AccueilLa UNETerrorisme : La griffe tunisienne !

Terrorisme : La griffe tunisienne !

Sans être totalement énigmatique, l’attentat contre la basilique de Nice qui a fait trois morts ne semble pas trop emprunter à l’orthodoxie terroriste telle que la cultivaient  jusqu’à ces dernières années les auteurs des opérations du Bataclan ou d’actes massivement meurtriers. On est plutôt en présence d’opérations à première vue peu stratégiques, artisanales, individuelles, où les profils sont hétérogènes. Un pédigrée qui correspond- en changeant ce qu’il faut changer- à celui du jeune Tunisien qui a perpétré le dernier attentat de Nice. Et dans une moindre mesure à celui qui avait  commis l’attaque au camion en 2016 dans la même ville française, en causant la mort de 86 personnes.

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C’est à se demander pourquoi un pays comme la Tunisie qui est présenté comme un modèle de réussite du printemps arabe prend rang d’émetteur important de radicaux violents. Certains en Europe sont peut-être marginalisés, mais chez eux, les jeunes sont frustrés par les promesses de la démocratie.

Les analystes du Moyen-Orient ont constaté que la Tunisie  a été une source disproportionnée de recrues pour Daech et les djihadistes impliqués dans des agressions de Berlin à Bruxelles, ainsi que dans de multiples attaques contre des opposants politiques et des touristes en Tunisie même.

Selon Abdellatif Hanachi,  professeur d’histoire contemporaine à l’université de Tunis, cité par la Deutsche Welle,  certains Tunisiens se tournent vers la violence en réaction à des actes qu’ils considèrent comme offensants pour les musulmans. Pour ceux qui vivent en Europe, il existe également un sentiment de marginalisation provoqué par des politiques qu’ils considèrent comme provoquant l’islamophobie, a-t-il dit.

La mauvaise situation économique est l’un des principaux facteurs derrière cet épisode, mais la répression historique a également laissé son empreinte dans la culture politique tunisienne, selon Omar Safi, un chercheur de l’université de Portsmouth au Royaume-Uni qui se concentre sur la sécurité et la politique tunisiennes.

« Le fait que nous ayons cet élément de radicalisation prédominant est probablement dû au fait que la Tunisie n’a pas développé la capacité d’exprimer librement ses idées », a-t-il  déclaré à DW. « Les types de gouvernement que la Tunisie a historiquement expérimentés ont privé la population de la possibilité de développer librement, et surtout de pratiquer, sa conscience politique ».

Des facteurs économiques

Les profondes inégalités économiques et la corruption  sont une source de désaffection chez les jeunes du pays. La pandémie de coronavirus n’a fait qu’aggraver la situation pour une économie qui dépend du tourisme. Le secteur a vu ses revenus chuter de 60 % par rapport à l’année dernière et, alors que la première vague avait entraîné la perte de 165 000 emplois dans un pays de 11 millions d’habitants, le pays se prépare maintenant à une deuxième vague.

Avec un taux de chômage des jeunes qui est maintenant probablement plus du double du taux national de 16 %, beaucoup font peu confiance au processus politique pour leur offrir des opportunités. 

Des progrès fragiles

Dans l’intervalle, les forces de sécurité du gouvernement ont fait des progrès significatifs dans la lutte contre les groupes radicaux violents dans le pays.

Cinq ans après que des militants islamistes ont  tué plus de 60 touristes lors de deux fusillades de masse dans une station balnéaire et un musée tunisiens, les forces de sécurité tunisiennes  sont devenues beaucoup plus efficace pour déjouer les plans terroristes et réagir rapidement en cas d’attaque, selon des diplomates cités par Reuters.

L’année dernière, les autorités ont déclaré avoir mis hors d’état de nuire  une branche d’Al-Qaïda le long de la frontière montagneuse avec l’Algérie et poursuivi un nombre nettement plus élevé de terroristes présumés que les années précédentes.

Les partenariats de sécurité avec les États-Unis, les Européens et les alliés régionaux tels que l’Algérie ont aidé  la Tunisie à gérer sa frontière avec la Libye, où le trafic d’armes et la guerre civile de plus en plus internationalisée menacent la stabilité du pays.

Mais, bien que ce conflit pose encore « un risque très réel de déstabilisation de toute la région », les forces de sécurité tunisiennes ont  encore besoin de l’aide occidentale et régionale pour contenir les menaces islamistes violentes, a déclaré le chercheur de l’université de Portsmouth. Pour sa part, Abdellatif Hanachi estime que « alors que l’Europe pourrait effectivement aider davantage du côté de la sécurité, le soutien au développement pour créer des emplois entraînera un changement radical dans la région. ».

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