AccueilLa UNERéchauffement climatique : Dans la hantise de la flambée des températures !

Réchauffement climatique : Dans la hantise de la flambée des températures !

La Tunisie compte parmi les pays le plus exposés au réchauffement climatique au cours des décennies à venir, avec des  projections climatiques aux horizons 2050 et 2100 qui montrent une augmentation de la température moyenne annuelle , variant de 1°C à 1,8°C à l’horizon 2050 et de 2°C à 3°C à la fin du siècle, pour le scénario RCP 4.5 , et de  2°C à 2,3°C à l’horizon 2050 et de 4,1°C et 5,2°C à la fin du siècle.

Parallèlement, les  simulations de l’ensemble des modèles montrent une diminution nette des précipitations moyennes annuelles aux horizons 2050 et 2100, de  5 % à 10 % en 2050, qui s’aggraverait encore en fin de siècle avec une diminution de 5 % à 20 % en 2100.

Des évolutions chargées d’impact, d’abord, sur les ressources en eau avec des sols qui s’assèchent et des stocks d’eaux de surfaces et souterraines qui diminuent, ce qui implique une baisse globale des ressources en eaux. Ensuite sur l’agriculture et les écosystèmes, et enfin sur les littoraux avec une élévation du niveau de la mer menaçant plus de 3000 hectares de zones urbaines et industrielles.

Des études tunisiennes et internationales ont été menées pour voir plus clair  dans ce qui attend la planète sur ce registre, et mettre en place les actions indispensables pour en atténuer les effets. Des engagements ont été pris, singulièrement dans le cadre de l’Accord de Paris. Ils  mettent le monde sur la voie d’une augmentation de la température de 2,5 à 2,9°C par rapport aux niveaux préindustriels au cours de ce siècle, constate le dernier rapport sur l’écart d’émissions du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), publié 10 jours avant le sommet sur le climat de 2023 à Dubaï.

Des transformations mondiales à faible teneur en carbone sont nécessaires pour réduire les émissions de gaz à effet de serre prévues pour 2030 de 28 % pour une trajectoire de 2 °C et de 42 % pour une trajectoire de 1,5 °C, recommande ce rapport, qui souligne l’urgence d’une action climatique accrue, alors que les températures mondiales et les émissions de gaz à effet de serre battent des records.

Jusqu’au début du mois d’octobre de cette année, 86 jours ont été enregistrés avec des températures supérieures de plus de 1,5 °C aux niveaux préindustriels. Le mois de septembre a été le plus chaud jamais enregistré, avec des températures moyennes mondiales supérieures de 1,8 °C aux niveaux préindustriels.

« Nous savons qu’il est encore possible de faire de la limite de 1,5 degré une réalité. Il faut pour cela arracher la racine empoisonnée de la crise climatique : les combustibles fossiles. Et cela exige une transition juste et équitable vers les énergies renouvelables », a déclaré Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, cité dans un communiqué du PNUE, publié à Nairobi, lundi, 20 novembre 2023.

Cesser de battre des « records indésirables »

« Le maintien de la possibilité d’atteindre les objectifs de température de l’Accord de Paris repose sur un renforcement significatif de l’atténuation au cours de cette décennie afin de réduire l’écart d’émissions. Cela facilitera la définition d’objectifs plus ambitieux pour 2035 dans la prochaine série de contributions déterminées au niveau national (CDN) et augmentera les chances de respecter les engagements de réduction nette à zéro, qui couvrent actuellement environ 80 % des émissions mondiales », lit-on dans ce communiqué.

« Nous devons donc cesser d’établir des records indésirables en matière d’émissions de gaz à effet de serre, de températures mondiales élevées et de phénomènes météorologiques extrêmes », a déclaré Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE. « Nous devons au contraire sortir l’aiguille de la vieille ornière de l’ambition insuffisante et de l’action insuffisante, et commencer à établir d’autres records : sur la réduction des émissions, sur les transitions vertes et justes et sur le financement de la lutte contre le changement climatique ».

Le rapport indique que les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) ont augmenté de 1,2 % entre 2021 et 2022 pour atteindre un nouveau record de 57,4 gigatonnes d’équivalent dioxyde de carbone (GtCO2e). Les émissions de GES dans l’ensemble du G20 ont augmenté de 1,2 % en 2022.

Les tendances en matière d’émissions reflètent les modèles mondiaux d’inégalité. En raison de ces tendances inquiétantes et de l’insuffisance des efforts d’atténuation, le monde est en passe de connaître une hausse des températures bien supérieure aux objectifs climatiques convenus au cours de ce siècle.

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