Nous le prévoyions depuis le mois d’août dernier, et l’avions confirmé dès octobre , la privatisation, deux fois tentée par les autorités tunisiennes, est finalement abandonnée. La « Tunisian Foreign Bank » restera banque publique, et la nouvelle a déjà été fêtée en France (siège de la TFB) par une augmentation des salaires.
- Appâté par le résultat semestriel 2022, le vendeur rétropédale
La banque, de droit français et à participations tunisiennes, avait terminé l’exercice 2021 avec un déficit de 3,9 M€ , le même que celui de 2020, mais qui divisait les pertes par deux par rapport à 2019. Fin juin 2022, la banque, remise sur pied par Lilia Harmel qui finira par jeter l’éponge, réalisait pour la 1ère fois depuis 2015, un petit bénéfice de 37 mille €. Et c’est ce qui a certainement encouragé le gouvernement Bouden à changer son fusil d’épaule et à ne plus relancer l’appel à manifestation pour la cession de ses parts, directes et indirectes.

Au moins trois banquiers tunisiens auraient été intéressés par cette reprise. Mais le ministère des Finances avait toujours eu des prétentions qui dépassaient les offres. Un des éventuels repreneurs, un privé tunisien, s’était vu demander la somme de 150 MDT et des conditions de gestions qui donnaient toujours la main à ce qui reste de l’actionnariat public tunisien dans la banque, et avait fini par renoncer au rachat. Deux autres banques privées tunisiennes, qui lorgnaient l’affaire, n’auraient pas dépassé la phase de la due-diligence.
- STB et CDC rentrent en jeu
La banque dispose d’un capital de 26,912 M€, pour un PNB de 2,967 M€ qui était en baisse de 27 % en 2021 expliquée exclusivement par « les aléas du portefeuille obligataire BCT » qui a engendré une perte nette de 837k€, et des encours douteux de 40 M€ qui représentaient 37,31 % de l’encours total des créances (107,2 M€ en 2021), et 47,281 % des créances sur des établissements bancaires. Avec de tels ratios, et malgré le petit résultat du 1er semestre 2022 dont on ne sait pas encore s’il se confirmait pour tout l’exercice, la TFBank aura encore beaucoup de chemin à faire avant de se rétablir.
Pour ce faire, l’Etat tunisien a demandé à la STB (Société Tunisienne de Banque) publique et à la CDC (Caisse des Dépôt et Consignations) d’injecter 13 M€ (42, 962 MDT), dont 10 % seulement par la CDC qui restera en dehors du cercle de la gestion de la TFBank.








