Les vérités de l’ex-ministre de l’Énergie, limogé en 2018

Les vérités de l’ex-ministre de l’Énergie, limogé en 2018

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Une table ronde intitulée « Le déficit énergétique, une entrave pour le développement et un motivateur d’investissements » a été organisée mercredi 29 mai 2019; des experts du secteur et des représentants des partis politiques ont fait le déplacement. L’objectif était d’informer et de sensibiliser les décideurs politiques sur la situation et les défis énergétiques de la Tunisie.

L’ex-ministre de l’Energie, Khaled Gaddour, a déclaré durant son intervention que l’Etat est épuisé par les subventions énergétiques qui sont passées de 1550 millions de dinars en 2018 à 2700 millions de dinars en 2019, une charge lourde causée principalement par la détérioration de la valeur du dinar, le recul de la production tunisienne en hydrocarbures ainsi que l’augmentation du prix du baril.

« Face à cette situation, l’Etat doit agir en encourageant l’exploitation de nouveaux champs d’hydrocarbures, et en délivrant plus d’autorisations d’exploration qui ont diminué de 52 en 2010 à 23 en 2017 (…). Si l’Etat est incapable d’exploiter faute de moyens, qu’elle ouvre la porte aux entreprises » a-t-il ajouté, tout en précisant que le cout d’exploitation d’un puits de pétrole varie entre 40 et 80 millions de dinars et que les probabilités d’identification de nouveaux puits en Tunisie sont faibles et ne dépassent pas les 25% au meilleur des cas.

L’ex-ministre a appelé dans ce sens à trouver des solutions pour les stations de raffinage de Jarzouna et de Borma. Usées après plus d’un demi-siècle d’activité, ces stations ne sont plus opérationnelles et représentent même un danger pour l’environnement et les employés.

Khaled Gaddour a continué son diagnostic en signalant que la hausse de la demande énergétique et la baisse de la productivité menacent sérieusement la sécurité énergétique de la Tunisie, qui se trouve actuellement devant l’impératif d’importer 58% de ses besoins énergétiques.

Il a indiqué que vu le potentiel du photovoltaïque et de l’éolien dont dispose la Tunisie, l’Etat se trouve dans l’obligation de se tourner vers les énergies renouvelables qui représentent une alternative moins couteuse, plus écologique et qui permet un meilleur rendement des subventions énergétiques que les sources traditionnelles d’énergie.

Selon K. Gaddour, les responsables doivent penser à l’avance au problème du stockage des énergies renouvelables. De nouvelles centrales de stockage, adaptées à ce genre de projets, doivent être préparées pour garantir l’efficacité de la transition énergétique en Tunisie, qui prévoit de produire 30% de ses besoins énergétiques à partir des énergies renouvelables d’ici 2030.

 L’ex-ministre a également refusé d’écarter l’alternative du gaz de schiste. Il a estimé que la Tunisie possède des réserves importantes et que Shell avait proposé d’exploiter des gisements tunisiens en 2012.

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