AccueilLa UNESalaires, emplois et prix : Voici de quoi serait fait 2022

Salaires, emplois et prix : Voici de quoi serait fait 2022

Tout n’a pas été dit sur la loi de finance (LF) de 2021, ou a été dit de manière incomplète lors de la dernière conférence de presse de la ministre des Finances. Les détails, certains, sont par contre contenus dans un document intitulé « rapport sur le projet de budget de l’Etat 2022 ».

Un document, dit « fuité » et publié par l’ONG « Raqabah », fournit des détails supplémentaires sur ce que préparerait le gouvernement Bouden. Un programme, dont le chef de tout l’Etat s’était déjà désengagé depuis le 28 décembre, lorsqu’il disait à la cheffe du gouvernement qu’il avait « signé la LF 2022, avec de fortes réserves » et que cette LF comprenait « des choix non convaincants et ne permettait pas de concrétiser les aspirations du peuple ». Un programme donc, qui ne plaît pas à Saïed, et qui pourrait connaître le même sort de la part des bailleurs de fonds. Wait & See.

Les budgets qui vont augmenter en 2022

 -Celui de l’ARP va baisser, de 35,639 MDT à seulement 22,835.

–  Celui de la présidence de la République va augmenter de 1,672 MDT en glissement annuel.

–  Celui de la présidence du gouvernement va augmenter de 17,081 MD [Ndlr : On n’est pas mieux servi que par soi-même].

–  Celui du ministère de l’Intérieur (5,417 Milliards DT), va augmenter de 1,490 Milliard DT, et sera ainsi le 2ème plus gros budget dans tout le budget de l’Etat pour 2022, après celui du ministère de l’éducation.

–  Celui de la Ddéfense passera de 3,39 Milliards DT à 3,559 Milliards DT, et sera le 4ème plus gros après celui de la compensation (4,326 Milliards DT).

– Celui du Commerce et de la promotion des exportations, passera de 2,4 Milliards DT, à 3,984 Milliards DT.

–  Celui de l’Education que de 116 MDT, mais constituera la plus grosse dépense de l’Etat et le 1er plus gros budget, avec 6,890 Milliards DT, alors que le budget de la santé baissera de 618,161 MDT, contre une hausse de 8,760 MDT pour celui des affaires religieuses (172,260 MDT).

Pour l’emploi

Officiellement, voilà de quoi sera fait le budget de l’Etat 2022 :

–  La loi 38-2020, relative au recrutement les diplômés chômeurs de longue date, ne sera pas appliquée. L’une des rares décisions non populistes du chef de tout l’Etat, annoncée depuis novembre 2021.

–  Gel, autant que faire se peut, des recrutements, à l’exception des diplômés issus des écoles de formation pour des secteurs comme l’armée, les forces de sécurité.

Il reste que ces écoles de formation peuvent constituer une brèche dans le dispositif de contrôle des recrutements, et donc un moyen de recruter encore plus.

–  Les sortants, retraités ou autres, ne seront pas remplacés.

Le tout, en plus de la retraite (le document ne dit pas si elle sera obligatoire ou facultative) pour les plus de 57 ans (Nejla Bouden a 63 ans), ayant fait au moins 15 ans de travail effectif, et la retraite pour création d’entreprise, dont la durée sera de 3 ans au lieu d’une seule.

Pour les 18.442 nouveaux recrutements qui seront faits en 2022, ils concerneront 2.686 postes de l’enseignement primaire, 2.574 porteurs de licence appliquée, mille suppléants du secondaire et préparatifs, 55.88 pour le ministère de l’intérieur issus des centres de formation, 4.907 pour les besoins du ministère de la Défense, 100 nouveaux juges, 600 agents pour les prisons, 50 à l’ENA, 21 pour l’Institut d’économie fiscale et douanière, et 20 pour l’Ecole normale supérieure de Tunis.

Pour les prix :

–  Révision automatique et périodique, de 3 % au moins chaque fois, des prix de l’électricité et du gaz, sauf celui en bouteille (GPL), et en fonction de la fluctuation du prix du Brent s’il dépasse les 75 USD, comme fixé dans la LF 22.

–  Et de fait, il n’est pas exclu de voir les prix du transport augmenter, en plus de celui de la vignette.

ü  Hausse des prix du tabac.

–  Hausse des prix des boissons alcooliques.

–  Hausse des prix des voitures, sous l’effet de la hausse de la Taxe sur la consommation, dont les revenus pour l’Etat devront hausser de 13,4 % ou 464 MDT.

–  Hausse des prix de certains autres produits, sous l’effet de l’augmentation des tarifs douaniers à l’importation, sur un lot de produits (ar)

Pour les salaires :

–  La masse salariale va augmenter de 6 % en 2022 par rapport à 2021, et 21,573 Milliards DT déjà servis en 2021. Cela représente 15,6 % du PIB, et 45,7 % du budget de 2021. Elle serait en baisse de 0,3 % par rapport à la LFR de 2021. Pour 2022, le ministère des Finances a vite rattrapé le coup, en l’augmentant de 6 %, et explique en partie cela par les 211 MDT seront consacrés à la régularisation, d’une partie des travailleurs de chantiers.

Le MF précise, dans le document du budget publié mercredi dernier au soir, que cette augmentation s’élèvera à 1,228 Milliards DT en 2022, et se répartira en 335 MDT pour les nouveaux recrutement, 160 MDT pour d’autres recrutements et des augmentations en grade, 70 MDT autres pour d’autres hausses en grade, 120 MDT pour des augmentations spécifiques au ministère de la Santé, et 543 MDT pour l’accord du 6 février avec l’UGTT et autres hausse en grades exceptionnelles.

–  Rationaliser la prime de rendement, lorsqu’elle est servie en dehors des salaires, et la lier à la productivité, et ne pas dépasser le taux de 80 % pour ce qui sera servi ;

–  Il n’y aura plus d’heures supplémentaires, qui seront remplacées par des journées de repos au prorata des heures supplémentaires effectivement faites.

Les réformes :

–  Il n’y aura rien concernant la réforme des entreprises publiques.

–  Il n’y aura rien de nouveau concernant la rationalisation de la compensation, hormis,t l’augmentation des prix des carburants, et les aides aux familles nécessiteuses. Le budget de la compensation passera d’ailleurs, de 44,241 Milliards DT en 2021, à 47,166 Milliards, en hausse de 2,925 Milliards DT

–  Il n’y aura pas de gel des recrutements, puisqu’il y aura déjà 18.442 nouveaux recrutements dans la fonction publique.

–  Il n’y aura ni diminution de la masse salariale, ni gel des augmentations, puisque le gouvernement a annoncé vouloir respecter tous les engagements signés avec l’UGTT.

Ce qui n’a pas été dit :

Selon des informations, « fuitées » et rapportées par l’ONG « Raqabah », il y aurait aussi :

–  Réduction du nombre des bons d’essence pour les emplois fonctionnels.

– Gels des recrutements et des salaires en 2023 et 2004.

–  Programmes de retraite anticipée, et de départ volontaire

–  Mobilité vers le secteur privé

Ø  Désengagement de l’Etat des activités non-stratégiques.

–  Ajustement, en 2023, des prix du GPL

– Hausse des tarifs de la Haute tension pour les usines.

–  Pour les prix aussi, le gouvernement table  sur 7 % en 2022, ce qui veut dire que les prix augmenteront encore.

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