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On aurait pu croire, quelques jours après l’accord UGTT-Gouvernement sur le report d’une partie de l’augmentation salariale à 2018, que la Tunisie avait payé la dernière tranche du prix de la paix sociale. On aurait même été tenté d’applaudir la centrale syndicale et louer son sens du consensus.

C’était finalement compter sans les vieux démons du «foutage de merde» qui habite depuis 6 ans une certaine partie de la population et une partie de la société civile tunisienne.

En témoigne, d’abord, cette annonce de la part du SG du syndicat de l’enseignement de base, qui en dit long sur les véritables intentions de l’organisation syndicale, malgré la signature de l’accord avec le gouvernement et qui devait garantir une paix sociale, au moins jusqu’à 2018.

Mastouri Gammoudi a en effet indiqué, mercredi 14 décembre 2016 sur les ondes d’une radio tunisienne, que «les grèves régionales et périodiques programmées par les secteurs de l’enseignement de base et secondaire programmées à partir de demain, jeudi 15 décembre 2016, seront maintenues jusqu’à ce que le ministère de l’Éducation invite la partie syndicale à une réunion pour examiner certaines revendications».

Le ministère de l’Éducation avait pourtant annoncé, dès le mardi 13 décembre 2016, le versement des primes aux enseignants du primaire, des collèges et du secondaire, devant . Le trublion Mastouri Gammoudi avait même estimé que la décision du ministère de l’éducation était “un pas dans la bonne direction“.

L’accord UGTT-Gouvernement sur la paix sociale n’aura ainsi pas pu tenir plus d’une semaine. Après cela, il faudra s’attendre à réentendre le SG, Houcine Abassi, répéter qu’il n’a jamais signé une quelconque paix sociale, puisqu’on n’est pas en guerre. Il n’en demeurera pas moins qu’après son prédécesseur, Youssef Chahed aura lui aussi dépensé de l’argent public pour acheter une chimère appelée paix sociale, au prix cher de 13,5 Milliards DT. Comme Essid, il a été dupé par le syndicat et il se leurre sur ses intentions. Il a un droit constitutionnel et ne compte pas le mettre en poche, quitte à en abuser quelques fois !

A la défaite de son premier protégé, l’ancien chef de gouvernement Habib Essid, devant la centrale syndicale, non contente ni rassasiée de grèves, le chef de l’Etat tunisien était sorti sur les médias pour expliquer que c’était le prix à payer pour avoir la paix sociale. Essid a finalement été destitué sans en voir la couleur. Et il est fort probable que l’actuel chef du gouvernement vive une fin d’année dans une situation de non-paix… sociale, au mieux dans une trêve des confiseurs. Et c’est donc ainsi reparti pour un nouveau tour de tournantes [les grèves bien sûr. What else !].

L’autre dossier traité, de «main de fer» comme il le promettait devant l’ARP, par le chef du gouvernement pour s’acheter, lui aussi, sa paix sociale, était celui de Petrofac. Il avait alors dépêché son ministre des Affaires sociales, qui avait alors assouvi toutes les demandes des «fouteurs de troubles » de Kerkennah et leur avait même signé un blanc-seing judiciaire. L’entreprise pétrolière, qui assurait 13% des besoins en gaz de la Tunisie, devait alors plier bagage et oublier la «Tunisie terre d’investissement» qui attendait alors les mirobolantes promesses de 34 milliards DT de «Tunisia 2020». Le démon «foutage de merde» ne tardera cependant pas à se réveiller et donner des insomnies à un Chahed, témoin de ses faiblesses qu’il ne voit pas !

«Après 14 jours pendant lesquels un individu bloquait les camions, l’entreprise se trouve incapable de produire », c’est ce qu’a déclaré le DG de Petrofac à Reuters, suivi par la ministre de l’Energie qui confirme pour Africanmanager le départ définitif de l’opérateur pétrolier anglais et ajoute même que «la fermeture de la société est attendue dans de pareilles conditions». 14 jours pendant lesquels un seul homme bloquait toute une usine, sans qu’aucune autorité ne bouge le petit doigt pour assurer la sécurité de l’investissement et la liberté d’entreprendre, la liberté du travail ! Le chef du gouvernement était-il au courant ? Si oui, pourquoi n’a-t-il rien fait et qu’attendait-il pour faire appliquer la loi comme il le promettait le jour du vote de confiance ?

Au-delà du sens économique et financier de la fermeture d’une entreprise étrangère, empêchée de travailler sous le regard des futurs IDE promis à la Tunisie, et qui intervient 15 jours après la grand-messe des investisseurs, ce sont les causes même du départ et des fermetures de centaines d’entreprises qui réapparaissent. Des grèves, des mouvements sociaux divers et une instabilité sociale complète, dans une Tunisie désormais ingouvernable, qui déforment à nouveau le visage d’une Tunisie qui n’a que l’investissement pour rebondir. Tu parles d’une paix sociale à 13 milliards DT !

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Trop à gauche des positions, économiques et financières, d’un gouvernement qui joue plus au pompier qu’au constructeur planificateur, la Centrale syndicale ouvrière reste incomprise. Incomprise surtout pour sa position sur la proposition de report des augmentations salariales, au vu de la taille déjà plus que critique de la masse salariale dans le budget en l’absence de croissance, bien que plusieurs indices pointeraient vers un assouplissement probable de cette position et même une possible intervention médiatrice du chef de l’Etat, constitutionnellement garant de la sécurité économique du pays.

Béji Caïed Essebssi avait été le 1er à minimiser cette seconde place mondiale de la masse salariale (14 % du PIB) et de la justifier même par le «prix de la paix sociale», l’incluant même dans la stratégie de lutte contre le terrorisme. Et même si cela se discute, ce n’est pas, à notre sens, complètement faux. Anticipant, à tort ou à raison, une reprise de la croissance, l’ancien chef de gouvernement, Habib Essid, avait alors signé ce qui avait été appelé un pacte social, pour des augmentations salariales en contrepartie d’une paix sociale. La croissance ne sera pas au rendez-vous, ce qui mettra son successeur, Youssef Chahed, dans de sales draps et en fera le pompier qu’il est devenu, paliant au plus urgent et colmatant les brèches sur le dos des réformes structurelles, de la planification et de la reconstruction.

De l’autre côté, il semblerait que l’UGTT ait fini par lâcher du lest, de peser sur ses bases afin qu’elles lèvent un peu le pied côté grèves.

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Les derniers chiffres, officiels, dont nous disposons, l’indiquent. En effet, selon des statistiques de la DGITC (Direction générale de l’inspection du travail et de la conciliation), relatifs à la situation sociale en Tunisie pour le 1er semestre 2016, les grèves battent la retraite.

En effet, la DGITC a remarqué que le nombre des grèves, dans le secteur privé et les établissements publics à caractère commercial, ont diminué de 22 % par rapport à la même période de 2015 et même de 48 % par rapport au 1er semestre de l’année 2014. Le nombre d’entreprises concernées par les grèves a baissé de 19 % en 2016 et de 43 % par rapport à 2015. Le nombre des grévistes a chuté de 68 % à la fin de juin 2016 (de 62 % en 2015 à 50 % en 2016).

Toujours dans ce trend baissier, qui pourrait être salvateur pour la croissance dont le pilier est le travail, le nombre d’heures perdues a, lui aussi, chuté de 82 % au cours du 1er semestre 2016 en comparaison avec la même période de 2015. Les seuls premiers mois de 2015 avaient en effet vu la perte de 281.617 journées de travail. Elles n’étaient plus que 51.025 journées perdues à la fin juin 2016.

Dans le secteur privé, les grèves ont baissé de 15 %, le nombre d’entreprises concernées de 13 % et le nombre de journées de travail perdues de 76 % au 1er semestre 2016 par rapport à la même période 2015.

Une lecture par nationalité montre que les grèves ont surtout touché les entreprises tunisiennes (82) et concerné à moindre mesure les boites françaises (16 grèves), les italiennes (11 % des 122 grèves). Quant à l’objet de ces grèves, elles demandaient, à 43 %, le versement des salaires et des augmentations, à 34 % l’amélioration des conditions de travail et 15 % par solidarité corporative.

Dans la fonction publique, le premier semestre 2016 aurait connu 7 grèves (municipalités, la santé et l’éducation), un nombre en baisse de 56 %.

On ne sait pas encore si ce trend baissier va continuer et si la centrale syndicale, qui se prépare à un nouveau congrès électif, va pouvoir continuer à maitriser sa base pour donner le répit nécessaire au gouvernement. Pour l’instant, cela semble être le cas !

 

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L’expert en économie Sami Arfaoui a déclaré ce vendredi 12 août 2016 à Africanamanger : « avec le nouveau gouvernement de Youssef Chahed, nous espérons que toutes les parties concernées (politiciens, syndicalistes, UGTT, UTICA, société civile…) collaborent ensemble pour l’intérêt économique et social de la Tunisie”.

« L’UGTT et l’UTICA sont appelées à établir la paix sociale pour faciliter le travail du gouvernement. Ce gouvernement devra avoir un bon climat de travail pour pouvoir gérer toutes les affaires du pays », a-t-il ajouté.

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«La politique africaine ne peut se développer uniquement avec les visites, sporadiques et de courte durée ou seulement à travers le seul ministre des...

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