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Tunis : Le voyage de p(a)resse du ministère du tourisme, où la communication était le grand absent.

Comme à l’accoutumée en pareille période, le ministère du Tourisme et l’ONTT (Office National du tourisme tunisien) se transforment en TO et amènent des groupes de journalistes et de professionnels de la presse spécialisée étrangère, pour les initier aux charmes de la Tunisie, notamment du Sahara tunisien.

Plus de 70 journalistes, tunisiens et étrangers, étaient cette fois du voyage, du 27 février au 2 mars. Aux sentiers battus du triangle touristique, de Tozeur, Tamerza et Kébili, s’est ajoutée la région de Timbain dans le désert rocailleux fait de dunes de sables que le vent déplace au gré des tempêtes. Un no man’s land où, pour y arriver il fallait traverser une réserve naturelle, dont les portiques en fer forgé, non fermés, ne sont gardés qu’à l’entrée.

Un voyage de presse, plutôt de paresse, où les journalistes étaient laissés à l’abandon. La ministre Amel Karboul qui devait y participer, ayant annulé sa participation, on n’avait pu voir aucun responsable du secteur tenir une quelconque réunion avec la presse étrangère pour y diffuser un quelconque message sur un pays dont la situation sécuritaire requiert pourtant plus que la simple excursion dans le désert. On s’attendrait ainsi à ce que le nouveau DG de l’ONTT soit de la partie, qu’il distribue communiqués de presse et brochures. On remarquera certes la présence du délégué régional de Tozeur, ainsi que celui de Djerba, mais pas le président de la Fédération professionnelle du tourisme. Les uns comme les autres se sont enfin illustrés par le manque flagrant de toute activité média, alors que la situation du secteur et la situation du pays auraient mérité qu’ils se déplacent et qu’ils fassent preuve d’un minimum de «savoir-dire» en faveur de cet important secteur économique. Un manque de communication et un déficit d’image qui commencent, dès l’arrivée dans un hôtel vieillissant et dont la propreté de certaines chambres laissait à désirer, malgré le nom prestigieux de l’établissement en question. Toit par endroits en cloques, couvre-lit entaché et mobilier au tissu sale ou troué, semblaient chose normale pour les responsables du tourisme tunisien que nous avions pourtant alertés. Dans le désert de Timbain, c’est un campement au confort spartiate, au service qui laissait parfois à désirer et à l’intendance parfois rustre de la part d’une organisation parfois dépassée.

 

Un voyage de p(a)resse, dans un avion Tunisair dont l’équipage oubliait même de distribuer l’eau aux passagers au départ de Tunis, où ce qui a été montré aux médias étrangers était loin d’être nouveau. Tozeur et ses souks, Midès avec son canyon et ses vergers d’agrumes, Chbika et ses petites chutes d’eau longeant le sentier de Rommel. Un parcours fait sous la garde, parfois un peu trop impressionnante, de la BS3 (Garde Nationale), venue en renfort de Gabès dans un signal négatif aux médias étrangers. Un voyage de p(a)resse, avec ses sempiternels cocktails sur les dunes pour observer le coucher du soleil, ce qui est du déjà-vu. Un merveilleux spectacle, même s’il a été quelque peu troublé par les quelques vieillards venus mendier à la sauvette.

Un voyage de p(a)resse, où le seul baume au cœur aura été la prouesse réalisée à Ong-Jmel et sur ce qui reste du site du film «Star Wars» de l’américain Georges Lucas. Une prouesse, artistique et d’organisation, où on a pu, pour la première fois, recréer l’atmosphère réelle du film, avec les vrais costumes des principaux acteurs de ce film légendaire, comme «Dark Vador», «Obi-Wan Kenobi» et les deux célèbres Droïdes, C-3PO le traducteur et le robot R2D2. Une représentation, forte en effets sonores, rendue possible grâce à la collaboration de premier fan club de «Star Wars» en Tunisie qui a pu faire venir les costumes et les acteurs qui les ont endossés. Une belle représentation, terminée par un excellent spectacle musical de haute facture, qui a rendu vie à un site délaissé bien que devenant, depuis de nombreuses années, un des piliers du tourisme saharien à Tozeur et qui a comblé tous les médias présents. On apprendra par la suite que la représentation de l’ONTT à Tozeur a pu mobiliser le montant de 460 mille dinars en subventions étrangères et dons, pour désensabler le site et en assurer la maintenance. Une belle manifestation qui gagnerait à devenir institutionnelle, pour le bien du tourisme à Tozeur. Une manifestation qui n’aura pourtant pas réussi à rehausser tout le voyage de presse des 70 journalistes, au niveau des attentes de tout un secteur qui peine toujours à retrouver ses marques et un plan d’actions, capables d’allécher les TO et d’attirer les touristes. Des actions, où les hôteliers de la région feront plus que la dance aux canards de cet homme d’affaires autour du feu de camp qui a été la seule attraction de cette nuitée rupestre sous des tentes froides et dans une baie déserte sous un ciel pluvieux. L’image décrite est peut-être négative, aux yeux de certains. Elle est pourtant nécessaire pour réveiller les responsables du tourisme tunisien de la torpeur dans laquelle ils sont encore plongés !

Ka. Bou.

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