Si le ridicule tuait, Nidaa n’existerait plus

Si le ridicule tuait, Nidaa n’existerait plus

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Le congrès de Nidaa Tounes a débuté à Monastir. Premier coup de théâtre, il se délocalise à Tunis. Deuxième coup de théâtre, il se scinde en deux. L’un s’enfuit à Hammamet et l’autre retourne à Monastir. Au 1er round de Monastir, les choses auraient déjà plutôt mal démarré et on y parle d’empoignades.

Un des anciens lieutenants et meilleurs appuis de HEC décide alors de lui jouer un tour, pour l’écarter, se faire élire à sa place et prendre les habits du sauveur du parti du président Essebssi.

Celui que son ancien copain a largué, commet alors un huissier de justice pour arrêter le congrès de Tunis, qui avait déjà procédé à l’élection du Comité central pour lequel il s’était porté candidat et n’y avait obtenu qu’une seule unique voix, la sienne.

Le même jour, HEC se fait élire à Monastir à la tête du comité central d’un parti qui aura ainsi fait deux congrès en même temps et élu deux comités centraux. Jusqu’à présent, on ne sait pas quel congrès le père du petit soutiendrait. On ne sait pas, non plus, s’il serait possible d’appeler ce que Toubel a fait à Hammamet une rébellion, un renversement ou une révolution et si cette action avait été préméditée (par qui alors ?) et avec l’assentiment ou le silence de qui ?

Ce qui sûr, c’est que Nidaa Toiles aura été crédité d’une première internationale en matière d’organisation de congrès de partis politiques. Un parti qui tient deux congrès et élit, tout aussi «démocratiquement» l’un que l’autre, deux instance dirigeantes.

Il aura aussi fait une démonstration des plus éclatantes au niveau mondial, en matière de démocratie électorale. Cela, à quelques mois de deux autres élections majeures, censées devoir s’organiser dans la plus transparente des transparences et dans le respect des vraies règles démocratiques.

C’est l’image qu’offrait, en cette fin de week-end de la 1ère quinzaine du mois d’avril, le parti politique de la «petite majorité» parlementaire, et qui voudrait remporter la majorité des sièges qui lui permettrait de gouverner, face à Ennahdha et au parti du chef du gouvernement, si tant est vrai le résultat du dernier sondage d’opinion de Sigma conseil, qui l’avait donné au coude à coude avec Ennahdha.

Un parti, ou plutôt deux partis politiques d’un même Nidaa Tounes, l’un présidé par le frondeur Soufiene Toubel, et l’autre par l’indécrottable Hafedh Caïed Essebssi. Le congrès, constitutif, qui devait être celui du rassemblement des forces centristes, comme le voulait son créateur le père Caïed Essebssi, ne fait cette fois-ci pas que des fissures. Il a carrément divisé Nidaa en deux.

Ajoutons à tout cela tous les micmacs révélés par Issa Hidoussi, à propos des agissements de la présidente du comité d’organisation en ce qui concernait les recours contre la liste des membres du comité exécutif et des pressions qu’aurait subies Hidoussi, vous découvrirez un ensemble de margoulins dans un congrès de marchands de tapis. On comprendrait alors la décision de l’homme d’affaires Ridha Charfeddine de démissionner du comité d’organisation, de l’ARP et de tout le parti.

On avait cru, à un certain moment de cette tragicomédie burlesque qui s’était déroulée en trois actes dans trois villes différentes, que cela pourrait être une scénographie bien structurée qui aurait été dirigée, comme un pantin, par le chef de l’Etat et chef historique de Nidaa Tounes, pour écarter «démocratiquement» son fils et résoudre ainsi tous ses problèmes de mains de maitre. Les partisans de Nidaa Tounes auraient alors sacrifié les moyens pour le résultat.

Ce dernier n’aura été qu’un désastre, politique pour Nidaa, et démocratique pour tout le pays, au sens de la mauvaise image donnée d’une scène politique tunisienne qui n’arrive toujours pas à considérer le jeu et les enjeux politiques en dehors des magouilles et des trafics partisans, des manipulations politiciennes et de la course aux fauteuils, quoiqu’en puissent être les moyens. La Tunisie était en crise, politique et économique. Elle est désormais en crise de moralité.

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