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Hafedh Caied Essebssi 

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Rappelons, tout d’abord, que si Youssef Chahed trouve de plus en plus de soutien auprès de la classe politique tunisienne, et même auprès d’un large public, ce n’est pas tant à cause de ses résultats que par lassitude générale d’avoir un nouveau chef de gouvernement tous les 18 mois. En matière de résultat, force est de se l’avouer, aucun gouvernement ne peut faire mieux, non que Youssef Chahed soit un superman, mais à cause de la conjoncture, politique, sociale et financière, dans laquelle s’est retrouvé son gouvernement depuis août 2016.

Ceci dit, et alors que la crise politique dure et perdure sur fond d’énormes difficultés économiques qui deviennent chaque jour plus perceptibles par le consommateur tunisien malgré le début de la reprise et une crise financière qui en est à la fois la cause et le résultat, force est de se demander pourquoi Nidaa Tounes et ses chefs ont peur de Youssef Chahed. Trois raisons à ce tourment selon nous :

  • Chahed se fait petit à petit son propre bloc parlementaire

A cet effet, il est impossible de ne pas s’arrêter sur un fait. Il s’agit du dernier communiqué de Nidaa Tounes, en date du 8 septembre 2018, dans lequel le parti du fils du chef de l’Etat tunisien se montre outré par le débauchage massif qu’arrive à effectuer Youssef Chahed dans le bloc parlementaire de son ennemi Hafedh Caïed Essebssi. Dans ledit communiqué, «le parti Nidaa Tounes a désapprouvé le fait que le chef du gouvernement reçoive, au Palais Dar Dhiafa à Carthage, un bien appartenant à l’Etat, des députés du groupe parlementaire de Nidaa Tounes pour leur demander de rejoindre le nouveau bloc parlementaire de “la Coalition nationale ». Ce n’est pourtant pas la 1ère fois que Chahed le fait. La 1ère fois, c’était en juin 2018 et il n’y avait eu aucun communiqué indigné du Directeur Exécutif de Nidaa Tounes. Au contraire, le député Ons Hatab, déclarait, le 14 juin sur Shems FM, que la majorité de ses collègues souhaiterait que Youssef Chahed reste à la tête du gouvernement. Désormais, Soufiene Toubel, qui participait pourtant à ce 1er contact, «condamne pareils agissements » et les qualifie de «contraires aux pratiques démocratiques”.

Huit députés de Nidaa Tounes ont en fait décidé de démissionner du bloc parlementaire du parti et de rejoindre le groupe de la “Coalition nationale”, déclarait samedi dernier à la TAP, le député Mohamed Rachdi. Il s’agit de Zohra Driss, Moncef Sellami, Ahmed Saïdi, Issam Mattoussi, Lamia Dridi, Jalel Guedira, Mohamed Rachdi et Marwa Bouazzi. Selon Driss, la «démission a été décidée à la suite de » ce qu’elle a qualifiée de “déception” quant à la manière de gérer et de diriger le mouvement Nidaa Tournes, », expliquant que «le directeur exécutif de Nida Tounes s’accapare tous les pouvoirs et n’accorde aucune considération aux structures et dirigeants du parti». Les huit députés comptent déposer officiellement leur démission au bureau de l’Assemblée des représentants du peuple mercredi prochain.

Le communiqué de Nidaa du 8 septembre confirme, cependant, de manière officielle, que des députés du bloc de Nidaa ont donné à Youssef Chahed leur accord signé qu’ils le rejoignent dans son combat contre leur chef Hafedh Caïed Essebssi. Ceci confirme que Chahed est en train, s’il n’y est pas déjà arrivé, de constituer son propre bloc parlementaire. Le premier pas en avait été déjà fait par la constitution, fin août 2018, du bloc «Coalition Nationale », conduit par Mustapha Ben Ahmed à la tête de 34 députés, à savoir des indépendants, des démissionnaires de groupes parlementaires des mouvements «Machrou Tounes » et «Nidaa Tounes » ainsi que des députés du bloc de «l’Union patriotique libre» et du «Bloc national». Désormais et à en croire le député Sahbi Ben Fraj, le bloc parlementaire soutenant Youssef Chahed compterait 120 députés. Plus que les 109 voix nécessaires devant l’ARP.

Coalisé avec l’UGTT contre Chahed, le second parti du pouvoir ne contrôlerait plus presque rien à l’ARP et donc de l’action du gouvernement qu’il voudrait voir tomber. C’est cela en premier qui fait peur à Nidaa.

  • Chahed se confectionne un nouveau profil de candidat bancable pour 2019

Avec son propre bloc parlementaire, le chef du gouvernement qui deviendra un «Macron» à la tunisienne avant terme, aurait ainsi largement de quoi faire passer toutes ses réformes économiques et financières et de quoi même passer sereinement devant l’ARP s’il lui fallait remanier son gouvernement. Ce faisant, Youssef Chahed pourrait devenir le chef du gouvernement qui concrétise ce qu’il promet et qui peut faire ce qu’il dit. Il pourrait même s’affranchir des pressions des «amis», comme d’entre les dents d’Ennahdha. Chahed deviendrait alors son propre chef, un homme d’Etat qui n’aurait plus besoin de parler, car ses actions voteraient pour lui, s’il venait à candidater. C’est la seconde grande peur de Nidaa père et fils, mais aussi du reste de l’opposition qui n’aura plus que ses yeux pour pleurer et ses voix pour insulter le gouvernement et l’accuser de tout ce qui se passe en Tunisie. Avec 120 députés à ses côtés, il n’aura plus de quoi se soucier et sa voie pourrait être toute tracée vers Carthage et qui sait, vers la prochaine ARP. C’est ce que tente d’empêcher, Béji Caïed Essebssi, le Nidaa de son fils et d’autres petits partis de l’opposition. Cela mettrait en danger tout autre candidat et même la candidature de BCE lui-même. Le second danger est là !

  • Chahed a tout appris ou presque

La 3ème peur, de Nidaa surtout, est que Youssef Chahed soit devenu, depuis quelques temps, acteur et non comparse dans les joutes politiciennes. Illustre inconnu politique, comme nous l’écrivions en juillet dernier, le chef du gouvernement tunisien a, mois après mois, crise après crisette, appris à jouer dans la cour des miracles. De chassé, il devient chasseur en utilisant les mêmes moyens et les mêmes procédés et procédures de ses chasseurs et en choisissant son propre timing. Il défie le chef de l’Etat, comme avec la démission de l’ancien ministre de l’Intérieur Lotfi Brahem, ou comme, en mai dernier, lors de sa sortie télévisée contre le fils de BCE. Il s’affiche contre l’omnipotente UGTT et casse même ses grèves par les réquisitions, dans le transport et même au tribunal. Bref, Youssef Chahed que Nidaa, famille et alliés, voulaient dégager, semble désormais avoir pris sa destinée en main et appris à batailler avec les mêmes armes que ses adversaires à qui il rend parfois coup pour coup. C’est un tel adversaire, lors des prochaines échéances électorales, qui fait peur à ses adversaires, Nidaa en tête. Et s’il se «Macronisait» entièrement en créant son propre parti avec les pousses de la coalition nationale qui devrait former son propre bloc parlementaire et avec un conseiller politique comme Kamel Haj Sassi, la bataille pourrait être rude pour eux !

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Le 28 août 2018, c’est le lendemain du second «anniversaire» du gouvernement de Youssef Chahed, désigné à sa tête un certain 27 août 2016. A sa manière, son propre parti lui a souhaité «Bon anniversaire » par un communiqué signé par son pire ennemi, Hafedh Caïed Essebssi.

La photo n’est pas récente. Elle date, selon nos estimations, de l’année dernière. Depuis, les sourires de circonstances ne sont plus de mise entre les deux hommes qui sont désormais à couteaux tirés, s’étripant à coups de communiqués et de déclarations. Tel un phénix de la révolution, la crise politique renaissait ainsi de ses cendres, à peine éteintes par la poussée vers la porte du gouvernement Habib Essid.

Dans son communiqué du 28 de ce mois, Nidaa Tounes appelle le chef de l’Etat et père du signataire, à convoquer d’urgence tous les partis politiques et organisations nationales signataires de Carthage 2, «en vue d’un accord sur une issue à la crise politique actuelle et la mise en œuvre sans plus tarder des réformes convenues dans le Document de Carthage 2». Un appel manifeste aussi à renverser le gouvernement du même Youssef Chahed, lorsque le communiqué précise son «attachement à tous les points du Document de Carthage 2 et surtout le point 64 qui revendique un changement total du gouvernement». Nidaa Tounes ne s’en cache donc pas : il demande le départ du chef du gouvernement.

Ce faisant, le second parti au pouvoir lançait un appel public à déstabiliser le plus important organe de l’Exécutif. Un appel sans détour à faire entrer le pays dans une nouvelle ère d’instabilité politique. Entre le vote de confiance de l’ARP, contre lui, le 30 juillet 2018, et la nomination de Youssef Chahed, la Tunisie avait alors vécu 30 jours de tractations et de réunions dans tous les sens et plongé le pays dans l’attentisme paralysant de toute l’administration. Mais l’instabilité née de la mésentente entre le chef de l’Etat et le chef du gouvernement remonte au mois de mai 2016, lorsque les premières fuites relatives au départ de Habib Essid deviennent publiques, menacé d’être «traîné dans la boue» s’il ne démissionnait pas. Ce sont ainsi 3 mois d’instabilité politique et d’attentisme économique, dans une conjoncture sociale qui n’avait rien à envier à celle que vit le gouvernement de Youssef Chahed.

Le communiqué de Nidaa Tounes attise ainsi le brasier des supputations et des campagnes médiatiques contre le gouvernement en place. Cela, alors que le FMI est encore à Tunis pour sa 3ème Revue économique et financière qui décidera du sort de la nouvelle tranche de son prêt. Un communiqué qui intervient à quelques semaines de la fin des arbitrages sur le budget et la loi de finances 2018, à quelques semaines aussi d’un nouvel exercice social qui fera de la prochaine rentrée scolaire une chaude rentrée et à enfin quelques jours de la fin de négociations sociales qui devraient se terminer, théoriquement et à défaut d’accrochage avec le FMI, en queue de poisson le 15 septembre prochain.

Une fois réunis, pour peu que le chef de l’Etat réponde positivement à l’appel de son fils, les signataires de l’accord de Carthage pousseront de nouveau dans le caniveau de l’instabilité politique avec ses candidats qui fusent et fuitent de partout. Et avec aussi ses tractations et son jeu d’échecs, avec force pions, reine, roi et chevaux, pour se partager les postes d’un nouveau gouvernement. Une période d’instabilité qui mettra en péril le budget, la valeur de la monnaie locale, toute la politique économique et monétaire et même les fameuses réformes dont dépendent tous les équilibres financiers du pays. Et bonjour les dégâts !

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Alors que toute la scène politique tunisienne grouillait de nouveau de palabres au sujet du sort du gouvernement de Youssef Chahed, ce dernier terminait la semaine en audience avec le chef de l’Etat, parlant de «la situation générale dans le pays et les derniers préparatifs pour le mois du Ramadan et la saison estivale touristique», selon le laconique communiqué du palais de Carthage.

Il faut dire que le mauvais résultat de Nidaa Tounes, le parti du chef du gouvernement tunisien, n’a pas contribué à faire taire les critiques quant à sa gestion et à ses résultats, bien au contraire. Ceci, même si les électeurs des Municipales 2018 ont mélangé les enjeux entre législatives et municipales et ont sanctionné tout le monde dans un «ni-ni» résonnant d’abstention.

Toujours est-il que la question du sort de Youssef Chahed et de son gouvernement revient au devant de l’actualité. Dada de Noureddine Taboubi qui n’avait arrêté sa campagne anti-GUN (gouvernement d’union national) que le temps de constater l’amer échec de son bras de fer avec Chahed sur la question des enseignants du secondaire, cette question redevient d’actualité, après les municipales et à une année des législatives et des présidentielles.

  • BCE ferait-il d’une pierre deux coups ?

Il semblerait, croit-on savoir, que le chef de l’Etat entre les mains de qui se trouverait désormais le sort du chef du gouvernement, pourrait être tenté de faire d’une pierre deux coups et même plus. D’abord donner le coup d’envoi à la restructuration du parti politique qui l’a propulsé à Carthage. Une restructuration qui devient plus que nécessaire, vitale pour Nidaa Tounes afin de préserver ses chances de résistance à la prochaine vague d’élections, celle des législatives et celle de la présidentielle. Une restructuration qui devrait commencer par le retour en son sein de tous les enfants prodiges qui l’avaient quitté, depuis que Nidaa Tounes a été confié à BCE Jr. L’éloignement de ce dernier pourrait se faire, selon nos sources, à travers la nomination de Youssef Chahed à la tête de Nidaa, d’autant que l’actuel chef de gouvernement aurait gardé de bonnes relations avec tous les enfants prodiges et pourrait les convaincre de retourner au bercail, afin d’éviter que ne sombre le parti-mère, dont les fameuses fissures n’avaient pu donner naissance qu’à des formations politiques sans perspectives, tels qu’en font foi les résultats des municipales 2018.

Faisant ainsi, BCE pourrait contenter tous ceux qui avaient quitté Nidaa, à cause de leurs désaccords avec Hafedh Caïed Essebssi ou BCE Jr dont l’échec aux municipales a démontré le grave déficit de charisme et l’incapacité à rendre à Nidaa le pouvoir fédérateur de tous ceux qui sont contre les visées expansionnistes d’Ennahdha et lui redonner l’éclat des années d’après la révolution de 2011.

Avec Chahed à la tête de Nidaa en lieu et place de BCE Jr, le patriarche de Nidaa et chef de l’Etat qu’il est, contentera aussi tous, chez les partenaires sociaux et les partis politiques de l’opposition notamment, qui demandent le départ de Youssef Chahed et revendiquent un nouveau chef de gouvernement pour le nouveau Pacte, ou Document de Carthage, censé être la nouvelle feuille de route pour tout gouvernement.

  • Chahed, entre élagage de son gouvernement et délestage

Un second scénario de sortie de crise politique serait aussi en voie de maturation chez le locataire de Carthage. C’est un scénario qui pourrait assurer la stabilité politique, quoiqu’aléatoire, dont a nécessairement besoin toute la scène politique pour se reconstruire après le tsunami des municipales qui a fait naître la nouvelle force politique des indépendants.

Un scénario aussi, qui pourrait lui permettre de caresser son actuel partenaire politique qu’est Ennahdha, en évitant d’évincer un Youssef Chahed contre le départ duquel s’est récemment prononcé le leader d’Ennahdha. Cela, tout en amadouant le courroux de l’UGTT contre lui, en lui accordant le minimum, c’est-à-dire un remaniement qui pourrait emporter un certain nombre d’actuels ministres, conseillers et secrétaires d’Etat.

L’exercice de délestage, couplé à un élagage, pourrait aussi être de nature à calmer certaines ardeurs et éviter de déstabiliser les relations du pays avec ses bailleurs de fonds et perturber le programme de réformes structurelles, qui reste une nécessité absolue, quels que soient le gouvernement ou le chef du gouvernement.

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Une information circule faisant état d’un document de Nidaa Tounes qui appellerait clairement au départ de Youssef Chahed. L’appel serait contenu dans un document appelé «Une année de travail du gouvernement d’union nationale, à la lumière des priorités du document de Carthage». Ledit document, dont on ne trouve trace officielle nulle part, appelle à ce qui a été appelé une «opération chirurgicale urgente» pour sauver le pays. Par opération chirurgicale il serait entendu un changement urgent à la tête du gouvernement et donc le départ de Youssef Chahed.

Contacté au téléphone par Africanmanager pour savoir si ce document traduit réellement une position officielle de Nidaa Tounes pour le départ de Youssef Chahed, le directeur exécutif de Nidaa Tounes, le parti politique qui a désigné le chef du gouvernement, Hafedh Caïed Essebssi, est aux abonnés absents. A La Kasbah, on déclare avoir pris connaissance, comme tout le monde, sur les pages du journal Achourouk du contenu de ce document et que les relations de Youssef Chahed avec le directeur exécutif de Nidaa Tounes sont plutôt bonnes.

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Dans un tout récent Post sur sa page, le fils du président de la République, Hafedh Caïed Essebssi, réagit et commente la nouvelle composition du gouvernement Chahed. Il en est heureux et écrit, en signant à la fin,  que «l’état actuel du pays ainsi que l’intérêt général nous mettent aujourd’hui face à nos responsabilités qui impliquent que nous soutenions ce gouvernement d’union nationale. Tous les députés de Nidaa Tounes sont responsables, ils voteront et accorderont la confiance à ce gouvernement remanié sans aucune réserve…

Je rappelle qu’un grand nombre de partis politiques et organisations ont contribué à sa formation initiale en approuvant même ses priorités, en schématisant son programme, et aussi à travers la signature du document “De Carthage”… Les membres de ce nouveau gouvernement sont, presque, de toutes les factions politiques y compris de celles qui ne sont pas représentées au Parlement… Aujourd’hui, tous doivent coopérer et travailler ensemble comme une véritable équipe soudée pour l’intérêt de notre pays et afin de relever les nombreux défis auxquels nous sommes confrontés…

Cette formation est indubitablement la résultante de l’esprit de la fédération des forces vives de la nation pour une opération de sauvetage de laquelle dépend le sort même de la jeune démocratie tunisienne. Tous pour une union sacrée pour la Tunisie. C’est le sens du message du Président de la République qui en réitérant sa confiance au chef du gouvernement insiste une fois de plus sur la nécessité de l’union nationale face aux aléas de la conjoncture.

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La justice tunisienne a rendu, la semaine dernière, son verdict dans une affaire qui traîne depuis 5 ans, dite «affaire Mariah Carey». La 4ème chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a en effet condamné, vendredi dernier, des ministres de l’ancien régime ainsi que des organisateurs de concerts et festivals, à 6 ans de prison ferme avec mise en exécution immédiate.

Il s’agit de l’ex ministre de l’Equipement Samira Khayech, l’ancien ministre du Tourisme Tijani Haddad et l’ancien directeur de l’ancien Fonds 26/26 Kamel Sassi. Les plus grosses peines ont frappé l’ancien chef d’Etat tunisien Zine El Abidine Ben Ali et son beau-frère Imed Trabelsi, celui qui avait fait carrément main basse sur les recettes du concert, et qui en a pris pour 11 ans.

Pour rappel, l’affaire dite «Mariah Carey » a trait à l’organisation, les 22 et 24 juillet 2006, au stade olympique d’El Menzah, de concerts de la chanteuse américaine Maria Carey, organisation entachée, après la révolution de 2011, de suspicions de détournements de fonds et de corruption.

  • Mounir Ben Salha : la série des jugements révolutionnaires continue. On n’en finit pas de juger le passé

Sitôt le jugement prononcé, l’un des premiers à l’avoir commenté a été l’avocat Mounir Ben Salha. Sur sa page, il a estimé que «la nature de la sentence, le principe de l’étroite interprétation du texte, la loi du bénéfice du doute dont profite l’accusé et la présomption d’innocence, ont tous perdu leur sens. Il parait aussi que la série des jugements révolutionnaires continue et que nous n’avons pas quitté l’ancien régime et le jugement du passé, bien que notre pays regorge d’abus, de vols, d’assassinats et de complots, nous avons choisi de rester dans le carré du passé».           Partis politiques et juristes n’étaient pas en reste et se sont enflammés sur la toile en commentaires et questionnements, essentiellement sur deux choses.

D’abord sur l’injonction de mise en exécution immédiate dont est assortie la sentence de 6 ans de prison, frappant exclusivement d’anciens ministres qui avaient pourtant toujours comparu en justice et ne constituent pas le danger imminent qui expliquerait la décision de les incarcérer sans attendre l’appel, comme pour être sûr de la prison, même au cas où les accusés obtiendraient gain de cause . Ensuite, le caractère, jugé politique du verdict, par toutes les réactions, pour la conjoncture dans laquelle il est rendu. Une conjoncture où les principales forces politiques tunisiennes essayent de relancer le processus de réconciliation.

  • Mohsen Marzouk fustige l’utilisation de la justice pour régler des comptes

Le lien entre cette sentence et la réconciliation nationale, a d’ailleurs été au centre du communiqué du parti «Machroua» ou projet de Mohsen Marzouk, en réaction à la condamnation à 6 ans de prison avec mise en exécution immédiate des 3 anciens ministres. «Nous craignons pour l’utilisation de la justice, dans l’état actuel où elle est, à cause de la crise du conseil supérieur de la magistrature, en tant qu’instrument pour des règlements de compte politiques et pour porter un coup à la réconciliation, avec toutes les conséquences sur les chances du pays de sortir sainement de la crise totale qu’il vit», précise le communiqué de presse du parti à la clé.

  • Kamel Morjane : Des répercussions en haine et en colère

Le parti Al Moubadara de Kamel Morjane, a fait lui aussi directement le lien entre le jugement et le processus de réconciliation nationale. «Le parti fait part de sa profonde préoccupation de voir les retombées de telles sentences, en matière de haine et de colère, sous-estimées, alors que nous avons besoin d’unité nationale», assurant par la même occasion son «engagement à réaliser la réconciliation nationale, en coopération avec toutes les parties et à épargner au pays tout ce qui est de nature à approfondir ses blessures et épuiser son potentiel, humain et matériel». Al Moubadara lance, au demeurant, «un appel à la mobilisation nationale et à la société civile afin de tourner définitivement la page du passé».

  • Hafedh Caïed Essebssi : Je refuse le ciblage des intègres

Samedi 4 mars, Hafedh Caïed Essebssi écrivait ces lignes sur sa page fb. «Nida Tounes refuse le ciblage politique des hommes et des femmes intègres de Tunisie. Dans un instant, réunion de la commission de défense, en attendant d’autres mesures. Mon message à tous est que nous n’avons d’autres choix que l’unification des rangs et la maison Nida est ouverte pour tous». Le statut est en lien directe avec les condamnés de l’affaire Mariah Carey et la commission de défense dont il parlait faisait référence aux avocats de Nida qui feront partie de la défense de ces condamnés.

Les avocats de Nida se joindraient alors au «comité indépendant d’avocats», annoncé par le Cabinet Hechmi Mahjoub, qui a estimé dans un statut fb, que «ce jugement comporte accusation politique qui mérite correction, pour porter haut la parole de la vérité» et auquel se sont vite ralliés plusieurs de ses collègues.

  • Abir Moussi : Etonnement et indignation d’un verdict immédiatement exécutoire

L’étonnement quant à la nature immédiate de la sentence sans attendre l’appel et le reste des degrés de justice (Première instance, Appel suspensif de l’exécution et Cassation), ainsi que l’accusation de sentence purement politique, ont aussi été au cœur du communiqué rendu public samedi dernier par le parti destourien libre. «Nous enregistrons notre étonnement et notre indignation quant au caractère immédiatement exécutoire de la sentence de 6 ans de prison. Ceci, alors que le procès dure depuis plus de 5 années en passant par toutes les instances, de l’instruction à la cassation, toujours en présence des accusés à toutes les audiences de la chambre criminelle, sans qu’il ait eu jamais besoin, pour n’importe lequel des juges, nécessité d’une arrestation, ni l’existence d’un quelconque risque de laisser les accusés en état de liberté. Nous tirons donc la conclusion que c’est une sentence politique infondée», dit le communiqué.

Abir Moussi, présidente du part Destourien, «s’étonne de la politique du deux poids deux mesures», suivie par la justice qui «ferme les yeux sur les multiples affaires de corruption où sont impliqués des responsables de l’ère de l’après 2011, et persiste dans la fermeté et la cruauté, lorsqu’il s’agit d’affaires où les accusés appartiennent à l’ancien régime». Commentant ensuite sur sa page fb, le communiqué de son propre parti, Abir Moussi, dit «refuser cette logique de haine et de vengeance».

  • Yassine Brahim : Des hommes et des femmes qui ont servi l’Etat, sans en tirer profit

Réagissant, à son tour, à ce que presque toute la Tunisie politique qualifie de verdict politique contre des hommes et des femmes intègres quoique de l’ancien régime, le parti Afek Tounes de Yassine Brahim s’est dit inquiet «des procès qui continuent, contre nombre de cadres de l’Etat parmi ceux qui ont servi l’Etat sans en tirer bénéfice, ni personnel, ni matériel, sous un régime que nous ne blanchissons pas et dont nous n’absolvons pas les fautes», et estime que « la poursuite de ces procès, est une preuve supplémentaire que le processus de la justice transitionnelle a dévié de ses nobles principes et menace désormais l’unité nationale» du pays. «La solution principale, pour assainir le climat général, réside dans une justice transitionnelle, réelle, globale loin de toute tentative d’instrumentalisation».

L’indignation politique contre ce verdict, prononcé un vendredi après-midi et qui se voulait immédiatement exécutable, est ainsi générale. A cette indignation, s’est ajoutée une large mobilisation des avocats pour tenter de rétablir les principes du procès équitable, garant de toute justice qui se veut juste et équitable.

 

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Le consensus réel s’est effectué entre Mahdi Jomaa et la Troika au pouvoir. C’est ce qu’a indiqué le fils du président de Nidaa Tounes

Le consensus réel s’est effectué entre Mahdi Jomaa et la Troika au pouvoir. C’est ce qu’a indiqué le fils du président de Nidaa Tounes, Hafedh Caied Essebssi via sa page facebook rappelant que le gouvernement de Jomaa est un gouvernement électoral.

Il a par ailleurs signalé que cela va certainement avoir un effet sur la transparence et la neutralité du processus électoral en Tunisie.

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