Mohamed Moez Belhassine est le 9ème ministre du Tourisme depuis 2011, poste dans lequel cet ancien DG de l’Office du tourisme succède à Habib Ammar. Avec un parcours professionnel presqu’exclusivement dans le secteur, on peut aisément dire que ce quadragénaire sait de quoi il parle, et qu’il maîtrise son sujet lorsqu’il assure et rassure que « la Tunisie est prête pour la relance du tourisme ». Diplomate, le ministre du Tourisme ne voulait pas, par cela, répondre à certains professionnels qui ont dernièrement soutenu et dit le contraire. Belhassine tient à rester dans une logique positive, parle du retour des touristes anglais, de ses rencontres incessantes avec les TO, d’Europe et d’Algérie. Mais se montre tout de même compréhensif de ceux ne voient que la moitié vide du verre dans lequel boivent beaucoup de métiers à côté des hôteliers. Belhassine développe aussi des solutions qu’on détaillera dans l’interview complète qu’il nous a accordée. Le tout, même s’il ne table plus que sur un maximum de 5 millions de touristes pour la saison 2022.
– Un problème financier, qui ne concerne que 40 % des 480 hôtels
Reste certes la question financière de certaines unités. Déjà avant Covid, faut-il le rappeler, la radioscopie du secteur touristique tunisien laissait voir que 5 % du parc hôtelier ont une bonne assise financière. 50 %, et même un peu plus, ont une situation trop compliquée et même sans issue, qui nécessiterait d’autres solutions, comme un changement de vocation. Les 45 % restants sont dans une situation de fragilité financière, et qui se fragilise encore plus à chaque crise, nécessitant un soutien en termes d’accompagnement, de mise à niveau, de programmes de restructuration financière, et des solutions dans l’investissement immatériel.
« Dire que toute la profession, qui comprend par ailleurs 840 unités hôtelière dont 10 % seulement ont portes fermées, et beaucoup en fermetures administratives, n’est pas prête pour la relance, n’est pas vrai. Il faudrait avant, dresser un état des lieux exhaustif et réel, et le nombre exact des unités incapables d’honorer leurs engagements, et ne seraient donc pas réellement prêtes pour la prochaine saison », répond le ministre du Tourisme, sûr de lui-même dans un entretien, lundi 7 mars 2022 avec Africanmanager.
Et Moez Belhassine d’ajouter, indulgent et tout de même compréhensif, que « on comprend le souci des difficultés financières enregistrées par certains hôteliers tunisiens, car pour la relance, il faut avoir un minimum de liquidités. Avec deux années de pandémie, il faut en effet avoir les ressources pour financer cette reprise », avant de mettre le doigt directement sur la plaie, celle qui, à notre avis, est la véritable raison de la dernière assertion de la présidente de la FTH, et qui est le besoin de plus de crédits bancaires. « Il y a eu certes les 500 MDT en crédits Covid, mais tous n’ont pas pu avoir accès à ce crédit, beaucoup d’unités hôtelières étant toujours classées 4 et 5 par la BCT » précise le ministre, avant de nuancer que « beaucoup ont cependant pu profiter des mesures de soutien de l’Etat pour le secteur touristique. Et cela nous permet d’affirmer que le secteur touristique tunisien ne s’est pas effondré, malgré ses difficultés structurelles par le cumul des crises. Il a plutôt développé une certaine résilience et, pour le moment, il résiste, et il contient même des succès-stories », explique le ministre du Tourisme pour Africanmanager.
– Retour des grandes marques, et rebond de 133 % des investissements
La solution que voudraient les hôteliers, notamment ceux en difficultés, échappe donc d’autant plus au ministère du Tourisme que la BCT vient récemment de serrer la vis sur les crédits accrochés, notamment des grands groupes, dont ceux du secteur du tourisme.
Il est d’autant plus vrai qu’un certain nombre de Moguls du tourisme investissent dans plus d’un autre secteur, comme l’éducation, la santé, et même la concession automobile. Il est tout aussi vrai que des Brands historiques mondiaux investissent de nouveau en Tunisie, comme le Marriott au Centre Urbain Nord à Tunis avec le Groupe Kammoun et prochainement aussi à Hammamet, le Hilton à Monastir pour mai prochain, le Radisson, un « Four Seasons » à Hammamet Nord, le « Hyatt Regency » prochainement à Tunis et d’autres.
Les intentions d’investissement dans le tourisme, 360 MDT dont des IDE au 1er trimestre 2022 et en hausse de 133 % par rapport à la même période de 2021, sont ainsi un indicateur qui traduit un retour de confiance des opérateurs, et que le secteur du tourisme, gros employeur en Tunisie et pourvoyeur de devises, retrouve des couleurs. Tout aussi indicateur de confiance dans la destination Tunisie qui reste attractive, le retour des croisières à partir du 23 mars 2022 (ar).









Si certains hotelier ne se faisaient pas payer une partie des recettes en Europe ou ailleurs
par les TO ; peut être n’auraient ils pas de problèmes et pourraient subvenir à l’entretien de leurs hôtels
[…] bonnes nouvelles, en ces temps politiques moroses et de crise économique, même si Moez Belhassine n’arrête pas d’être optimiste, et de dire que tout est prêt pour la nouvelle …, et que les indicateurs se conjuguent pour indiquer un bon millésime […]
[…] bonnes nouvelles, en ces temps politiques moroses et de crise économique, même si Moez Belhassine n’arrête pas d’être optimiste, et de dire que tout est prêt pour la nouvelle …, et que les indicateurs se conjuguent pour indiquer un bon millésime […]