A l’instar de plusieurs pays comme l’Inde, la Russie, le Brésil, la Côte d’Ivoire veut être, à l’horizon 2020, un pays émergent. Pour arriver au stade de croissance de ces pays précités, la Côte d’Ivoire s’est orientée vers la promotion de ses partenariats stratégiques avec d’autres pays en phase du développement. La Tunisie était l’un des premiers pays à avoir été choisie par les Ivoiriens pour gagner ce challenge en regard de l’évolution des échanges entre les deux pays.
Le défi serait réalisable grâce à la réunion des conditions d’un développement mutuellement profitable : une infrastructure développée, une ligne directe et une représentation du Cepex en Côte d’Ivoire.
Pour concrétiser ce choix, une délégation ivoirienne effectue actuellement une visite en Tunisie dans le dessein de donner un contenu tangible aux partenariats escomptés. Après plusieurs réunions entre des opérateurs de deux pays, un point de presse s’est tenu ce mercredi 11 juin, au siège de l’Utica.
Patrick M’Bengue, Pdg du groupement des opérateurs du secteur de télécommunication en Côte d’Ivoire, a assuré que les opérateurs tunisiens pourraient trouver de nouveaux leviers de croissance. Car, plusieurs mutations ont été enregistrées dans ce secteur dans ce pays. Ces mutations s’inscrivent dans une dynamique internationale découlant de la combinaison des politiques de libéralisation et des fulgurantes avancées technologiques. En termes de chiffres, une croissance de l’ordre de 15% a été réalisée s’agissant de solutions informatiques, d’équipements et d’infrastructures.
Un avis partagé par Joas Se, Pdg de I ‘entreprise « Isna » qui n’a pas manqué de signaler que la démarche ivoirienne ne concerne pas seulement la vente des solutions, mais la formation de chefs d’entreprise pour qu’ils s’impliquent davantage dans leurs choix technologiques.
D’après lui, cette intelligence doit être renforcée par le savoir-faire tunisien en mettant en place un cadre adéquat pour l’amélioration de la compétitivité des entreprises ivoiriennes.
Un atout s’offre aux opérateurs tunisiens, a assuré, de son côté, Abdellatif Hmam, Directeur Général du Centre de Promotion des Exportations. (CEPEX), précisant que les opérateurs tunisiens pourraient profiter de la position géographique stratégique au sein de la région. Le responsable a dans ce sens rappelé que la Côte d’Ivoire représente 25% de l’ensemble de l’économie de l’Union monétaire économique de l’Afrique de l’ouest, et est un pays ouvert à la compétition internationale.
Plateforme commune : esquisse de partenariat stratégique
Selon les intervenants, la quête d’une collaboration souhaitable pour le futur passe par l’identification des partenaires tunisiens opérant dans le secteur des Tics avec lesquels les partenaires ivoiriens pourraient travailler pour promouvoir le secteur.
C’est pour raison qu’une convention a été signée entre le groupement des opérateurs du secteur de télécommunication en Côte d’Ivoire et Get’It Smart Energies, groupement d’intérêt économique constitué de sociétés tunisiennes de services informatiques, éditeurs de logiciels, intégrateurs et agences web.
Il s’agit de mettre en place une plateforme commune afin de définir la modalité du fonctionnement direct et les partenariats entre la Tunisie et son vis-à-vis ivoirien. Il est à noter qu’il y aura des engagements en termes de mise à disposition d’infrastructure, d’hébergement des Tunisiens qui sont de passage en Côte d’Ivoire. A cela s’ajoutent des formations au profit des opérateurs tunisiens pour qu’ils reçoivent les données clés afin d’améliorer leurs stratégies de conquête du marché ivoirien sans oublier les dispositions logistiques.
3 conditions essentielles pour relever ce défi
De l’avis des experts, plusieurs étapes doivent être franchies pour parvenir au développement de la coopération bilatérale. La mise en place d’une plateforme commune et l’intégration dans le marché africain en général reposent sur trois conditions essentielles.
Dans ce contexte, Jalloul Ayed, ex ministre des Finances, a mis l’accent sur le rôle stratégique de la connectivité physique qui reste liée également à l’infrastructure nécessaire pour assurer le transport des biens et des personnes.
La deuxième condition touche à la connectivité de la communication en réduisant les coûts afin de faciliter cette connectivité. La dernière condition concerne la connectivité de la connaissance en donnant à la Tunisie la possibilité d’échanger les expériences en la matière.
Wiem Thebti








