Les coûts d’emprunt des Etats ont poursuivi leur hausse mardi, poussés par les craintes inflationnistes et des prix du pétrole toujours élevés en l’absence d’issue dans le conflit au Moyen-Orient.
Aux Etats-Unis, « le rendement des obligations à 30 ans a atteint son plus haut niveau depuis 19 ans, faisant chuter les actions pour la troisième journée consécutive », explique Interactive Brokers.
Cette échéance a touché un sommet depuis 2007 et la crise financière, atteignant jusqu’à 5,19% en séance, contre 5,12% la veille et environ 4,61% avant les premières frappes israélo-américaines en Iran, fin février.
Le taux d’emprunt de l’Etat américain à dix ans a également connu un mouvement inhabituel : il s’est tendu à 4,69% – un plus haut depuis début 2025 – contre 4,59% lundi en clôture. Avant la guerre, il s’établissait à 3,94%.
En Europe, le rendement de l’emprunt allemand à échéance dix ans a touché 3,19%, contre 3,14% la veille, des niveaux comparables à 2011. Son équivalent français était à 3,83%, contre 3,77% la veille.
« Les marchés obligataires sont en train d’enregistrer l’hypothèse d’une inflation durablement plus élevée, et croient de moins en moins à un accord entre l’Iran et les Etats-Unis », explique à l’AFP Antoine Andreani, analyste pour XTB.
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite d’ordinaire un cinquième du brut mondial, reste toujours bloqué, ce qui continue de maintenir la pression sur les prix du pétrole.
Or, la flambée des prix du brut commence à infuser dans les principales économies mondiales, où des indicateurs publiés ces dernières semaines montrent une hausse de l’inflation, de l’Asie à l’Amérique du Nord, en passant par l’Europe.
Mardi, les prix du pétrole ont légèrement reculé, mais restaient à un haut niveau.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord a perdu 0,73% à 111,28 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, a reculé de 0,82% à 107,77 dollars.
Avant le conflit, le prix oscillait autour de 70 dollars le baril.








