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ITCEQ

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L’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Etudes Quantitatives (ITCEQ) a mené depuis l’année 2000 une enquête qualitative sur le climat des affaires et la compétitivité des entreprises. L’objectif étant d’évaluer le climat des affaires en vue d’identifier les principales contraintes auxquelles se heurtent les entreprises dans l’exercice de leurs activités, d’évaluer les performances qu’elles ont réalisées ainsi que les efforts qu’elles ont menés pour préserver, voire même, améliorer leur compétitivité dans un environnement de plus en plus concurrentiel et, enfin, de recueillir leurs anticipations en matière d’activité, d’emploi et d’investissement. Pour tenir compte de toutes les perceptions portées sur les domaines de l’environnement des affaires, qu’elles soient positives ou négatives, un indicateur synthétique de perception du climat des affaires (IPCA) est élaboré depuis 2007. Cet indicateur varie de 0 à 100: plus il se rapproche de 100, plus le climat des affaires est jugé favorable. Le suivi de l’évolution de l’IPCA permet de voir s’il y a ou non amélioration de la perception portée sur l’environnement des affaires.

L’indicateur de perception du climat des affaires continue de reculer, passant de 60.7 en 2015 à 58.7 en 2016 puis à 58.3, synonyme d’une moindre satisfaction des entreprises quant à l’environnement dans lequel elles œuvrent. Sur les 11 domaines couverts par l’enquête, 5 ont connu une tendance baissière de leur indicateur respectif. Il s’agit de l’infrastructure, du cadre macroéconomique et réglementaire, des ressources humaines, des pratiques dans le marché et de la corruption. Cependant, les autres domaines ont connu une amélioration relative en
2017. Notons, à ce titre, que l’indicateur de la «situation sécuritaire» a réussi à réaliser une avancée remarquable avec une valeur de 58,8 en 2017 contre 51,8 en 2016. Cette amélioration substantielle a permis, pour la première fois depuis 2012, au domaine de la «situation sécuritaire» de quitter la liste des volets les plus défavorablement perçus par les chefs d’entreprise, traduisant, ainsi, le succès des actions menées par l’appareil sécuritaire en matière de lutte contre le terrorisme.

Par ailleurs, l’examen des indicateurs partiels laisse dégager 6 principaux facteurs ayant tiré vers le bas la valeur de l’IPCA, entravant ainsi le bon déroulement des affaires en Tunisie. Il s’agit surtout de la situation sociale qui constitue le domaine le plus défavorablement perçu par les chefs d’entreprise. Viennent ensuite la situation politique et la corruption dont les répercussions négatives perdurent encore. Puis les pratiques dans le marché dont l’indicateur partiel a connu la plus importante baisse par rapport à l’année dernière. Après il y a le cadre macroéconomique et règlementaire classé en cinquième position comme facteur défavorablement perçu et enfin le financement bancaire qui présente une contrainte structurelle.

S’agissant du climat social, il ressort qu’en dépit d’une légère augmentation de l’indicateur partiel relatif au climat social (passant de 43.2 en 2016 à 43.7 en 2017), synonyme d’une relative amélioration de la perception portée sur ce volet, le climat social reste le domaine le plus défavorablement perçu avec 48% des entreprises le considérant comme contrainte majeure au bon déroulement de leur activité et à leur développement. A ce titre, ce facteur continue à constituer l’une des principales contraintes à l’investissement, dans la mesure où l’instabilité sociale serait la raison pour laquelle 20% des entreprises n’ont pas investi en 2017. Pire encore, il importe de révéler que les grèves continuent à générer des problèmes d’approvisionnement pour 8% des entreprises et ont même été derrière la suspension de l’activité au cours du premier semestre 2017 pour 2% des entreprises enquêtées.

En plus des grèves, les entreprises dénoncent l’absentéisme dont le taux continue d’augmenter Une augmentation du taux d’absentéisme a été relevée dans les entreprises, passant de 4.87% en 2014 à 5.41% en 2015 et 5.67% en 2016 (soit en moyenne 15 jours d’absence par employé).

Au sujet de la situation politique, l’enquête montre que 45% des entreprises considèrent le climat politique actuel comme instable et constitue une contrainte majeure pour le développement de leur activité et ce, indépendamment de leur taille et régime. Cette instabilité, qui perdure depuis des années, est l’une des principales raisons ayant dissuadé 22% des hommes d’affaires d’investir en 2017.

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On n’en est plus au stade de savoir si l’explosion de la dette tunisienne est un mythe ou une réalité. En effet, les experts admettent presque unanimement que le taux d’endettement du pays est à un niveau record ces dernières années, les gouvernements qui se sont succédé depuis la Révolution, tous sans exception (même si certains sont plus coupables que d’autres, mais là n’est pas notre propos aujourd’hui), préférant le chemin “facile” des robinets du Fonds monétaire internationale (FMI) et de la Banque Mondiale aux voies tortueuses et périlleuses de la réforme pour faire redémarrer la machine économique et trouver des marges de manoeuvre à l’intérieur. Le jus est tiré, il faut le boire maintenant. Au lieu d’épiloguer sur la pertinence des choix de nos chers gouvernants, une entreprise vorace en énergie, il faut plutôt s’atteler à déterminer si cette dette est soutenable, viable pour un pays aux ressources financières très limitées. L’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ), en se fondant sur les projections et hypothèses de travail du FMI, est allé au charbon pour nous aider à y voir plus clair dans cette affaire.

Le moins qu’on puisse dire est que le verdict de l’ITCEQ est à contre-courant, presque révolutionnaire dans un contexte où ce sont plutôt les propos alarmistes sur cette dette qui foisonnent. Pour cette institution, la dette tunisienne demeure viable, malgré certaines faiblesses nées de la part écrasante de la dette extérieure. D’après l’étude de l’ITCEQ, intitulée “Tendances et viabilité de la dette publique tunisienne“, la Tunisie n’est pas à classer dans la catégorie risque majeur pour sa dette extérieure, cette dernière resterait à un niveau soutenable à moyen terme. En fait l’enquête conclut que c’est la nature du remboursement du service de la dette publique 2015-2020, des prêts contractés avant 2015, qui pose problème. La Tunisie va en baver avant 2020 pour décaisser 5,5 milliards de dinars (qui prend en compte le remboursement du placement du Qatar de 500 Millions de dollars américains – à peu près 1125 MD -, versement prévu en 2017 mais finalement différé) et 4,6 milliards de dinars en 2020 (émission garantie par les USA en 2012, d’un montant de 485 Millions de dollars américains).

D’après les prévisions du budget de l’Etat pour l’exercice 2017, la dette publique devrait s’établir à la fin de 2017 à à peu près 62 660 Millions de dinars (MD) , soit 63,8% du PIB contre 63% à la fin de 2016. La hausse n’est pas démesurée, notamment si on tient compte du glissement phénoménal qui s’est produit depuis fin 2015, où la dette tunisienne était à peine de 54,9%. Dans le détail, 42% de cette dette a été contracté en euro, 32,6% en dollar, 11,9% en yen et 3,3 % en d’autres devises, et 10,2% de droits de décaissement.

S’agissant du service de la dette publique, il montera en 2017 à 5825 MD (le remboursement du principal de la dette de l’emprunt obligataire contracté auprès du Qatar n’est pas prix), en progression de 575 MD, soit +11 % en comparaison avec 2016. Quant aux besoins en financement, ils se situent à 8 505 MD, dont 6 045 MD seront ramassés avec les bailleurs de fonds étrangers et 2 460 MD en ayant recours à l’endettement intérieur.

Le rapport de l’ITCEQ n’élude pas la forte progression de la dette publique, notamment  ces deux dernières années (près de 10 points de plus!), mais il la remet dans une perspective plus régionale. En comparaison avec le Maroc, et ses 63% d’endettement, qui a beaucoup moins de pépins en ce moment, le taux d’endettement de la Tunisie est presque honorable. Mais si on compare la Tunisie avec la Grèce – une dette de 176% -, ce que certains analystes ont fait récemment, allant très, trop, vite en besogne, alors là le pays du jasmin mériterait un brevet de satisfecit.

L’épée de Damoclès

D’après les projections de l’ITCEQ, la tendance de la dette extérieure tunisienne n’est pas affolante, sauf si le dinar venait à se déprécier drastiquement. Et là les experts, toujours en s’appuyant sur les hypothèses de travail du FMI, ont élaboré deux scénarios.

D’abord la dette tunisienne, en prenant en compte la conjoncture – nationale et internationale – et les variables macroéconomiques du moment, va continuer à monter, le gouvernement n’ayant pas d’autre choix que de s’endetter. Le ratio dette extérieure rapporté au PIB devrait même atteindre le sommet en 2017, 69,4%, contre 56,2% en 2014.
Ce pic devrait être suivi par une décroissance, progressivement, à moyen terme, pour se situer à 63,8%, en 2020, si l’embellie du compte courant est au rendez-vous.

L’autre scénario c’est sur la base de chocs exogènes, en sachant “que le ratio dette extérieure par rapport au PIB reste tributaire des chocs négatifs”. Là le risque est beaucoup plus élevé car imprévisible, par définition. Toutefois le FMI reste confiant sur la capacité de la Tunisie à faire face et à être résiliente devant des chocs extérieurs et des crises de confiance à la faveur de la texture de la dette extérieure, une dette à long terme et des taux d’intérêt relativement faibles sur les marchés financiers extérieurs. En conclusion, la dette extérieure demeurerait viable, sauf si la dépréciation du taux de change réel devenait très conséquente…

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Les résultats préliminaires de l’étude sur ” l’impact de la libéralisation des services dans le cadre de l’Aleca ” (Accord de libre-échange complet et approfondi) montre un impact globalement positif (de l’accord) au niveau de la croissance économique, la consommation, l’emploi -des qualifiés surtout- et le pouvoir d’achat mais également, une vulnérabilité au niveau de la balance courante, selon le directeur général Habib Zitouna, DG de l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ), auteur de cette étude.

“Au niveau sectoriel, la libéralisation des services aurait un effet positif sur la valeur ajoutée et l’emploi dans les services marchands, l’industrie et l’agriculture. En revanche, elle aurait un effet négatif sur la balance des biens, a-t-il dit lors d’un atelier de travail organisé mercredi à Tunis, par (ITCEQ), ajoutant qu’un accompagnement est ainsi nécessaire pour renforcer la compétitivité externe de l’économie tunisienne.
Il ressort également, de l’étude ” qu’au niveau des différents secteurs des services, l’effet positif sur la valeur ajoutée serait relativement, plus important pour les transports maritimes, les assurances, le transport aérien, les services aux entreprises, le commerce et l’entretien et les télécommunications. L’effet sur l’emploi est quant à lui clairement négatif dans le secteur commerce et activités d’entretien et à un degré moindre les activités de poste et de courrier “.

Pour atténuer les effets négatifs de cette éventuelle ouverture, Habib Zitouna a souligné l’importance de mettre en place des programmes d’accompagnement, de mise à niveau et de modernisation pour les ” perdants ” éventuels de cette libéralisation.
Réagissant aux craintes et appréhensions formulées par la société civile au sujet du futur accord avec l’union européenne, le DG de l’ITCEQ pense que ” ces craintes sont justifiées, mais elles sont focalisées sur le volet risques de cet accord, occultant parfois les opportunités qui pourraient en résulter. Parmi les craintes exprimées, il y en a celles qui sont déjà vécues actuellement, telle que l’implantation étrangère dans les services et la concurrence déloyale qui en découle. Et c’est une question que le futur accord permettra de recadrer ” a-t-il expliqué.

Pour le conseiller économique auprès du Chef du gouvernement Ridha Ben Mosbah, et ” les conclusions préliminaires de cette étude soulignent les éventuels impacts positifs de l’Aleca en termes de Produit intérieur brut et en termes d’emploi sur le long terme, mais aussi les risques éventuels et les besoins en matière d’accompagnement et de restructuration des secteurs vulnérables en vue d’un repositionnement stratégique face à l’ouverture et au surcroit éventuel de concurrence “.

” Tout dépendra du mode d’ouverture qui sera retenu. Il y a aujourd’hui, une très forte recommandation pour bien négocier la question de la fourniture des services tunisiens sur le marché européen et la question de mobilité des compétences et des professionnels sur le marché européen qui y est rattachée. Ces deux questions devraient être négociées d’une manière synchrone ” a fait savoir cet ancien ministre sous Ben Ali .
Il a ajouté à l’agence TAP, que ” l’offre tunisienne en matière de services, dans le cadre des négociations, va être basée sur les résultats de cette étude qui devraient être consolidés et revus après la consultation de la société civile. Cette offre va être conçue compte tenu des risques, des opportunités, des besoins d’accompagnement financier et technique de certains secteurs mais aussi des questions épineuses de mobilité et de reconnaissance des diplômes. C’est une offre à la fois offensive et défensive. Nous essayerons de marquer des points par rapport aux opportunités qui s’ouvrent dans les secteurs sur lesquels nous sommes réellement compétitifs “.

L’étude réalisée par l’ITCEQ, dans le cadre des préparatifs de la poursuite des négociations sur le futur accord avec l’Union européenne, donne un aperçu de la compétitivité externe des services en Tunisie via une description de l’évolution des échanges et des parts de marché de la Tunisie dans les différents secteurs des services et une analyse de la compétitivité en termes de demande adressée.
Elle fournit également, une évaluation de l’impact macroéconomique et sectoriel d’une libéralisation des services dans le cadre de l’Aleca via un modèle d’équilibre général calculable qui permet de déduire les conséquences ex-ante de cet accord sur la valeur ajoutée, l’emploi, les échanges internationaux et le pouvoir d’achat.

Le lancement officiel des négociations sur l’ALECA entre la Tunisie et l’UE a eu lieu le 13 octobre 2015. Cet accord, qui ” sera une partie intégrante de l’accord d’association “, conclu entre les deux parties depuis 1995, couvrira 11 domaines à savoir :la défense commerciale (sauvegarde, antidumping), la transparence, la concurrence, la douane et la facilitation des échanges.
Il portera, également, sur “des questions liées à l’énergie”, les obstacles non tarifaires au commerce, le
commerce et le développement durable, les droits de propriété intellectuelle, les mesures sanitaires et
phytosanitaires, les services et le droit d’établissement, les marchés publics.

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“Climat des affaires : Quelles contraintes à l’investissement?”, c’est le thème de l’atelier qui a été organisé ce matin du jeudi 21 avril 2016 à Tunis. La rencontre est une initiative du ministère du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale et de l’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Études Quantitatives (ITCEQ).

Des hauts cadres du secteur public, des décideurs politiques, des universitaires et des opérateurs du secteur privé ont fait le déplacement. Le but de cette séance de travail était de plancher sur les outils de l’ITCEQ pour accroitre leur impact dans l’aide à la décision apportée aux pouvoirs publics, aux investisseurs et dans la compréhension des enjeux du futur.

Les conclusions de l’étude sur le climat des affaires en Tunisie ont été présentées lors de cette réunion.

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