L’addition financière de la guerre en Iran s’annonce déjà vertigineuse : près d’un milliard de dollars par jour. Mais le prix à payer pourrait être beaucoup plus important pour Donald Trump, et plus largement pour les Républicains. « Cette guerre est devenue l’exemple type de l’approche chaotique et égocentrique de M. Trump à la présidence », écrit le New York Times dans un éditorial de la rédaction, relayé par le HuffPost. Lancé aux côtés d’Israël, le conflit s’impose désormais comme un test majeur de son pouvoir, et de sa capacité à en contrôler les conséquences, ce qui semble clairement lui échapper.
En choisissant d’engager les États-Unis dans une confrontation directe avec l’Iran sans consultation préalable du Congrès – du jamais vu chez ses prédécesseurs – Donald Trump a pris un risque institutionnel considérable. Nombreux sont ceux qui dénoncent une dérive du pouvoir exécutif, y compris dans son propre camp. L’opération militaire, habituellement décidée en hautes instances à l’aide d’un comité expert, apparaît ici comme pensée sur un coin de table entre proches du président pas forcément spécialistes de la question iranienne.
L’administration peine à définir des objectifs précis et, surtout, une issue au conflit. Les motifs de cette offensive israélo-américaines ont changé à de multiples reprises depuis son début. Le président a même avancé qu’il s’y serait lancé sur un sentiment personnel. Trump avait expliqué qu’il avait agi parce qu’il avait « l’impression que l’Iran allait frapper des positions américaines ».
La crédibilité de Trump est également mise à mal puisqu’il aurait, selon les récentes informations, sous-estimé la capacité de l’Iran à utiliser le détroit d’Ormuz comme moyen de pression. « Un étudiant ayant des notions de géopolitique pourrait vous dire que le principal atout de l’Iran est ce passage étroit », a déclaré Chuck Schumer, chef de file des démocrates au Sénat.
Les experts du New York Times avancent que la stratégie du locataire de la Maison Blanche de « façonner sa propre réalité » et de « l’ignorer et proférer des mensonges opportunistes » si elle le dérange lui avait jusqu’à présent réussi. « Mais la guerre se prête généralement moins à la manipulation que la politique ou le marketing. Les premiers signes de la guerre en Iran contredisent les fanfaronnades de M. Trump », analysent-ils.








