Les participants au séminaire national « Handball tunisien : réalité et perspectives » ont unanimement souligné, mardi, l’importance de la qualité de la formation des joueurs et des entraîneurs pour développer le niveau du championnat d’élite et des équipes nationales.
Le séminaire a réuni entraîneurs, anciens internationaux, experts et professeurs universitaires, et a présenté plusieurs études scientifiques sur le handball tunisien et ses axes de développement.
Selon Nizar Souissi, directeur général de l’Observatoire national du sport (ONS), le handball est le sport collectif le plus soutenu par les autorités, et a connu une renommée mondiale lors du Championnat du monde 2005, où la Tunisie avait atteint le carré d’as.
Une étude de l’ONS a montré que de nombreux joueurs privilégient aujourd’hui des expériences professionnelles dans les pays du Golfe pour des raisons financières, plutôt que de rejoindre les championnats européens.
L’étude révèle également que la sélection danoise constitue le modèle que les joueurs internationaux souhaitent suivre, contrairement aux modèles allemand, espagnol et égyptien. Cela témoigne de la volonté des joueurs tunisiens ayant participé à l’étude et disputé la CAN Rwanda-2026, de redonner à la Tunisie son éclat sur la scène mondiale.
Il ressort de l’étude que les principaux obstacles se résument à la gouvernance et à la planification, au niveau bas du championnat, et à l’infrastructure du sport scolaire.
L’étude met par ailleurs en évidence les priorités pour 2026‑2030 : professionnalisation du championnat, formation des entraîneurs, modernisation du secteur jeunesse, réforme de la gouvernance et encouragement à l’expérience en Europe.
La vision des experts insiste sur la nécessité d’œuvrer au retour de l’équipe nationale tunisienne sur le devant de la scène, afin de reconquérir la première place au niveau continental et de figurer parmi les huit meilleures équipes mondiales.
Pour sa part, Sami Saïdi, entraîneur chargé de l’élite nationale, a insisté sur l’adaptation des règles aux jeunes catégories, le suivi régulier des joueurs et le développement de l’intelligence de jeu, des compétences techniques et tactiques, ainsi que sur le renforcement physique et l’éducation aux valeurs telles que le respect, le fair-play et l’esprit d’équipe.
Il a exprimé l’importance du projet social et formatif des joueurs à travers l’organisation d’activités (voyages, assistance à des matchs de haut niveau) afin de renforcer la cohésion collective et de créer un véritable esprit d’équipe.
Il s’agit aussi de travailler à l’amélioration des compétences techniques (dribble, tir, passes, duels individuels) ainsi que des compétences tactiques (prise de décision, lecture du déroulement du match, maîtrise du ballon), a-t-il expliqué.
Saïdi a également souligné l’importance de l’intelligence de jeu à travers le développement de la capacité à analyser les situations pour prendre les bonnes décisions, ainsi que la faculté de lire et d’interpréter le style de jeu de l’équipe adverse afin d’adapter sa propre approche tactique.
Il a, en outre, insisté sur la nécessité d’accorder une attention particulière à la préparation physique ainsi qu’au développement personnel et social des joueurs, en travaillant sur la vitesse, la force, l’endurance, la coordination, le renforcement musculaire et la souplesse. Il faut, aussi, inclure des valeurs telles que le respect, le fair-play, l’esprit d’équipe, le sentiment d’appartenance et la citoyenneté, tout en permettant aux jeunes joueurs de concilier entraînement sportif et réussite scolaire, a-t-il plaidé.
De son côté, l’ancien international Anouar Ayed a souligné l’importance du travail de base avec les catégories de jeunes et de l’octroi d’une véritable autorité de supervision aux centres de formation afin de promouvoir le handball tunisien.
Il a ajouté que la concentration sur dix écoles spécialisées dans la formation contribuerait à élever le niveau des joueurs d’élite et à renforcer le championnat. Un avis partagé par Sayed Ayari, ancien sélectionneur national, qui a insisté sur le fait que la qualité de la formation constitue le socle du succès. Il a, dans ce sens, rappelé les performances de l’équipe nationale au cours de la première moitié des années 2000, période durant laquelle plusieurs joueurs tunisiens évoluaient dans les plus grands championnats européens, ce qui a eu des retombées positives sur la sélection, qui a atteint son apogée en 2005.
Pour sa part, Yassine Arfa, ancien directeur technique de la Fédération tunisienne de football et universitaire, a souligné, lors d’une intervention en marge du colloque portant sur le rôle et les compétences de l’entraîneur face à l’évolution du handball moderne, que l’identité de l’entraîneur moderne repose sur cinq qualités fondamentales que l’entraîneur tunisien doit s’efforcer d’acquérir : être l’architecte d’un plan de jeu flexible, le coordinateur et le leader, le guide et bâtisseur de confiance, le soutien moral des joueurs et le développeur du jeu.
Séminaire « Handball tunisien: réalité et perspectives » : Consensus sur l’importance de la qualité de la formation
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