Tags Posts tagged with "ITES"

ITES

par -

Pour sortir de la situation économique actuelle, le gouvernement a opté pour des solutions traditionnelles lors de l’élaboration du projet de loi de finances 2019 (PLF) (…). Ce projet (PLF) constitue un budget d’élection, puisque que le pays se prépare aux élections présidentielles et législatives de 2019“, a déclaré Néji Jalloul, DG de l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES) et membre de Nidaa Tounes, rappelons-le. Le sémillant et tonitruant ex-ministre de l’Education nationale, qui avait l’UGTT aux trousses et qui est bien content que son parti l’ait planqué à l’ITES, a recommandé au gouvernement de l’audace et de l’innovation. Des conseils sans doute frappés au coin du bon sens, mais qui surtout ne coûtent rien quant on n’est pas obligé de les mettre en pratique dans un pays devenu quasiment ingouvernable. Mais le patron de l’ITES n’a pas dit que ça lors de cette rencontre sur le PLF 2019, il a asséné que l’équipe de Youssef Chahed “œuvre actuellement à calmer délibérément la situation et à renvoyer toutes les questions importantes aux prochains gouvernements“, rapporte la TAP. Puis est venu le coup de grâce sur ce texte dont on ne connait pas encore tous les secrets et que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, tente de négocier dans un contexte économique âpre : le PLF 2019 ne solutionnera pas les problèmes qui ont alimenté le soulèvement populaire de 2011, notamment le chômage, la dégradation du niveau de vie et la montée de l’endettement, a conclu Jalloul.

Vu la position qui est la sienne, cadre dans un parti dont le directeur exécutif, Hafedh Caïd Essebsi (HCE), a fait de l’élimination de Chahed l’alpha et l’oméga de son action, il est légitime de se demander si le directeur de l’ITES n’a pas été armé par HCE pour descendre en flammes le PLF 2019. Soit Jalloul fait son travail, strictement, comme il le fait pour les autres grands dossiers, soit il a été mandaté pour casser du Chahed. On ne peut pas exclure complètement la deuxième option car ce n’est un secret pour personne : Nidaa Tounes va très mal et est au bord du précipice. Mais Jalloul, étrangement, n’en parle jamais. En tout cas jamais en public. Sauf si ce n’est pour en dire du bien, comme par exemple lors de sa sortie sur un parti qui fourmille de têtes bien faites et qui sont capables de sortir le pays du trou en à peine 6 mois. Il a dit ça le 6 août 2018. Le parti s’est bien dépeuplé depuis, au point d’afficher moins de la moitié des députés qu’il comptait en 2014 (86 élus). Mais ça l’ex-ministre de l’Education n’en parlera pas non plus. Silence de mort.

Dans un certain sens on le comprend, il a envie d’être tranquille après ses tourments au département de l’Education. Quand on voit la débauche d’énergie de Essebsi junior pour déloger Chahed de la Kasbah, on se dit qu’il vaut mieux ne pas être dans son viseur. Et justement souligner le climat délétère à Nidaa Tounes c’est critiquer son commandant, et critiquer son commandant c’est en faire un ennemi. Chahed l’avait fait publiquement, à la télévision, le moins qu’on puisse dire est que ça n’a pas soigné ses intérêts dans le parti. Bon, c’est peut-être une chance pour lui, pour après, s’il décidait de divorcer et d’amener dans son sillage les nombreux déçus, mais en attendant sa posture belliqueuse contre HCE le dessert, en parasitant son action et en polluant la trajectoire politique du pays. Jalloul n’a pas envie d’être pris par la broyeuse HCE. Mais avec le rang qui est la sien dans le parti, avec le niveau de responsabilité qu’il a dans l’appareil d’Etat et avec sa cote de popularité, selon tous les sondages, se taire devant le naufrage du parti vainqueur des élections de 2014 est un lourd passif qui peut valoir une lourde condamnation au Tribunal de l’Histoire.

Nouri et Ennaiffer s’y mettent aussi !

L’analyste économique Fathi Nouri abonde dans le même sens que Jalloul. Pour cet expert, le PLF est un projet d’élection car il ne prévoit aucune hausse des taxes ou une réforme du système de subvention qui devra cibler les catégories à faible revenus.

S’agissant de l’endettement extérieur, Nouri a souligne que la Tunisie a besoin de mobiliser 10 mille millions de dinars, dont 2300 millions de dinars sur le marché intérieur et 7000 millions de dinars des institutions internationales de crédit, outre 890 millions de dinars des marchés financiers.
Il a, dans ce cadre, rappelé que la Tunisie n’est pas parvenue à mobiliser 1000 millions de dinars budgétisés en 2018 et elle n’est pas encore sortie sur le marché international.
Pour l’expert, la situation politique actuelle qu’il a qualifié de “pourrie” a compliqué davantage la situation en renforçant davantage la dépendance du pays au Fonds monétaire international.

Pour sa part, le président du Centre tunisien de veille et d’intelligence économique, Nafaa Ennaiffer, a estimé que le PLF 2019 mènera le pays vers un danger imminent, critiquant l’approche adoptée lors de l’élaboration de ce projet.
Le gouvernement œuvre à assurer la couverture de certaines dépenses par le biais des taxes ou le recours à l’endettement“, a-t-il encore expliqué.
Il a fait savoir que la masse salariale devra augmenter, au cours de la période 2015/2019, de 50% alors que le service de la dette enregistrera une hausse de 100% pour se situer en 2019, à 9,2 milliards de dinars, contre 4,5 milliards de dinars en 2015.
Ennaiffer a souligné que la situation actuelle de la Tunisie nécessite de la part du gouvernement plus d’audace lors de l’élaboration de la loi de finances.
Et de préciser qu’il faut maitriser les dépenses et stopper l’hémorragie de dépenses des entreprises publiques et les caisses de sécurité sociale.

A mesure que se dévoilent les éléments du PLF 2019, texte le plus important et le plus commenté du moment, mais aussi le plus secret et dont on laisse astucieusement filtrer quelques morceaux, les avis vont se figer – pour, contre… En attendant on se garde bien de sortir du bois. Même ceux dont on dit qu’ils seront relativement choyés par la prochaine Loi de finances, les entrepreneurs, se gardent de pavoiser, et encore moins défendre le PLF. Ils restent sur leurs gardes. Mais l’expert en économie Azzedine Saidane a, semble-t-il, sa petite idée sur la question : le Budget 2019 est taillée pour les dépenses et non l’investissement, et n’apportera donc pas grand chose à l’économie du pays, comme le pensent Jalloul, Nouri et Ennaiffer. On verra bien dans peu de temps. En tout cas une chose est sûre : De sa capacité à négocier les virages pour faire passer le PLF, à y mettre ce qu’il faut pour en même temps régler les problèmes macroéconomiques et ménager le porte-monnaie du citoyen dépend l’avenir politique de Chahed. A moins qu’il opte pour un point de chute doré dans quelque institution internationale, loin du chaudron tunisien qui a la fâcheuse tendance à brûler ses dirigeants, une affaire qui risque de durer, autant que le long temps de l’apprentissage des us et coutumes de la démocratie.

S.L.

par -

Le système tunisien des retraites, la crise des caisses sociales et les recommandations pour une éventuelle sortie de cette crise, telles ont été les principales problématiques débattues ce mardi 2 octobre 2018 lors d’une rencontre organisée conjointement par l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES) et Konrad Adenauer sous le thème « Quel avenir pour le retraité en Tunisie ? ».

Le directeur général de l’ITES, Néji Jalloul, a dénoncé la situation dans laquelle se trouvent les retraités aujourd’hui, appelant ainsi à trouver des solutions urgentes : “la marginalisation des retraités à travers la mise en place d’un ensemble de mesures et de lois les privant d’augmentations salariales systématiques touche à la crédibilité de l’Etat et fait entrer le pays dans une série de crises sans issue“, a indiqué Jalloul, avant de souligner que cibler les retraités c’est cibler la société, sa conscience, ses mœurs et sa mémoire.

Il a par ailleurs indiqué que le pays, sans doute, passe aujourd’hui par plusieurs difficultés d’ordre économique dont certaines résultent de problématiques structurelles et d’autres en relation avec certaines politiques non planifiées et non étudiées entreprises, mais la réforme, a-t-il assuré, ne peut jamais avoir lieu en mettant de coté l’ensemble des acquis, notamment ceux des retraités mais plutôt inventer des solutions réelles qui préservent les acquis et offrent les garanties aux différentes catégories de la société. S’agissant de la crise des caisses sociales, Nèji Jalloul a fait savoir que l’ITES a mis en place un ensemble de solutions urgentes permettant aux caisses sociales d’échapper à la faillite. Ainsi, il a proposé la fusion de la Caisse nationale de retraite de prévoyance sociale (CNRPS) et la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) pour une caisse unique ou une compagnie d’assurance regroupant les salariés des secteurs privé et public. Du coup, le ministère des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières pourra intervenir pour fournir les sièges à cette caisse unique dans toutes les délégations du pays et ce, dans l’objectif de la soustraire aux énormes dépenses en loyer, selon ses dires.

Outre la fusion de la CNRPS et la CNSS, le président de l’ITES a proposé de placer la CNAM sous la tutelle du ministère de la Santé, sachant que son champ d’intervention est plus en relation avec ce département que celui des Affaires sociales, d’après lui.

Nèji Jalloul a également proposé de placer les adhérents indépendants aux caisses sociales sous un régime d’assurance spécifique ou sous la tutelle de l’UTICA.

De son côté, un responsable de la Fédération nationale des retraités relevant de l’UGTT a assuré que l’Union ne va pas reculer ou abandonner un seul acquis et défendra le retraité avec tous les moyens à disposition. Il a par la même occasion dénoncé les déclarations de certains responsables de l’Etat selon lesquelles les caisses publiques sont vides et le gouvernement se trouve contraint de ne pas régulariser la situation des retraités. Il a souligné qu’un gouvernement qui ne dispose par de l’argent pour débloquer les pensions des retraités est un gouvernement qui a échoué.

Quant à elle, Soumaya Jmour, de la Ligue des femmes retraités, a dénoncé la marginalisation des femmes retraitées qui selon elle assument une responsabilité sociale beaucoup plus grande que celle des hommes, soulignant que les pensions des retraités ne sont pas un don du gouvernement mais plutôt un droit : «c’est notre argent et l’Etat n’a pas le droit de le toucher», a-t-elle soutenu.

Poursuivant ses idées, Jmour a dénoncé le prélèvement de 1% des alaires des retraités au profit des caisses sociales, mettant en grade contre un abus dans le calcul des pensions de retraite. Elle a appelé ainsi la CNRPS à informer ses adhérents de tout changement et de tout prélèvement effectués sur les pensions de retraite.

En effet, la Tunisie est dotée d’un système de sécurité sociale géré par deux caisses placées sous la tutelle du ministère des Affaires sociales, qui sont la CNSS pour le secteur privé et la CNRPS pour le secteur public. La CNSS gère 9 régimes de pension dont le régime des salariés non agricoles (RSNA), le régime des salariés agricoles (RSA) et le régime des salariés agricoles amélioré (RSAA). Les deux caisses qui étaient excédentaires jusqu’à la fin des années 1990 ont commencé à enregistrer un déficit à partir de 2005 pour la CNRPS et de 2006 pour la CNSS. Entre 2006 et 2016, le déficit de la CNSS a été multiplié par sept, passant de 68 Millions de dinars à 470 MDT. Quant au déficit de la CNRPS, il a été multiplié par 14 pour la même période, passant de 38 MDT à 529 MDT.

L’Etat tunisien a ainsi dû débourser 500 MDT en 2017 pour combler le déficit et garantir le paiement des pensions des deux caisses. Les derniers retards de paiement des pensions des retraités et le gel de leurs augmentations attestent des difficultés rencontrées par ces institutions aujourd’hui.

Ainsi, le nombre des pensionnés a augmenté à un rythme supérieur à celui des actifs. De ce fait, le ratio moyen actifs /retraités a baissé pour passer au niveau de la CNRPS de 7 actifs pour un retraité en 1991 à 2,5 actifs pour 1 retraité actuellement, augmentant ainsi les dépenses de retraite à un rythme supérieur à celui des recettes.

par -

Evoquant la crise des caisses sociales, le président de l’Institut tunisien des études stratégiques (Ites), Néji Jalloul, a fait savoir, lors d’une rencontre organisée, ce mardi 2 octobre 2018 à Tunis sous le thème : “Quel avenir pour le retraité?”, que l’IITES a mis au point une batterie de solutions urgentes permettant aux caisses sociales d’échapper à la faillite. Ainsi, il a proposé la fusion de la Caisse nationale de retraite de prévoyance sociale (CNRPS) et la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) pour une caisse unique ou une compagnie d’assurance regroupant les salariés des secteurs privé et public. Du coup, le ministère des Domaines de l’état et des Affaires foncières pourra intervenir pour fournir les sièges à cette caisse unique dans toutes les délégations du pays et ce, dans l’objectif de se soustraire aux énormes dépenses en loyer, selon ses dires.

Outre la fusion de la CNRPS et la CNSS, le président de l’ITES a proposé de placer la CNAM sous la tutelle du ministère de la Santé, sachant que son champ d’intervention est plus en relation avec ce département que celui des Affaires sociales, d’après lui.

Nèji Jalloul a également proposé de placer les adhérents indépendants aux caisses sociales sous un régime d’assurance spécifique ou sous la tutelle de l’UTICA.

par -

Si le système hospitalier tunisien accuse un retard par rapport à d’autres pays, il a l’avantage de bénéficier des expériences et des apprentissages faits par les autres dans la mise en place de toutes ces réformes extrêmement complexes et de pouvoir ainsi prendre le recul nécessaire afin de les implémenter de façon cohérente“. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par l’Institut tunisien des études stratégiques (Ites) et rendue publique mercredi 12 septembre 2018.

Selon la même étude, la crise hospitalière et la recherche d’une amélioration des services rendus à la population impliquent la prise en compte de différentes données et le bannissement de l’immobilisme. En effet, le développement des sciences de la santé et du management et l’évolution incessante des technologies obligent à une remise en question permanente des pratiques hospitalières et justifient des transformations organisationnelles et des investissements importants. Les besoins des patients et leurs aspirations se transforment avec l’allongement de l’espérance de vie, le développement des maladies chroniques, l’apparition de nouvelles pathologies et l’apparition de nouveaux modes de vie. Ainsi, de nouvelles missions se font jour pour l’hôpital dans les domaines de la prévention, de la formation des personnels, et de la recherche. A l’hôpital d’y répondre en essayant de trouver un compromis pas toujours facile entre quatre logiques, professionnelle, technocratique, économique et politique pour garder son rôle de référence. L’implémentation de la réforme de nos hôpitaux publiques, devenue une nécessité impérieuse, doit être consolidée à travers l’appropriation de ses objectifs et de ses plans d’action par tous les professionnels de compétences diverses ainsi que par des partenaires externes, dans une approche participative et inclusive centrée sur les usagers impliquant fortement la société civile.

Un système de financement fragmenté

S’agissant du financement, il en ressort que les dépenses de santé ont augmenté au cours des deux dernières décennies, à un taux de croissance annuel moyen de 11,7%. La part du PIB consacrée à la santé est passée de 4,2% en 1985, à 5,9% en 2005 et à 7,1% en 2013. La part du budget du ministère de la Santé est de 5.6% par rapport au budget de l’Etat et de 1,9% par rapport au PIB. Les dépenses annuelles pour la santé par habitant ont plus que doublé entre 2005 et 2013, passant de 39 DT en 1985 à 197,7 DT en 2004, à 214,3 DT en 2005 et à 493 DT en 2013. Le financement de ces dépenses provient principalement des ménages (37,5%), de la CNAM et de la sécurité sociale (34,9%), du ministère de la Santé (26, 3%) et d’autres ministères, des assurances privées et des mutuelles (1,2%).

Ainsi, le système de financement est fragmenté et sa répartition inéquitable. Le paiement direct des ménages constitue une source importante de financement du système, alors que le financement collectif n’a pas dépassé 50% depuis 1990. Cette situation n’est pas adaptée au financement d’un secteur dans lequel les dépenses individuelles sont en général, imprévisibles et parfois catastrophiques. Pratiquement la moitié des dépenses des ménages sont consacrées aux médicaments et environ un tiers aux soins ambulatoires. Les enquêtes auprès des ménages ont indiqué une augmentation des dépenses consacrées à la santé (de 10% en 2000). Cette hausse montre la dynamique du système de santé qui est influencée par la croissance économique, la transition démographique et épidémiologique (facteur du vieillissement de la population, augmentation du nombre d’individus en perte d’autonomie) et le progrès technologique. La hausse des dépenses de santé dépasse la croissance économique du pays et elle est prise en charge par les ménages. Une dépendance accrue à l’égard des dépenses directes des ménages indique qu’une part de plus en plus importante du financement de la santé découle d’un mécanisme qui ne garantit pas une mutualisation adéquate des risques ni une protection sociale de la population. Entre 1990 et 2013, les dépenses totales du ministère ont augmenté à un taux moyen supérieur à 10%.

Le ministère reste la source la plus importante pour le financement de tous les établissements de santé publique en particulier pour les HC avec un taux égal à 80%. Ce taux est moins important pour les HR et EPS (60% et 50% respectivement). La CNAM représente la deuxième source de financement importante avec un taux proche de 40% pour les EPS, 30% pour les HR. Alors que les ménages sont la source la moins importante pour le financement des hôpitaux avec un taux presque égal à 8% pour les EPS, 9% pour les HR et 18% pour les HC.

Une centralisation excessive

Le système de santé en général et les systèmes de soins en particulier demeurent caractérisés par une centralisation excessive, exercée par les ministères chargés de la santé, des finances et de la fonction publique pour ne citer que ceux-là. Toutefois, des tentatives de décentralisation et de déconcentration ont été opérées sans résultats palpables car le pouvoir de décision, les ressources humaines et financières ainsi que les investissements demeurent toujours du ressort de l’administration centrale.

L’étude réalisée constitue une première phase. Elle est articulée en quatre parties majeures à savoir; le diagnostic de l’existant et des performances des hôpitaux publics tunisiens, les défis auxquels les hôpitaux sont confrontés, les réformes pour un hôpital public tunisien performant constituant une référence en termes de soins, de formation et de recherche et les préconisations de mise en œuvre.

Une deuxième phase est programmée en vue de faire une analyse systémique dégageant les priorités stratégiques sur lesquelles seront construits des scénarios.

L’objectif principal de cette étude est d’élaborer une feuille de route pour concevoir et mettre en œuvre la mise à niveau du secteur hospitalier public et partant, l’amélioration de la performance du système de santé tunisien. Il serait utile de préciser que cette étude traitera de l’hôpital public avec ses trois niveaux, tout en étant conscients que leurs performances dépendent en grande partie de celles de l’écosystème sanitaire et de l’hôpital privé, en excluant les activités médicales ambulatoires. Pour cela, il a été jugé impératif de redéfinir l’architecture, le rôle et les moyens nécessaires à chaque niveau d’établissement de santé en vue de rapprocher les soins des citoyens et de désengorger les hôpitaux de troisième niveau pour les recentrer sur leurs vraies missions de soins, de formation et de recherche.

L’objectif final vise l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins dans les établissements hospitaliers publics tunisiens et l’identification des orientations stratégiques dessinant les contours de l’hôpital de demain, dans un système de santé accessible, réactif et efficient.

par -

Suite à la publication du récit de ce qu’il avait dit sur les ondes de la radio Express Fm et où on disait qu’il avait remis les pieds sur terre au directeur de l’ITES, Neji Jalloul, Karim Ben Kahla, nous a envoyé ce droit de réponse. Il y dit :

Chère équipe de rédaction

Tout en vous remerciant pour l’intérêt que vous avez porté à mon intervention radiophonique relative à la rencontre organisée par l’ITES et que vous avez publié sous le titre «Le président du Cercle Kheireddine fait descendre Jalloul de son nuage », j’aimerais apporter un petit rectificatif non pas tellement dans le cadre de ce qu’il est convenu d’appeler un « droit de réponse » mais d’un devoir de clarification et de courtoisie envers votre journal et ses honorables lecteurs.

Au risque de vous surprendre et de provoquer ceux qui confondent critique et polémique, je pense qu’effectivement, en six mois, nous pouvons tout à fait arrêter l’hémorragie actuelle, amorcer une reprise de la confiance et inverser certaines tendances…non seulement nous pouvons le faire mais nous devons le faire.

Par contre, il est certain que se contenter de vouloir colmater les brèches d’un modèle à bout de souffle ne fera qu’agrandir celles-ci, tout comme attendre les réformes « structurelles », le retour « mécanique » ou « naturel » de la manivelle du « cycle économique », ou pire encore les prochaines élections, avant de trancher dans le vif par des mesures ponctuelles et douloureuses, nous conduirait à une faillite certaine.

En ce sens, toute initiative, y compris celle de l’ITES, de réfléchir à l’avenir de notre pays est bonne à prendre. Nous nous y attelons au sein du Cercle Kheireddine et nous continuons à penser que malgré la prolifération des Think tank, et des rencontres plus ou moins scientifiques, il n’y a toujours pas de « sociétés sous-développées, mais des sociétés sous-analysées » (J Berques).

Le temps nous est compté. Nous avons de moins en moins d’espace pour les réformes graduelles. Les « thérapies de choc », les ruptures douloureuses nous réuniront soit dans l’intelligence de la solidarité et pour les réussir, soit dans la désolation, pour pleurer notre sort et regretter de nous être chamaillés au temps où il fallait non seulement se tolérer mais faire preuve de bienveillance les uns envers les autres.

Oui. Au lieu de nous chamailler sur l’opportunité pour un Think tank d’organiser une rencontre sur l’avenir immédiat de notre Tunisie, je vous propose de débattre du sérieux et surtout de la faisabilité des propositions élaborées.  Parce que – et c’est là l’une des principales critiques que j’aimerais adresser à cette rencontre à laquelle j’ai eu le plaisir de participer – « On sait tous ce qu’il faut faire mais on ne sait pas comment se faire réélire après. » (J-C Junker).

Je pense qu’il est urgent de renouveler nos grilles de lecture du réel et que la crise économique est également une crise de la pensée économique aujourd’hui dominante en Tunisie. Je pense également que nous avons besoin de passer d’une approche en termes d’agrégats économiques à une approche basée sur les acteurs et les logiques d’action pour reconstruire notre gouvernance et rétablir la confiance.

Il me semble également que le plus important n’est pas de reprendre ou de compléter des généralités ou une liste « à la Prévert » de mesures qui confondraient les sciences de l’économique avec les recettes de quelques faux experts,  mais de penser la complexité de la conduite des réformes et des changements. En ce sens, et pour sortir du piège des réformes sans changements, des institutions qui s’affaissent en simples organisations et des politiques qui ne produisent que davantage de législations, il me semble que nous devons dépasser les approches tout aussi « puristes » que simplistes et mono-disciplinaires. Un débat que certains trouveraient théorique, mais sans théorie la pratique n’est qu’aveugle répétition.

Je ne néglige pas la dimension politique de toute réflexion sur l’avenir de notre pays et je ne sous-estime pas non plus la fatale récupération politicienne de toute parole discordante ou simplement nuancée. Mais j’aimerais qu’en ce moment où se joue l’avenir de notre pays, un débat serein, critique et apaisé s’installe entre nous tous. Autrement dit, plutôt que de polémiquer sur les intentions des uns et des autres, je pense que nous avons besoin de rétablir la confiance et de bannir la suspicion. Si j’ai exprimé le point de vue d’un universitaire libre et volontairement critique ce n’est pas pour « descendre » quiconque de son nuage mais au contraire, dans l’espoir que l’on se remette tous à rêver, à espérer et passez-moi l’expression, à monter tous sur le même nuage pour aller encore plus haut.

Merci pour votre patience.

Pr.  Karim Ben Kahla, Président du Cercle Kheireddine et Professeur, École supérieure de commerce de Tunis Directeur de l’ECCOFIGES (Ecole doctorale d’économie, commerce, comptabilité, finance et gestion de l’Université de la Manouba) Campus Universitaire de la Manouba. Page web personnelle : http://credo.me.ht/

par -

La création d’une “banque d’Etat “, qui regroupe les trois banques publiques: Banque Nationale Agricole, Société Tunisienne de Banque et Banque de l’Habitat, constitue l’une des mesures urgentes devant être prises, pour sauver la Tunisie de la crise économique, a indiqué le directeur des politiques générales et du développement régional, à l’Institut Tunisien des Etudes Stratégiques (ITES), Fethi El Khemiri.

Intervenant lors du colloque stratégique sur le thème ” Quel programme économique pour sauver la Tunisie ? “, organisé mardi, à Tunis, le responsable a également, préconisé l’abandon de la spécialisation bancaire et la collecte des fonds publics déposés auprès des banques privées. Il a fait savoir que l’Institut travaille depuis une année, à l’élaboration d’une série de mesures (près de 15 propositions) en tant que solutions pouvant être mises en oeuvre dans les plus brefs délais, pour les soumettre aux décideurs.

El Khemiri a souligné, aussi, l’impératif de revoir le mécanisme de gouvernance, à travers la mise en place d’un gouvernement regroupant 15 ministres uniquement, au lieu de 43 ministres actuellement, et ce, en oeuvrant à une fusion des ministères ou leur remplacement par des secrétariats d’Etat.
“Nous ne pouvons pas gérer les affaires du pays dans un système parlementaire, avec un tel nombre de ministères, lequel est de nature à impacter le rendement du gouvernemental “, a-t-il dit, assurant que ” la crise par laquelle passe la Tunisie, est une crise systémique”.

Mettant l’accent sur la crise des caisses sociales, l’ITES a proposé de placer la CNAM sous la tutelle du ministère de Santé, de fusionner les deux caisses sociales (CNSS et CNRPS), et de faire bénéficier les salariés du secteur privé, des prestations d’une compagnie d’assurance.

Concernant la dégringolade du dinar, il a jugé impératif de prendre une décision politique ferme pour arrêter l’importation des produits superflus pour une période minimum de six mois, tels que les voitures de luxe et les produits agroalimentaires non nécessaires.

El Khemiri a mis encore, l’accent sur la nécessité de procéder à une réforme fiscale, en réduisant les impôts grevant la bourse du citoyen, afin de simplifier et faciliter l’opération de recouvrement.

par -

Néji Jalloul, le directeur de l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES), a appelé dans une déclaration faite aux médias, en marge d’une rencontre tenue, ce mardi 28 août 2018 à l’IHEC de Carthage, à changer les billets de banque. Selon lui c’est une des solutions pour s’attaquer au marché informel et faire sortir le pays de cette crise économique qui sévit depuis des années.

Lors de cette manifestation sur la situation économique intitulée «Le sauvetage économique de la Tunisie», Jalloul a tenu en outre à préciser que réussir une sortie de crise est possible en Tunisie et qu’il faut entamer, en 6 mois, les mesures urgentes. Il a appelé ainsi à mettre en valeur l’intelligence et les compétences nationales.
On va survivre à cette crise (…) les choses ne sont pas aussi compliquées qu’on croit (…) Il faut juste miser sur le dialogue national“, a-t-il dit.

Il a par ailleurs appelé à profiter de cette rencontre visant à entamer les réflexions sur les solutions et les nouvelles pistes de relance économique, soulignant l’importance d’arrêter l’hémorragie et inverser la tendance au moins pour les mois restants de l’année 2018, selon ses dires.

Il a assuré que le problème majeur auquel fait face aujourd’hui la Tunisie est socio-économique et que les politiques entreprises depuis la Révolution ont appauvri la classe moyenne et pauvre et enrichi les riches.

par -

L’économiste Sami Aouadi a déclaré, lors d’une rencontre organisée ce mardi 28 août 2018, à l’initiative de l’Institut tunisien des études stratégiques (Ites) sur la situation économique en Tunisie, que bien que la croissance économique ait chuté de moitié par rapport aux années dernières, la situation n’est pas encore catastrophique. “Il n y a pas de relance importante mais c’est encore jouable pour la Tunisie“, a-t-il dit.

Pour une éventuelle sortie de crise, Aouadi a proposé une démarche basée sur un certain nombre de solutions urgentes dont principalement l’activation du conseil national pour le dialogue, entamer les grandes réformes qui ont fait l’objet d’un consensus et de conventions, lutter contre l’évasion sociale, activer la commission relevant du ministère des Finances et chargée du recouvrement des créances, suspendre l’importation de certains produits, renforcer l’institution de la douane avec les moyens matériels et immatériels et faire une évaluation stratégique des établissements publics.

par -

6 mois seulement pour tirer le pays d’affaire. Néji Jalloul, directeur de l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES), l’avait sorti dernièrement pour épater la galerie avec les compétences au sein de Nidaa Tounes, capables de réaliser cet exploit, selon l’ex-ministre de l’Education. Et c’est aussi le thème sur lequel l’ITES va plancher ce mardi 28 août 2018 (passons sur le mélange des genres…). Karim Ben Kahla, professeur universitaire et à la tête du Cercle Kheiredine, qui travaille aussi avec Jalloul, nuance fortement ce qu’a dit ce dernier…

Ben Kahla a dit ce matin, sur Express FM, qu’il faut déjà commencer par rétablir la confiance entre l’Etat et les citoyens de manière à lancer les grandes réformes. «Ce qui est une urgence aujourd’hui, c’est comment rétablir la confiance en entreprenant certaines mesures. Nous sommes empêtrés dans une crise de la pensée économique dans le sens où le raisonnement en termes d’agrégats et de chiffres ne fonctionne plus et ne peut pas de toute façon opérer dans une situation aussi complexe que la nôtre. Il faut plutôt raisonner en termes de logique d’acteurs afin de susciter l’adhésion des gens aux réformes et donc rétablir la confiance», précise-t-il.

Les seules choses qu’on peut faire en 6 mois, c’est mettre en place une dynamique, réviser le rôle de l’Etat et celui des organisations nationales, notamment l’UGTT et l’UTICA. Pour la concrétisation des réformes par contre, il faudra beaucoup plus de temps, a déclaré le président du Cercle Kheiredine.
«Avec la configuration politique du moment, nous devons nous habituer à un Etat consensuel, relativement stratège où la société se prend en main», a conclu l’expert.

par -

Les hypothèses de croissance de l’économie mondiale restent favorables pour 2108. Cependant, des risques persistent. Ils sont de nature politique et commerciale“. C’est ce qui ressort d’une étude récente de l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES). Compte tenu de cet environnement international, la légère amélioration de la croissance économique du premier trimestre pourrait être compromise, pour le reste de l’année, par le comportement de l’investissement et la perte de compétitivité de l’économie tunisienne (érodée par l’inflation).

En effet, selon l’ITES, le premier semestre 2018 a été caractérisé par l’amélioration du rating de la Tunisie de deux grands fournisseurs d’indices : FTSE et MSCI. Cette classification par ces fournisseurs d’indice permet de drainer davantage d’investisseurs étrangers, l’objectif étant d’accéder au statut de marché émergent. Pour cela il est nécessaire d’attirer de grandes capitalisations à l’instar des grandes sociétés nationales publiques (STEG, Groupe chimique, Régie des tabacs) ou d’entreprises privées qui sont toujours non cotées (Télécom, autres groupes industriels). Cette solution permet également d’améliorer la représentativité de la Bourse pour inclure des secteurs comme l’énergie, le transport, les télécommunications, le tourisme, l’agriculture, et de renforcer la liquidité et la profondeur du marché.

Les revenus des banques ont également continué leur trend haussier avec une augmentation du PNB total de 20.22% en moyenne pour les 11 banques cotées. Cette amélioration est essentiellement expliquée par l’évolution des crédits à la clientèle (+22.18%) et non pas par l’augmentation des marges d’intérêts. En effet, les revenus des intérêts se sont appréciés de 36.37% alors que les charges d’intérêts ont augmenté de 41.69%. Les banques de la place ont ainsi ajusté leurs politiques de tarification. Il est clair que le renchérissement du coût de financement n’est pas imputé à un comportement opportuniste de la part des banques de la place mais plutôt au relèvement des taux directeurs de la BCT opérés dans le cadre d’une politique monétaire de lutte active contre l’inflation.

L’ITES constate aussi que les banques n’ont pas répercuté la hausse des primes de risques conséquence de l’augmentation durant le premier trimestre du taux des créances classées du secteur au niveau de leur pricing. Ce qui, à notre sens, présenterait un risque sur les indicateurs affichés une fois les risques constatés.
Les revenus de portefeuille ont connu également une nette évolution de 14.50%, qui s’explique d’une part par l’accroissement des emplois affectés aux portefeuilles titres (+11.31%) mais également par le relèvement du TMM sur lequel sont indexés les revenus des instruments utilisés par les banques, notamment les BTA.

De façon générale, les banques de la place ont continué leur appui à l’économie nationale avec l’augmentation des engagements du secteur de +22.18% passant de 52.6 Mrds de dinars à 58.4 Mrds de dinars. Cette évolution reste en décalage par rapport à la croissance de l’activité économique et du FBCF (moyenne de 667 MD depuis 2011). Le financement bancaire sert à priori à financer les décalages de trésorerie occasionnés par les distorsions au niveau de la chaîne du crédit inter-entreprises dues aux difficultés d’exécution des budgets de l’Etat et des délais de paiement rallongés depuis 2011. Il semble que dans cette configuration, le financement bancaire ne joue pas pleinement son rôle dans le financement du développement via l’appui aux programmes d’investissement des entreprises.

Par ailleurs, le ratio engagements sur dépôts (Loand to deposit LTD) a enregistré une hausse pour se situer au niveau de 108% comparativement au niveau de 98% fin juin 2017 et ce, malgré une amélioration des dépôts de 11.02%. Cette dégradation de la couverture des engagements par les dépôts traduit, selon l’ITES, les difficultés à mobiliser les ressources par les banques pour soutenir leur développement. Ce développement s’est fait essentiellement par refinancement auprès de la BCT, ce qui augmente les pressions sur le marché monétaire et se traduit par un renchérissement du coût de crédit.

par -

La crise du médicament qui sévit dans le pays préoccupe et même inquiète depuis plusieurs semaines les Tunisiennes et les Tunisiens. Est-ce une vraie crise ou un complot contre la Pharmacie centrale? Qui est derrière cette affaire ? Est-ce la faute à la contrebande et au marché noir, comme disent certains experts du secteur ? Est-ce la résultante de la crise financière qui frappe le pays depuis plus de 7 ans ou une collusion contre la nation en général ? C’est l’ensemble des interrogations débattues, ce mercredi 8 août 2018, lors d’une table ronde organisée à l’initiative de l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES).

Interrogé sur l’affaire, le PDG de la Pharmacie centrale de Tunisie (PCT), Ayman El Mekki, a fait savoir qu’une reprise progressive au niveau de l’approvisionnement du marché tunisien en médicaments a été constatée et que la Tunisie recevra prochainement une première commande. Et de préciser dans le même cadre que la PCT a trouvé un accord et a payé une première tranche de ses dettes auprès des fournisseurs étrangers.
Il a aussi indiqué que le stock de médicaments disponibles actuellement couvre 88 jours de consommation nationale et que l’insuline, le médicament qui a manqué le plus, est subventionné par la pharmacie centrale à hauteur de 90% et est disponible en stock pour 5 mois et 15 jours de consommation. Les deux autres types d’insuline qui ont manqué seront prochainement disponibles sur le marché, a-t-il ajouté, appelant ainsi à ne pas confondre “pénurie” et “produit manquant“.

Le responsable a tenu par ailleurs à expliquer que la crise du médicament en Tunisie est structurelle et ne date pas d’aujourd’hui, mais plutôt de l’année 2016 et c’est à partir de là que la sonnette d’alarme avait été tirée. “C’est une crise de cumul (…) C’est depuis des années que l’État intervient pour débloquer la situation et prendre à sa charge certaines engagements“, a-t-il dit.
“Si la pharmacie centrale n’était pas supportée par l’État, elle aurait explosé depuis l’année 2016 (…) Aucune société privée ne pourrait faire face à cette situation de crise et ce fardeau“, a assuré Al-Mekki, faisant remarquer que le volume de transactions de la pharmacie centrale atteint 1.300 millions de dinars par an, alors que ses dettes auprès des hôpitaux et les fonds sociaux sont estimées à 880 millions de dinars.

Il a en revanche assuré que la crise de la pharmacie centrale a été aggravée par plusieurs facteurs dont le glissement du dinar durant les trois dernières années, l’incapacité de la pharmacie centrale à payer ses dettes auprès des fournisseurs étrangers, la contrebande, le marché noir et la hausse de la consommation.

Pour dépasser cette situation de crise, El Mekki a appelé à garantir une liquidité mensuelle de 50 Millions de dinars par mois, à activer les mécanismes permettant d’ajuster les prix des médicaments, à lancer un programme pour la promotion du secteur des médicaments en Tunisie et réviser la réglementation régissant le secteur.
Le responsable de la pharmacie centrale a également appelé à examiner la possibilité de mettre en place un fonds national pour la promotion de l’industrie pharmaceutique, un fonds qui doit être géré par le ministère de la Santé, selon ses dires.

Le PDG de la pharmacie centrale a sous un autre angle indiqué que le conseil ministériel restreint, tenu lundi 11 juin 2018, sous la présidence du chef du gouvernement, n’a approuvé qu’une seule mesure proposée par la pharmacie centrale, portant sur l’injection dans la Pharmacie centrale 500 millions de dinars de liquidités, soit l’équivalent des dettes de la PCT auprès des fournisseurs étrangers, selon ses dires.

De son côté, le PDG de la CNAM, Bechir Armani, a indiqué que des prémisses de reprise ont été constatées au niveau de la caisse, faisant remarquer que le montant des achats effectués auprès de la pharmacie centrale s’élève à 700 millions de dinars par an dont 320 millions de dinars relatifs aux médicaments spécifiques. Du coup, les transactions de la CNAM auprès de la pharmacie centrale représentent 28% du chiffre d’affaires de la pharmacie centrale qui est aux alentours de 1300 Millions de dinars, selon ses dires.
Il par ailleurs indiqué que la CNAM a trouvé un accord avec la PCT pour régler ses dettes tout en lui versant régulièrement et mensuellement 23 millions de dinars. Et de préciser que les dettes de la CNAM s’élèvent jusqu’au mois de juillet courant à 388 MDT dont 276 sont des dettes antérieures, avant d’ajouter qu’à ce rythme la dette de la CNAM auprès de la Pharmacie centrale serait de seulement 45 MDT à la fin de cette année.

Quant à lui, le président du Conseil national de l’ordre des pharmaciens de Tunisie, Chedly Fendri, a pointé du doigt les fournisseurs étrangers. Selon lui, l’approvisionnement de la Tunisie en médicaments était un choix pour certains laboratoires étrangers, lesquels ont, stratégiquement, suspendu les médicaments qui n’ont pas d’alternatives en Tunisie pour pousser la pharmacie centrale à payer ses dettes.
Il a toutefois indiqué que la crise du médicament est sur le chemin d’être résolue et qu’entre 40 à 50 médicaments seront prochainement disponibles sur le marché.
Chedly Fendri a toutefois écarté le fait que la contrebande soit derrière la crise du médicament en Tunisie et que la principale raison de cette crise est la pénurie de liquidité à la pharmacie centrale.

par -

L’ex-ministre de l’Education nationale et actuellement à la tête de l’ITES, Néji Jalloul, s’est évertué ces derniers mois à ne pas piper mot sur son parti, Nidaa Tounes et ses nombreux déboires. Et on le comprend, car aborder les questions qui fâchent pourrait lui valoir les foudres du directeur exécutif du parti, Hafedh Caïd Essebsi, qui a la colère facile et destructrice. Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, en sait quelque chose. Donc quand Jalloul se décide enfin à parler du parti, c’est, comme on peut l’imaginer, pour en dire du bien…

Il a déclaré ce lundi 06 août 2018, sur Mosaïque FM, que les compétences de son parti sont capables de faire le boulot. «A Nidaa Tounes, nous avons des solutions pour faire sortir le pays de sa crise en 6 mois !». Chiche est-on tenté de rétorquer à celui qui, d’après un sondage, figure dans le trio des personnalités politiques en qui les Tunisiens ont le plus confiance…

 

par -

L’universitaire et chercheuse à l’Institut tunisien des études stratégiques (IRES) Emna Ben Arab a indiqué lundi que les Nations unies, des bailleurs de fonds et des organisations internationales de défense des droits humains font pression sur les pays dont la Tunisie pour la réinstallation des terroristes de retour des zones de conflit et leur garantir des meilleures conditions de vie tel que l’emploi.

S’exprimant ce lundi devant la commission d’enquête à l’Assemblée des représentant du peuple (ARP) sur les réseaux d’envoi de jeunes Tunisiens dans les zones de conflit, l’universitaire a ajouté que la position de la Tunisie sur cette question était claire. Pour elle, il est quasi impossible d’adopter cette solution en Tunisie vu le manque des ressources de l’Etat et l’augmentation du taux de chômage.
Cela outre le fait que réinstaller les terroristes et leur offrir des opportunités peut encourager d’autres jeunes à suivre l’exemple de cette catégorie de terroristes en pensant qu’ils peuvent bénéficier des mêmes avantages.

Lors de l’audition des membres de l’ITES, sur l’étude préliminaire élaborée par l’institut sur le thème “les terroristes de retour des foyers de tension dans les prisons tunisiennes”, l’universitaire arrive à la conclusion que l’adoption des idées extrémistes par les jeunes Tunisiens constitue le résultat et non pas la cause de l’adhésion à des groupes terroristes.
Selon l’universitaire, le questionnaire qui a touché 82 prisonniers dans les différents établissements pénitentiaires et de rééducation en Tunisie montre que plusieurs accusés impliqués dans des affaires terroristes ont avoué qu’ils n’étaient pas conscients du fait que partir en Libye ou en Syrie pour combattre aux côtés “des djihadistes” était un acte criminel au vu du climat de liberté qui régnait en Tunisie durant la période entre 2011 et 2013. Sont également cités la conférence des amis de la Syrie en Tunisie en 2012 sous le patronage du président de la République de l’époque, Moncef Marzouki et l’appel lancé en Egypte à la même période pour combattre en Syrie, outre la multiplication en Tunisie des tentes de prédication bénéficiant d’une protection sécuritaire et l’accueil de prédicateurs étrangers en toute liberté.

Parmi les raisons ayant contribué à la prolifération de ce phénomène en Tunisie, Emna Ben Arab cite également la mesure d’amnistie générale qu’elle qualifie “d’anarchique”. Plus de 2000 prisonniers jugés en vertu de la loi antiterroriste ont été relaxés, alors que plusieurs d’entre eux ont reçu une formation militaire, a-t-elle relevé. Certains d’entre eux ont constitué le noyau du groupe Ansar Al Charia en Tunisie et de ceux qui ont prôné l’installation du Califat, ajoute-t-elle.

par -

L’Institut tunisien des études stratégiques (Ites) a appelé à l’assainissement budgétaire, et ce à travers l’optimisation des dépenses courantes improductives (notamment celles consacrées à une fonction publique inefficace), le ciblage des subventions ainsi que la hausse des recettes par l’élargissement de l’assiette fiscale et non pas par le relèvement des taux, soulignant qu’il est clair que les dispositions de la LF 2018 montrent l’inefficacité du relèvement des taux pour améliorer les recettes fiscales.

Dans sa dernière note de conjoncture, l’Ites a ajouté que l’assainissement budgétaire est la clé de voûte du processus permettant de renouer avec une trajectoire ascendante de croissance économique. “En fait, la structure du budget de l’Etat est biaisée. Le gonflement du budget de fonctionnement (61.5% du budget total en 2018) au détriment du budget d’équipement (seulement 16.2% en 2018) et le poids de la dette publique (22.1% en 2018) n’est nullement favorable à la résorption des déséquilibres macroéconomiques et la croissance économique”, a expliqué l’Ites.

par -

“La légère reprise économique enregistrée en 2017 est confirmée au premier trimestre 2018. Le taux de croissance du PIB (en glissement annuel) est de 2.5% et de 1% par rapport au trimestre précédent. Au niveau sectoriel, cette croissance est tirée par les industries manufacturières (+2.4%), l’agriculture et la pêche (+11.9%), les services marchands (+12.5%), l’agro-alimentaire (+16.7%), les industries mécaniques et électriques (+5.3%) et le textile (+0.2%)”, c’est ce qui ressort de la note de conjoncture de l’institut tunisien des études stratégiques (ITES).

Toutefois, la contribution des industries manufacturières est handicapée par le secteur du bâtiment et corollairement des matériaux de construction (-5.3%) suite à la baisse de la demande interne en raison notamment des dispositions de la LF 2018 qui a institué la TVA à 19% sur l’immobilier destiné aux particuliers. Le secteur de la promotion immobilière et corollairement le bâtiment connaît effectivement une crise sévère depuis quelques années. Cette crise se manifeste par la chute des ventes qui sont passées de 16000 unités en 2011 à moins de 9000 unités en 2017, la stagnation des prix du neuf (dans certaines zones il y a une légère baisse), l’augmentation du stock des unités invendues et le blocage des ventes depuis le début de l’année en raison du refus de l’administration fiscale d’autoriser la déduction de la TVA sur les stocks construits avant 2018. S’y ajoute l’augmentation des taux des créances classées des entreprises de promotion immobilière durant les cinq premier mois 2018. En effet, selon la note de l’ITES, les difficultés que connaît le secteur de la promotion immobilière s’explique principalement par l’augmentation du prix de l’immobilier (4,7% pour les loyers et 15,4% pour l’entretien et la réparation des logements), l’augmentation des taxes avec l’instauration d’une TVA de 13% sur les ventes destinées aux particuliers et la détérioration du pouvoir d’achat des acquéreurs en raison du rythme de croissance de l’IPC comparativement aux taux d’augmentation salariale depuis 2011 (un taux d’inflation global de 7,7% en mai 2018). Autre facteur non moins important, la baisse des capacités de financement en raison de l’augmentation du taux d’intérêt des crédits bancaires.

Au total, l’ensemble du secteur est engagé à + 4000 MD à l’égard du secteur bancaire. Ces difficultés ont amené la majorité des établissements de crédits à revoir leurs stratégies d’engagement dans le secteur. Ces stratégies se sont traduites essentiellement par un durcissement des conditions de financement, une sélectivité accrue des projets et une révision des quotités accordées. Ce qui renforce le risque de procyclicité qui pourrait conduire à l’aggravation de la situation des promoteurs immobiliers en particulier les plus fragiles d’entre eux.

La croissance économique est aussi pénalisée par la contribution du secteur minier à cause surtout de la baisse de la production du phosphate (-38% par rapport au premier trimestre 2017). De ce fait, la valeur ajoutée des industries chimiques s’est trouvée négativement affectée (-24%). Enfin, la baisse (de moitié par rapport à 2010) de la production de pétrole est une véritable perte sèche pour la croissance de l’économie nationale.
Le tourisme, avec un accroissement des flux, a concerné en particulier les Européens. Les ressortissants des pays du Maghreb gardent une tendance haussière quoique à un rythme moins accéléré pour les Algériens et les Libyens. Selon les données relatives aux « paiements extérieurs » publiées par la BCT, les recettes touristiques, au terme des cinq premiers mois de 2018, ont augmenté de +28.4% (en glissement annuel).

L’ITES a dans le même contexte noté que les perspectives de croissance pour le reste de l’année sont bonnes pour le tourisme et l’agriculture. Ces deux secteurs sont cependant volatils et leur contribution à la croissance n’est pas à l’abri d’un quelconque choc non anticipé. Autrement dit, la reprise pourrait s’avérer fragile. L’atteinte de l’objectif de croissance de 3% fixé par le gouvernement est dès lors difficile à atteindre, sans un soutien de l’investissement, le moteur essentiel de la croissance.

Ainsi, la croissance économique pour le reste de l’année est aussi tributaire de la reprise sans discontinuité de la production de phosphates et dérivés.
Le secteur du bâtiment et de l’immobilier fragilisé par les nouvelles mesures fiscales et la rigueur de la politique monétaire pourrait négativement impacter la croissance pour le reste de l’année.

Notre rubrique «Le meilleurs des réseaux Sociaux », début de la saison estivale oblige, choisit de mettre en lumière une initiative citoyenne, soutenue par un grand nombre de partenaires des deux côtés de la Méditerranée dont pouvoirs publics, organismes, missions diplomatiques et associations, la “Saison Bleue”. Cette initiative vise à promouvoir le potentiel maritime de la Tunisie. Elle a été officiellement lancée le 15 juin et se poursuivra jusqu’au 15 octobre 2018. Elle dure 4 mois et comprend près de 150 manifestations, tout au long du littoral tunisien, de Tabarka à Zarzis, en passant par les ports, les marinas, les cités maritimes, les festivals, les plages et les îles de la Tunisie Bleue. C’est une initiative organisée par l’Alliance française de Tunisie, en partenariat, entre autres, avec l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES) et l’association Notre Grand Bleu (Monastir). Ambassadrice de cette saison, Neila Azzouz en parle.

En Vidéo Neila Azouz Ambassadrice de La Saison Bleue

En Vidéo Neila Azouz Ambassadrice de La Saison Bleue

Publiée par Jetsetmagazine.net sur Mardi 26 juin 2018

par -

Soutenue par un grand nombre de partenaires des deux côtés de la Méditerranée dont les pouvoirs publics, organismes, missions diplomatiques et associations, la “Saison Bleue”, une initiative visant à promouvoir le potentiel maritime de la Tunisie, a été officiellement lancée et se poursuivra jusqu’au 15 octobre 2018. La “Saison Bleue” propose, durant 4 mois, près de 150 manifestations, tout au long du littoral tunisien, de Tabarka à Zarzis, en passant par les ports, les marinas, les cités maritimes, les festivals, les plages et les îles de la Tunisie Bleue. C’est une initiative de l’Alliance française de Tunisie, en partenariat, entre autres, avec l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES) et l’association Notre Grand Bleu (Monastir).

La “Saison Bleue” a choisi la fameuse éponge naturelle de Kerkennah comme emblème. Les concepteurs du projet y voient une marque de distinction et de reconnaissance qui porte la double ambition du programme.

Olivier Poivre d’Arvor, Ambassadeur de France à Tunis et président du Musée français de la marine, a indiqué, lors d’un point de presse, tenu dans la soirée du mercredi 20 juin 2018 à la Marsa, que l’économie bleue représente actuellement 12% du PIB de la Tunisie, ajoutant que “ce taux pourra passer à 20% s’il y a une vraie conscience de l’importance des ressources maritimes“. Selon ses déclarations, plus que 15% des échanges commerciaux passent par les océans.

Mise à part sa contribution dans le PIB, l’économie bleue pourrait, selon l’Ambassadeur, avoir d’importantes marges de croissance et créer de nouveaux types d’emploi, hautement qualifiés et pleinement intégrés dans une mondialisation soutenable.

ll s’agit, selon l’Ambassadeur, de rassembler, sous un même label, près de 150 manifestations (festivals, conférences scientifiques et culturelles et événements sportifs), tout au long des 1300 kilomètres de façade maritime tout en proposant un véritable agenda et circuit culturel, scientifique, économique, touristique et s’adressant directement à plusieurs centaines de milliers de participants, selon ses dires.

De son côté, Mourad Fradi, membre du comité d’organisation, a annoncé que la “Saison Bleue” trouvera son point d’orgue du 4 au 6 octobre 2018, avec la première édition du “Forum de la Mer, Bizerte 2018”, avec pour objectif la présentation des enjeux de la mer dans toutes ses composantes.

Ce forum permettra de rassembler, au cours des trois journées d’échanges et de rencontres avec le grand public, un ensemble d’experts et d’intervenants de haut niveau, de hautes personnalités politiques et des figures emblématiques dans le domaine de l’environnement.

L’appel de la “Saison Bleue” est aussi un événement pour préserver le littoral tunisien, sachant que la biosphère marine se trouve véritablement menacée par les atteintes constantes faites à l’environnement : pollution de l’air, rejet de matières toxiques (hydrocarbures, phosphogypses) et de plastiques dans les océans.

En effet, le maritime représente à l’échelle mondiale plus de revenus (1500 milliards d’euros) que les télécommunications et internet (800 Milliards) et l’aéronautique (620 Milliards) réunis. Alors qu’en 2018, 60% de la population mondiale vit à moins de 150 kilomètres d’une mer ou d’un océan et que 90% des marchandises transitent par les flots, la Tunisie, pays bien doté en la matière, ne saurait négliger cet extraordinaire eldorado bleu qui l’ouvre pourtant depuis l’antiquité au monde.

Événement majeur de l’été 2018, la “Saison Bleue” s’est entourée d’un ensemble de partenaires qui sont autant d’ambassadeurs représentent les secteurs du tourisme, de l’hôtellerie, de la restauration, du sport et plus largement de la culture.

par -

Le stress hydrique, la sécheresse, les déficits pluviométriques successifs ces dernières années, le niveau des réserves en eau et des barrages, on en parle beaucoup en Tunisie et pas depuis peu. Et pour cause : c’est un fait admis par tous les experts en la matière, notre pays fait partie des nations les plus impactées par les effets du changement climatique. Et pour ceux qui en doutaient encore, les dernières données sur les réserves en eau et le stock des barrages sont sans appel : Il y a bel et bien péril en la demeure. Alors l’ITES (Institut Tunisien des Etudes Stratégiques) a travaillé sur la question et pondu un rapport intitulé “Gestion des ressources en eau en Tunisie : Bilan et Perspectives“. Un volumineux document où il y a à boire et à manger pour comprendre les tourments actuels et ceux à venir du pays du jasmin. Mais un document où il y a surtout des pistes et des solutions pour atténuer le mal, à défaut de pouvoir le freiner complètement.

L’ITES commence par poser le cadre de la réflexion, qui n’a rien de rassurant : “La Tunisie fait partie du groupe de pays du sud de la Méditerranée où les ressources en eau constituent l’un
des biens environnementaux les plus menacés. Elle subit une pluviométrie irrégulière et demeure très vulnérable à la ressource en eau. De plus l’accroissement démographique, rurbanisation de la population et le développement économique poussent la demande à ta hausse de sorte que l’eau devienne une ressource de plus en plus rare.
Son potentiel hydrique est modeste. Environ le quart de ces ressources proviennent des nappes fossiles et sont, de ce fait, épuisables. Les ressources renouvelables subissent, elles, les effets d’un climat contraignant et qui risque de le devenir encore plus avec les changements climatiques. Aussi bien les ressources renouvelables que les ressources fossiles souffrent d’une pression humaine croissante et de défis socio-économiques nombreux. Elles sont très fragiles et très menacées. Sans une gestion durable, elles risquent de devenir un freinsérieux au développement.


Cependant, les ressources en eau ont presque atteint leur seuil critique. Les eaux de surfaces sont totalement mobilisées ou presque, les eaux des nappes profondes, fossiles et non renouvelables le sont en grande partie et risquent d’atteindre leurs limites d’exploitation quand ce n’est déjà le cas. Enfin, les eaux des nappes phréatiques largement accessibles à la population par des moyens traditionnels sont déjà en grande partie surexploitées et ce, dans la plupart des régions du pays”.

Le diagnostic actuel

Le rapport de l’ITES indique que “la variabilité climatique qui ne cesse de se confirmer à travers le dérèglement de l’avènement des pluies d’automne et dans les températures saisonnières, se traduit par un important impact négatif sur les régimes climatique et hydrologique du pays. Les extrêmes climatiques plus fréquents avec le dérèglement de la périodicité saisonnière, imposent une nouvelle vision dans la sécurisation de l’approvisionnement en eau, la protection de l’infrastructure économique et la gestion des pénuries.
Les études préliminaires menées par les Ministères de l’Agriculture et des ressources hydrauliques (2007) ont montré que la Tunisie subira d’ici 2050, une élévation de la température moyenne de 1° à 3° C, une diminution de la moyenne pluviométrique de 10 à 20%, et une accentuation de la variabilité climatique, particulièrement la durée de la sécheresse et l’ampleur des inondations.

L’installation d’un observatoire et/ou d’un système de veille devient ainsi nécessaire pour un meilleur suivi du climat. Ce suivi est une mesure indispensable pour la maitrise des variations des régimes des pluies et des écoulements de surface ; ainsi que pour l’appréhension de l’évolution des réserves en eau des aquifères souterrains“.

Les remèdes

Les horizons pour sortir de cette situation angoissante, il y en a, et beaucoup d’après l’étude de l’ITES. Il y en a même à un niveau insoupçonné, que sans doute seuls les initiés connaissent. “Le réservoir de Saouaf d’épaisseur environ 250 m a une longueur environ 8 km et une largeur environ 7 km.
Ce réservoir a un volume de 14 milliards m3 et une porosité de l’ordre de 10%. L’estimation de l’eau contenue dans le réservoir de Saouaf en supposant que l’eau occupe 80% des vides montre des quantités d’eau très importantes qui atteignent 1,12 milliard m3.

Le réservoir de la Formation Beglia est caractérisé par une épaisseur moyenne 600 m, une longueur de 20 km et une largeur de 8,5 km. Le volume total de ce réservoir est de l’ordre 102 milliards m3. Le volume des vides qui sont issus de la porosité inter-granulaire et la fracturation, peut atteindre 12%.
Les ressources en eau estimées dans le réservoir de la Formation Beglia sont environ 9,7 milliards m3, en supposant qu’un volume de 80% des vides seulement est rempli par l’eau.

Le réservoir du membre El Houaria possède un volume total d’environ 120 milliards m3
(une épaisseur moyenne de 600 m, une longueur de 20 km et une largeur de 10 km).
Ce réservoir est caractérisé par une porosité inter-granulaire peu importante et par un nombre important de fractures dont le volume des vides est de l’ordre 6%. Le volume des vides contenant de l’eau est estimé au minimum à 3,6 milliards m3.

Le membre de Korbous contient deux réservoirs d’épaisseur 200 m pour chaque réservoir et qui s’étendent sur une longueur de 15 km et une largeur de 11,5 km. Le volume total de chaque réservoir est de l’ordre de 34,5 milliards m3. Avec un volume des vides d’environ 6%, les volumes des ressources en eau contenues dans chaque réservoir sont estimés au minimum à 1 milliard m3.
La profondeur maximale de ces réservoirs est comprise entre -800 m et -3000 m par rapport au zéro de la mer.

Le Cap Bon constitue un très grand réservoir d’eau pour la Tunisie. En effet le volume des ressources en eau contenu dans les différents réservoirs souterrains du bassin de Taklesa est estimé à 15,42 milliards m3. Le bassin de Dakhla, le deuxième important bassin du Cap Bon, est presque semblable de point de vue réserves en ressources en eau souterraines.

Les enseignement qu’il faut tirer

Ce que l’ITES conclue de tout cela, c’est que “la Tunisie possède des réserves en eau souterraines de très grand potentiel qui peuvent résoudre le problème de la demande intense et croissante de l’eau. L’estimation du volume de ces réserves nécessite d’avoir une bonne connaissance sur la géométrie et la répartition spatiale de leurs réservoirs.

“L’intégration des nouvelles technologies dans la gestion des ressources en eau en Tunisie doit faire l’objet d’une priorité nationale pour assurer une meilleure gestion et utilisation de cette ressource. L’état doit s’engager à un programme national de développement des technologies de l’eau en renforçant les dispositions financières et techniques pour la recherche scientifiques dans ce domaine et dans le cadre de la stratégie nationale « Tunisie Numérique », ainsi que mettre un objectif ultime qui permet de rendre notre pays un leader mondial dans le domaine de la technologie des eaux”.

Rapport

par -

L’Institut tunisien des études stratégiques (ITES) a organisé, mercredi, en collaboration avec la fondation allemande Konrad Adenauer, une conférence sur ” le gypse, le sable silicieux et les perspectives offertes dans le gouvernorat de Tataouine “.

L’accent a été mis sur les richesses naturelles de la région et les opportunités qu’elles offrent pour la conquête des marchés et la création d’industries de transformation prometteuses.

Le directeur général de l’ITES, Néji Jalloul, a souligné le contraste entre les ressources naturelles et les compétences existantes dans la région d’une part et le fort taux de chômage et la faiblesse de l’infrastructure d’autre part, signalant que le gouvernorat renferme les deuxièmes réserves mondiales de gypse ainsi que d’importantes quantités de sable et de marbre de haute qualité.

Cette conférence est la troisième du genre organisée par l’ITES. Elle a été précédée de rencontres similaires axées sur le sel et la stratégie maritime en Tunisie, dans le but de proposer des solutions aux problèmes posés et d’apporter un appui aux structures concernées.

L’expert Samir Bouaziz, auteur d’une importante étude sur les substances utiles à Tataouine élaborée en 2005 en collaboration avec l’Office du développement du sud et le Conseil régional du gouvernorat, a indiqué à l’agence TAP que les problèmes fonciers constituent les principaux freins à l’investissement dans les substances utilises, appelant à tirer profit des études réalisées.

Les intervenants ont recommandé d’initier des projets créateurs d’emplois et de richesses pour le pays et de mettre en place des centres de recherche et développement, dans la région, pour ouvrir des perspectives aux investisseurs et garantir la gestion durable des richesses. Ils proposent, également, de créer un pôle industriel dans le cadre du partenariat public-privé.

par -

L’Institut Tunisien des Etudes Stratégiques (ITES) lance une initiative nationale pour choisir une centaine de jeunes dirigeants de différents secteurs et fonctions.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’appui à des expériences réussies des jeunes Tunisiens dans plus d’un domaine et une confirmation que la Tunisie, en dépit des difficultés qu’elle rencontre, demeure tout de même une terre fertile enfantant des jeunes créateurs, leaders et meilleurs ambassadeurs du pays envoyant ainsi, des messages de rayonnement au monde et rassurant la jeunesse qui cherche encore le chemin du succès.
L’Institut tunisien des études stratégiques a travaillé depuis plusieurs mois pour le lancement de la première édition de cette importante initiative promouvant une nouvelle phase qui croit au succès des jeunes et à leur capacité de construire.
L’Institut œuvrera pour le succès de ce projet national qui sera un rendez-vous annuel pour couronner 100 jeunes dirigeants et travailler pour les soutenir en fournissant des programmes d’accompagnement aux personnes choisies
L’Institut tunisien d’études stratégiques a choisi le 24 mars de chaque année comme rendez-vous pour le succès et l’aboutissement de l’initiative des «100 futurs leaders»
L’évènement se tiendra à partir de 19h00 à l’espace l’Acropolium, Cathédrale de Carthage.

FOCUS 🔍

Les chiffres des immatriculations de nouvelles voitures pour le mois de septembre 2018, laissent voire que les ventes des véhicules particuliers de la marque...

Le meilleur des RS

Imed Heni est un cadre de l’OACA. On ne mettra pas sa photo, pour ne pas utiliser celle du petit garçon qu’il affiche sur...

INTERVIEW

L'expert en économie et ancien ministre des Finances Houcine Dimasi a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points dont...

AFRIQUE

Après la disgrâce du président sud-africain, Jacob Zuma, destitué par le Parlement pour des faits de corruption, son successeur, Cyril Ramaphosa, est dans la...

Reseaux Sociaux

SPORT

Programme de la 8e journée de la ligue 1 professionnelle de football, prévue les vendredi 23, samedi 24 et dimanche 25 novembre à partir...