Le chef de tout l’Etat l’a dit et plus d’une fois répété, nous sommes en démocratie. Idem pour son assertion qu’il n’est pas dictateur, et que sa gestion est transparente. Il est ainsi permis de poser et de se poser quelques questions, somme toute innocentes, mais de grande importance.
– Pourquoi nous servir du « قطوس في شكارة » ?
Peut-il pourtant révéler à son peuple son salaire et le budget de la principale résidence présidentielle, en dehors de celui de la Garde présidentielle et son parc de grosses voitures dans un pays net importateur d’essence, et pour ne pas parler des autres résidences présidentielles, et ce pour que le peuple ait une idée claire sur le train de vie de son leader et exemple à suivre ? Pourquoi le budget de la Présidence est toujours décliné en gros (قطوس في شكارة) et jamais en détail ? La même expression est d’ailleurs valable pour presque tous les discours contre le complotisme que sert le chef de tout l’Etat à son peuple, sans noms ni détails !
Pourquoi le chef de l’Etat a-t-il transformé la Constitution pour se faire chef de tout l’Etat ? Pourquoi signe-t-il des accords, comme celui sur l’immigration, qui engage tout un pays et l’engagera après son départ, tout seul et sans aucune consultation, même virtuelle et bien réglée comme la dernière ?
Pourquoi le président de la République porte-t-il un micro-cravate, et ne parle que sur fb pour dire à son peuple où est-ce qu’il le mène, au lieu de le faire faire par des « explicateurs » qui n’ont aucune qualité pour remplir cet office?
– « On a plus besoin d’un chef qui agit que d’un chef qui parle » (Proverbe oriental)
Notre président se pose-t-il la question pourquoi il continue et s’obstine à donner l’image d’un dictateur alors qu’il assure ne pas l’être ? Pourquoi continue-t-il et s’obstine-t-il à accuser tout le monde de complotisme de tout genre, sans jamais nommer personne alors qu’il assure détenir leurs noms ?
Pourquoi ne fait-il pas de différence, dans sa loi 54, entre médias et ceux qui font désormais la pluie et le beau temps à travers l’anonymat des réseaux sociaux où ils disent peu et médisent beaucoup ? Pourquoi n’engage-t-il pas ses ministres à faire la différence entre obligation de réserve et devoir de communication, pour éviter que le peuple soit englué dans les méandres des fake news et autres médisances en ligne ?
Le président de la République se pose-t-il lui-même la question de savoir si ce n’est pas sa manière anti-communication qui fait que l’Administration ait peur de prendre des décisions et préfère rester dans l’expectative ?
S’est-il posé la question de savoir pourquoi il ne tient toujours pas ses promesses, comme celle de mettre en place la Cour constitutionnelle, et pourquoi il ne s’en explique pas ouvertement à ce peuple qui l’avait amené au pinacle de Carthage ? Le peuple lui a fait confiance en 2019, pourquoi ne lui fait-il pas confiance pour être meilleur relais que fb pour ses idées et ses projets ?
S’est-il jamais posé la question de savoir s’il a toujours fait le bon choix des hommes ? Car le peuple ne comprend pas le pourquoi de 4 chefs de gouvernement en 4 ans. Il ne comprend pas, non plus, pourquoi il congédie de nuit, et sans autre forme de procès.
Notre président s’est-il jamais posé la question si sa stratégie de donner la primauté au politique sur l’économique était la bonne pour un pays au bord de l’asphyxie financière ? S’est-il posé la question à quoi ressemblerait un budget de l’Etat, dont il est exclusivement le chef, sans les ressources extérieures ? A-t-il posé la question aux pays frères et amis, arabes et européens qu’il était allé visiter, s’ils feraient crédit à un pays qui n’est pas été noté par « أمك صنافة » et sans l’accord de la banque de tous les pays qu’est le FMI ?
– « Le peuple n’aime ni le vrai ni le simple : il aime le roman et le charlatan ». E&J de Goncourt
Est-il toujours sûr que le peuple veut ce qu’il veut lui-même ? Car ce peuple n’arrive toujours pas à se poser la question de savoir pourquoi il veut tout de l’Etat et ne veut rien lui donner pour le gérer au mieux, sans recourir à la dette qui obère les ressources de l’Etat qu’il voudrait providence ?
Le « Peuple qui veut », celui qui ne veut et celui qui ne sait pas ce qu’il veut, et qui font tous la masse des taciturnes qui fait que certains pourcentages de certaines consultations et élections soient acceptés au nom de la démocratie, se sont-ils posés la question de savoir pourquoi ils sous-déclarent leurs impôts, ou n’en paient pas, tout en disant qu’ils abhorrent la fraude fiscale ?
Pourquoi ne refusent-il pas et ne dénoncent-ils pas la petite corruption du genre « قهوتو », « افرح بي نفرح بيك », ou encore « رزق جابهولنا ربي » et applaudit pourtant le chef lorsqu’il part en guerre contre la corruption ?
Pourquoi se disent-ils tous « زواولة », miséreux et de peu de pouvoir d’achat, et ne ratent aucun festival, ou gala à plusieurs milliers de Dinars, louent à plus de mille DT la semaine pour passer des vacances à la plage, dépensent 664 DT (Notre photo) en repas et publier la facture sur les réseaux comme pour dénoncer, alors qu’ils avaient pris connaissance des prix avant de s’attabler ? Pourquoi ne voit-on à la sortie des grandes surfaces que des familles poussant des chariots bondés, et qui se plaignent des prix, acheter en kilos des « fruits de mer », et de viande ovine dont ils dénoncent en aparté les prix ? Acheter le piment vert pour en faire salade, en grognant contre le kilo à 5 DT. Faire la queue devant les boulangeries qui ne leur proposent que des pains dits spéciaux, ou acheter la baguette en dizaines le Ramadan, pour ensuite la jeter sous sacs en plastique que récupèrent ceux qui font de ce pain béni aliments pour leurs bétails dont ils vendent la viande hors de prix ?
Pourquoi se soumettre, volontiers, aux cours payants, ne pas protester et ne pas aller gueuler devant le syndicat des enseignants ou devant leur ministère ? Pourquoi refusent-ils la formation professionnelle à leurs enfants, et s’endettent ensuite pour les envoyer à l’étranger faire des métiers manuels, ou s’endetter pour les envoyer se noyer en « Harragas » et protester que le gouvernement ne retrouve pas leurs corps en mer ?
George Orwell disait que « les masses ne se révoltent jamais de leur propre mouvement, et elles ne se révoltent jamais par le seul fait qu’elles soient opprimées. Aussi longtemps qu’elles n’ont pas d’élément de comparaison, elles ne se rendent jamais compte qu’elles sont opprimées ».
Pourquoi nos bureaux d’étude, publics et privés et nos ONG et autres Think Tanks, ne font-ils pas des études de Benchmark, pour donner au peuple l’opportunité d’apprendre comment la Corée du Sud, la Chine notamment, sont-ils devenus les dragons qu’ils sont alors qu’ils étaient en bas de l’échelle lorsque nous étions en voie de croissance. J’aurais été, à Dieu ne plaise, président, j’aurais créé un fonds qui financerait des voyages d’étude (sans S) à nos jeunes, pour voir comment ils sont devenus.
Montrer au peuple qui réclame l’Etat providence à quels prix, social et économique, et pourquoi le communisme est fini ? Montrer comment le syndicalisme à la sauce tunisienne a détruit l’économie, et même l’école publique du pays et faire plateaux de TV pour dire comment le collectivisme de Ben Salah était fini, dans quel état il avait laissé le pays, et comment le bon dirigisme de Nouira avait pu remettre sur bon pied l’économie ?









Beaucoup de questions, toutes légitimement posées, cher ami.
Sauf que le « chef de tout l’État » n’a que 2 oreilles : l’une est sourde et l’autre entend mais n’écoute pas !
À bon entendeur …