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vendredi 30 octobre 2020
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Sbeïtla en ébullition à cause d’un ordre de démolition précipitamment exécuté !

Ce qui s’est passé ce mardi à l’aube dans la ville de Sbeïtla du gouvernorat de Kasserine relève moins de la contingence que du dysfonctionnement générateur de désordre public autant de drame personnel et familial. L’affaire, dans sa genèse comme dans ses effets, doit être regardée, et pour d’autres, analysée à l’aune de la diligente exécution des actes administratifs, dans le cas de l’espèce, la démolition des constructions anarchiques. Pourtant, il s’en produit des tas dès lors qu’il s’agit de sanctions réprimant l’occupation de manière indue et permanente de l’espace public.

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L’ordonnance des faits révèle qu’un citoyen originaire de la délégation de Sbeïtla est décédé, ce jour aux aurores, lors de l’opération d’exécution de décisions de démolition de kiosques anarchiques bâtis près d’une ligne de chemin de fer situé dans le chef-lieu.

L’incident a suscité la colère de la famille du défunt et les habitants du quartier « Essrour » où habitait la victime et ont bloqué des routes secondaires et fermé des commerces dans la ville. Egalement, des échauffourées ont éclaté dans les rues de la ville entre les habitants et les agents de sécurité.

Dans des déclarations concordantes, ils ont affirmé à l’agence TAP que le défunt dormait dans le kiosque au moment de l’exécution de la décision de démolition et il a succombé à ses blessures dans l’hôpital local de Sbeïtla.

La vice-présidente de la municipalité de Sbeïtla Rabia Touiti a affirmé que la mairie n’est pas responsable de l’accident, précisant que la décision de démolition a été émise par le gouverneur de Kasserine.

Ce dernier ainsi que le délégué de Sbeïtla ont été limogés par le chef du gouvernement Hichem Mechichi qui a aussi démis de leurs fonctions le chef du district de la garde nationale et le chef du poste de police municipale de Sbeïtla.

Le porte-parole du tribunal de première instance de Kasserine, a annoncé qu’une information judiciaire a été ouverte pour homicide volontaire contre toute personne inculpée dans la mort, du propriétaire du kiosque alors qu’il était abandonné au sommeil au moment de l’exécution de la décision de démolition de son édicule érigé sur un site où les constructions sont déclarées illégales, donc vouées à la démolition.

Une solution était pourtant sur les rails !

Ce qui n’a pas été dit dans la version officielle, c’est que la victime, un homme de 52 ans, était au courant de la décision de démolition, mais a décidé de passer la nuit dans le kiosque qu’il possède en copropriété avec son fils afin d’empêcher l’opération. Les fonctionnaires municipaux qui ont exécuté l’ordre de démolition ne savaient apparemment pas qu’il y avait quelqu’un dans le kiosque, selon des révélations faites par le site Middle East Eye dans une correspondance à partir de Tunis.

D’autres sources, celles-là municipales, ont affirmé que la victime était en négociations avec l’administration communale pour trouver une solution au litige constitué par l’emplacement du kiosque, et que les deux parties étaient même arrivées à une formule aux termes de laquelle le kiosque serait transféré dans un autre endroit avec l’aide des autorités municipales. Cependant, le cours des événements a pris une autre tournure dont les édiles s’exonèrent pour attribuer au gouverneur la responsabilité ultime de l’exécution de l’ordre de démolition.

Dès que la nouvelle de la mort a été connue, des heurts ont éclaté avec des jets de projectiles et d’assauts contre des édifices publics, de pillage de commerces, de barricades sur les routes où les manifestants ont mis le feu à des pneus.

Des unités de l’Armée se sont déployées dans la ville de Kasserine pour mettre fin aux désordres et rétablir le calme. Et dans un geste d’apaisement, le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, a dépêché sur place les ministres de l’Intérieur et des Affaires locales, Taoufik Charfeddine et Chokri Ben Hassen, « pour apporter le soutien matériel et moral nécessaire à la famille de la victime ».

1 COMMENTAIRE

  1. La question qui se pose est pourquoi avoir laissé ces « kiosques anarchiques » se construire?
    Personne n’a vu ces constructions à leurs débuts?
    un kiosque ou une maison ne se construisent pas en quelques heures quand même!

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