Les violents combats qui ont opposé vendredi l’armée soudanaise aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) à Khartoum se sont atténués en soirée par endroits alors que les appels au cessez-le-feu pour laisser partir civils et étrangers se multiplient.
A l’issue du septième jour d’affrontements qui ont fait 413 morts et 3.551 blessés, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le monde avait plaidé pour une trêve à l’occasion de l’Aïd el-Fitr, la fête de trois jours qui marque la fin du ramadan et qui a débuté vendredi.
Les FSR le matin puis l’armée en soirée ont annoncé accepter cette pause dans les combats. Mais, comme à chaque fois depuis plusieurs jours, les deux camps se sont accusés d’avoir brisé la trêve. Dans la nuit toutefois, des témoins dans plusieurs quartiers de la capitale ont indiqué ne plus entendre d’explosions.
Il n’était pas clair si c’était le cas dans tout Khartoum et le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken lui-même a estimé qu’il était « malgré tout clair que l’affrontement se poursuit et qu’il n’y a aucune confiance entre les deux forces ».
Depuis sept jours, les deux camps assurent tenir de nombreux bâtiments stratégiques, dont l’aéroport. Mais les raids aériens, les tirs croisés et les combats sont si intenses qu’il est impossible d’aller vérifier sur place.
Washington a annoncé envoyer des militaires dans la région pour faciliter une éventuelle évacuation; la Corée du Sud et le Japon vont eux envoyer des avions. L’Union européenne envisage pour sa part une évacuation dès que possible par voie terrestre.
Ces violences entre l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane , chef de facto du Soudan depuis le putsch de 2021, et les FSR du général Mohamed Hamdane Daglo ont « mis hors service 70% des hôpitaux en zone de combat », rapporte le syndicat des médecins.
Longtemps latent et cantonné aux négociations sur les conditions d’intégration des FSR aux troupes régulières, pour finaliser un accord politique sur le retour des civils au pouvoir, le conflit entre les deux généraux s’est transformé en lutte armée.
Les consultations diplomatiques, elles, s’intensifient: le ministre britannique des Affaires étrangères, James Cleverly, a écourté une tournée en Asie-Pacifique « à cause de la situation au Soudan ».
Jeudi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken avaient appelé à un cessez-le-feu durant « au moins » les trois jours de l’Aïd.
Le général Daglo était depuis le putsch d’octobre 2021 le numéro deux du général Burhane. Ce dernier est apparu jeudi pour la première fois depuis le début des hostilités à la télévision d’Etat.
« Pour l’Aïd, notre pays saigne: la destruction, la désolation et le bruit des balles ont pris le pas sur la joie », a-t-il déclaré. Jusqu’ici, comme son rival, le général Daglo, il n’avait parlé qu’à des médias et ne s’était pas adressé directement aux 45 millions de Soudanais.








