Les paramilitaires soudanais ont affirmé dimanche avoir pris le contrôle de la ville d’el-Facher, après s’être emparés du quartier général de l’armée dans la dernière grande ville du Darfour qui leur échappait encore.
Les Forces de soutien rapide (FSR) « annoncent avec fierté avoir pris le contrôle de la ville d’el-Facher », chef-lieu du Darfour-Nord, affirme un communiqué officiel diffusé sur leur chaîne Telegram.
L’armée est restée silencieuse après ces déclarations de « victoire » mais le comité de résistance populaire, un regroupement civil allié de l’armée, a démenti que la prise du quartier général signifie la chute de cette ville de l’ouest du Soudan.
La population d’el-Facher « résiste face aux milices », selon le groupe qui évoque une « phase importante et critique » des combats après 18 mois de siège.
A défaut d’accès à el-Facher et avec un réseau de télécommunications défaillant, l’AFP ne peut vérifier la situation sur le terrain ni les assertions des deux camps.
Les FSR ont revendiqué dimanche matin la prise du quartier général avec à l’appui une série de vidéos – des images à l’intérieur du quartier général et des scènes de célébration dans d’autres villes du pays.
Selon le comité de résistance local, un des collectifs civils qui documentent les exactions liées au conflit, les combats se poursuivent et les FSR ont pénétré dans « des bâtiments vides, sans importance » abandonnés par l’armée pour d’autres positions.
Ces derniers mois, el-Facher est devenu l’un des fronts les plus disputés du conflit meurtrier opposant l’armée dirigée par le général Abdel Fattah al Burhane et les paramilitaires conduits par son ancien allié le général Mohamed Daglo.
Les FSR ont intensifié depuis août les tirs d’artillerie et les attaques de drones, grignotant progressivement les positions de l’armée et prenant le contrôle de plusieurs quartiers.
La prise de la ville, si elle se confirme, représenterait un tournant majeur dans la guerre, confortant les positions des FSR au Darfour où les paramilitaires contrôlent déjà quatre capitales régionales et certaines parties du sud, avec leurs alliés.








