Riaient-ils de concert ou l’un de l’autre ?

Riaient-ils de concert ou l’un de l’autre ?

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Le sourire du SG de l’UGTT, que le chef du gouvernement serrait presqu’amicalement avec un plus franc sourire, au cours de la cérémonie de signature du dernier accord salarial, aurait théoriquement de quoi inquiéter quelques parties au pouvoir. Notamment, celles qui comptaient sur le pourrissement des relations entre Youssef Chahed et Noureddine Taboubi pour que leur bras de fer fasse tomber le chef du gouvernement.

On se rappelle, en effet, qu’alors que le gouvernement faisait face à la seconde grève de la fonction et des entreprises publiques, par deux fois, le chef de l’Etat avait essayé de faire pression sur le chef du gouvernement pour qu’il donne à Taboubi ce qu’il revendiquait sous menaces. Côté partis politiques, c’était le silence des agneaux, sauf peut-être du côté du parti de Hamma Hammami qui profitait de la conjoncture tendue, installée par les menaces de l’UGTT, pour appeler ouvertement à renverser le gouvernement.

Le sourire, certes moins victorieux d’un Taboubi entre les bras de Chahed, signait en tout cas, d’abord l’annulation d’une grève qui devait être l’arme fatale qui devait faire succomber le chef du gouvernement aux demandes, trop coûteuses pour le budget de tout l’Etat, du SG de la toute puissante centrale syndicale. Cette dernière avait même mobilisé l’appui de syndicats étrangers et publié leurs télégrammes pour mettre un peu plus de pression sur un chef de gouvernement qui avait déjà résisté à deux grèves.

Ces sourires signaient ensuite la fin de plusieurs mois de turbulences sociales, qui avaient largement troublé la vie économique et sociale d’une Tunisie qui n’avait pas terminé ses transitions et cherchait encore ses équilibres financiers. Turbulences dans la fonction publique qui gérait toute l’Administration du pays, et dans l’enseignement au rythme duquel vit la société tunisienne et l’avenir de ses enfants.

  • Sourires de circonstance ou début d’une nouvelle ère ?

Reste à savoir si le SG de l’UGTT et le chef du gouvernement dont Taboubi demandait, vainement et depuis des mois le départ, riaient de concert pour avoir réussi à apaiser le pays et donner la priorité à la voie de raison qui ménageait la chèvre (revendications des travailleurs) et le chou (capacités de l’Etat), ou l’un de l’autre, chacun prétendant avoir remporté le bras de fer ?

D’autres, plus mauvaise langue, pourraient dire que les deux riaient de tout un peuple, car sachant que la hausse des salaires n’apportera point de hausse du pouvoir d’achat, ni de baisse de l’inflation et pourrait même pousser le pays vers plus d’endettement.

Moins mauvaise langue et plus optimiste, on pourrait imaginer que ces sourires signifiaient l’ouverture d’une nouvelle ère entre les deux partenaires sociaux (UGTT & Gouvernement). Une nouvelle ère d’un dialogue, plus calme, moins menaçant, plus compréhensif de l’intérêt supérieur de la Nation, des capacités financières des ressources de l’Etat. Mais plus compréhensif des capacités de tous les Tunisiens, dont surtout les hommes d’affaires et les investisseurs à supporter plus de pression fiscale, qui n’irait pas à l’investissement, mais à satisfaire les demandes des uns et des autres, sans vouloir retrousser les manches pour plus de travail, de labeur, d’investissement, de création d’emplois et de compression des charges. L’économie d’un pays est à l’image de toute entreprise : point de distribution de richesses sans création de valeur. D’abord augmenter le résultat d’exploitation, compresser ensuite les charges et les charges financières nettes, pour avoir un résultat net positif à distribuer en dividendes !

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