluation et le suivi de ses résultats. Ensuite, les associations, les représentants et les experts dans les régions concernées, seront invités par les bureaux d’études, à des contacts de vulgarisation, dans l’espoir de les convaincre et finir avec des recommandations qui aident le gouvernement à décider“.
Et d’ajouter : “le gouvernement tunisien ne va pas se contenter des études menées sur les réserves de gaz de schiste, par l’AIE et la compagnie Shell ou d’autres études. Il a opté pour une étude nationale menée par des experts tunisiens pour confirmer ou infirmer les informations déjà publiées“.

Les lois actuelles ne régissent pas les hydrocarbures non conventionnels !

L’Etat tunisien semble aller de l’avant dans le choix de l’exploration des hydrocarbures non conventionnels bien que l’actuel Code des hydrocarbures, tel que promulgué en 1999, ne régisse pas les hydrocarbures de roche-mère, selon une analyse accessible sur Internet, de la spécialiste du droit de l’environnement et d’urbanisme Afef Hammami. https://tn.boell.org/sites/default/files/afef_marrakchi_-_modification_du_code_des_hydrocarbures.pdf
Le code dans sa version actuelle est “lacunaire” et incapable d’encadrer l’exploitation du gaz de schiste en Tunisie. Donc, toute activité déjà entreprise dans le domaine du non conventionnel est illégale, laisse entendre l’analyse.
Elle est même lacunaire s’agissant de l’exploitation des gaz conventionnels. “Les obligations incombant aux sociétés pétrolières sont jugées insuffisantes, trop générales et pas assez contraignantes. Un tel vide juridique laisse la possibilité aux entreprises de proposer des offres ambigües, ne précisant même pas quel type de gaz elles cherchent à exploiter et encore moins la technique qui sera utilisée. Les missions et services de l’ETAP se concurrencent, se neutralisent et affectent selon nous, sa neutralité dans le suivi technique des permis“, lit-on aussi dans ce document.

Un membre de l’Alliance Tunisienne pour la Transparence dans l’Energie et les Mines, qui regroupe 13 ONG environnementales et de la société civile, a confirmé ceci, en déclarant qu’il “devient ainsi difficile de demander des comptes aux exploitants, quand il s’agit d’autres risques méconnus et non maîtrisables dont ceux engendrés par la fracturation hydraulique (activités sismiques, pollution de la nappe phréatique)”.
La même source, qui a requis l’anonymat, a estimé que “l’exploration du gaz de schiste en Tunisie n’est pas un choix. Des lobbies et des sociétés pétrolières l’ont imposé au pays“, ajoutant que “des responsables du secteur de l’énergie ont fait exprès, d’associer des compétences de l’ATTEM, à l’étude d’impact environnemental pour justifier après l’autorisation qui sera donnée aux sociétés étrangères, d’extraire le gaz de schiste“.

La fracturation hydraulique a-t-elle vraiment eu lieu en Tunisie ?

Selon une étude et des données collectées par la Fondation allemande Heinrich Boel, qui défend l’environnement, l’Etat tunisien a déjà permis, à travers l’ETAP, à des entreprises étrangères d’exercer des fracturations hydrauliques, soit pour l’extraction d’hydrocarbures non conventionnels ou conventionnels. http://tn.boell.org/sites/default/files/gaz_de_schist_final_version_2.pdf
Les détails des opérations et des activités pétrolières n’ont jamais été communiqués au grand public. Ce qui laisse libre cours à la polémique et aux interprétations concernant le gaz de schiste.
En dépit des controverses et du démenti des officiels, plusieurs études et rapports montrent que des compagnies pétrolières et gazières semblent avoir déjà eu recours à la fracturation hydraulique en Tunisie.

Parmi ces compagnies, la société franco-britannique PERENCO, elle a annoncé sur son site électronique, en février 2014, le succès d’une opération de fracturation hydraulique en Tunisie.
L’opération de PERENCO a été aussi, évoquée dans une étude publiée par la société internationale de services pétroliers “Schlumberger”, intitulée “tant de schistes, si peu de forage“, en tant qu’unique opération d’exploration du gaz de schiste en Tunisie.

Une recherche par imagerie satellitaire, reprise par HB, indique que Perenco exploite des puits au sud de Chott El Djerid, à Kébili avec des installations caractéristiques de l’exploitation d’hydrocarbures par fracturation hydraulique.

Compte tenu de l’implication de l’ETAP dans cette concession (participation à hauteur de 50%), le gouvernement doit nécessairement être informé de l’évolution de ce projet“, commentent les auteurs de l’étude.

L’observation d’une coupe géologique de la région révèle que les puits Franig-1, Franig-2 et Franig-3 (exploités par Perenco) surplombent la formation schisteuse du Silurien ” hot shale “.
La même étude a indiqué que le gouvernement tunisien négociait, à cette époque (2014), avec des compagnies pétrolières, dont la compagnie britannique Shell, qui avait l’intention de mener plusieurs forages dans le pays.

Elle évoque, dans une “note importante“, que des informations publiquement disponibles indiquent que Cygam Energy Inc a effectué 47 opérations de fracturation hydraulique sur 11 puits dans la concession de Bir Ben Tartar entre mai 2011 et janvier 2013.
La Tunisie figure aussi sur la liste des pays arabes ayant eu recours à la fracturation hydraulique, laquelle comprend le Maroc, l’Algérie, le Yémen, la Jordanie, l’Arabie Saoudite, alors que cette technique est interdite dans plusieurs autres pays, dont la France, l’Allemagne, la Bulgarie, quelques Etats américains, le Québec et dans certaines régions d’Australie et de la Grande Bretagne, selon le site .

En dépit de ces données, le directeur à l’administration des études d’impact à l’Agence Nationale de la Protection de l’Environnement (ANPE), Baccar Tarmiz, a déclaré à l’agence TAP qu’aucune opération n’a été menée en Tunisie, pour l’extraction du gaz de schiste. “L’ANPE n’a approuvé aucune étude d’impact pour le compte de compagnies étrangères actives dans ce domaine“.

Tarmiz, également connaisseur du domaine de la géologie, a avancé “nous ne savons pas encore si nous avons ou pas de gaz de schiste en Tunisie“. Il a admis toutefois qu’on peut avoir recours à la fracturation hydraulique, même dans l’extraction des hydrocarbures conventionnels.

Pourtant, dans le document de la Fondation Heinrich Boel, les auteurs ont indiqué qu’en janvier 2014, l’ANPE a admis la réalisation d‘opérations de fracturation hydraulique effectuées sans autorisation dans des forages sur le territoire national.

Ces révélations n’ont pourtant pas empêché l’Agence d’attribuer au même moment deux autorisations de fracturation hydraulique aux sociétés pétrolières Perenco et Storm et une autre, en août 2014, à la compagnie Winstar/Serinus“, lit-on dans la même étude.

TAP

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L’Assemblée nationale a entériné hier mercredi l’interdiction d’explorer et d’exploiter les hydrocarbures non conventionnels, c’est-à-dire les huiles et gaz de schiste, en achevant l’examen en première lecture du projet de réforme du code minier. Des députés y ont vu un simple « effet d’annonce » en raison du calendrier parlementaire, rapporte l’AFP.

La disposition avait été votée en commission via un amendement du rapporteur et président de la Commission développement durable, Jean-Paul Chanteguet (PS). Elle est destinée à compléter la loi de juillet 2011 qui était jusqu’alors limitée à l’interdiction de la technique de la fracturation et ne visait donc pas une substance, a précisé la même source.

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Dans une interview exclusive accordée ce mercredi 5 octobre à Africanmanager, Hela Cheikhrouhou, ministre de l’Energie, des Mines et des Energies renouvelables, a mis en garde contre les interruptions que connaissent la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG) et le Groupe Chimique Tunisien (GCT).

Elle a dans ce cadre affirmé que ces mouvements sauvages sont en train de menacer la saison agricole puisqu’il n’y a plus de production ou de transfert de phosphate.

La situation est préoccupante pour elle, surtout que les usines du GCT risquent de s’arrêter et de ne plus produire le DAP, matière fortement attendue par les agriculteurs

Sur un autre plan, elle a bien défendu les mesures prises en faveur de la population de la région de Gafsa, faisant savoir que le gouvernement a eu le courage d’annoncer de nouveaux recrutements alors que les comptes publics sont dans le rouge.

La ministre a par ailleurs évoqué les démarches à suivre après l’adoption de la nouvelle loi sur les énergies renouvelables, tout en mettant l’accent sur les projets d’interconnexion. Interview :

Les sit-in dans le Bassin minier semblent avoir pris un caractère cyclique. En effet, après le règlement du litige à Mdhilla, voilà que le site de production de Metlaoui est paralysé par un autre sit-in anarchique. Pouvez-vous nous dresser le bilan ?

Des efforts déployés par ce nouveau gouvernement, qui a eu le courage d’aller de l’avant et d’annoncer plus de 2800 nouveaux postes d’emplois à la CPG, une annonce fortement attendue par la population depuis mai 2015 ; et en deux semaines on a lancé le concours dans un processus transparent. Mais voilà, on se trouve face à des contestations avec des personnes qui veulent arrêter la production.

Avec ce blocage, plusieurs experts évoquent le scénario de faillite. Qu’en pensez-vous et surtout est-il possible de chiffrer les pertes ?

Je ne parlerai pas aujourd’hui d’un scénario de faillite, mais je peux décrire une réalité qu’on observe, c’est une détérioration continue et certaine des fondamentaux économiques et financiers de la CPG et du GCT ainsi que leurs filiales, qui coutent énormément.

Il est à rappeler que ce groupe a pu générer, en 2010, 800 millions de dinars de bénéfice alors qu’en 2015, il a enregistré une perte de l’ordre de 200 millions de dinars, en consommant plus de deux tiers de son capital.

Donc, le fait de paralyser l’activité des opérateurs, cela veut dire qu’ils subissent aujourd’hui une masse salariale qui a été triplée alors que la production a fortement baissé.

De toute façon et malgré le qu’on continue à payer les salaires de 27 mille employés, l’équivalent de 500 millions de dinars, on n’arrive plus à produire que 3,5 millions de tonnes à cause de ces interruptions. Avec ce rythme, il est impossible de couvrir les charges du groupe..

Il y a autre chose : ces interruptions sont en train de menacer la saison agricole puisqu’il n’y a plus de production ou transfert de phosphate. Donc, les usines du groupe chimique risquent de s’arrêter et de ne plus produire le DAP, matière fortement attendue par les agriculteurs.

Si on continue dans ce processus, quel sera l’avenir du Groupe?

Je préfère ne pas imaginer une éventuelle continuité de blocage, mais je préfère imaginer que la raison va prévaloir et permettra à ce groupe de jouer pleinement son rôle. Sinon, on se retrouvera avec 27 mille foyers sans salaire.

Au niveau de votre département, avez-vous élaboré un plan d’action ou pensez-vous à recourir à des mesures courageuses pour mieux s’attaquer à ce problème?

En dépit de la situation difficile du groupe, c’est très courageux d’annoncer environ 3000 nouveaux postes d’emplois additionnels aux 27 mille. Nous avons annoncé le recrutement tout de suite et de manière transparente de ces employés dont nous n’avons besoin que partiellement car ils correspondent aux besoins de 2017 et 2018.

Donc, la première mesure a pour but d’obtenir la paix sociale.

La deuxième mesure est liée à l’utilisation des 40 millions de dinars restants dans le budget de la responsabilité sociétale pour prioriser des choses bien identifiées par la population comme étant nécessaires. Par exemple, 15 millions de dinars seront investis à travers la BTS et la BFPME et le fonds pour créer des centaines de micro-projets dans la région de manière à créer plus d’emplois.

On s’est orienté vers la création d’emploi, mais ces mesures sont peu médiatisées. Des mesures courageuses et même audacieuses. Car, il faut être courageux pour entamer une telle dépense alors qu’on est dans le rouge.

Outre la mesure de recrutement, y aura-t-il d’autres actions touchant par exemple le transfert de la production, sujet qui continue de susciter la polémique?

S’il y a des populations qui ne permettent pas le transfert de phosphate, la solution est de réfléchir à la réduction des coûts du groupe et à la révision de la structure salariale et enfin la composition des employés.

Avec ce climat morose, pourrait-on recourir à la solution sécuritaire?

Du moment que la population de la région ne dit pas clairement qu’elle souhaite la reprise de l’activité du phosphate, nous sommes en train de voir ce que la rue nous dit.

Aujourd’hui, la population doit se rendre compte que la société qui entretient tant de foyers est malade. Ces arrêts sauvages de la production nuisent non seulement à la majorité des Tunisiens à travers les finances publiques, mais aussi à la région elle-même en menaçant 27 mille foyers.

Sur un autre plan, la loi sur les énergies renouvelables a été adoptée depuis quelques temps. Quelles seront les nouvelles démarches à suivre?

Aujourd’hui, tous les textes de décret ou encore d’autres organisant le fonctionnement étaient produits. Ils restent quelques contrats types et autres qui sont au niveau de la présidence du gouvernement.

Le reste à faire est de finaliser la première série de projets qui sera annoncée.

A ce niveau, il faut indiquer qu’il y aura des projets sous forme d’autorisation pour les petites capacités et d’autres sous forme d’appel d’offre. Il s’agit de travailler sur la manière pour que ces appels d’offre soient structurés et faire en sorte que le retard accumulé dans  l’initiation dans projets de production indépendant de l’électricité par le renouvelable soit rattrapé.

Notre ambition d’içi novembre prochain, est de publier la capacité dont nous souhaitons acheter sous forme d’appel d’offre ou d’autorisation pour les différentes technologies dont notamment le solaire et l’éolien.

Votre département a annoncé un objectif de 30% pour la contribution des énergies renouvelables dans la production électrique à l’horizon 2030. Cet objectif est-il toujours d’actualité?

Cet objectif a été discuté dans le passé et il fera aussi l’objet d’un examen au niveau du Conseil ministériel comme étant l’un des principaux axes de notre stratégie énergie 2030, avec un objectif de 30% de notre production électrique sous forme d’énergie renouvelable.

Autant que possible, il serait bon d’essayer d’atteindre cet objectif le plus vite possible avant d’avoir un objectif qui va au-delà. Cela requiert une meilleure performance en termes de stabilité de réseau pour gérer cette intermittence d’énergie renouvelable, mais aussi de réfléchir à des solutions en termes d’interconnexion avec l’Italie par exemple pour absorber cette énergie intermittente.

A ce titre, qu’en est-il du projet d’interconnexion électrique tuniso-italien (ELMED) : potentiel des énergies renouvelables et cadre règlementaire ?

Les études sont en cours d’élaboration et beaucoup d’autres restent à faire. A ce niveau, nous sommes en train de mobiliser des dons pour finaliser ces études.

Un dialogue est en cours avec notre partenaire italien, l’Union Européenne et la Banque Mondiale pour voir s’il sera possible d’obtenir des financements sous forme de dons pour une partie des projets.

Y a-t-il des nouveautés par rapport au Plan solaire tunisien ( PST)?

Ce projet pilote a été adopté par le Conseil ministériel cet été. C’est l’un des piliers de la grande stratégie énergie et le cumul de tous les projets qu’il faut lancer.

Le PST est une appellation utilisée depuis 2008 englobant la série de projets dont la première série sera dévoilée d’ici la fin de cette année. C’est le programme des énergies renouvelables pour lequel il y a eu une nouvelle loi.

Et pour le projet du gaz du sud?

C’est l’un des plus grands projets de renforcement de l’infrastructure de production et de transport du gaz naturel dans le pays, outre la transformation d’une partie conséquente du gaz en GPL.

Ce « projet de développement de la concession Nawara» prend d’ailleurs toute son importance dans la conjoncture, mais voilà, il a rencontré d’énormes problèmes et a eu du retard..

Mais pourquoi ?

Cela est du aux contestations en termes d’accès aux terrains pour construire l’infrastructure et de requêtes accrues en termes d’emplois.

Actuellement, la plupart des obstacles ont été levés, mais il nous reste quelques problèmes liés aux terrains déjà payés et compensés et pour lesquels il y a encore des emprises illégales par certains individus. Donc, les travaux sont bloqués dans certains endroits, en attendant la résolution de cette question.

La production de pétrole brut a connu une chute de 89% à fin aout 2016, d’après les derniers chiffres dévoilés à Africanmanager. Y aura-t-il de nouveaux permis d’exploration pour dépasser cette situation?

La production moyenne était de l’ordre d’environ 80 mille barils/j contre 45 mille barils/j à fin août 2016 et ce, aussi bien pour le pétrole que pour le gaz.

C’est  pour cette raison que les nouveaux permis d’exploration et de développement requièrent une clarification au niveau de l’ARP en ce qui concerne l’article 13 de la Constitution.

La commission de l’industrie, de l’énergie, des ressources naturelles, de l’infrastructure et de l’environnement est en train d’examiner cette question et nous estimons la résolution de ce problème au cours de cette année.

Ce changement juridique est  important dans la mesure où le nombre des permis d’exploration a baissé passant de 50 permis il y a cinq ans à seulement 27 actuellement.

Avec la mise en place d’un nouveau mécanisme de révision des prix des hydrocarbures lancé (Gazoil, Gazoil 50 et Essence) en juillet dernier et avec l’instabilité du prix du baril, envisagez-vous de réviser à la hausse les prix des hydrocarbures?

Les prix des hydrocarbures vont certainement suivre les tendances du marché international.

En effet, le prix du baril de pétrole a remonté et nous verrons ce que la formule donne à la mi-octobre.

Pour rappel, la Tunisie a adopté depuis juillet dernier un nouveau mécanisme permettant de réviser automatiquement les prix des hydrocarbures tous les trois mois et ce, en fonction du prix d’achat du pétrole, par l’Etat, et de la valeur du dinar par rapport au dollar américain. D’ailleurs, les prix des hydrocarbures ont baissé au début de cette année.

Vous avez signalé que le gouvernement pourrait recourir au gaz de schiste pour faire face aux dépenses prévues. Avez-vous élaboré une stratégie pour mieux défendre votre position également auprès de la société civile, qui s’est opposée à ce genre de solution ?

Il faut étudier toutes les solutions pour développer les ressources nationales en termes d’hydrocarbures. Car, il s’agit des solutions les plus économiques et les plus génératrices d’emploi.

Toutes les autres solutions consisteraient soit à importer de plus en plus de gaz chez notre frère algérien, soit subir le cout énorme de l’infrastructure terminale de gaz naturel ou encore de faire venir du charbon de l’étranger.

Toutes les solutions alternatives sont plus couteuses et négatives pour la balance de paiement, tout en affaiblissant le dinar tunisien. C’est pourquoi il faut  étudier sérieusement cette ressource naturelle afin de connaitre ses effets négatifs et comment peut-on atténuer son impact en le gérant avec les meilleures technologies. Par la suite, il est important de mesurer les effets positifs et prendre la bonne décision.

Pour l’étape actuelle, on est trop loin de produire le gaz de schiste et on ne peut même pas l’explorer pour le moment…

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Nidhal Ouerfelli a déclaré

Nidhal Ouerfelli a déclaré, lors d’une conférence de presse , tenue au siège de l’ETAP , jeudi après-midi , que le choix de l’exploitation du gaz de schiste en Tunisie n’est pas encore arrêté , et que cette option est tributaire des résultats de l’étude en cours qui prendra entre 2 et 3 ans .

Le secrétaire d’Etat chargé de l’Energie et des mines a assuré que son département a entamé une campagne de sensibilisation dans toutes les régions et 12 gouvernorats ont déjà été visitées, réitérant le souci de l’Etat de se conformer aux normes internationales qui respectent l’environnement, lors de l’exploitation éventuelle du gaz de schiste .

Il a indiqué que les principales réserves gazières pour le schiste en Tunisie se situent dans le bassin de Ghadamès qui est commun avec l’Algérie et la Libye . Il a assuré également que l’Algérie a déjà avancé dans les études et les prospections, phase qui devrait être engagée en Tunisie prochainement.

Ces déclarations correspondent avec la publication, jeudi 17 octobre 2013, par la Banque Africaine de Développement (BAD) d’un rapport sur le gaz de schiste intitulé :” Le Gaz de Schiste et ses implications pour l’Afrique “. Le rapport indique que si les réserves en gaz de schiste de la Tunisie, étaient confirmées, la donne énergétique du pays en serait considérablement modifiée (baisse des importations de gaz, diversification des ressources en combustibles du secteur de l’électricité), surtout que la Tunisie dispose de très faibles réserves de gaz conventionnel et sa production y est limitée.

D’après la BAD, les réserves de la Tunisie en gaz de schiste sont estimés à 61 000 milliards de pieds cubes et les réserves techniquement exploitables, à 18 000 milliards, et le pays pourrait, ainsi, remplacer le gaz importé par une production locale moins chère.

Les volumes estimés en gaz de schiste pour la Tunisie sont bien inférieurs à ceux de Libye ou d’Algérie, mais demeurent, tout de même, bien supérieurs aux réserves prouvées de gaz conventionnel (6 fois plus) qui sont de l’ordre de 3 000 milliards de pieds cubes. Le rapport souligne que la Tunisie produit peu de gaz tout en en consumant beaucoup, et comble ce déficit par le biais de l’importation.

Les réserves estimées se situent, d’après le rapport, dans le bassin de Ghadamès et un premier puits a été foré par fracturation en 2010, et au cours de l’année 2012, Shell a déposé une demande auprès du gouvernement en vue d’obtenir un permis d’exploration du gaz de schiste, qui est encore à l’étude . La Tunisie demeure un pays particulièrement attractif pour le développement du gaz de schiste. Elle a fortement besoin de réserves de gaz supplémentaires et dispose d’une expérience aussi bien dans l’exportation que dans l’approvisionnement et d’une infrastructure hautement fonctionnelle, du fait que les gazoducs sont reliés au réseau international et aux centres de demande nationaux, à savoir les zones industrielles et les grandes agglomérations.

Le rapport a indiqué que l’expérience du gouvernement en la matière reste, tout de même, en deçà des exigences d’une exploitation intégrale des réserves en gaz de schiste.

Le rapport évoque les débats soulevés par les problèmes environnementaux découlant de la fracturation, et fait mention des articles publiés par les médias qui ont reflété les craintes de l’opinion d’une possible pollution du système d’approvisionnement en eau au niveau local, ainsi que sur le problème du manque d’eau. Et le principal candidat à la prospection du gaz de schiste qu’est Shell a répondu à ces craintes , en soulignant qu’il adhérait à l’ensemble des principes mondiaux d’exploitation onshore qui fournissent un cadre à l’eau, l’air et la flore et la faune et respectent les communautés auprès desquelles il opère .

En fait , la différence physique entre le gaz de schiste et le gaz classique réside dans l’emplacement des ressources dans des formations rocheuses. Et la faible perméabilité du schiste ainsi que son aspect feuilleté, rendent les techniques de forage classiques axées sur des puits verticaux non opérationnelles, car elles ne permettent pas d’extraire d’importantes quantités de gaz de schiste commercialement viables. La technique de “fracturation”, qui fait appel à la fracturation hydraulique, en utilisant un mode de forage horizontal est donc plus efficace. Seulement, cette technique induit des conséquences environnementales, qui ne découlent pas des techniques classiques d’exploitation du gaz.

A.H

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Nidhal Ouerfelli a déclaré

Nidhal Ouerfelli a déclaré, lors d’une conférence de presse , tenue au siège de l’ETAP , jeudi après-midi , que le choix de l’exploitation du gaz de schiste en Tunisie n’est pas encore arrêté , et que cette option est tributaire des résultats de l’étude en cours qui prendra entre 2 et 3 ans .

Le secrétaire d’Etat chargé de l’Energie et des mines a assuré que son département a entamé une campagne de sensibilisation dans toutes les régions et 12 gouvernorats ont déjà été visitées, réitérant le souci de l’Etat de se conformer aux normes internationales qui respectent l’environnement, lors de l’exploitation éventuelle du gaz de schiste .

Il a indiqué que les principales réserves gazières pour le schiste en Tunisie se situent dans le bassin de Ghadamès qui est commun avec l’Algérie et la Libye . Il a assuré également que l’Algérie a déjà avancé dans les études et les prospections, phase qui devrait être engagée en Tunisie prochainement.

Ces déclarations correspondent avec la publication, jeudi 17 octobre 2013, par la Banque Africaine de Développement (BAD) d’un rapport sur le gaz de schiste intitulé :” Le Gaz de Schiste et ses implications pour l’Afrique “. Le rapport indique que si les réserves en gaz de schiste de la Tunisie, étaient confirmées, la donne énergétique du pays en serait considérablement modifiée (baisse des importations de gaz, diversification des ressources en combustibles du secteur de l’électricité), surtout que la Tunisie dispose de très faibles réserves de gaz conventionnel et sa production y est limitée.

D’après la BAD, les réserves de la Tunisie en gaz de schiste sont estimés à 61 000 milliards de pieds cubes et les réserves techniquement exploitables, à 18 000 milliards, et le pays pourrait, ainsi, remplacer le gaz importé par une production locale moins chère.

Les volumes estimés en gaz de schiste pour la Tunisie sont bien inférieurs à ceux de Libye ou d’Algérie, mais demeurent, tout de même, bien supérieurs aux réserves prouvées de gaz conventionnel (6 fois plus) qui sont de l’ordre de 3 000 milliards de pieds cubes. Le rapport souligne que la Tunisie produit peu de gaz tout en en consumant beaucoup, et comble ce déficit par le biais de l’importation.

Les réserves estimées se situent, d’après le rapport, dans le bassin de Ghadamès et un premier puits a été foré par fracturation en 2010, et au cours de l’année 2012, Shell a déposé une demande auprès du gouvernement en vue d’obtenir un permis d’exploration du gaz de schiste, qui est encore à l’étude . La Tunisie demeure un pays particulièrement attractif pour le développement du gaz de schiste. Elle a fortement besoin de réserves de gaz supplémentaires et dispose d’une expérience aussi bien dans l’exportation que dans l’approvisionnement et d’une infrastructure hautement fonctionnelle, du fait que les gazoducs sont reliés au réseau international et aux centres de demande nationaux, à savoir les zones industrielles et les grandes agglomérations.

Le rapport a indiqué que l’expérience du gouvernement en la matière reste, tout de même, en deçà des exigences d’une exploitation intégrale des réserves en gaz de schiste.

Le rapport évoque les débats soulevés par les problèmes environnementaux découlant de la fracturation, et fait mention des articles publiés par les médias qui ont reflété les craintes de l’opinion d’une possible pollution du système d’approvisionnement en eau au niveau local, ainsi que sur le problème du manque d’eau. Et le principal candidat à la prospection du gaz de schiste qu’est Shell a répondu à ces craintes , en soulignant qu’il adhérait à l’ensemble des principes mondiaux d’exploitation onshore qui fournissent un cadre à l’eau, l’air et la flore et la faune et respectent les communautés auprès desquelles il opère .

En fait , la différence physique entre le gaz de schiste et le gaz classique réside dans l’emplacement des ressources dans des formations rocheuses. Et la faible perméabilité du schiste ainsi que son aspect feuilleté, rendent les techniques de forage classiques axées sur des puits verticaux non opérationnelles, car elles ne permettent pas d’extraire d’importantes quantités de gaz de schiste commercialement viables. La technique de “fracturation”, qui fait appel à la fracturation hydraulique, en utilisant un mode de forage horizontal est donc plus efficace. Seulement, cette technique induit des conséquences environnementales, qui ne découlent pas des techniques classiques d’exploitation du gaz.

A.H

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Partant du constat que le déséquilibre énergétique  se creuse de plus en plus depuis l'année 2000

Partant du constat que le déséquilibre énergétique se creuse de plus en plus depuis l’année 2000, Ali Laarayedh voit dans la prospection du gaz de Schiste une des solutions à ce déséquilibre et au problème énergétique du pays .

Il a souligné que les prospections sont prometteuses , et indiqué que la Tunisie prendra toutes les dispositions pour garantir le respect de l’environnement , en s’inspirant , en la matière , des expériences des pays avancés , comme les Etats-Unis et l’Angleterre .

Ali Laarayedh a rappelé que le pays vit depuis l’année 2000 , une situation caractérisée par la réduction de la production , l’augmentation de la consommation , et l’envolée de la compensation des hydrocarbures qui a atteint , en 2012 un montant avoisinant les 2.7 milliards de dinars , et ce montant sera le même pour 2013 .

A côté de la prospection du gaz de Schiste , le gouvernement adoptera , pour assurer l’équilibre énergétique du pays , des mesures pour rationaliser la consommation de l’énergie et s’alimenter en énergie des pays frères et voisins

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Le ministre de l’Industrie, Mohamed Lamine Chakhari, a déclaré, à l’agence Binaa News, que le gouvernement a pris la décision de surseoir au projet d’exploitation de gaz de schiste, aux fins d’approfondir l’examen de la question, et ce à la suite des surenchères politiques et partisanes auxquelles ce projet a donné lieu. Il a parlé de menées visant à induire en erreur sans s’assurer préalablement de la véracité des arguments avancés, et ce en vue de perturber l’action du gouvernement et semer le trouble dans la scène politique. Il a expliqué que ce moratoire sera mis à profit pour tenir des séminaires et des réunions dans le cadre d’un dialogue national où les ambigüités seront levées .

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