Tourisme : Un bon millésime 2019 et sans doute au-delà !

Tourisme : Un bon millésime 2019 et sans doute au-delà !

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Ce ne serait pas chanter les louanges de René Trabelsi que de trouver que les bons chiffres du tourisme en 2019 sont imputables dans une large mesure au ministre qui en détient le portefeuille. Les statistiques disponibles à ce jour présagent d’un millésime 2019 qui jure avec les huit précédentes années pour cultiver une proximité certaine avec les performances de 2010 en termes de fréquentation et de recettes. Celles-ci ont dépassé les 5 milliards de dinars, soit une augmentation de 38,3%, à la date du 20 novembre 2019, par rapport à l’année écoulée, selon des statistiques publiées, mercredi, par le ministère du Tourisme. En devises étrangères, l’évolution des recettes est estimée à 29,6%, en euros et à 22,3% en dollars.

Déclinées en flux touristiques, ces recettes correspondent 8,3 millions de touristes qui ont visité la Tunisie depuis le début de l’année jusqu’au 20 novembre courant, c’est-à-dire soit une hausse de 14%, par rapport à l’année dernière. Ainsi, l’objectif fixé d’attirer 9 millions touristes en 2019 devient, aujourd’hui, à la portée. Un peu plus de la moitié des arrivées sont des Maghrébins (4,1 millions de touristes) avec une hausse de 16,4%, par rapport à novembre 2018, alors que les Européens représentent environ le tiers (2,6 millions de visiteurs), avec une hausse de 16,2%.

Enfin, il n’est pas inutile de savoir que le nombre de nuitées touristiques enregistrées durant cette période est de l’ordre de 27,8 millions de nuitées, soit une augmentation de 11,8%, par rapport au 20 novembre 2018.

L’impératif d’un aggiornamento

Il est aisé de comprendre que ces réalisation sont tirées de « l’espèce dominante » du tourisme tunisien qu’est le balnéaire de masse, la marque de fabrique de la Tunisie depuis que le tourisme a pris rang de secteur déterminant pour son économie. Cela a été le cas des décennies durant, façonnant des infrastructures et des investissements qui ne vaudraient que par le balnéaire, alors que le modèle a montré, et depuis un bail, ses limites et ses fragilités. D’où l’urgence de mettre le cap sur d’autres facettes du tourisme. René Trabelsi a déjà en projet le tourisme culturel, et pour 2020 plutôt que pour les années d’après.

S’exprimant, ce mercredi, à l’ouverture d’un colloque organisé à Tunis par l’office national du tourisme tunisien (ONTT) et MCM (Marketing Communication Media) sur ” le tourisme culturel : ce qu’il faut changer “, il a dit regretter qu’à ce jour, l’existence de sites importants qu’il n’est pas recommandé de visiter, étant donné leur état. «  Le nouveau profil de visiteur ne s’intéresse plus uniquement, au tourisme balnéaire, il veut découvrir la culture du pays et son patrimoine. La Tunisie est un pays qui dispose d’un riche patrimoine sous exploité », a-t-il dit, assurant, dans le même temps, que « aujourd’hui, les financements existent pour booster le tourisme culturel », rappelant, que récemment l’ambassade des Etats Unis en Tunisie a alloué un budget d’environ 500 mille dollars pour la restauration du site archéologique d’El Jem outre les financements de l’Union européenne (UE) et de l’agence de coopération allemande (GIZ) pour la restauration d’autres sites.

Surtout, appel a été fait aux tours opérateurs et agences de voyages à intégrer des circuits culturels dans leurs excursions, faisant remarquer que le tourisme culturel peut jouer un rôle important notamment pendant la basse saison. « Notre souhait est que 50% des touristes qui viennent en Tunisie visitent au moins un site et pour cela beaucoup reste à faire à tous les niveaux (accueil, services, sécurité, environnement…) “, a-t-il dit soulignant l’urgence de mettre en place une stratégie complète pour dynamiser le tourisme culturel en Tunisie.

« Se cultiver sans s’ennuyer »

Le décor est planté pour que le tourisme culturel fasse florès en Tunisie, étant de nos jours un marché en pleine expansion avec l’explosion du parc des musées dans le monde qui est passé de 22 mille en 1975 à 55 mille aujourd’hui, selon directeur général de l’ONTT, Nabil Bziouech.

” Au-delà du balnéaire, la Tunisie doit s’ériger en une destination où l’on se cultive sans s’ennuyer “, a-t-il dit soulignant que “l’on ne peut avancer sur cette voie quant les horaires d’ouverture et de fermeture des musées sont alignés à ceux de l’administration ou encore quant certaines excursions touristiques consacrent beaucoup plus de emps au shopping qu’au musée du Bardo qui abrite l’une des meilleures collections de mosaïques dans le monde “. A cette occasion, Bziouech a proposé au ministre du tourisme et de l’artisanat, la mise en place d’une stratégie réelle et d’un plan d’actions qui engage l’ensemble des intervenants.

AM & TAP

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