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Question de salaires pour Mechichi

Il y a quelques jours, un de nos articles sur la loi de finance rectificative (LFR) de 2021, dérangeait officieusement La Kasbah dans ses relations avec le FMI, et notamment sur la question du volume de la masse salariale, nœud gordien des négociations pour un nouvel accord d’assistance budgétaire du FMI. On nous répond même officieusement que ce n’est pas sur cette hypothèse de LFR que le « super » ministre des Finances travaillait, et que celle dont nous disposons (Version PP signée du MF comme le montre notre photo) et qui rapportait une hausse de 4 % de la masse salariale pour 2021, n’était qu’une hypothèse parmi tant d’autres. Pour l’instant, le « super » ministre préfère le monologue sur une seule radio privée !

  • L’écrire officiellement, c’est donner son accord !
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Mais voici que le chef du gouvernement tunisien Hichem Mechichi s’est entretenu, mercredi 14 juillet 2021 au palais du gouvernement dans la Kasbah avec le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail, Noureddine Tabboubi.

« Le chef du gouvernement a souligné l’importance de ces rencontres périodiques avec le secrétaire général de l’organisation syndicale, ou entre le gouvernement et la partie syndicale afin de parvenir à des accords et des solutions au profit des Tunisiens (…), constatant à cet égard que le gouvernement était soucieux de remplir toutes ses obligations et même les engagements qu’il avait pris, et ce dans le cadre de la continuité de l’État et de la préservation de son autorité et de sa conviction de la nécessité du travail conjoint avec tous les partenaires sociaux », disait le communiqué officiel après l’entrevue entre les  deux hommes.

Notons ici que c’est le chef du gouvernement qui négocie avec un FMI qui reste réfractaire à une assistance financière qui irait gonfler la masse salariale, qui dit lui-même son souci de remplir « toutes ses obligations et engagements » pris avec la toute- puissante centrale syndicale ouvrière tunisienne.

Et le même communiqué de préciser encore, sa parole n’étant pas tombée dans l’oreille d’un sourd et surtout pas un Tabboubi qui venait il y a juste quelques jours de demander la relance des négociations salariales, que « pour sa part, Noureddine Tabboubi a soulevé  (…) la nécessité d’accélérer la publication du reste des arrêtés réglementaires concernant la récente entente entre l’UGTT et le gouvernement dans plusieurs secteurs et les moyens d’assainir le climat général par des efforts concertés et unifiés afin de restaurer le dynamisme économique après la pandémie ».

  • Qui pensera aux chômeurs et aux victimes de Covid-19 ? Certainement pas l’UGTT

Le chef du gouvernement, dont les services ont rendu tout cela officiel, était-il conscient qu’en rapportant cela, il s’y engageait de manière officielle ? Avait-il, auparavant, fait une étude chiffrée de l’impact financier supplémentaire des arrêtés qu’il promet de rendre officiels et applicables ? A-t-il pris connaissance de l’impact financier en matière de salaires sur les équilibres globaux du budget ?

Rappelons que le volume salarial sera de 20,953 Milliards DT, en hausse de presque 4 % par rapport à ce qui était prévu, représentant presque 47 % de tout le budget, et presque 18 % de tout le PIB, pour uniquement 700 mille fonctionnaires et non toute la population des employés (public et privé).

A-t-il pensé aux 676,6 milliers de chômeurs (Un taux de chômage de 17,8 % au T1 2021) et aux 30,1 % de chômeurs diplômés du supérieur, auxquels ne semble pas penser le fameux partenaire social qu’est l’UGTT ? Qui leur assurera l’emploi et par quels moyens financiers puisque 47 % du budget vont devoir aller à quelque 700 mille fonctionnaires seulement ? Que va-t-il dire à ses bailleurs de fonds ? Que la Tunisie est un pays indépendant et libre de faire ce qu’il veut des crédits qu’on lui donne ? La souveraineté, c’est d’abord celle des moyens financiers, non celle des vaccins quémandés de toute part !

Et la prochaine génération qui aura sur le dos la charge de payer ces crédits et cette dette ? L’UGTT lui a-t-elle donné quelque chose, la paix sociale par exemple, en échange ? Rien, ni à lui, ni à tous ceux qui avaient signé les engagements de hausses salariales avant lui !

2 Commentaires

  1. Un proverbe tunisien disait : غيب يا قط العب يا فار
    Or, depuis la disparition des deux présidents d’avant le soulèvement prémédité par des puissances étrangères, les rats ont grandi et se sont spécialisés pour attaquer les chats qui sont devenus anormalement dociles. Or actuellement, personne chez nous ne gouverne. Notre navire (pays) est navigué par plusieurs commandants à la fois. Ainsi en revenant à notre proverbe Tunisien : اذا كثرت القياد غرقت السفينة à laquelle s’ajoute : العجوزة هاززها الواد وتقوت العام صابة. Ils se cognent pour la prise du pouvoir sur une population qui peut mieux vivre avec une administration mieux organisée, moins corrompue et avec un effectif qui ne dépasse pas 30% de l’actuel. A la place de la FMI, je ne donne rien à des gouvernements qui enfoncent sans conscience des générations dans des sables mouvants qui va conduire à un esclavage financier et politique et qui débouchera sur une occupation territoriale préméditée. Nos gouvernants et nos syndicats ont de courtes visions et font un très mauvais calcul des risques. Il faut formater la tête de la pyramide gouvernante et installer des logiciels plus performants qui doteront la population d’une mentalité de travail, de discipline sociale, de conscience de la valeur de l’énergie humaine disponible à restaurer et future à préparer. Le printemps chez les arabes est connu par les vents du sable qui obturent les yeux.
    Il faut que ces irresponsables dégagent pacifiquement pour laisser à leurs peuples le temps de se laver les yeux et de voir où ils les ont conduits. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme (Mr Lavoisier). Nos dirigeants politiques et financiers ont mal transformé nos puissances intellectuelles, mal utilisé le temps de notre peuple et ont réduit à presque zéro le rendement collectif du travail producteur des richesses en bien et service. Ils ont gaspillé nos énergies humaines et non humaines. La FMI, ne doit pas nous donner plus d’argent qui sera mal utilisé et qui servira pour enrichir les industriel des autres pays envahisseurs tout en généralisant chez nous, le mental de la paresse, de l’attentisme et du poly-banditisme.

  2. quand il n’a pas dans ce pays un dirigeant compétant et visionnaire ce pays est condamné à la banqueroute et à la dislocation un dirigeant qui peut dire non à un chef syndicat qui se croit le puissant dans ce pays et personne ne peut lui refuse rien de peur de perdre sa fonction qu’il fasse des grèves nationales ou de mettre le pays en arrêt comme certains de ses prédécesseurs le pays perdra quelques jours mais la population et le pays seront sauvés le 26 janvier 1978 est toujours dans les mémoires feu Hédi Nouira premier ministre de l’époque qui a dit non à des revendications salariales que le budget ne peut lui permettre du chef syndicat de l’époque il a sauvé le pays et son économie .

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